Serge Gainsbourg

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Serge Gainsbourg

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Serge Gainsbourg en 1981.

Informations générales
Surnom Julien Grix, Gainsbarre, l'homme à tête de chou
Nom de naissance Lucien Ginsburg
Naissance 2 avril 1928
Paris, France
Décès 2 mars 1991 (à 62 ans)
Paris, France
Activité principale Auteur-compositeur-interprète, scénariste, metteur-en-scène, acteur
Genre musical Chanson française, jazz, pop, rock, rock progressif, variété française, reggae, cha cha cha, mambo, funk
Instruments Piano, guitare, guitare basse, accordéon, harmonica
Années actives De 1957 à 1991
Labels Philips

Lucien Ginsburg, dit Serge Gainsbourg (né le 2 avril 1928 à Paris - mort le 2 mars 1991 à Paris) est un auteur-compositeur-interprète, pianiste, artiste peintre, scénariste, metteur en scène, écrivain, acteur et cinéaste français[1].

Fils d'immigrants russes juifs[2],[3],[4], il veut être artiste peintre. Mais il accède à la notoriété en tant qu'auteur-compositeur-interprète, abordant de nombreux styles musicaux. Il s'essaiera également au cinéma et à la littérature. Il réalise plusieurs films et vidéo-clips et compose plus de quarante musiques de films.

Ses débuts sur scène sont difficiles en raison de son physique. Toute sa vie, Serge Gainsbourg souffre d'un sentiment de rejet et de l'image que lui renvoie le miroir : celle d'un homme que l'on qualifie de laid. Au fil des années, il se crée une image de poète maudit et provocateur, mais pas pour autant en marge du système (« J'ai retourné ma veste quand je me suis aperçu qu'elle était doublée de vison », déclare-t-il). Les textes de ses chansons jouent souvent sur le double sens, et illustrent son goût pour la provocation, en particulier celle de nature polémique (Nazi Rock, Aux armes et cætera, Lemon Incest) ou érotique (Les Sucettes, Je t'aime... moi non plus, Love on the Beat). Serge Gainsbourg aime également jouer avec les références littéraires, comme Verlaine (Je suis venu te dire que je m'en vais). Cependant, il considère la chanson, et en particulier les paroles de chanson, comme un « art mineur[1] » du fait que, contrairement à la peinture, par exemple, il ne nécessite aucune initiation pour être apprécié[5]. Malgré cela, il travaille parfois beaucoup la forme poétique de ses textes.

Au cours de sa vie, Gainsbourg séduit chanteuses et actrices, souvent renommées pour leur beauté : de Brigitte Bardot à Jane Birkin[1], avec qui il a son troisième enfant Charlotte Gainsbourg. Après leur séparation, il rencontre « Bambou », Caroline Paulus[6] de son vrai nom, qui lui donne son quatrième et dernier enfant, Lucien Gainsbourg, dit « Lulu ».

Gainsbourg a une influence considérable sur des artistes français comme le groupe Taxi Girl, Renaud ou encore Étienne Daho[7] mais également sur des artistes internationaux tels que Beck Hansen, le groupe Portishead et le compositeur David Holmes.

Si sa notoriété à l'extérieur du monde francophone se limite aux professionnels de la musique, il réussit à classer deux de ses albums dans les meilleures ventes de disques aux États-Unis : Bonnie and Clyde[8] (avec Brigitte Bardot) se classe 12e au Billboard 200 au cours de l'année 1968, et Jane Birkin/Serge Gainsbourg[9] se classe 196e au cours de l'année 1970. Sa chanson Je t’aime… moi non plus se classe 58e au Billboard Hot 100[10], malgré des diffusions à la radio limitées[11], mais rencontre un plus grand succès encore au Royaume-Uni où elle se classe numéro 1 des ventes[12]. Avec celles de la chanteuse belge Sœur Sourire[13], ces performances sont inégalées pour des chansons en langue française aux États-Unis toujours très rétifs aux langues étrangères.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père, Joseph Ginsburg, né à Kharkov (Ukraine) en 1896, d'abord intéressé par la peinture, entre au Conservatoire de Petrograd, puis à celui de Moscou pour étudier la musique : il choisit le piano. Puis, en Crimée, il rencontre Olga Besman, une séduisante mezzo-soprano qui devient son épouse[14]. C'est en 1919 que Joseph et Olga, fuyant la guerre et la dictature bolchévique, quittent la Russie pour Paris, passant par Istanbul et Marseille. Joseph est pianiste de bar et de cabaret, Olga chante au conservatoire russe. Ils vivent rue de la Chine dans le 20e arrondissement de Paris. Ils ont un premier fils, Marcel, qui meurt en bas âge de maladie. Ils ont ensuite une fille, Jacqueline, en 1926, puis des faux jumeaux, Liliane et Lucien, en 1928, nés à la maternité de l'Hôtel-Dieu de Paris dans l'Île de la Cité. La famille Ginsburg obtient la nationalité française le 9 juin 1932[15].

Dans son enfance, le petit Lucien vit dans les quartiers populaires de Paris, le 20e puis le 9e arrondissement. Son père tente de lui apprendre le piano classique et le pousse vers le monde de la peinture.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'antisémitisme d'État du régime de Vichy lui impose de porter l'étoile jaune (« Une étoile de shérif », dira-t-il plus tard par dérision, ou « Je suis né sous une bonne étoile... jaune »). Les métiers artistiques sont interdits aux Juifs et plus personne ne veut engager son père comme pianiste. Ce dernier doit par conséquent passer en zone libre en 1942 pour retrouver du travail et échapper à la misère. Les contrôles de police sont de plus en plus nombreux dans la capitale et toute la famille finit par le rejoindre en janvier 1944 dans la région de Limoges avec de faux papiers. Ils se réfugient au Petit Vedeix en Haute-Vienne sous le nom de Guimbard. Les filles sont cachées dans une institution religieuse et Lucien dans un collège jésuite, à Saint-Léonard-de-Noblat. Il y est pensionnaire sous sa fausse identité. Un soir, la Gestapo fait une descente dans l'établissement pour vérifier qu'aucun enfant juif ne s'y abrite. Les responsables du pensionnat l'envoient se cacher seul dans la forêt, où il passe la nuit entière avec la peur d'être pris et tué. Il vivra par la suite avec le sentiment d'être un rescapé[16].

Durant ces années de guerre, la famille Ginsburg se voit retirer entièrement la nationalité française par une commission spéciale mise en place par le régime de Vichy, parce qu'ils sont « israélites sans intérêt national ». Sur l'un des rapports de la commission, retrouvé en 2010[17], on peut lire, à propos de Joseph, le père de Serge : « Exerçant la profession de pianiste, le nommé Ginsburg qui se déplace fréquemment réside actuellement à Lyon. […] Son fils Lucien est inscrit au collège Du Guesclin. […] Il ressort néanmoins que l’intéressé a quitté la capitale en 1941 pour la zone libre pour s’éviter des ennuis en raison de sa confession. » La commission tranche : « retrait général ». Serge Gainsbourg n'a jamais rien su de cette dénaturalisation.

De retour à Paris après la libération, la famille s'installe dans le XVIe arrondissement de Paris. Lucien est en échec scolaire et abandonne, peu avant le bac au lycée Condorcet. Il s'inscrit alors aux Beaux-Arts, sans poursuivre jusqu'au bout. Il rencontre le 5 mars 1947 à l'Académie de Montmartre, sa future compagne, Élisabeth Levitsky, fille d'aristocrates russes qui a des accointances avec les surréalistes et en particulier Georges Hugnet dont elle était la secrétaire[18]. Il l'épousera le 3 novembre 1951[19].

L'année 1948 est une année importante pour Lucien. Il fait son service militaire à Courbevoie, où il sera envoyé régulièrement au trou pour insoumission. Il y commence sa « période » éthylique ; privé de permission, il s'enivre au vin avec ses camarades de régiment. C'est également durant cette période qu'il apprend à jouer de la guitare.

Un déclic avec Boris Vian[modifier | modifier le code]

Le Martyre de saint Sébastien d'Andrea Mantegna au Musée du Louvre. La toile la plus belle que Serge Gainsbourg ait vue dans sa vie, découvert quand il avait environ 14 ans. Il était tombé en admiration devant elle, car son supplice est extatique.

