Jean Lecanuet

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Jean Lecanuet
Jean Lecanuet, en 1959.
Jean Lecanuet, en 1959.
Fonctions
Député de la Seine-Maritime
2 avril 198628 septembre 1986
Prédécesseur scrutin uninominal
Successeur Roger Fossé
Député européen
17 juillet 19799 octobre 1988
Président de l'Union pour la démocratie française
1er février 197830 juin 1988
Prédécesseur création du parti
Successeur Valéry Giscard d'Estaing
Président du Centre des démocrates sociaux
19761982
Prédécesseur Lui-même, Centre Démocrate
Successeur Pierre Méhaignerie
Ministre d'État, chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire
27 août 197629 mars 1977
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Raymond Barre I
Prédécesseur Olivier Guichard
Successeur Jean-Pierre Fourcade
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
(Ministre d’État à partir du 12 janvier 1976)
9e ministre de la justice de la Ve République
28 mai 197425 août 1976
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Jacques Chirac I
Prédécesseur Jean Taittinger
Successeur Olivier Guichard
Président du conseil général de Seine-Maritime
19741993
Député de la 1re circonscription
de la Seine-Maritime
2 avril 197329 juin 1974
Prédécesseur Roger Dusseaulx
Successeur Pierre Damamme
Maire de Rouen
4 avril 196822 février 1993
Prédécesseur Bernard Tissot
Successeur François Gautier
Président du Centre démocrate (France)
19651976
Prédécesseur Lui-même, MRP
Successeur Lui-même, Centre des démocrates sociaux
Président du MRP
19631965
Prédécesseur André Colin
Successeur Lui-même, Centre Démocrate
Sénateur de la Seine-Maritime
26 avril 195911 mars 1973
25 septembre 19772 avril 1986
28 septembre 198622 février 1993
Député de la Seine-Inférieure
5 juillet 19511er décembre 1955
Biographie
Nom de naissance Jean Adrien François Lecanuet
Date de naissance 4 mars 1920
Lieu de naissance Rouen
Date de décès 22 février 1993 (à 72 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Sépulture Abbaye Saint-Georges de Boscherville
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique MRP, CD, UDF
Conjoint Denise Paillard
Profession Maître des requêtes au Conseil d'État

Jean Lecanuet
Maires de Rouen

Jean Lecanuet, né le 4 mars 1920 à Rouen (Seine-Inférieure) et mort le 22 février 1993 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Adrien François Lecanuet naît dans un milieu très modeste. Après des études à l'école Bellefonds, au pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle et au lycée Corneille à Rouen, il s'oriente vers des études littéraires au lycée Henri-IV à Paris.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il est diplômé d'études supérieures de lettres, et à 22 ans devient le plus jeune agrégé de France (de philosophie en 1942[1]). Il enseigne en tant que professeur de philosophie à Douai et à Lille.

Dès 1943, tout en continuant à enseigner le jour, il participe à la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale et entre dans la clandestinité. Son action inclut la participation à des réseaux de sauvetage des Juifs persécutés qui l'ont fait reconnaître comme un Juste parmi les nations[2]. En août 1944, il est arrêté avec le commando qui venait de faire sauter la voie ferrée Lille-Bruxelles, et parvient à s'échapper avec la complicité d'un Polonais incorporé de force dans l'armée allemande.

À la Libération, Jean Lecanuet est inspecteur général au ministère de l'Information. Puis sous la IVe République, il est plusieurs fois directeur de cabinet de ministres MRP de l'Information, de la Marine Marchande, de l'Économie nationale, de l'Intérieur et des Finances (11 postes en 10 ans).

Années 1960[modifier | modifier le code]

Il est président du MRP entre 1963 et 1965, qu'il entreprend d'adapter à une donne électorale défavorable. En 1965, Jean Lecanuet est candidat à l'élection présidentielle, soutenu entre autres par Paul Reynaud. Sa candidature contribue à la mise en ballottage du général de Gaulle : il obtient 3 777 119 voix, soit 15,57 % des suffrages exprimés. Il ne donne pas de consigne de vote pour le second tour ; il affirme, par la suite, regretter de ne pas avoir appelé à voter en faveur du général de Gaulle[3].

