Jean Lecanuet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Jean Lecanuet, né le 4 mars 1920 à Rouen (Seine-Inférieure, actuelle Seine-Maritime) et mort le 2 février 1993 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.

Sommaire

[modifier] Biographie

Jean, Adrien, François Lecanuet naît dans un milieu très modeste. Après des études au pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle et au lycée Corneille à Rouen, il s'oriente vers des études littéraires au lycée Henri-IV. Il est diplômé d'études supérieures de lettres, et à 22 ans devient le plus jeune agrégé de France (de philosophie en 1942). Il enseigne en tant que professeur de philosophie à Douai et à Lille.

Dès 1943, tout en continuant à enseigner le jour, il participe à la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale et entre dans la clandestinité. En août 1944, il est arrêté avec le commando qui venait de faire sauter la voie ferrée Lille-Bruxelles, et parvient à s'échapper avec la complicité d'un polonais incorporé de force dans l'armée allemande.

À la Libération, il est inspecteur général au ministère de l'information. Puis sous la IVe République, il est plusieurs fois directeur de cabinet de ministres MRP de l'Information, de la Marine Marchande, de l'Économie nationale, de l'Intérieur et des Finances (11 postes en 10 ans).

Il est président du MRP entre 1963 et 1965, qu'il entreprend d'adapter à une donne électorale défavorable. En 1965, il devient candidat à la présidence de la République, soutenu entre autres par Paul Reynaud. Sa candidature contribue à la mise en ballottage du général de Gaulle. Il obtient 3 777 120 voix (soit 15,6 %)

En 1966, il fonde le Centre démocrate, voie difficile lorsque le mode de scrutin favorise la bipolarisation. C'est ainsi qu'en 1972, il fonde avec Jean-Jacques Servan-Schreiber le Mouvement réformateur. Il négocie avec Pierre Messmer les désistements qui permettent le succès de la majorité de droite et de centre-droit aux élections législatives de 1973.

Il participe activement à la campagne électorale de 1974 en faveur de Valéry Giscard d'Estaing et devient ensuite président de l’UDF de 1978 à 1988. Il fait de l'UDF sous sa présidence un parti fort, bien implanté localement, très européen et revendiquant une politique libérale modérée.

Il termine sa carrière politique comme maire emblématique dans sa ville natale, Rouen, qu'il dirige sans partage pendant un quart de siècle, tâchant de valoriser son patrimoine historique. Il sera surnommé le « roi Jean ». Son nom a été donné à l'ancienne rue Thiers, une artère du centre-ville. Deux ans après sa mort, faute de successeur, sa majorité perd la mairie.

Conformément à son vœu, Jean Lecanuet repose dans l'abbaye Saint-Georges de Boscherville, un lieu qu'il prisait. Les arrêtés préfectoraux autorisant son inhumation ainsi que celle, plus tard, de son épouse dans un bâtiment public firent l'objet de vives critiques, des défenseurs du patrimoine estimant qu'un homme politique n'avait pas sa place dans ce lieu ; certains réclament des exhumations[Combien ?].

Catholique très pratiquant, Jean Lecanuet était membre de l'Opus Dei[1].

[modifier] Fonctions gouvernementales


[modifier] Hommages

Un collège de la ville de Rouen porte son nom. Une des rues principales de la ville de Rouen a également reçu le nom de rue Jean Lecanuet : c'est l'ancienne rue Thiers, initialement nommée rue de l'Hôtel-de-Ville en 1860) [2], large avenue menant symboliquement à la Mairie.

[modifier] Biographies

  • Le Grand Livre des Rouennais, éd. du P'tit Normand, 1983, 253 p., p. 130-131 
  • Nadine-Josette Chaline, Jean Lecanuet, Beauchesne, Paris, 2000
  • Philippe Priol, Jean Lecanuet, le vol de l’albatros, Maître Jacques, Caen, 2001
  • Nadine-Josette Chaline, François Bayrou et Dominique Baudis, Jean Lecanuet. Témoignages de François Bayrou et Dominique Baudis, Beauchesne, 2003 (ISBN 2701014050)
  • René Rémond, Nadine-Josette Chaline, Pierre Fauchon et Philippe Priol, Jean Lecanuet ou la passion du centre, Beauchesne, 2006 (ISBN 2701014980)

[modifier] Notes et références

  1. Cf. Le Canard enchaîné et Paris-Normandie, février 1993
  2. Nicétas Periaux, Dictionnaire indicateur et historique des rues et places de Rouen, Rouen, 1870, p. 311

[modifier] Liens externes

Précédé par Jean Lecanuet Suivi par
Jean Taittinger
Ministre de la Justice
Gouvernement Jacques Chirac (1)
1974-1976
Olivier Guichard
Président de l'UDF
1978 - 1988
Valéry Giscard d'Estaing
Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Lecanuet ».
Créer un livre
Autres langues