Jusqu'à l'âge de trente ans, Serge Gainsbourg vit de petits boulots. Il est tour à tour professeur de dessin, de chant, surveillant... Mais son activité principale est la peinture. Il aurait aimé être un génie de la peinture comme Francis Bacon ou Fernand Léger, dont il fut l'élève. À cette époque, en 1952, avec Élisabeth Levitsky, ils emménagent dans une chambre à la Schola Cantorum de Paris, qui avait ceci de particulier, c’est qu’en rangeant leurs vêtements, ils découvrirent dans le placard, une porte qui donnait sur la salle de concert, où des groupes de jazz américains venaient enregistrer leurs disques. De ce point de vue, il observera, prendra des notes et se détournera encore un peu plus de la peinture, d'autant plus que la chambre comportait à leur arrivée, un piano en piteux état, que Serge Gainsbourg remettra en état pour pouvoir y jouer[20]. En 1954, il abandonne la bohème pour devenir crooner de piano-bar dans les casinos de la côte comme le Touquet Paris-Plage, où il joue au Club de la Forêt, ou Deauville et dans des cabarets parisiens comme chez Madame Arthur.

Il a une révélation en voyant Boris Vian au cabaret Milord l'Arsouille, qui écrit et interprète des textes provocateurs, drôles, cyniques, loin des vedettes du moment, comme Dario Moreno ou Annie Cordy. Bientôt, engagé comme pianiste d'ambiance par Francis Claude, directeur artistique du cabaret, Serge Gainsbourg accompagnera à la guitare la chanteuse Michèle Arnaud[21]. En 1957, c'est par hasard que Michèle et Francis découvrent avec stupéfaction les compositions de Gainsbourg en allant chez lui voir ses toiles. Le lendemain, Francis Claude pousse Serge sur scène. Mort de trac, il interprétera son propre répertoire (dont Le Poinçonneur des Lilas)[22]. Puis Claude le présente dans son émission sur les ondes de Paris-Inter le 5 janvier 1958. Michèle Arnaud (et plus tard, en 1966, son fils Dominique Walter) sera d'ailleurs la première interprète de Serge[21]. Il commence à déposer ses titres à la SACEM. Elle enregistrera, dès 1958, les titres La Recette de l'amour fou, Douze Belles dans la peau, Jeunes Femmes et vieux messieurs et La Femme des uns sous le corps des autres[23]. C'est là qu'il fait ses premières armes, compose de nombreuses chansons et même une revue musicale. Il décide alors d'abandonner la peinture pour se consacrer à la composition musicale et détruit la quasi-totalité de ses toiles, au grand dam de son épouse qui ne lui pardonnera jamais cet "autodafé". Il se lance aussi dans une course effrénée auprès des femmes, qu'il séduit en grand nombre, ce qui l'éloigne de son épouse, Élisabeth Levitzky. Ils divorcent en octobre 1957, six ans après leur mariage[19].

En studio, il commence sa fructueuse collaboration avec Alain Goraguer, déjà arrangeur musical de Boris Vian[21]. Son premier album, Du chant à la une ! d'où est extrait Le Poinçonneur des Lilas, premier succès en 1958, détonne, mais est un échec commercial. Il sera remarqué par Marcel Aymé, qui dit que ses chansons « ont la dureté d'un constat ». Son maître Boris Vian, avant de mourir en 1959, le compare à Cole Porter.

Lorsque l'époque des yéyés arrive, il a 32 ans et n'est pas très à l'aise : il passe en première partie de Brel ou de Gréco, mais le public le rejette et les critiques, cruelles, se moquent de ses grandes oreilles et de son nez proéminent. Débute, avec Gréco, une collaboration qui durera durant toute cette période « Rive Gauche », dont le point d'orgue sera La Javanaise à l'automne 1962[21].

Il fera en 1964 quelques duos avec l'artiste Philippe Clay auquel il ressemble de façon troublante[24].

Il rencontre alors Elek Bacsik et Michel Gaudry et leur demande de faire un disque avec lui. Ce sera Gainsbourg Confidentiel empreint d'un jazz archimoderne qui plait tant à Gainsbourg, mais qui, il le sait, ne lui permettra jamais d'accéder au succès. Ce disque ne se vend qu'à 1 500 exemplaires. Sa décision était prise dès la sortie du studio : « Je vais me lancer dans l'alimentaire et m'acheter une Rolls ». Malgré tout, son album suivant, Gainsbourg Percussions, inspiré (parfois directement - et sans droit d'auteur[25]) des rythmes et des mélodies de Miriam Makeba et Babatunde Olatunji, reste encore à l'écart de la vague yéyé qui apparaît et qui fera la fortune de Gainsbourg.

L'Eurovision pour France Gall[modifier | modifier le code]

Serge Gainsbourg et France Gall recevant le Grand Prix du Concours eurovision de la chanson 1965 gagné avec Poupée de cire, poupée de son.

C'est en écrivant pour Juliette Gréco (Accordéon, La Javanaise) et Petula Clark (La Gadoue) qu'il rencontre ses premiers succès, mais c'est avec Françoise Hardy (Comment te dire adieu ?) et surtout France Gall qu'il va réussir à séduire un public jeune. Après ses premiers succès gainsbourgiens (N'écoute pas les idoles, Laisse tomber les filles), France Gall remporte, le 20 mars 1965, le grand Prix du Concours Eurovision de la chanson après avoir choisi le titre Poupée de cire poupée de son, écrit par Gainsbourg à l'instigation de Maritie et Gilbert Carpentier, parmi les dix qu'on lui proposait. La chanson lauréate devient le tube international qui passe sur toutes les ondes et que France Gall enregistre même en japonais[26]. Gainsbourg continue dans la veine du succès avec France Gall, en 1966, grâce à Baby Pop et surtout aux Sucettes à l'anis.

Il échappe en tant qu'interprète au ghetto de la « chanson française de variétés » (par opposition à la pop) avec Qui est in ? Qui est out ? , qui passera largement à l'émission Salut les copains, lui donnant son entrée à part entière chez les « yéyés ». Serge Gainsbourg a aussi écrit pour l'Eurovision la chanson de Joëlle Ursull Black and white blues, qui représente la France en 1990 et se classe en seconde position.

Un hymne pour réconforter les troupes durant la guerre des six jours[modifier | modifier le code]

En 1967, l'artiste écrit la chanson Le Sable et le Soldat[27] en soutien à Tsahal[28] pendant la Guerre des Six Jours. Ce travail est réalisé à la demande de l’attaché culturel de l’ambassade d'Israël, qui souhaite envoyer une marche militaire nouvelle pour remonter le moral des troupes israéliennes à la veille pressentie de violents combats[27]. Le compositeur entretenait une relation particulière avec l'État hébreu[27] du fait de ses origines. La maquette du texte est écrite en français : elle est enregistrée en direct en moins de 2 minutes, avec un accompagnement mélodique d'orgue électrique[27] le 6 juin 1967. Une traduction en hébreu est réalisée, mais ne sera pas enregistrée. Confiée à la navette diplomatique de l'ambassade, la bande magnétique du précieux morceau prend l'avion pour Tel-Aviv[27]. L'importance de ce conflit armé éclair et majeur pour l'État d'Israël jettera un voile d'oubli sur cet enregistrement qui va directement grossir les archives de la radio Kol Israël. Vingt-cinq années plus tard, le collectionneur Jean-Gabriel Le Nouvel, qui en connait l'existence, effectue des recherches très approfondies pour localiser la précieuse bande et l'exhume des archives[27]. La version initiale restaurée a fait l'objet d'une radiodiffusion en exclusivité depuis les studios de la RCJ en 2002.

