Joseph Kessel

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Joseph Kessel

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Joseph Kessel, en 1948.

Activités aventurier, journaliste aviateur et romancier
Naissance 10 février 1898
Villa Clara, Entre Ríos, Argentine
Décès 23 juillet 1979 (à 81 ans)
Avernes, France
Langue d'écriture français
Genres roman, essai, littérature française
Distinctions Grand prix du roman de l'Académie française, membre de l'Académie française (fauteuil 27)

Œuvres principales

Le Lion, L'Équipage, Les Captifs, Belle de jour, Mermoz, L'Armée des ombres, Le Chant des partisans, Les Cavaliers

Compléments

Grand officier de la Légion d'honneur, Médaille militaire, Croix de guerre 1914-1918, Croix de guerre 1939-1945, Commandeur des Arts et des Lettres
Académie française : Membre (1962-1979)

Joseph Kessel est un aventurier, journaliste, grand reporter et romancier français, né le 10 février 1898 à Villa Clara (en) (Entre Ríos, Argentine) et mort le 23 juillet 1979 à Avernes (Val-d'Oise).

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Kessel est le fils de Samuel Kessel, médecin juif d’origine lituanienne (à l'époque en Russie impériale) qui après avoir passé son doctorat à Montpellier s'embarqua pour l'Argentine avec son épouse. C'est dans ce pays que Joseph Kessel voit le jour avant de partir de l’autre côté de la planète, à Orenbourg, dans l’Oural, berceau de sa mère (née Raïssa Lesk), où ses parents résidèrent de 1905 à 1908, avant de revenir s’installer en France.

Il fit ses études secondaires au lycée Félix-Faure (aujourd'hui lycée Masséna), à Nice, ensuite au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Infirmier brancardier durant quelques mois en 1914, il obtint en 1915 sa licence de lettres et se trouva engagé, à dix-sept ans, au Journal des débats, dans le service de politique étrangère.

Tenté un temps par le théâtre, reçu en 1916 avec son jeune frère, Lazare (1899-1920) dit Lola - le père de Maurice Druon - au Conservatoire, il fit quelques apparitions comme acteur sur la scène de l’Odéon. Mais à la fin de cette même année, Joseph Kessel choisissait de prendre part aux combats, et s’enrôlait comme engagé volontaire, d’abord dans l’artillerie, puis dans l’aviation, où il allait servir au sein de l’escadrille S.39. De cet épisode, il tirerait plus tard le sujet de son premier grand succès, L’Équipage. Il termina la guerre par une mission en Sibérie en passant par les États-Unis, puis Vladivostok.

Avec Georges Suarez et Horace de Carbuccia, il fonda en 1928, à Paris, un hebdomadaire politique et littéraire, le Gringoire. Romain Gary, qui deviendra plus tard son ami, y publia même deux nouvelles à ses débuts, L'Orage (le 15 février 1935), puis Une petite femme (le 24 mai 1935), sous son véritable nom, Roman Kacew. Joseph Kessel fut également membre du jury du prix Gringoire, fondé par l'hebdomadaire, parmi d'autres écrivains de l'époque et sous la présidence de Marcel Prévost. Lorsque le journal, « fortement orienté à droite, puis à l'extrême-droite », afficha des idées fascistes et antisémites, Gary renonça à envoyer ses écrits[1].

Kessel appartenait à la grande équipe qu’avait réunie Pierre Lazareff à Paris-Soir, et qui fit l’âge d’or des grands reporters. Correspondant de guerre pendant la guerre d'Espagne, puis durant la drôle de guerre, il rejoignit après la défaite la Résistance au sein du réseau Carte, avec son neveu Maurice Druon. C’est également avec celui-ci qu’il franchit clandestinement les Pyrénées pour gagner Londres et s’engager dans les Forces aériennes françaises libres du général de Gaulle.

En mai 1943, dans l'enceinte du pub de Coulsdon The White Swan[2] dans la banlieue sud de Londres, l'oncle Kessel et son neveu Druon composent les paroles françaises du « Chant des Partisans »[3] qui deviendra le chant de ralliement de la Résistance, et Kessel publie, en hommage à ces combattants, L’Armée des Ombres. Il finit la guerre, capitaine d’aviation, dans une escadrille qui, la nuit, survole la France pour maintenir les liaisons avec la Résistance et lui donner des consignes.

À la Libération, il reprend son activité de grand reporter. Il est l'un des journalistes qui assistent au procès de Nuremberg, pour le compte de France-Soir, et voyage en Palestine. Il reçoit le premier visa du tout nouvel État d'Israël quand il se pose à Haïfa, le 15 mai 1948[4].

Il continue ses voyages, ces fois-ci, en Afrique, en Birmanie, en Afghanistan. C’est ce dernier pays qui lui inspire son chef-d’œuvre romanesque, Les Cavaliers (1967).

