Eugène Tisserant

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Eugène Tisserant
Image illustrative de l'article Eugène Tisserant
Eugène Tisserant en 1958
Biographie
Naissance à
Nancy (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 87 ans)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie XI
Titre cardinalice Cardinal-diacre de Ss. Vito, Modesto e Crescenzia
Cardinal-prêtre de S. Maria sopra Minerva
Cardinal-évêque de Porto e Santa Rufinae
Cardinal-évêque d'Ostie
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
futur pape Pie XII
Fonctions épiscopales Secrétaire de la Congrégation pour les Églises orientales
Doyen du Collège des cardinaux
Préfet de la Congrégation des cérémonies
Libraire de la Bibliothèque vaticane
Archiviste des Archives secrètes du Vatican
Grand-Maître de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Eugène-Gabriel-Gervais-Laurent Tisserant, né le à Nancy et mort le à Albano-Laziale (Rome), est un orientaliste et cardinal français. Ayant vécu sous le pontificat de sept papes, il adopte une attitude progressiste au sujet de l'unionisme, la condamnation du Sillon, la crise néothomiste et moderniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une lignée de vétérinaires de tradition catholique (son père est marguillier de sa paroisse nancéenne, un de ses frères Charles Tisserant deviendra père spiritain et missionnaire en Afrique), ses parents meurent tôt si bien qu'il devient rapidement le chef de famille. Il obtient son baccalauréat ès lettres et ès sciences à seize ans, termine sa théologie au Grand séminaire de Nancy à vingt ans. L'âge de 23 ans étant requis pour être ordonné prêtre (ordination le ), il est autorisé à faire des études supérieures à l'École biblique et archéologique française de Jérusalem puis à l'École nationale des langues orientales vivantes, l'École pratique des hautes études, l'École du Louvre et l'Institut catholique de Paris[1]. Eugène Tisserant commence sa mission ecclésiastique en devenant, à l'âge de 24 ans, conservateur des manuscrits orientaux à la Bibliothèque vaticane, rôle qui lui permet de poursuivre sa passion pour les langues orientales[2] (il en maîtrisait cinq : l'hébreu, le syriaque, l'arabe, l'éthiopien et l'assyrien) et l'archéologie.

Il est mobilisé au 26e régiment d'infanterie lors de la Première Guerre mondiale et, blessé à la tête au Grand Couronné, le . Il devient officier interprète[3], rejoint les services secrets français de la section d'Afrique de l'état-major de l'Armée[réf. nécessaire]. Il est nommé sous-lieutenant au 1er régiment de tirailleurs algériens, le , puis lieutenant le , démobilisé le [3].

Retrouvant son poste d'assistant du préfet à la Bibliothèque Vaticane, il participe au mouvement de canonisation de Jeanne d'Arc en 1920, ainsi qu'à la normalisation des relations entre la France et le Saint-Siège, devenues délicates dans les années qui suivirent la séparation des Églises et de l'État (loi du 9 décembre 1905).

Camérier secret surnuméraire le [3], il est nommé chanoine honoraire de Nancy en 1927 par Mgr Hippolyte-Marie de La Celle, puis chanoine d'honneur du même chapitre pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est Président de la Commission biblique pontificale de 1938 à 1949[1].

Il est créé cardinal avec le titre de cardinal-diacre Santi Vito, Modesto e Crescenzia par Pie XI lors du consistoire du . Farouchement antinazi, il rencontre en 1939 Henri Navarre des services secrets français et apporte son soutien à tous les réseaux catholiques qui protégeaient les juifs. Il a joué un rôle de premier plan comme diplomate officieux dans la Seconde Guerre mondiale. Il a condamné les Oustachis et la participation d'ecclésiastiques et de moines franciscains au génocide des Serbes durant l'État indépendant de Croatie. Il préside, en tant que Doyen du Collège des cardinaux, les deux conclaves de 1958 (élection de Jean XXIII) et 1963 (élection de Paul VI). De 1951 à 1967, il est le dernier préfet de la Congrégation des cérémonies.

D'un caractère très fort, en 1950, il affronte Pie XII sur l'opportunité de promulguer le dogme de l'Assomption, en avançant la thèse que ce dogme est inutile parce que la tradition de la Dormition de la Vierge serait suffisante et qu'il heurterait les églises orthodoxes. Cependant, en tant que Doyen du Sacré Collège, c'est lui qui présente au Pape la requête de l'ensemble des évêques en faveur du nouveau dogme.

Il est élu à l'Académie française en 1961, succédant au duc Maurice de Broglie et fut membre de l'Académie de Stanislas[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Succession apostolique[modifier | modifier le code]

Succession apostolique
Bishopcoa.png
Consécrateur Pie XII
Premier coconsécrateur principal Giuseppe Migone
Second coconsécrateur principal Charles-Joseph-Eugène Ruch
Date de la consécration
Consécrateur de
Évêque Date de la consécration
Alberto Gori
Sebastian Vayalil
Diego Venini
Hailé Mariam Cahsai 1er mai 1951
Ghebre Jesus Jacob 1er mai 1951
Paolo Bertoli
Pietro Sfair
Raffaele Forni
Joseph Parecattil
Paul VI
Nicholas Thomas Elko
Urbain-Marie Person
Sebastian Valloppilly
Thomas Mongo
Bernardin Gantin
Tito Mancini
Federico Callori di Vignale
Benno Walter Gut
Francis John Brennan

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Étienne Fouilloux, Eugène Tisserant (1884-1972), le cardinal qui connut six papes, Canal Académie, 16 octobre 2011.
  2. Polyglotte, il parle douze langues.
  3. a, b et c Livre d'Or du Clergé et des Congrégations, Paris, Bonne Presse,‎ 1925
  4. (fr) « TISSERANT Gabriel-Gervais-Laurent Eugène », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 25 octobre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Précédé par Eugène Tisserant Suivi par
Nicola Canali
1949-1960
Cardinal Grand-Maitre de l'Ordre du Saint Sépulcre
Coat of arms of Eugène Tisserant OESSJ.svg
1960-1972
Maximilien de Furstenberg
1972-1988
Précédé par Eugène Tisserant Suivi par
Francesco Marchetti-Selvaggiani
1948-1951
Doyen du Collège des cardinaux
1951-1972
Amleto Cicognani
1972-1973


Précédé par Eugène Tisserant Suivi par
Maurice de Broglie
Fauteuil 37 de l’Académie française
1961-1972
Jean Daniélou