Les paroles de cette chanson étonneront beaucoup de monde lors de cette diffusion et le magazine Tribune juive, écrira dans son article : «…Et pourtant, Gainsbourg n'était pas attaché à Israël. D'ailleurs, il n'y a jamais mis les pieds. Et lorsqu'il parlait de ses racines, il préférait évoquer la Russie de ses parents. Peut-être avoue-t-il dans cette chanson ce qu'il n'a jamais osé dire ? »… « Personne ne se doutait que Gainsbourg même s'il ne s'est jamais caché d'être juif, aurait écrit une chanson si engagée pour le jeune État d'Israël à l'issue de la guerre des 6 jours et de la libération de Jérusalem. Si Gainsbourg n'a jamais caché ses origines ("Je suis né sous une bonne étoile... jaune", disait-il), le monde était loin de s'imaginer que l'artiste composerait une chanson aussi engagée pour le jeune État d'Israël. »….

Interviewé par Patrick Bouchitey en 1981 sur Carbone 14 sur sa chanson en soutien à Tsahal, Le sable et le soldat, il répondra qu'il avait faillit y aller pour se faire tuer de façon instinctive, dû à ses racines juives.

Le label Kol Record est chargé, trente ans plus tard, par Jean-Gabriel Le Nouvel d'assurer la production et l'enregistrement de l'adaptation musicalement inédite en hébreu Al Holot Israel. Elle est interprétée par la Leakat Tsvait (La Chorale) de Tsahal : La Leakat Magav[29].

Muses et nouvelles passions amoureuses[modifier | modifier le code]

Fin de cette même année, il vit une passion courte, mais forte avec Brigitte Bardot à qui il dédie la chanson Initials B.B. après lui avoir écrit quelques titres emblématiques : Harley Davidson, Bonnie and Clyde, Je t'aime... moi non plus. Ce dernier titre est d'abord enregistré avec elle en duo en 1967 en version symphonique. Mais il sera rendu célèbre l'année suivante par Jane Birkin. La version originale, d'abord gardée secrète par Serge Gainsbourg à la demande de Brigitte Bardot, ne sortira qu'en 1986 : elle devient alors elle aussi un tube.

Sur le tournage du film Slogan, en 1968, il rencontre Jane Birkin pour laquelle il sera à nouveau auteur-compositeur et qui va quitter son premier époux, le compositeur John Barry avec lequel elle vient d'avoir une fille quelques mois auparavant, Kate Barry. Je t'aime... moi non plus et 69 Année érotique sont d'immenses succès[1] qui dépassent les frontières. Ils deviendront pendant dix ans un couple très médiatique, faisant régulièrement la une de l'actualité couverte par les médias, chacun enchaînant disque et tournage, concerts et apparitions photographiques. Gainsbourg dédie également le titre « Jane B » à sa nouvelle compagne, largement inspiré par le prélude en mi mineur Opus 28 no 4, de Frédéric Chopin.

Pour la petite histoire, les deux protagonistes Serge et Jane se trouvent, sans se voir, lors de la mort d'Édith Piaf, sur un lieu commun, le 10 octobre 1963 alors que tout le monde s'agglutinait pour regarder la dépouille de la chanteuse : Jane, encore adolescente, vivait dans une famille française qui habitait le même immeuble que la célèbre môme Piaf[30].

Les années 1970 : décennie majeure[modifier | modifier le code]

Les années 1970 sont marquées par l'écriture et la composition de quatre albums phares[1] : Histoire de Melody Nelson en 1971, Vu de l'extérieur (et son tube Je suis venu te dire que je m'en vais) en 1973, Rock around the bunker en 1975, et L'Homme à tête de chou avec ses sulfureuses Variations sur Marilou en 1976. Si, au départ, ces albums rencontrent peu de succès commercial (les ventes plafonnent à 30 000 exemplaires), ils le hissent à l'avant-garde de la chanson française[réf. nécessaire]. Histoire de Melody Nelson est accueilli par la presse comme « le premier vrai poème symphonique de l'âge pop »[réf. nécessaire]. Cet album-concept, produit et arrangé par Jean-Claude Vannier, raconte l'histoire d’une lolita dont Gainsbourg narre les exploits. L’album est influencé par la scène rock anglaise avec ses arrangements de guitare. L'histoire fait écho au roman de Vladimir Nabokov, Lolita dont Gainsbourg est un admirateur inconditionnel et qu'il évoquera souvent par la suite (Samantha de You're Under Arrest). Cet album a eu une influence considérable sur des artistes comme le groupe Air, David Holmes, Jarvis Cocker, Beck et Dan the Automator.

En mai 1973, Serge Gainsbourg est victime d’une crise cardiaque et la transforme en élément promotionnel en annonçant à la presse, depuis son lit d’hôpital, qu'il va réagir « en augmentant sa consommation d'alcool et de cigarettes ». Il continue à boire et à fumer, fidèle au personnage qu’il est en train de devenir.

En 1975, il sort l'album Rock Around the Bunker. Avec Rock around the bunker il pousse la provocation à son comble : il tourne en dérision, au second degré, l’esthétique nazie. L’album, enregistré à Londres, est radicalement rejeté par les programmateurs de radio qui ne voient dans cette farce façon Boris Vian qu'une provocation scandaleuse avec des titres comme Nazi rock, SS si bon ou Tata teutonne. Pourtant, à la fin de la décennie 1980, cet album sera couvert de disques d'or[réf. nécessaire]. Il compose également des tubes comme L'Ami Caouette. En 1979, il rejoint le groupe rock Bijou sur scène et verse une larme : le jeune public rock lui fait une ovation.

Marseillaise reggae[modifier | modifier le code]

Il cultive son aura d'artiste culte en participant à de nombreux films. Malheureusement pour lui, s'il est considéré comme un acteur de talent, il ne tourne pratiquement que dans des films de peu d'ampleur[31]. En 1976 il se lance pour la première fois dans la réalisation cinématographique. Son film Je t'aime moi non plus obtient très vite une réputation sulfureuse avec un scénario audacieux touchant aux tabous de l'homosexualité et de l'érotisme. Il réalise trois autres films (dont Équateur en 1983) qui obtiennent peu de succès, les sujets abordés étant souvent provocateurs, que ce soit l'inceste (Charlotte for Ever en 1986), l'exhibitionnisme (Stan the Flasher) ou l'homosexualité...

En 1979, son nouvel album enregistré à Kingston devient disque de platine en quelques mois. La Marseillaise (reggae) choque[1] le journaliste du Figaro Michel Droit qui écrit un article virulent selon lequel, en antisémitisme, « il y a aussi des rabatteurs ». Serge Gainsbourg lui répondra par voie de presse dans un article intitulé On n'a pas le con d'être aussi Droit[32]. Un double CD réunissant nouveaux mixages, enregistrements inédits, versions dub et d'artistes jamaïcains est paru en 2003.

Pour répondre aux campagnes de presse dont il devient peu à peu l'objet et qui le touchent profondément dans son estime, le 13 décembre 1981, Gainsbourg riposte en achetant le manuscrit original de la Marseillaise (135 000 F, soit 20 580 euros), vendu aux enchères à Versailles[1]. Peu de temps après, de nouveau en concert, cet évènement médiatisé par les journaux télévisés permettra cette fois à Serge Gainsbourg d'avoir les parachutistes de son côté, faisant ainsi définitivement taire les rumeurs malveillantes[1] au sujet de son patriotisme.

La salle de concert de Strasbourg où il doit se produire est investie par des membres d'une association d'anciens parachutistes militaires qui désapprouvent sa version de La Marseillaise, mais Gainsbourg garde tout son sang-froid et prend les paras au dépourvu en chantant a cappella, et le poing tendu, la version originale de l'hymne français : les paras sont donc de ce fait obligés de se mettre au garde à vous après un moment de flottement, comme en témoignent les bandes d'actualités de l'événement. « J'ai mis les paras au pas ! », s'amusera-t-il dans l'émission Droit de réponse de Michel Polac ; et de fait, les paras, estimant avoir eu réparation, se retirent. Gainsbourg poursuit une tournée triomphale, accompagné de Sly and Robbie et des choristes de Bob Marley : les I Threes[33]. Un double CD, Gainsbourg et cætera réunissant de nouveaux mixages de l'intégrale d'un concert au théâtre Le Palace de Paris restitue ce qui reste son meilleur enregistrement en public.

Années 1980 : « Gainsbarre »[modifier | modifier le code]

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Maison de Serge Gainsbourg au 5bis de la rue de Verneuil à Saint-Germain-des-Prés conservée en l'état par Charlotte Gainsbourg après le décès de son père.