Entre-temps, il avait publié Les Amants du Tage, La Vallée des Rubis, Le Lion, Tous n’étaient pas des anges, et il ferait revivre, sous le titre Témoin parmi les hommes, les heures marquantes de son existence de journaliste.

En 1950 paraît Le Tour du Malheur, livre comportant quatre volumes. Cette fresque épique, que l'auteur mit vingt ans à mûrir (voir l'avant-propos), contient de nombreux éléments de sa vie personnelle et occupe une place à part au sein de son œuvre. Elle dépeint les tourments d'une époque (la Grande Guerre puis l'entre-deux-guerres), des personnages sans commune mesure dans leurs excès et une analyse profonde des relations humaines.

Consécration ultime pour ce fils d’émigrés juifs, l’Académie française lui ouvre ses portes. Joseph Kessel y est élu le 22 novembre 1962, au fauteuil du duc de La Force, par 14 voix contre 10 à Marcel Brion, au premier tour de scrutin. Il tient à faire orner son épée d'académicien d'une étoile de David[5].

« Pour remplacer le compagnon dont le nom magnifique a résonné glorieusement pendant un millénaire dans les annales de la France, dont les ancêtres grands soldats, grands seigneurs, grands dignitaires, amis des princes et des rois, ont fait partie de son histoire d’une manière éclatante, pour le remplacer, qui avez-vous désigné ? Un Russe de naissance, et juif de surcroît. Un juif d’Europe orientale… vous avez marqué, par le contraste singulier de cette succession, que les origines d’un être humain n’ont rien à faire avec le jugement que l’on doit porter sur lui. De la sorte, messieurs, vous avez donné un nouvel et puissant appui à la foi obstinée et si belle de tous ceux qui, partout, tiennent leurs regards fixés sur les lumières de la France. »

En 1972, il présente Des hommes dans Italiques dans lequel il rend hommage à Maurice Genevoix, Jean Mermoz, Jean Cocteau ou Roman Gary[6].

Citons encore ce bel hommage rendu à Joseph Kessel par François Mauriac, dans son Bloc-notes : « Il est de ces êtres à qui tout excès aura été permis, et d’abord dans la témérité du soldat et du résistant, et qui aura gagné l’univers sans avoir perdu son âme. »

Il meurt d'une rupture d'anévrisme le 23 juillet 1979, à l'âge de 81 ans.

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Tombe de Joseph Kessel au cimetière du Montparnasse à Paris.

Romans[modifier | modifier le code]

  • La Steppe rouge, Gallimard, 1922
  • L'Équipage, Gallimard, 1923 (nouvelle édition en 1969)
  • Vent de sable, Gallimard, 1929
  • Au camp des vaincus, ou la Critique du 11 mai, Gallimard, 1924 (avec Georges Suarez)
  • Rencontre au restaurant, À l'Enseigne de la Porte Étroite, 1925
  • Les Rois aveugles, Les Éditions de France, 1925
  • Mary de Cork, Gallimard, 1925
  • Mémoires d'un commissaire du peuple, Champion, 1925
  • Le Triplace, Marcelle Lessage, 1926
  • Makhno et sa Juive, EOS, bnnbn
  • Moisson d'octobre, La Cité des livres, 1926
  • Les Captifs, Gallimard (Grand prix du roman de l'Académie française), 1926
  • Le Thé du capitaine Sogoub, Au Sans Pareil, 1926
  • Naki le kourouma, 1926
  • Terre d'amour, Les Éditions de France, 1927
  • Nuits de princes, Les Éditions de France, 1927
  • La Rage au ventre, EOS, 1927
  • La Coupe fêlée. Un drôle de Noël, éditions Lemarget, 1929
  • En Syrie, Simon Kra, 1927
  • De la rue de Rome au chemin de Paradis., Les Editions du Cadran, 1927
  • La Femme de maison ou Mariette au désert, Simon Kra, 1928
  • Littérature rouge, Société de conférences de la Principauté de Monaco, 1927
  • Dames de Californie, Émile Hazan, 1928
  • Belle de jour, Gallimard, 1928
  • Les Nuits de Sibérie, Flammarion, 1928
  • La Règle de l'homme, Gallimard, 1928
  • Secrets parisiens, Éditions des Cahiers Libres, 1928
  • Le Coup de grâce, Les Éditions de France, 1931
  • De la rue de Rome au chemin de Paradis, Editions du Cadran, 1931
  • Fortune carrée, Les Éditions de France, 1932
  • Bas-fonds, Éditions des Portiques, 1932
  • Wagon-lit, Gallimard, 1932
  • Nuits de Montmartre, Les Éditions de France, 1932
  • Les Nuits cruelles, Les Éditions de France, 1932
  • Marchés d'esclaves, Les Éditions de France, 1933
  • Les Cœurs purs, Gallimard, 1934
  • Les Enfants de la chance, Gallimard, 1934
  • Stavisky, l'homme que j'ai connu, Gallimard, 1934
  • Le Repos de l'équipage, Gallimard, 1935
  • Une balle perdue, Les Éditions de France, 1935
  • Hollywood, ville mirage, Gallimard, 1936
  • La Passante du Sans-Souci, Gallimard, 1936
  • La Rose de Java, Gallimard, 1937
  • Comment est mort le maréchal Pétain, France Forever, Executive office, 1942
  • L'Armée des ombres, Charlot, 1943
  • Les Maudru, Julliard-Séquana, 1945
  • Le Bataillon du ciel, Julliard, 1947
  • Le Tour du malheur, Gallimard, 1950
    • La Fontaine Médicis
    • L'Affaire Bernan
    • Les Lauriers roses
    • L'Homme de plâtre
  • La Rage au ventre, La nouvelle société d'édition, 1950
  • La Nagaïka. Trois récits, Julliard, 1951
  • Le Procès des enfants perdus, Julliard, 1951
  • Au Grand Socco, Gallimard, 1952
  • Les Amants du Tage, Éditions du Milieu du monde, 1954
  • La Piste fauve, Gallimard, 1954
  • La Vallée des rubis, Gallimard, 1955
  • Témoin parmi les hommes, Del Duca, 1956
    • Le Temps de l'espérance
    • Les Jours de l'aventure
    • L'Heure des châtiments
    • La Nouvelle Saison
    • Le Jeu du Roi
    • Les Instants de vérité
  • La Petite Démente, Gallimard, 1958
  • Le Lion, Gallimard, 1958
  • Avec les Alcooliques Anonymes, Gallimard, 1960
  • Inde, péninsule des dieux, Hachette, 1960
  • Tous n'étaient pas des anges, Plon, 1963
  • Pour l'honneur, Plon, 1964
  • Les Cavaliers, Gallimard, 1967
  • Un mur à Jérusalem, Éditions Premières, 1968
  • Les Fils de l'impossible, Plon, 1970
  • Des hommes, Gallimard, 1972
  • Le Petit Âne blanc, Gallimard, 1975
  • Les Temps sauvages, Gallimard, 1975
  • Jugements derniers, Christian de Bartillat, 1995

