Hélène Berr

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Hélène Berr

Naissance 27 mars 1921
Paris, Drapeau de la France France
Décès avril 1945 (24 ans)
Bergen-Belsen,
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Langue d'écriture Français

Œuvres principales

  • Journal (1942-1944)

Hélène Berr, née le 27 mars 1921 à Paris et morte en avril 1945, est une jeune Française juive, auteur d'un journal relatant sa vie de 1942 à 1944 qui fut publié pour la première fois en 2008.

Biographie[modifier | modifier le code]

« Née dans une famille juive d'origine alsacienne et descendante de Maurice Lévy, Hélène Berr préparait l'agrégation d'anglais. Dans son journal truffé de citations de Shakespeare ou de Lewis Carroll, la guerre n'est d'abord qu'un mauvais rêve »[1]. Ce journal raconte la vie quotidienne et les épreuves, comme le port de l'étoile jaune en juin 1942[2], de la jeune femme.

Ne pouvant passer l'agrégation en raison des lois antisémites du régime de Vichy sur le statut des Juifs, Hélène Berr se présente au siège de l'Union générale des israélites de France (UGIF) où elle est recrutée comme assistante sociale bénévole le 6 juillet 1942. Trois mois plus tôt, à l'occasion d'une dédicace qu'elle obtient de Paul Valéry, Héléne Berr entame ce jour-là, le 7 avril 1942, un « Journal » que, dans la préface de l'ouvrage publié en 2008 aux éditions Tallandier, Patrick Modiano compare au style de Katherine Mansfield.

Hélène Berr est arrêtée à son domicile situé dans le 7e arrondissement de Paris, le 8 mars 1944, détenue au camp de Drancy, puis déportée à Auschwitz avec son père et sa mère, le 27 mars 1944, jour de ses 23 ans. D'Auschwitz, elle est envoyée à Bergen-Belsen. Un matin, ne pouvant se lever à l'heure de l'appel, elle est battue à mort par une gardienne, quelques jours avant la libération du camp par les troupes anglaises, le 10 avril 1945 (Mariette Job, son éditrice et nièce, qui apporte ces précisions, suggère cette date sans la préciser formellement).

Hélène Berr était la fille de Raymond Berr (1888-1944), polytechnicien (X 1907), ingénieur du corps des Mines, vice-président de l'entreprise Kuhlmann (qui fusionnera plus tard avec Péchiney), déporté par le même convoi qu'elle le 27 mars 1944, le "Convoi No. 70"[3]. Sa mère, Antoinette Berr (1891-1944) est également déportée dans ce convoi[4].

Le nom d'Hélène Berr a été donné à une médiathèque[5] du douzième arrondissement de Paris, ainsi qu'à un amphithéâtre de l'Université Paris-Sorbonne (site de Clignancourt).

Le Journal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Journal d'Hélène Berr.

Ce journal commence le 7 avril 1942, après une visite chez Paul Valéry. Il s’achève à Drancy le 15 février 1944. Les derniers mots, « Horror ! Horror ! Horror ! »[6], font écho à la pièce de Shakespeare, Macbeth, où Macduff s'exclame de façon similaire « O horror, horror, horror ! ». Mais cette dernière phrase rappelle aussi fortement le « The horror ! The horror ! » de Kurtz, à la fin du roman Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad[7] (l’une des nombreuses lectures d’Hélène Berr[8]).

Le Journal est constitué de 262 feuillets volants, « couverts à l'encre bleue ou noire et au crayon d'une fine écriture qui se fait de plus en plus hâtive au fil des pages »[1]. Sa publication résulte de la volonté de Mariette Job, la nièce d’Hélène Berr et ancienne libraire, qui, connaissant ce texte par des copies circulant dans sa famille, a retrouvé le manuscrit original : selon le vœu d’Hélène, il avait été remis après la guerre à Jean Morawiecki, son fiancé et futur diplomate, et était resté entre ses mains. Ce dernier a institué Mariette Job légataire du journal.

Le manuscrit du journal est déposé en 2002 au Mémorial de la Shoah. Il est publié pour la première fois en janvier 2008, avec une préface du romancier Patrick Modiano.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Journal, d'Hélène Berr, préface de Patrick Modiano, suivi de Hélène Berr, une vie confisquée, par Mariette Job. Éditions Tallandier, janvier 2008. (ISBN 978-2-84734-500-1). Réédité en format de poche aux éditions Points, en mai 2009 (également disponible en « édition scolaire »).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hélène Berr, l'autre Anne Frank, François Dufay, Le Point, no 1840, 20 décembre 2007.
  2. Une étoile jaune pour Hélène Berr, Raphaël Sorin, 6 décembre 2007.
  3. Raymond BERR, consulté le 10 décembre 2013.
  4. Voir, Klarsfeld, 1978.
  5. La bibliothèque Picpus devient la médiathèque Hélène Berr, blog citoyen d'information et de dialogue des habitants du quartier Bel-Air Sud, 10 mars 2009.
  6. « L'horreur ! L'horreur ! L'horreur ! » Shakespeare, Macbeth, acte II scène 3 vers 62 p. 364 en Pléiade. cf. la scène sur Wikisource en français et en anglais
  7. Conrad, Au cœur des ténèbres, p. 318 en Folio Bilingue
  8. « Les Lectures d'Hélène Berr », annexe au Journal p. 295 de l’édition Tallandier