Offensé par les propos calomnieux dans les articles de presse à son encontre, notamment au sujet de La Marseillaise, et se sentant artiste incompris, il se réfugie dans la vie des milieux noctambules et interlopes, consommant un peu plus d'alcool et de tabac et délaissant la vie de famille.

Les boîtes de nuit, les beuveries, le noctambulisme, la décrépitude physique… De plus en plus, « Gainsbarre » succédera à Gainsbourg avec quelques apparitions télévisées plus ou moins alcoolisées[1]. Il fortifie ainsi sa légende de poète maudit mal rasé et ivre qui lui vaut tantôt l'admiration, tantôt le dégoût. En septembre 1980, après plus de dix ans de vie commune, Jane Birkin n'en peut plus et le quitte. Elle admet lors d'une émission télévisée réalisée après sa mort : « J'avais beaucoup aimé Gainsbourg, mais j'avais peur de Gainsbarre ». À partir de cette période, il devient un phénomène de télévision de par son comportement provocateur et décadent qui déclenchera plusieurs scandales. Il apparaît le plus souvent bougon, avec une voix chevrotante et difficilement compréhensible, de surcroît avec des vêtements d'une propreté douteuse. Renaud s'inspirera plus de vingt années plus tard de ces événements pour écrire sa chanson Dr Renaud, Mister Renard de l'album Boucan d'enfer qui traduit une descente aux enfers présentant bien des similitudes.

Gainsbourg brûle en direct, à l'aide de son briquet, le 11 mars 1984, les trois-quarts environ d'un billet de 500 francs devant les caméras de télévision de l’émission Sept sur sept. Il agit ainsi pour dénoncer le « racket fiscal » qui le taxe à 74 %, argent « dépensé non pas pour les pauvres mais pour le nucléaire et toutes les... » (il n'a pas le temps de terminer sa phrase). Ce geste à la portée médiatique considérable frappe particulièrement le public français en ces années de crise de la monnaie française. Le lendemain, le lundi 12 mars 1984, toute la presse nationale fera son commentaire de ce geste à la symbolique si forte qui ne fera que renforcer dans les mois et les années suivantes la présence dans les média, dont notamment dans les émissions de télévisions, de Gainsbarre au détriment de Gainsbourg ; Serge Gainsbourg, d'ailleurs, recommença ce geste sur un plateau d'émission de variété française présentée par Patrick Sabatier, en présence d'Eddy Mitchell.

En avril 1986, dans une émission de Michel Drucker du samedi soir où la chanteuse américaine Whitney Houston est présente, Gainsbourg n'hésite pas à indiquer, en anglais et le micro ouvert : « I want to fuck her » (je veux la baiser)[34]. La Diva est outrée et stupéfiée[34] par de tels propos. Elle lui répond par des « What ? » aigus et vifs et demande s'il est ivre « He must be drunk »[34] ; à quoi Michel Drucker répond : « Non c'est son état normal, alors vous imaginez quand il est ivre ».

Durant sa période « Gainsbarre », malgré sa volonté de donner une image de lui provoquante, sa sensibilité à fleur de peau s'est manifestée à plusieurs reprises dans d'autres passages télévisés. Notamment, lors de l'émission "Sébastien, c'est fou", en 1988, quand Patrick Sébastien a organisé avec la chorale d'enfants des Petits chanteurs d'Asnières, une reprise de sa chanson Je suis venu te dire que je m'en vais, "On est venus te dire", déguisés en « Gainsbarre » pour l'occasion ; où lors de l'émission Sacrée Soirée qui lui était consacré en mars 1990, quand le présentateur Jean-Pierre Foucault lui remet un double disque d'or, puis encore, lorsqu'il lui montre des images de la ville où ses parents se sont rencontrés en ex- URSS, Théodosie, qu'il n'avait jamais vues. Ces passages télévisés, aux yeux du grand public, plus habitués à ses excès lors de sa période "Gainsbarre", ont contribué à fissurer le masque de provocateur qu'il voulait montrer, en dévoilant sa vraie nature.

Serge rencontre une nouvelle égérie, Bambou, pour laquelle, il ne peut, une fois de plus, s'empêcher de composer. Il lui fera chanter quelques titres qui ne rencontrent pas les faveurs du public (Made in China, 1989). Il continuera cependant d'écrire pour Jane Birkin.

Gainsbourg enregistre son nouvel album reggae à Nassau aux Bahamas avec la même équipe que le précédent. On peut y entendre les paroles de Ecce Homo :

Et ouais c'est moi Gainsbarre
On me trouve au hasard
Des night-clubs et des bars
Américains c'est bonnard
(...) Il est reggae hilare
Le cœur percé de part en part.

Au lieu de mettre en scène la naissance de Gainsbarre, la version alternative de ce morceau évoque le décès de Gainsbourg. Intitulée Ecce Homo et cætera, elle n'a été publiée qu'en 2003 sur un double CD réunissant nouveaux mixages, enregistrements inédits, versions dub et d'artistes jamaïcains. Selon Bambou, présente à Nassau, le fait que ce morceau ne fasse surface qu'après sa mort était « intentionnel ».

Son œuvre quasi-intégrale sort en coffret CD. Il contient de nombreux titres introuvables que les collectionneurs s'arrachent à prix d'or ; toutefois, les chansons écrites pour ses interprètes ne sont pas incluses, ni un certain nombre d'inédits, ni les concerts. Il part ensuite pour New York où il enregistre ses deux derniers albums, Love on the Beat et You're Under Arrest. Après le reggae, il se frotte au hip-hop et au funk. Il se produit de longues semaines en concert au Casino de Paris.

En 1990, Serge Gainsbourg écrit les paroles du 2e album de Vanessa Paradis, Variations sur le même t'aime, sur des musiques de Franck Langolff, dont le tube Tandem.
Sorti le 28 mai 1990, l'opus s'écoule à 400 000 exemplaires et sera le dernier témoignage artistique de Serge Gainsbourg, qui disparaîtra neuf mois après la sortie du disque.

Décès et obsèques[modifier | modifier le code]

Serge Gainsbourg meurt le 2 mars 1991 au 5 bis rue de Verneuil dans le 7e arrondissement[1] à la suite de sa cinquième crise cardiaque, survenue durant son sommeil. Il avait composé un album de blues avant sa mort et avait prévu de partir l'enregistrer à La Nouvelle-Orléans quelques jours plus tard.

Tombe d'Olga et Joseph Ginsburg, et de Serge Gainsbourg.

Il est enterré avec ses parents au cimetière du Montparnasse (1re section) à Paris où sa tombe est l'une des plus visitées avec celle de Jean-Paul Sartre-Simone de Beauvoir et celle de Charles Baudelaire qu'il mit en musique (Baudelaire (« Le serpent qui danse »), Album nº 4, 1962). La tombe porte le nom de Serge Gainsbourg et de ses parents, Olga (1894-1985) et Joseph (1896-1971) Ginsburg.

Lors de son enterrement, le 7 mars 1991, vinrent notamment parmi la foule, outre sa famille, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Françoise Hardy, Patrice Chéreau, Eddy Mitchell, Renaud, Johnny Hallyday, les ministres Jack Lang et Catherine Tasca, et les brigades de cuisiniers et serveurs du restaurant « L'Espérance » où il avait passé ses derniers jours. Catherine Deneuve lut devant la tombe le texte de la chanson Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve[35].

Vie privée et vie sentimentale[modifier | modifier le code]

En 1951, Serge Gainsbourg se marie à Élisabeth Levitsky, fille d'aristocrates russes émigrés, avec qui il restera jusqu'en 1957[36].

Il rencontre ensuite Françoise-Antoinette Pancrazzi, née à Bône en Algérie, le 28 juillet 1931, dite Béatrice (appelée princesse Galitzine depuis son premier mariage avec Georges Galitzine). Il l'épouse le 7 janvier 1964. Leur fille Natacha est baptisée le 8 août 1964. Après un deuxième divorce, il s'installe à la Cité internationale des Arts, dans une chambre d'étudiant, en février 1966. Il se réconcilie avec Béatrice en 1967, et ils ont un fils Paul, dit Vania, qui n'a jamais réellement connu son père[19],[37]. Très jalouse, Béatrice fera régulièrement des scènes à Serge, allant même, un jour, jusqu'au Japon pour simplement gifler celle qu'elle croyait une rivale.

