Francine Weisweiller

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Francine Weisweiller, née Francine Worms (9 juin 19168 décembre 2003), est une mécène française, amie de Cocteau, qui a tenu un salon littéraire et mondain à Paris comme dans sa villa de Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Cocteau a consacré un film à cette villa, qu'il a ornée de fresques. Francine Weisweiller fut sa commanditaire, comme elle le fut aussi d'autres créateurs, tel Yves Saint Laurent.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille du bijoutier Armand Worms, elle épousa le banquier américain et héritier de la société Shell Alexandre Weisweiller, dit « Alec », dont elle eut une fille, Carole, née en 1942. Alexandre était le petit-fils de Henry Deutsch de la Meurthe, d'une richissime famille d'industriels et de mécènes, ainsi que d'une Fould.

L'hôtel particulier des Weisweiller, 4, place des États-Unis à Paris, était voisin de celui de Marie-Laure de Noailles. Dans ce milieu mondain, Francine Weisweiller recevait des hôtes tels que Madeleine Castaing, Yul Brynner, Jean-Edern Hallier, Jean Marais, Georges Auric, Francis Poulenc, Picasso, Jean Genet, Stravinsky, François Truffaut, Jean Babilée, Olivier Larronde, Alain Delon, Romy Schneider, Bernard et Annabel Buffet, Pierre Bergé, Yves Saint Laurent, Marlene Dietrich, Greta Garbo, Paul Kuentz, Henri-Georges Clouzot, Georges Cravenne, Denise Duval...

Francine Weisweiller avait fait la connaissance de Cocteau en 1949 par l'intermédiaire de l'une de ses cousines Rothschild, connue au cinéma sous le nom de Nicole Stephane, l'actrice principale du film Les Enfants terribles, produit par Francine Weisweiller.

De cette rencontre naquit une amitié où Francine Weisweiller joua le rôle d'inspiratrice pour Cocteau, dont elle finança plusieurs œuvres et dont elle favorisa l'élection à l'Académie française.

Associée à son frère, Gérard Worms, dans la direction des Éditions du Rocher, elle y publia une grande partie des livres de Cocteau au cours des années 1950.

Cocteau séjourna souvent dans la propriété des Weisweiller à Saint-Jean-Cap-Ferrat, la « villa Santo-Sospir », dont il couvrit les murs de fresques tandis que Madeleine Castaing assurait une partie de la décoration; la villa est aujourd'hui protégée (inscrite) au titre des Monuments historiques français.

En l'honneur de son ami, elle baptisa son yacht "Orphée II".

Francine Weisweiller produisit le film Le Testament d'Orphée, dont certaines scènes furent tournées à la « villa Santo-Sospir », et y fit une apparition dans le rôle de « la Dame qui s'est trompée d'époque », vêtue d'une robe de Balenciaga[1].

Brouillée avec Cocteau peu de temps avant la mort de celui-ci (1963), elle termina son existence dans la solitude, ruinée, séparée de son mari et brouillée avec ses proches.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carole Weisweiler, Les murs de Jean Cocteau, Hermé 1998, photographies de Suzanne Held;
  • Carole Weisweiller, Jean Cocteau : Les Années Francine (1950-1963), Seuil, 2003;
  • Carole Weisweiller, Je l'appelais Monsieur Cocteau, Le Rocher, 2003;

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • La Villa Santo-Sospir (1952), film de Cocteau, 36 min, où Francine Weisweiller interprète son propre rôle.
  • « Francine Weisweiller », film de la série documentaire Le Bal du siècle produit par Jean-Louis Remilleux, France 5, 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Filmographie.