Boris Cyrulnik
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Boris Cyrulnik, né le 26 juillet 1937 à Bordeaux, est un neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste français.
Responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hôpital de Toulon et enseignant l'éthologie humaine à l'université du Sud-Toulon-Var, Boris Cyrulnik est surtout connu pour avoir développé en France et après John Bowlby aux États-Unis, le concept de « résilience » (renaître de sa souffrance). Mais sa contribution à la science réside dans son engagement : Boris Cyrulnik voit d'abord l'éthologie comme « un carrefour de disciplines[1] ».
Il est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)[2].
Sommaire |
Biographie [modifier]
Jeunesse [modifier]
Boris Cyrulnik est né dans une famille d'immigrés juifs d'Europe centrale et orientale (son père était russo-ukrainien et sa mère polonaise) arrivés en France dans les années 1930[3]. Son patronyme signifie « barbier chirurgien » en russe. Son père, ébéniste[4] s'engage dans la Légion étrangère[5]. Durant l'Occupation, ses parents le confient en 1942[6] à une pension pour lui éviter d'être arrêté par les nazis, pension qui le placera ensuite à l'Assistance publique. Il y est recueilli par une institutrice bordelaise, Marguerite Farge, qui le cache chez elle, rue Adrien-Baysselance[5]. Mais, le 10 juin 1944[6],[4], au cours d'une rafle, il est regroupé avec d'autres Juifs, dont beaucoup d'enfants, à la grande synagogue de Bordeaux[5]. Il parvient à se cacher dans les toilettes[5], évitant le sort des autres raflés, emmenés vers la gare Saint-Jean pour y être déportés. Il se faufile hors de la synagogue, et une infirmière le cache dans une camionnette (qu'il prend alors pour une ambulance). Il est ensuite pris en charge et caché par un réseau, puis placé comme garçon de ferme, sous le nom de Jean Laborde, jusqu'à la Libération[5]. Ses parents, eux, mourront en déportation[4]. Il est recueilli à Paris par une tante maternelle, Dora, qui l'élèvera. Cette expérience personnelle traumatisante le poussera à devenir psychiatre[4].
Formation et carrière [modifier]
Boris Cyrulnik fait ses études secondaires au lycée Jacques-Decour à Paris, puis supérieures à la Faculté de médecine de Paris, se spécialisant en psychiatrie, obtenant de l'Institut de psychologie un certificat d'études spéciales en neuropsychiatrie. Interne en neurochirurgie à Paris (1967), en psychiatrie à Digne (1968-1971), il devient neurologue à l'hôpital de Toulon-La-Seyne (1972-1991) ; il y crée notamment un des premiers groupes d’études en éthologie humaine avec Jacques Cosnier et Hubert Montagner, pionniers dans ce domaine[7]. Chargé de cours d'éthologie humaine à la faculté de médecine de Marseille de 1974 à 1994, et d'éthologie clinique, il devient directeur d'enseignement (depuis 1996) à la faculté des lettres et sciences humaines de Toulon.
En 1998, il est nommé président du Centre national de création et de diffusion culturelles de Châteauvallon, puis en 2005 président du Prix Annie-et-Charles-Corrin sur la mémoire de la Shoah (depuis 2005). Il est également membre du conseil d'orientation de l'institut Diderot (un fonds de dotation pour le développement de l’économie sociale créé par la société de groupe d'assurance mutuelle Covéa)
Boris Cyrulnik est une des 43 personnalités ayant constitué la commission Attali sur les freins à la croissance, dirigée par Jacques Attali et installée le 30 août 2007 par Nicolas Sarkozy[8].
Avec sa femme Florence (médecin qui n'a pas exercé), il a deux enfants : Natacha, devenue décoratrice de théâtre, et Ivan, musicien[7].
Prises de position [modifier]
S'exprimant au sujet des études de genre, Boris Cyrulnik considère que « le "genre" est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas »[9].
Œuvres [modifier]
Liste non exhaustive [modifier]
- Mémoire de singe et paroles d'homme, éd. Hachette, 1983.
- Sous le signe du lien, éd. Hachette, 1989.
- La Naissance du sens, éd. Hachette, 1991.
- Les Nourritures affectives, éd. Odile Jacob, 1993.
- De la parole comme d'une molécule, avec Émile Noël, éd. Seuil, 1995.
- L'Ensorcellement du monde, éd. Odile Jacob, 1997.
- La Naissance du sens Hachette Littérature (1998) (ISBN 978-2012788916)
- traduction anglaise : The Dawn of Meaning
- Un merveilleux malheur, éd. Odile Jacob, 1999 ; réédition 2002 (ISBN 2-7381-1125-4)
- Dialogue sur la nature humaine, avec Edgar Morin, Éditions de l'Aube, 2000.
- Les Vilains Petits Canards, éd. Odile Jacob, 2001 (ISBN 2-7381-0944-6)
- L'Homme, la Science et la Société, Éditions de l'Aube, 2003.
- Le Murmure des fantômes, éd. Odile Jacob, 2003 ; éd. Odile Jacob poches, 2005 (ISBN 2-7381-1674-4)
- Traduction anglaise : The Whispering of Ghosts: Trauma and Resilience (2005)
- Parler d'amour au bord du gouffre, éd. Odile Jacob, 2004.