Fin 1967, il vit une passion, qui ne dure que trois mois (86 jours très précisément faisait-il remarquer), avec Brigitte Bardot[30].

En 1968, il rencontre l'actrice britannique Jane Birkin[30], sur le tournage du film Slogan. Leur fille Charlotte Gainsbourg[30] naît le 21 juillet 1971 à Londres. Ils se séparent en septembre 1980.

À partir de 1981, il vit avec une jeune mannequin, Bambou, dont il a un fils, Lucien dit Lulu Gainsbourg, né le 5 janvier 1986.

En 1985, il rencontre une jeune fille de seize ans, Constance Meyer, qui lui avait écrit une longue lettre glissée sous la porte de son domicile. Le soir même, il l'invite à dîner et trois mois plus tard ils sont amants. Elle entretiendra une relation avec Serge jusqu'à sa mort[38]. Elle deviendra ultérieurement photographe professionnelle. La nature de cette relation est révélée et contée dans un récit autobiographique publié en octobre 2010 par celle-ci[39],[40].

En 1986, parallèlement à sa rencontre avec Constance Meyer, il rencontre Aude Turpault, âgée de treize ans, avec laquelle il entretiendra une relation filiale et amicale jusqu'au décès du chanteur en 1991[41]. Aude Turpault a également fait une apparition dans son film Stan The Flasher (1989) aux côtés d'Élodie Bouchez[42].

Serge Gainsbourg se rend acquéreur d'une Rolls Royce, non pas une Silver Ghost comme le protagoniste de Histoire de Melody Nelson, mais une Rolls Royce Phantom de 1928. Il ne pouvait pas la conduire car il n'avait pas le permis[43].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Lieux[modifier | modifier le code]

Pochoir de Serge Gainsbourg à Marseille

Plusieurs villes possèdent une rue Serge-Gainsbourg : Toulouse, Clermont-Ferrand, Blagnac, Saint-Cyprien, Châteaubriant… La rue Serge-Gainsbourg de Clermont-Ferrand est inaugurée le 7 mars 2003[44],[45] en présence de Jane Birkin[46], à l'occasion des trois ans d'existence de la Coopérative de Mai, la grande salle de musique de la ville, que jouxte cette rue.

À la porte des Lilas, rendue célèbre par Le Poinçonneur des Lilas, un parc de 15 000 m2, construit au-dessus du boulevard périphérique, est inauguré sous le nom de Jardin Serge-Gainsbourg, en juillet 2010, en présence de Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg. Une future station du métro parisien, Serge Gainsbourg, pourrait aussi porter son nom.

Dans le film Le Plus Beau Métier du monde en 1996, l'établissement scolaire au centre de l'intrigue s'appelle le « Collège Serge-Gainsbourg ».

Un film biographique[modifier | modifier le code]

Le scénariste et dessinateur Joann Sfar a réalisé un film biographique sur Serge Gainsbourg, dont le rôle est interprété par Éric Elmosnino. Gainsbourg, vie héroïque est sorti en salle le 20 janvier 2010[47]. Joann Sfar a indiqué[48]: « Ça va être une grande histoire qui commence pendant la Seconde Guerre mondiale et qui se termine dans les années 1980. [...] il va s'agir d'un film très documenté qui court tout le long de la vie de Gainsbourg. Mais avant tout ça sera une fable. Elle contiendra autant de vérités que d'inventions. [...] C'est le pianiste Gonzales qui prêtera ses mains à Serge Gainsbourg. Les arrangements et compositions sont confiés au formidable Olivier Daviaud. [...] c'est David Marti et l'équipe de DDT qui s'occupera des effets spéciaux, [...] ce sont eux qui ont fait Le Labyrinthe de Pan et la plupart des films de Guillermo del Toro. »

Le film a été récompensé par trois César, notamment celui du meilleur acteur pour Éric Elmosnino.

Influences[modifier | modifier le code]

Serge Gainsbourg marque fortement la musique française. Il n'hésite pas à métisser ses compositions avec des influences musicales très variées, contribuant à en populariser certaines en France :

Gainsbourg demeure une présence influente et importante de la chanson française, sa musique sera par la suite fréquemment échantillonnée et réutilisée par des artistes aussi bien français (ex : MC Solaar pour Nouveau Western) qu'internationaux (par exemple, Massive Attack dans Karmacoma (Portishead experience), Jennifer Charles d’Elysian Fields, qui reprend Les Amours perdues, sur un album de reprises de Gainsbourg par des groupes de l'avant-garde new-yorkaise, sous l'égide du jazzman John Zorn, ou encore Beck dont le titre Paper Tiger sur l'album Sea Change revendique l'influence de Melody dans Histoire de Melody Nelson). Mick Harvey, le guitariste de Nick Cave, a enregistré deux albums de reprise, Intoxicated Man (1995) et Pink Elephants (1997). L'album Monsieur Gainsbourg Revisited sorti en mars 2006, regroupe 14 adaptations anglaises réalisées par Boris Bergman et interprétées notamment par Franz Ferdinand, Portishead, Placebo, Jarvis Cocker, Kid Loco, Gonzales, Feist, Tricky...

Serge Gainsbourg imprime en outre durablement sa marque grâce à ses textes. Dans un style poétique, il n'hésite pas à produire des rimes complexes (Comment te dire adieu ?). Friand de jeux de mots, il s'appuie fréquemment sur le double sens. Les allusions érotiques sont de plus en plus fréquentes au fur et à mesure de sa carrière. Certaines de ses chansons marquent les mémoires par leur caractère provocateur, ainsi les allusions appuyées à la fellation dans Les Sucettes, qui provoquent l'émoi dans la bouche d'une France Gall d'à peine dix-huit ans ; elle dira n'avoir compris le double sens du texte que des années plus tard[50]. Puis c'est Jane Birkin feignant l'orgasme dans Je t'aime… moi non plus, tube planétaire. Gainsbourg flirte avec le tabou de l'inceste en compagnie de sa fille, la frêle Charlotte Gainsbourg : dans les années 1980, elle accompagne son père dans le duo Lemon Incest, titre évocateur qui suscitera une levée de boucliers. Gainsbarre atteindra les sommets de la provocation érotique avec le tube Love on the Beat, véritable poème pornographique, dit par lui-même d'une voix monocorde et cassée ; le fond sonore est constitué des cris orgasmiques de Bambou ; l'orchestration baigne dans un funk froid et les chœurs scandent le titre de la chanson de leurs voix androgynes et mouvantes.

Il choisit des sources d'inspiration inattendues et les développe à sa manière : textes de Franc-Nohain pour l'Ami Caouette[réf. nécessaire], de Verlaine pour Je suis venu te dire que je m'en vais; musiques de Chopin pour Lemon Incest et bien entendu de Rouget de Lisle pour Aux armes et cætera. En dépit de cela, il ne cessera de répéter au fil des interviews qu'il considère la chanson comme « un genre mineur, puisque ne demandant pas d'initiation, à la différence de la peinture », irritant Guy Béart à ce sujet[51] dans l'émission télévisée Apostrophes du 26 décembre 1986.

Emprunts et plagiats[modifier | modifier le code]

Gainsbourg a largement puisé son inspiration dans les thèmes littéraires et musicaux, notamment la musique classique. Il ne s'agit cependant pas de plagiats au sens juridique du terme, puisque les œuvres tombées dans le domaine public sont par définition libres de droits. La raison d'être du domaine public est d'ailleurs de permettre les réutilisations des œuvres. Sur tous ses emprunts, Gainsbourg n'a à son actif que deux affaires de réels plagiats (reprise non autorisée de titres protégés), et pour les lesquels il sera condamné[52] :

  • Une première fois pour son album de 1964 (Gainsbourg Percussions). Il emprunte très visiblement, sans en citer la source, les titres Kiyakiya, Akiwowo et Jin-go-lo-ba à l'album Drums of Passion (1959) de l'artiste africain Babatunde Olatunji, pour des titres respectivement rebaptisés Joanna, New York U.S.A. et Marabout. Olatunji remportera un procès contre lui pour avoir copié les musiques de ces trois morceaux[53]. Sur le même album, le titre Pauvre Lola emprunte clairement l'air de Umqokozo de Miriam Makeba de son album The Many Voices of Miriam Makeba (1962).
  • Gainsbourg sera poursuivi une seconde fois à la fin de sa carrière par les ayants droit d'Aram Khatchatourian, pour sa chanson Charlotte for ever de 1986. Elle reprenait en effet l'Andantino pour piano de Khatchatourian, toujours protégé puisque le compositeur n'est décédé qu'en 1978.