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Nouveaux contes. Le tocsin de pâques - Le typhique - Un tour du diable - Le commissaire de la mort - La loi des montagnes., Éditions des Cahiers Libres, 1928
  • Mermoz, Gallimard, 1939, biographie du pilote d'avion Jean Mermoz.
  • Paroles du Chant des partisans, avec son neveu Maurice Druon en 1943
  • Hong Kong et Macao, Gallimard, 1957
  • Les Mains du miracle, Gallimard 1960, biographie de Felix Kersten
  • Israël que j'aime, Sun, 1966
  • Terre d'amour et de feu. Israël 1925-1961, Plon, 1965
  • Il pleut des étoiles…Portraits de Stars de cinéma, Gallimard, 2003
  • Ami entends-tu… (propos recueillis par Jean-Marie Baron) La Table Ronde, 2006.

Prix Joseph Kessel[modifier | modifier le code]

Un prix littéraire, le prix Joseph-Kessel, récompense chaque année un écrivain qui s'inscrit dans la lignée du romancier. Le jury est composé de Tahar Ben Jelloun, Michèle Kahn, Pierre Haski, Gilles Lapouge, Jean-Marie Drot, Michel Le Bris, Erik Orsenna, Patrick Rambaud, Jean-Christophe Rufin et Olivier Weber.

Cinéma et Télévision[modifier | modifier le code]

Adaptation et scénario[modifier | modifier le code]

Adaptation[modifier | modifier le code]

Scénario ou dialogues[modifier | modifier le code]

Texte[modifier | modifier le code]

Le rôle de Joseph Kessel est interprété :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Myriam Anissimov, Romain Gary, Le Caméléon, éditions Folio, 2006, chapitre 19, p. 145 et 147).
  2. Blog Maçonnique - Première version
  3. La musique et les paroles originelles en russe du Chant des partisans sont dues à Anna Marly.
  4. Michel Droit, « Réception de M. Michel Droit », sur Académie française,‎ 26 mars 1981 (consulté le 21 mars 2009)
  5. André Chamson, « Réponse de M. André Chamson au discours de M. Joseph Kessel », sur Académie française,‎ 6 février 1964 (consulté le 21 mars 2009)
  6. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 27 avril 1972.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Yves Courrière, Joseph Kessel ou sur la piste du lion, Plon, 1985.
  • André Asséo, Rêver Kessel, Éditions du Rocher, 2004.
  • Olivier Weber, Kessel, le nomade éternel, Arthaud, 2006.
  • Olivier Weber, Lucien Bodard, un aventurier dans le siècle, Plon, 1997.
  • Jean-Marie Baron, Ami, entends-tu…, Gallimard, 2006.
  • Site de l'Académie française, Joseph Kessel

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]