- Traduction anglaise : Talking of Love on the Edge of a Precipice (2007)
- La Petite Sirène de Copenhague, Éditions de l'Aube, 2005.
- De chair et d'âme, éd. Odile Jacob, 2006.
- Autobiographie d'un épouvantail, éd. Odile Jacob, 2008, prix Renaudot de l'essai, 2008[10] (ISBN 978-2-7381-2398-5).
- Je me souviens…, éd. L'Esprit du temps, coll. « Textes essentiels », 2009 (éd. Odile Jacob poches, 2010) (ISBN 978-2-7381-2471-5).
- Mourir de dire : La honte, éd. Odile Jacob, 2010, (ISBN 978-2-7381-2505-7).
- Quand un enfant se donne « la mort », éd. Odile Jacob, 2011, (ISBN 978-2-7381-2688-7).
- Sauve-toi, la vie t'appelle, éd. Odile Jacob, 2012, (ISBN 978-2-7381-2862-1).
En anglais [modifier]
- Resilience: How your inner strength can set you free from the past Tarcher, 320 pages (ISBN 1101486384) 2011
En allemand [modifier]
- Warum die Liebe Wunden heilt Beltz GmbH (2006), 232 pages (ISBN 978-3-407857767)
- (Pourquoi l'amour guérit les plaies)
- Mit Leib und Seele Hoffmann et Campe (2007), 272 pages (ISBN 978-3-455500387)
- (Corps et âme)
- Scham. Im Bann des Schweigens. Wenn Scham die Seele vergiftet, traduit par Maria Buchwald et Andrea Alvermann. Präsenz Kunst und Buch Verlag, Hünstetten (2011), 248 pages (ISBN 978-3-863021-12-6)
- (Mourir de dire : La honte)
Préface [modifier]
- Françoise Maffre-Castellani : Femmes déportées, Histoires de résilience (ISBN 978-2721005199)
Ouvrages collectifs [modifier]
(entre autres)
- La Plus Belle Histoire des animaux, collectif, éd. Seuil, 2006.
- Si les lions pouvaient parler. Essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, coll. « Quarto », Paris, 1998, 1 540 p., 80 doc.
- Boris Cyrulnik, « Instinct/Attachement », dans Dictionnaire de la sexualité humaine, 200 notices par 122 coauteurs, sous la direction de Philippe Brenot, éd. L'Esprit du temps, coll. « Les Dictionnaires », Paris, 2004, 736 pages, et Les Objets de la psychiatrie, dictionnaire de concepts, 230 notices par 150 auteurs, sous la direction de Yves Pélicier, éd. L'Esprit du temps, coll. Les Dictionnaires, Paris, 1997, 650 pages.
- Boris Cyrulnik et Claude Seron (dir.), La Résilience ou Comment renaître de sa souffrance, éd. Fabert, coll. « Penser le monde de l'enfant », Paris, 2004 (ISBN 2-907164-80-5)
- Nicolas Martin, Antoine Spire, François Vincent et Boris Cyrulnik, La Résilience. Entretien avec Boris Cyrulnik, Le Bord de l'eau éditions, coll. « Nouveaux Classiques », Lormont, France, 2009, 111 pages (ISBN 978-2356870261).
- avec Jean-Pierre Pourtois : École et résilience Odile Jacob (ISBN 978-2738120120)
- Nous étions des enfants, Entretien d'introduction au coffret de 10 DVD réalisés par Jean-Gabriel Carasso et produits par L'oizeau rare avec le Comité École de la rue Tlemcen. Cet ouvrage présente 18 témoignages d'enfants déportés ou cachés parce que Juifs, durant la Seconde guerre mondiale.
Notes et références [modifier]
- Mémoire de singe et paroles d'homme.
- Page « Comité d'honneur », sur le site de l'ADMD.
- « Escape from the Past », The Guardian, 18 avril 2009
- « Entretien : Boris Cyrulnik, la confession », Le Point, 19 septembre 2008.
- Documentaire Boris Cyrulnik. À l'assaut du malheur, de Youki Vattier, produit par Docside Production, 2009, collection « Empreintes » (diffusé sur France 5 le 13 mars 2009).
- Émission Des mots de minuit no 497 le 21 mars 2013 sur France 2.
- Sylvie O'Dy, « Boris Cyrulnik, l'arpenteur de l'âme humaine », sur lexpress.fr, 17 avril 1997
- LeJDD.fr, 30 août 2007
- Boris Cyrulnik face au suicide des enfants entretien, Le Point.fr, 29 septembre 2011
- Sciences et Avenir, décembre 2008.
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Catherine Vincent, « Boris Cyrulnik, bâtisseur d'espoir », Le Monde, 18 septembre 2008.
- Boris Cyrulnik. À l'assaut du malheur, documentaire de 52 minutes réalisé par Youki Vattier, dans la collection « Empreintes », France Télévisions Distribution, 2009.
Liens externes [modifier]
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- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- Entretien vidéo avec Boris Cyrulnik pour la collection « Contact » avec Stéphane Bureau, 2008
- Entretien avec Boris Cyrulnik, Le Monde de l'Éducation, n° 292, mai 2001
- Éloge de la peur, entretien avec Boris Cyrulnik, Nouvelles Clés (nouvellescles.com) (200x)
- Boris Cyrulnik : L'intelligence animale et végétale