Pour ce qui est des œuvres du domaine public, Serge Gainsbourg s'est souvent inspiré de la musique classique, dont on retrouve des trames dans les morceaux suivants :

Il a également puisé dans le répertoire littéraire pour écrire certaines paroles :

Interrogé sur le fait qu'il faille y voir hommage, simple citation ou provocation, il répondit[57]

« On pourrait aller jusqu’à la profanation (rires). Hugo disait : « Il est interdit de déposer de la musique le long de mes vers. » Brahms n’aurait pas aimé que je dépose des paroles le long de sa musique. Mais je ne fais qu’emprunter. Mes essais — qui ne sont que des essais — s’effaceront d’eux-mêmes et Brahms sera restitué. Je l’ai à peine effleuré. »

Par ailleurs, si Serge Gainsbourg est crédité comme compositeur ou co-compositeur sur les étiquettes ou pochettes de la plupart de ses productions, il en est tout autrement sur les dépôts Sacem : là, ce sont ses arrangeurs qui sont mentionnés comme compositeurs (et Gainsbourg comme auteur des textes).

Interprètes féminines[modifier | modifier le code]

Serge Gainsbourg a écrit pour de nombreuses interprètes notamment Charlotte Gainsbourg (sa fille), Valérie Lagrange, Brigitte Bardot, Petula Clark, Jane Birkin, France Gall, Juliette Gréco, Isabelle Adjani, Marianne Faithfull, Catherine Deneuve, Vanessa Paradis, Françoise Hardy, Joëlle Ursull, Bambou, Anna Karina, Mireille Darc, Zizi Jeanmaire, Michèle Mercier, Régine, Dani, Dalida et Michèle Arnaud, seules ou le temps d'un duo à leur côté.

Interprètes masculins[modifier | modifier le code]

  • À la demande d'Alain Chamfort, il écrit les textes de deux albums, Rock'n rose (dont Baby Lou) et Poses (dont le fameux Manureva) et écrit 8 textes des 9 chansons de l'album Amour année zéro (dont Bambou) ;
  • Jacques Dutronc : Les Roses fanées (en trio avec Serge Gainsbourg et Jane Birkin), Les P'tits Papiers (en trio également avec Serge Gainsbourg et Jane Birkin), Le Bras Mécanique (1975), Elle est si... (1972) ; la majorité des titres de l'album Guerre et pets
  • Etienne Daho : Comme un boomerang en duo avec Dani, en 2001, Chez les yé-yé en 1985, Mon amour baiser en 2001, Les dessous chics et Ford Mustang en duo avec Jane Birkin en 2009.
  • Il coécrit le quatrième album d'Alain Bashung, Play blessures, en 1982 ;
  • Il écrit les paroles des chansons Belinda et Mangos (album Sans entracte en 1980) Amour Consolation (album Aime-moi en 1984) de Julien Clerc ;
  • Il enregistre avec son ami Eddy Mitchell Vieille canaille, mais en version big band, qui se retrouvera sur l'album de ce dernier Eddy paris Mitchell en 1986 ;
  • Robert Farel : Les Petits Boudins (single, pas d'album, 1987), chanson que Gainsbourg avait écrite 20 ans plus tôt pour Dominique Walter (fils de Michèle Arnaud).
  • Il enregistre avec son ami King Curtis JR You're Under Arrest, qui se retrouvera sur l'album du même nom You're Under Arrest en 1987 ;
  • Claude François : Hip Hip Hip Hurrah (single, pas d'album, 1967).

Récompenses[modifier | modifier le code]

Chansons et autres œuvres musicales[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Chiffres de vente[modifier | modifier le code]

Il se classe à la 85e place des ventes de disques cumulées pour la France. Entre 1959 et 2009, il a vendu 5 902 863 disques, dont 1 096 090 singles et 4 806 773 albums[93].

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums en public[modifier | modifier le code]

Sorties posthumes[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1978 : Musiques de FilmsDisques Philips / LP Philips 9101 246[94]
  • 1980 : Musiques De Films De 1960 à 1980Disques Philips / LP Philips 818 357-1[95]
  • 1989 : De Gainsbourg à Gainsbarre (intégrale 9 CD)
  • 1989 : De Gainsbourg à Gainsbarre (intégrale 11 CD), contenant "Love on the Beat" et "You're under Arrest"
  • 1991 : De Gainsbourg à Gainsbarre (compilation 2 CD), contient le remix Requiem pour un con 91
  • 1997 : Du jazz dans le ravin (compilation jazz)
  • 1997 : Couleur café (compilation rythmes afro-cubains)
  • 1997 : Comic Strip (compilation pop)
  • 1998 : Classé X (compilation « sexe »)
  • 2000 : Gainsbourg : versions femmes (1 CD, 19 titres)
  • 2001 : Le Cinéma de Gainsbourg (coffret 3 CD)
  • 2001 : Gainsbourg... Forever (compilation 2 CD)
  • 2001 : Gainsbourg... Forever (intégrale 18 CD, édition limitée)
  • 2003 : Gainsbourg... Forever (intégrale 17 CD)
  • 2006 : Mister Melody (coffret 4 CD)
  • 2011 : Double best of : Comme un boomerang (compilation 2 CD, contient une version inédite de Comme un boomerang par lui-même)
  • 2011 : Intégrale (intégrale 20 CD)
  • 2011 : Les Interprêtes de Serge Gainsbourg, compilation 2 CD de 45 morceaux composés par Serge Gainsbourg, pour divers artistes. Des Frêres Jacques à Étienne Daho, en passant bien sûr par B.B., Juliette Gréco, France Gall, Jane Birkin, etc..

Bandes originales composées pour le cinéma[modifier | modifier le code]

Longs-métrages[modifier | modifier le code]

Courts-métrages, documentaires et feuilleton télévisé[modifier | modifier le code]

Albums de reprises en hommage à Serge Gainsbourg[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Courts métrages et clips[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Image rémanente d’une exposition
  • 2005 (septembre à décembre) : Gainsbourg : Vu(es) de l'extérieur. 1re exposition sur Serge Gainsbourg. Médiathèque José Chabanis. Ville de Toulouse. En Partenariat avec l'Institut national de l'audiovisuel, VMA, la Cinémathèque de Toulouse, la Médiathèque associative « Les Musicophages ». Commissaires de l'exposition : Sylvette Peignon et Nicolas Clément. À travers de nombreuses vitrines thématiques : « Les influences », « Un grand parcours discographique » (période 1958 à 2005, Gainsbourg et interprètes), « Gainsbourg acteur », « Gainsbourg réalisateur », « Gainsbourg et la publicité »... Des conférences, des projections, des lectures, des rencontres musicales, cette exposition a eu pour ambition de soumettre au regard du public la complexité d'un personnage parfois bien éloigné de la figure médiatique « Gainsbarre » ;
  • 20082009 : Le poinçonneur a 50 ans ![98] est une exposition très documentée sur les débuts de Serge Gainsbourg. À Lille (Maison Folie Moulins) du 14 novembre 2008 au 18 janvier 2009 - Commissaire d'exposition Sébastien Merlet avec la collaboration d'Olivier Julien ;
  • 20082009 : la Cité de la musique a consacré une exposition à Serge Gainsbourg du 20 octobre 2008 au 1er mars 2009[99] ;
  • 2011 : Du 14 mars au 26 mars 2011, la médiathèque municipale de Bruay-la-Buissière propose l'exposition « Gainsbourg, black & white ». 24 clichés plutôt rares datant d'entre 1958 et 1972, de divers photographes, y sont exposés. La volonté donnée est celle de « montrer un Gainsbourg, tendre, rigolo, comme on n'a pas l'habitude de (...) voir[100] ». Commissaire de l'exposition: Stéphane Kolodziejczak. D'autres évènements culturels[101],[102] rendent également hommage à Serge Gainsbourg dans la ville, au cours de ce mois de mars 2011.