En 1966, il fonde le Centre démocrate, voie difficile lorsque le mode de scrutin favorise la bipolarisation. C'est ainsi qu'en 1972, il fonde avec Jean-Jacques Servan-Schreiber le Mouvement réformateur. Il négocie avec Pierre Messmer les désistements qui permettent le succès de la majorité de droite et de centre-droit aux élections législatives de 1973.

Années 1970[modifier | modifier le code]

Jean Lecanuet participe activement à la campagne électorale de 1974 en faveur de Valéry Giscard d'Estaing, et préside ensuite l'Union pour la démocratie française (UDF), créée par celui-ci, de 1978 à 1988. Il contribue aux succès électoraux du parti centriste, européen et revendiquant une politique libérale modérée.

Il est ministre de la Justice au moment de l'affaire Ranucci. Bien que catholique pratiquant, il souligne quelques jours après l'exécution du condamné l'effet dissuasif de la peine capitale et déclare le 30 juillet 1976 : « Personnellement, j'espère que cet acte sera exemplaire et que ceux qui croyaient pouvoir commettre des crimes si odieux et pouvoir échapper au plus grand des châtiments mesureront maintenant le risque qu'ils encourent »[4].

Années 1980[modifier | modifier le code]

En 1986, Jacques Chirac souhaite nommer Jean Lecanuet ministre des Affaires étrangères, mais le président de la République, François Mitterrand, s'oppose à cette nomination[5]. Dès lors, Plantu le représente dans les pages du Monde avec un cactus sous le bras[6],[7].

Il termine sa carrière politique comme maire emblématique de sa ville natale, Rouen, qu'il dirige pendant un quart de siècle, tâchant de valoriser son patrimoine historique. Son nom a été donné à l'ancienne rue Thiers, une artère du centre-ville, qui fait face à l'Hôtel de Ville. Deux ans après sa mort, sa majorité perd la mairie.

Conformément à son vœu, Jean Lecanuet repose dans l'abbaye Saint-Georges de Boscherville, un lieu qu'il prisait. Les arrêtés préfectoraux autorisant son inhumation ainsi que celle, plus tard, de son épouse dans un bâtiment public font l'objet de vives critiques, des défenseurs du patrimoine estimant qu'un homme politique n'avait pas sa place dans ce lieu.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un collège de la ville de Rouen porte son nom.
  • Une des rues principales de Rouen a également reçu le nom de rue Jean Lecanuet : c'est l'ancienne rue Thiers, initialement nommée rue de l'Hôtel-de-Ville en 1860)[8], large avenue menant symboliquement à l'hôtel de ville.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation
  2. [1]
  3. Georges Valance, VGE - Une vie, Flammarion, 2011, p. 394.
  4. LECANUET=peine de mort RANUCCI Sur le site ina.fr
  5. (en) « Mitterrand Vetoes 4 Choices by Chirac for New French Cabinet », Los Angeles Times, 20 mars 1986.
  6. Inspiré d'après le dessinateur par Michel Aumont qui dans Un chapeau de paille d'Italie de Labiche, portait un myrte en pot sous le bras ("Le petit théâtre de Plantu", Libération, 31 mai 2003, consulté le 4 janvier 2013).
  7. Pour Annie Duprat, il s'agit d'une référence à un discours de Lecanuet destiné au président de la République Valéry Giscard d'Estaing : « Nous serons le cactus de la majorité » (in "Iconologie de la caricature politique en France (du XVIe au XXe siècle)", Hermès, no 29, CNRS Éditions, Paris, 2001).
  8. Nicétas Periaux, Dictionnaire indicateur et historique des rues et places de Rouen, Rouen, 1870, p. 311

Annexes[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Le Grand Livre des Rouennais (préf. Guy Pessiot), éd. du P'tit Normand,‎ 1983, 253 p., p. 130-131.
  • Nadine-Josette Chaline, François Bayrou et Dominique Baudis, Jean Lecanuet, Paris, Beauchesne, coll. « Politiques et chrétiens » (no 16),‎ 2000 (ISBN 978-2-701-01405-0).
  • Philippe Priol, Jean Lecanuet : le vol de l'albatros, Caen, Maître Jacques,‎ 2001 (ISBN 2-912-04729-3)
  • René Rémond, Nadine-Josette Chaline, Pierre Fauchon et Philippe Priol, Jean Lecanuet ou la passion du centre, Paris, Beauchesne,‎ 2006 (ISBN 2-701-01498-0)

Film[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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