Gustave Nadaud

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Gustave Nadaud

Gustave Nadaud, né à Roubaix le 20 février 1820 et mort à Paris XVIe le 28 avril 1893, est un goguettier, poète et chansonnier français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa famille est originaire de Limoges. Après avoir été comptable dans l'entreprise familiale, Gustave Nadaud compose des chansons à l'âge de vingt-huit ans. Fort de son succès auprès de ses amis, il publie ses textes, notamment dans les journaux L'Illustration et Le Figaro. Son répertoire est composé de morceaux populaires, drôles, ironiques et engagés. Avec Le Roi boiteux, il brosse une satire politique du Second Empire. Son œuvre intitulée Pandore, ou les Deux Gendarmes est interdite par le régime[1]. Gustave Nadaud se nourrit également du contexte social. Le Soldat de Marsala lui est inspiré par l'expédition des Mille lancée par Garibaldi en Sicile, mais la chanson n'est autorisée que sous la Troisième République. Preuve de son talent, il est l'un des seuls chansonniers de l'époque à écrire lui-même ses textes et à les mettre en musique.

Il est à Paris un membre assidu du Caveau et de la célèbre goguette de la Lice chansonnière[2] :

C'est dans cette goguette qu'à l'occasion d'un concours se déroulent en 1883 ses retrouvailles avec Eugène Pottier.

Gustave Nadaud l'a croisé en 1848 et il lui avait alors fait une forte impression[3].

Il admire beaucoup le talent poétique de l'auteur de l'Internationale tout en étant très loin de partager ses opinions politiques.

Grâce à ces retrouvailles, l'œuvre de Pottier échappera à l'oubli. Une cinquantaine de ses chansons sont publiées pour la première fois en 1884 par Nadaud qui paye les frais d'édition[4].

Après la mort de Victor Hugo, il resta seul Président d'honneur du Caveau stéphanois, créé par Jean-François Gonon en 1883 (statuts adoptés le 27/09/1883), et participa chaque année, de 1885 à son décès, au banquet donné en son honneur.

Le 11 mai 1888 naît le quatrième Caveau lyonnais. Très lié au Caveau de Paris, il fait de Gustave Nadaud son Président d'Honneur. C'est suite à sa participation à un banquet à Lyon tenu à la Villa des Fleurs, le 8 avril 1888, que ce nouveau Caveau lyonnais est né[5].

Gustave Nadaud meurt le 28 avril 1893, peu de jours avant la date où il devait recevoir des Rosati la distinction de la rose d'or[6].

Malgré le succès de ses quelque trois cents morceaux, il finit sa vie dans la pauvreté, ayant toujours refusé les cachets.

Un collège porte aujourd'hui son nom à Wattrelos (Nord).

Une école maternelle porte aujourd'hui son nom à Croix (Nord). Une avenue porte son nom à Saint-Étienne.

Plusieurs de ses chansons ont été mises en musique et chantées par Georges Brassens :

Un texte chanté par Julos Beaucarne : "Si la Garonne elle avait voulu". Album Les communiqués colombophiles - RCA 1976

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Mes notes d'infirmier, H. Plon, 1871.
  • Chansons de salon

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Les librettistes de l'opéra-bouffe Geneviève de Brabant de Jacques Offenbach font référence à la chanson Pandore ou les Deux Gendarmes avec les Couplets des Hommes d'Armes créés pour la version de 1867.
  • « Mademoiselle, allègre, trottinait de l'office à la lingerie, et de la cuisine au séchoir, fredonnant des cantiques démodés qui ressemblaient à des couplets de Nadaud. » Roger Martin du Gard dans La belle saison, 3e volume des Thibault.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un couplet encore plus irrévérencieux y fut ajouté
    J'ai toujours servi sans réplique
    Ceux qui gouvernèrent jadis;
    Napoléon, la République,
    Louis-Philippe et Charles X
    J'ai même, il m'en souvient encore
    Conduit Bonaparte en prison
    Brigadier, répondit Pandore,
    Brigadier, vous avez raison.
    Dans La Mascarade, journal satirique lyonnais, du 17 avril 1870, on cite ce couplet. À en croire Le Républicain de la Loire du 5 mai 1893, il l'aurait même chanté devant Napoléon III.
  2. Voir l'article de Paul Avenel La Chanson publié dans Le Monde moderne en 1895.
  3. Mémoires de Paulus [réf. nécessaire].
  4. Cette initiative incitera les amis politiques de Pottier à publier un second recueil de Pottier en 1887 : Les Chants Révolutionnaires préfacé par Henri Rochefort. (Robert Brécy, Florilège de la Chanson Révolutionnaire, De 1789 au Front Populaire, Éditions Ouvrières, Paris 1990, page 136).
  5. Voir l' L'Almanach du Caveau lyonnais pour 1890.
  6. R. Le Cholleux, Notice sur Gustave Nadaud, 1901.

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