Vente aux enchères[modifier | modifier le code]

Le 9 novembre 2011, une vente aux enchères de manuscrits et d'objets ayant appartenu à Serge Gainsbourg est organisée à Paris. De véritables records sont battus. Le montant total de la vente s'éleve à près de 260 000 €.

Le manuscrit définitif de Sorry Angel (Love on the Beat) est vendu à 51 150 €. Le brouillon de Love on the Beat trouve acheteur à 39 150 €. Moins disputés mais vendus à des prix considérables : You're Under Arrest part pour 21 150 €, No Comment à 24 750 € et enfin, un billet de banque de 500 francs déchiré et signé par la main du maitre est vendu à 24 750 €.

D'autres lots comme des photos, cartes postales, textes, poèmes… sont mis aux enchères. Prouvant qu'il n'y a pas d'âge pour aimer Gainsbourg, une photo est vendue 800 € à un enfant de treize ans.

Le 25 octobre 2012, une nouvelle vente aux enchères de manuscrits préparatoires, photos et documents ayant appartenu à Serge Gainsbourg s'est déroulée à l'Hôtel des Ventes Talma à Nantes. Suscitant toute la ferveur des inconditionnels de l'homme à la tête de chou, c'est justement un manuscrit préparatoire pour ladite chanson qui s'envole à 18 500 €.

D'autres objets plus anecdotiques mais ô combien intimes de la vie de l'artiste ont été présentés. Il s'agit notamment de certaines notes de courses à Elisa, sa femme de chambre, où Gainsbarre lui demande « d'acheter des Guinness, de l'huile d'olive » ou encore « tous les journaux sauf L'Aurore ». Ces petites fugacités de la vie quotidienne de l'artiste ont été adjugées à 8 600 €.

Pour une dizaine d’objets mis en vente, le montant des adjudications s'est élevé à 62 350 €.

Ouvrages écrits par ou en collaboration[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de référence[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

