Bernard Destremau

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Bernard Destremau
Bernard Destremau
Bernard Destremau, Jean Borotra, Jacques Brugnon, Christian Boussus, Marcel Bernard.
Nationalité Drapeau de la France France
Naissance 11 février 1917
Drapeau : France Paris
Décès 6 juin 2002 (à 85 ans)
Drapeau : France Neuilly-sur-Seine
Prise de raquette Droitier
Palmarès
Meilleurs résultats en Grand Chelem
Aust. R-G. Wim. US.
Simple - 1/2 1/8 1/8
Double - V(1) - -
Mixte - 1/4

Bernard Jean Yves Destremau, né le 11 février 1917 à Paris XVIe et décédé le 6 juin 2002 à Neuilly-sur-Seine, est un joueur de tennis et un homme politique français, député puis secrétaire d'État.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dernier enfant du général Félix Destremau et de Renée Malinet[1], il appartient à une famille qui donna des notaires et des médecins avant de produire de nombreux soldats et marins. La famille Destremau, d'origine gasconne (Le Houga, Gers) essaimera au fil du temps ou au gré des garnisons d'abord à Paris, puis à Provins, à Lure, en Bretagne, dans le Var et dans les Hautes-Pyrénées. Le frère ainé de Bernard, Jean Destremau, colonel d'infanterie, sera tué au combat en 1948 en Indochine.

Bernard Destremau passe son enfance à Colmar, à Lyon (où son père commande la place militaire) et à Paris. La famille de sa mère possède une exploitation d'oliviers en Tunisie (Sfax).

Doué pour le tennis qu'il pratique d'abord en famille puis au Tennis Park de Lyon, il rejoint le Racing Club de France en 1930. De 1931 à 1936 il traverse le classement français, gagne le championnat de France juniors en 1934 et 1935, entre en première série à 17 ans et devient no 1 en décembre 1936 à 19 ans. Cette année-là il est sélectionné pour ses premiers matchs de Coupe Davis contre la Chine, les Pays-Bas et la Yougoslavie. Champion du monde universitaire et demi-finaliste des Internationaux de Roland Garros en 1937 (battu par le vainqueur Henner Henkel), quart de finaliste en 1938 (battu par le vainqueur Donald Budge), il remporte cette année-là le double avec Yvon Petra en battant la meilleure paire mondiale Budge-Mako.

Diplômé d'HEC en 1939, la déclaration de guerre le trouve aux États-Unis où il vient de disputer son troisième Forest-Hills. Il rentre en France pour être incorporé dans la cavalerie, d'abord comme élève-officier à Rambouillet (en compagnie de Maurice Druon et de Gabriel Kaspereit) puis comme aspirant. Démobilisé en 1940, il s'inscrit à l'École libre des sciences politiques (diplômé section générale 1942), et poursuit parallèlement sa carrière sportive en remportant en 1941 et 1942 le Tournoi de France de Roland Garros.

En février 1943, il passe clandestinement en Espagne en compagnie d'Henri Gentien (frère du joueur de tennis Antoine Gentien), par la filière du « réseau Comète » fondé en Belgique par Andrée De Jongh et dirigé, en France, par Marguerite de Gramont. Il est interné à Madrid puis rejoint l'Afrique du Nord où il est incorporé dans un régiment de chars, le 5e Chasseurs d'Afrique. Lieutenant à la tête d'un peloton de cinq chars légers Sherman, il participe au débarquement de Provence, est engagé en pointe dans les combats autour de La Valette et Toulon, puis en Bourgogne, en Alsace et en Allemagne. Blessé trois fois, il reçoit la Légion d'honneur des mains du général de Lattre à Dijon en 1944, ainsi que la Croix de guerre avec cinq citations (dont trois à l'ordre de l'Armée).

Démobilisé en novembre 1945, il reprend vite la raquette pour disputer des matchs de Coupe Davis, des rencontres internationales et des championnats nationaux. Longiligne, doté d'un jeu plat classique, agressif et bon tacticien, il joue peu et remporte souvent ses matchs à l'arraché grâce à son énergie et son tempérament de battant. Vainqueur de champions étrangers tels que Punčec, Henkel, Austin, Riggs, Patty, Bromwich, Quist, Asboth, Trabert et Rosewall, il remporte le championnat national en 1951 et 1953 et sera classé six fois no 1 français sur l'ensemble de sa carrière. Très attaché à son club le Racing, il en sera vice-président pendant de nombreuses années. Il sera aussi capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis en 1954-1955, et président de l'International Lawn-Tennis Club de France (ILTCF).

Admis en 1945 dans le corps des secrétaires des Affaires étrangères, il entame une carrière diplomatique, qui le conduit successivement en Belgique, au Caire pendant la crise de Suez, à New York, en Afrique du Sud, à Bruxelles et en Argentine où il sera ambassadeur de France de 1978 à 1981.

En 1967, il entre en politique et se présente aux élections législatives à Versailles sous l'étiquette des Républicains indépendants. Il y est élu, puis sera réélu en 1968, 1973, ainsi qu'aux élections partielles de 1976[2] .

Proche de Valéry Giscard d'Estaing, il est nommé secrétaire d'État aux Affaires étrangères dans le premier gouvernement Chirac de 1974 à 1976, retrouve ensuite son siège de député puis est battu en 1978.

Après sa retraite il se consacre à l'écriture d'ouvrages historiques (Weygand, De Lattre, Quai d'Orsay) ou autobiographiques (Le Cinquième Set, À chacun sa guerre). Très éclectique, il écrit également sur le vin (Bacchus est-il Français ?) ainsi que de nombreux articles sur la politique, la diplomatie, la défense et le sport. En 1995, il est élu membre de l'Institut, à l'Académie des sciences morales et politiques. En 2000, il crée un prix à son nom qui récompense chaque année un sportif de haut niveau qui poursuit avec succès des études supérieures[3].

Bernard Destremau était marié (à Diane, née de Pracomtal), et père de trois enfants. Il est inhumé au cimetière (ancien) de Boulogne-Billancourt[4] .

Équipe de France de la Coupe Davis 1936. De gauche à droite : Bernard Destremau, Jean Borotra, Jacques Brugnon, Christian Boussus, Marcel Bernard.

Principaux résultats en tennis[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Généalogie », sur gw1.geneanet.org (consulté le 27 septembre 2010)
  2. (fr) « Carrière politique », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 27 septembre 2010)
  3. (fr) « Le Prix Bernard Destremau, en souvenir du champion de Roland-Garros », sur www.canalacademie.com (consulté le 27 septembre 2010)
  4. (fr) « Bernard DESTREMAU (1917-2002) », sur www.landrucimetieres.fr (consulté le 27 septembre 2010)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bernard Destremau, A chacun sa guerre 1984 ; Le Cinquième Set 1986 ; Weygand 1989 ; Quai d'Orsay derrière la façade 1994 ; Jean de Lattre de Tassigny1999 ;
  • Denis Lalanne, Nos champions

Voir aussi[modifier | modifier le code]