Autres documents[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Cf. La Biographie de Serge Gainsbourg sur le site ’’Larousse. Consultation du 11 avril 2011.
  2. Vincent Sermet, Les musiques soul et funk : La France qui groove des années 1960 à nos jours, L'Harmattan, 2008, p. 380.
  3. France and the Americas: culture, politics, and history : a multidisciplinary encycopledia. Auteurs : Bill Marshall, Cristina Johnston. Rédacteurs : Bill Marshall, Cristina Johnston, Will Kaufman. Collaborateur : Cristina Johnston. Édition illustrée. Éditeur ABC-CLIO, 2005. ISBN 1-85109-411-3, 9781851094110. Longueur : 1297 pages, p. 498
  4. The Encyclopedia of Dead Rock Stars: Heroin, Handguns, and Ham Sandwiches. Auteur : Jeremy Simmonds. Édition révisée, illustrée. Éditeur Chicago Review Press, 2008. ISBN 1-55652-754-3, 9781556527548. Longueur : 624 pages, p. 268
  5. (de) Nicht nur der Film Gainsbourg war interessant
  6. Cf. Quotidien Libération : Article Plaies and rewind du 14 avril 2001 de Judith Perrignon. Consultation du 3 février 2011.
  7. Benoît Laudier, Dictionnaire du rock, Robert Laffont,‎ 2000, p. 664
  8. All Music.com : "Bonnie and Clyde"
  9. Allmusic.com : "Jane Birkin-Serge Gainsbourg"
  10. Allmusic.com : Jane Birkin's discography
  11. "Steinberg: Obscenity is Relative" Billboard. 7 November 1970. Retrieved 5 August 2010.
  12. Official Charts Company : 11th October 1969
  13. Allmusic.com :Performances de Sœur Sourire "The Singing Nun" dans les classements américains
  14. Le Monde de la musique, novembre 2008, p. 57
  15. Journal Officiel du 09/06/1932 ref 6662-32.
  16. Un jour, un destin, diffusé le 11 novembre 2011
  17. Le Nouvel Obs - 28 avril 2010 - « Quand Vichy dénaturalisait Gainsbourg »
  18. Lise Lévitsky et Serge Gainsbourg, 44 ans d'amour, 12 avril 2010, Ouest-France
  19. a, b et c Notice biographique de Serge Gainsbourg sur RFI
  20. La Schola Cantorum, Paris 5e
  21. a, b, c et d Deezer : page non trouvée
  22. Robert Belleret, Léo Ferré une vie d'artiste, p. 196, Actes Sud ; Gilles Verlant, Gainsbourg, p. 132 à 134, Albin Michel.
  23. Et, 15 ans plus tard, Les Papillons noirs seulement repris par Bijou.
  24. « Vidéo les mettant en scène », sur INA.fr
  25. Gilles Verlant, Gainsbourg, Albin Michel, 2000 : p. 261-262
  26. France Gall et Serge Gainsbourg reçoivent le Grand Prix Eurovision de la chanson à Naples en 1965, Archive INA.
  27. a, b, c, d, e et f Cf. chanson Le Sable et le Soldat (Vidéo et historique de la version maquette). Consultation du 11 avril 2011.
  28. Dénomination officielle de l'armée israélienne (Quatrième Ordonnance du 28 mai 1948 – David Ben Gourion) et vocable utilisé dans la formule de cette annonce.
  29. Cf. Article Itinérance d’une chanson culte : "Le sable et le soldat" et écoute en [MP3]. Consultation du 11 avril 2011.
  30. a, b, c et d Cf. article De Brigitte Bardot à Vanessa Paradis : les muses de Serge Gainsbourg avec de nombreuses photos d'époque. Consultation du 11 avril 2011.
  31. Voir "Filmographie".
  32. Gainsbourg métisse "La Marseillaise". Le Monde
  33. 31.08.06 Voir article du Monde du 31/08/06
  34. a, b et c Rencontre Whitney Houston et Serge Gainsbourg, sur le site dailymotion.com
  35. L'Humanité du 8 mars 1991
  36. Biographie de Serge Gainsbourg sur Closermag
  37. Françoise "Béatrice" Pancrazzi : La Deuxième épouse de Serge Gainsbourg
  38. Cf. Article de l'Hebdomadaire Gala : Gainsbourg et Constance Meyer : Constance Meyer révèle avoir fréquenté le chanteur pendant cinq ans. Consultation du 7 octobre 2010.
  39. La Jeune Fille et Gainsbourg de Constance Meyer aux éditions de L’Archipel (2010).
  40. Rencontre avec Constance Meyer, la jeune fille de Gainsbourg, sur le site ’’Mediacult du 7 septembre 2011, Consulté le 2 février 2013.
  41. Aude Turpault a relaté cette relation dans un livre intitulé 5 bis aux éditions Florent Massot en 2002 (réédité en 2011 en version augmentée aux éditions Autour du Livre)
  42. "Constance Meyer. La dernière petite amoureuse de Serge Gainsbourg revient sur une relation marquante avec un homme doux et douloureux", sur le site next.liberation.fr du 11 octobre 2010
  43. Les bagnoles de Serge Gainsbourg
  44. Cf. article Une rue Serge-Gainsbourg à Clermont-Ferrand du quotidien Le Bien public paru le 10 mars 2003.
  45. Serge Gainsbourg sur le site de RFI.
  46. « Un jardin Serge-Gainsbourg à Paris » dans le Figaro. fr
  47. D'abord annoncée pour 2009 (Serge Gainsbourg ressuscite sur toutlecine.com, 28 avril 2008 et Le Gainsbourg de Joann Sfarr sur lefigaro.fr, 28 avril 2008), la sortie est prévue en 2010 (Universal Pictures)
  48. Sur son blog, "Nouvelles du 17 mars 2008"
  49. Gainsbourg, génie du sample?
  50. Gainsbourg interroge Gall sur le sens des Sucettes, ORTF, 1967. (Archives INA)
  51. Grandeur et décadence de Serge Gainsbourg, sur le site lefigaro.fr du 18 février 2011
  52. Gainsbourg - genie du sample
  53. Loïc Picaud, Gilles Verlant, L'intégrale Gainsbourg, Fetjaine,‎ 2011
  54. Le sonnet d'Arvers
  55. Jean-Marc Proust, « Avec l'Oulipo, les mots sont un jeu depuis 50 ans », Slate,‎ 24 novembre 2010 (lire en ligne)
  56. Jacques Roubaud, Olivier Salon, « Sollicitude »,‎ n. c. (consulté le 10 juin 2014)
  57. Interview sur le site de Radio Classique.
  58. Citation : « J'ai composé pour elle parce que j'en étais amoureux, très amoureux, cette jeune femme me fascinait, il n'y avait pas un gramme de vulgarité en elle... On pourrait à son propos citer la phrase de Balzac : « En amour, il y en a toujours un qui souffre et l'autre qui s'ennuie ». Elle a été une des chances de ma vie, elle a eu l'intelligence de percevoir en moi un style nouveau. J'ai commencé à souffrir d'être laid vers treize ans. Pendant longtemps, j'ai envié ces beaux gars qui séduisent au premier degré, juste en apparaissant. Moi je plais aussi à certaines femmes, mais quand elles sont déjà un peu intelligentes, ce qui limite le nombre... Ou bien à des... torturées et cela c’est une autre paire de manches. C’est peut-être pourquoi je m'entendais bien avec mon ex-patronne, Michèle Arnaud, qui n’est pas exactement Greta Garbo. Elle me comprenait quand j'avais le cafard. Mais elle c'est un autre cas. Une femme, même laide, se débrouille toujours pour tirer parti de ce qui cloche.» Propos recueillis en interview de Serge Gainsbourg Consultation du 10 mars 2010.
  59. Cf. Pochette Maxi 45 « Zon, Zon » Recto, et titrage : (consultation du 10 mars 2010).
  60. Cf. Sa discographie en EP.
  61. Cf. Pochette Maxi 45 « Marjolaine » Recto, et titrage : (consultation du 10 mars 2010).
  62. Cf. Pochette Maxi 45 « Dans la rue Quincampoix » Recto : (consultation du 10 mars 2010).
  63. Cf. Pochette Maxi 45 « Mortefontaine » Recto, et titrage : (consultation du 10 mars 2010).
  64. Cf. La discographie en EP et Singles de Pia Colombo (consultation du 11 mars 2010).
  65. Cf. Pochette Maxi 45 « La colombe » Recto, et titrage : (consultation du 11 mars 2010).
  66. Cf. Pochette single LP 33 « Michèle Arnaud » Verso et titrage et Pochette single LP 33 « Michèle Arnaud » Recto : (consultation du 10 mars 2010).
  67. Cf. Pochette single 45 « Le bleu de l’été » Recto et titrage : (consultation du 10 mars 2010).
  68. Cf. Informations concernant l'enregistrement du titre Strip-tease réenregistré ultérieurement par Juliette Gréco : (consultation du 30 mars 2010). À l'issue de la session d'enregistrement au Studio Blanqui, S.P.P. 6 and 8 rue Jenner, Paris XIII, en décembre 1962, Gainsbourg ne fut pas convaincu par son accent germanique et sa voix sombre, profonde… Il décida de la réenregistrer alors avec Gréco.
  69. Cf. Pochette single 45 « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé » Recto, et titre A1 : (consultation du 10 mars 2010).
  70. Cf. Pochette single 45 « À force de prier » Recto et titrage : (consultation du 31 mars 2010).
  71. Cf. Nana Mouskouri (album de 1963). Consultation du 31 mars 2010.
  72. Cf. Pochette single 45 « Arc-en-ciel » Recto, et titre A1 : (consultation du 10 mars 2010).
  73. Cf. Pochette single 45 « Rue de la Gaité » Recto, et titres : (consultation du 10 mars 2010).
  74. Cf. Pochette single 45 « La Guérilla » Recto, et titres : (consultation du 19 mars 2010).
  75. Cf. La discographie 45 de Mireille Darc. Consulté le 11 mars 2010.
  76. Cf. Pochette single 45 « Libertad » Recto, et titres : (consultation du 10 mars 2010).
  77. a, b et c Cf. Pochette Compilation « Compartiment 23 » Recto, verso, livret, paroles et titrage : (consultation du 11 mars 2010).
  78. N.B : Il existe aussi une version chantée en duo avec Serge Gainsbourg et ultérieurement une reprise par le groupe de rock français Bijou.
  79. Cf. Pochette Maxi 45 « Les Papillons noirs » Recto, et texte titre A1 : (consultation du 10 mars 2010).
  80. Cf. Pochette Maxi 45 « Ne dis rien » Recto, verso et titrage : (consultation du 10 mars 2010).
  81. Cf. La discographie de Minouche Barelli en Ep et Single. Consultation du 11 mars 2010.
  82. Titre représentant Monaco au Concours Eurovision de la chanson en 1967 et qui termina en cinquième position
  83. Cf. Pochette Maxi 45 « Boum badaboum » Recto, et titrage : (consultation du 11 mars 2010).
  84. Cf. Pochette single 45 « Hélicoptère » Recto et titrage : (consultation du 11 mars 2010).
  85. Cf. Hier Ou Demain (de la Comédie Musicale Anna + Pochette : (consultation du 1er juin 2010).
  86. Cf. Pochette Maxi 45 « Vive La France » Recto, verso et titrage : (consultation du 29 mars 2010).
  87. Cf. Pull Marine avec détail des auteurs. Consultation du 10 mars 2010.
  88. Cf. Pull marine. Consultation du 10 mars 2010.
  89. Cf. Single 45 « Pull marine » sur Discogs.com (consultation du 10 mars 2010).
  90. Cf. Single 45 « Beau Oui Comme Bowie » sur Discogs.com (consultation du 10 mars 2010).
  91. Cf. Vidéo Single 4 titres « Pull marine » sur Le Blog d'Isabelle Adjani : (consultation du 10 mars 2010).
  92. Cf. 1975 : Après sa participation à « L'amour en fuite » film de François Truffaut. Compte tenu de son "absence forcée" l'année précédente, le comité de l'Eurovision lui propose de revenir présenter la France. Gainsbourg lui écrit la chanson Comme un boomerang qui est jugée inappropriée pour le concours. Dani se retire de la compétition par fidélité à Gainsbourg. Dani fait alors les couvertures de Vogue, Elle, Rolling Stone, Lui. Andy Warhol réalise son portrait pour la couverture du magazine Interview (Source : Universal Music : La bio de Dani consulté le 10 mars 2010). Voir aussi Actes notables et incidents du Concours Eurovision de la chanson.
  93. Cf. Chiffres de ventes sur « Infodisc.fr » Consultation du 10 mars 2010.
  94. Cf. Album Musiques de Film : 11 titres sur Discogs.com. Consultation du 12 novembre 2010.
  95. Cf. Album Musiques De Films De 1960 à 1980 : 12 titres sur Rateyourmusic.com. Consultation du 12 novembre 2010.
  96. Le rire de « Marie-Mathématique » est celui de France Gall.
  97. a, b et c Source : Gainsbourg, biographie par Gilles Verlant, Éditions Albin Michel, Paris, 2000 (ISBN 2226120602)
  98. Site de Le poinçonneur a 50 ans !
  99. Conception par Frédéric Sanchez sur .cite-musique.fr/gainsbourg2008
  100. Cf. Interview de Stéphane Kolodziejczak dans la Voix du Nord du 15 mars 2011
  101. Présentation du spectacle des Gevrey-Chambertin sur le site de la ville de Bruay-la Buissière
  102. Hommage à Serge Gainsbourg à Bruay-la Buissière, l'Avenir de l'Artois, édition du 17 mars 2011
  103. Cf. 1 -L'Histoire de Melody Nelson sur Gainsbourg.net, 2 - D'Autres Nouvelles des E'toile, Vol. 2 et 3 - L'intégralité inédite du tournage Histoire de Melody Nelson en 1971 (consultations du 23 mars 2010).
  104. Cf.France Gall et Serge Gainsbourg reçoivent leur prix de l'Eurovision Consultation du 1er juin 2010.