Serge Gainsbourg

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Serge Gainsbourg
Image:Gainsbourgb.jpg

Alias Gainsbarre
Nom Lucien Ginsburg
Naissance 2 avril 1928
Paris, France France
Décès 2 mars 1991 (à 62 ans)
Paris, France France
Profession(s) Auteur-compositeur-interprète
Cinéaste
Acteur
Genre(s) Chanson française
Reggae
Pop
Type de voix Baryton
Instrument(s) Piano
Années actives 19571991
Label(s) Philips
(groupe Universal Music)
Site Web Universal Music

Entourage Boris Vian
Jane Birkin
Charlotte Gainsbourg
Bambou
Catherine Deneuve
Renaud
Brigitte Bardot
Alain Chamfort
Jacques Dutronc
Françoise Hardy

Serge Gainsbourg, né Lucien Ginsburg le 2 avril 1928 à Paris et mort le 2 mars 1991 à Paris, est un auteur-compositeur-interprète et cinéaste français.

Fils d'immigrants russes juifs[1],[2],[3], il rêva d'abord de devenir artiste-peintre. Par la suite, il devint célèbre en tant qu'auteur-compositeur-interprète et toucha à de nombreux styles musicaux, mais aussi au cinéma et à la littérature. Ses débuts sur scène ne furent pourtant pas aisés, en raison de son physique difficile. Toute sa vie, Serge Gainsbourg souffrit de ce sentiment de rejet et de cette image que lui renvoyait son miroir : celle d'un homme que l'on qualifiait de laid. Il a réalisé plusieurs films et vidéo-clips et composé plus de 40 bandes sonores. Enfin, il s'est créé l'image d'un poète maudit et provocateur. Marié à deux reprises, d'abord à Élisabeth Levitzky, fille d'aristocrates russes émigrés, puis à Françoise Pancrazzi qui lui donne ses deux aînés, Paul et Natacha. De relations en relations, Gainsbourg séduira quelques-unes des plus belles femmes du monde, de Brigitte Bardot à « Bambou », Caroline Von Paulus de son vrai nom, avec qui il aura son petit dernier-né, Lucien, « Lulu », en passant par Jane Birkin, avec qui il aura sa fille Charlotte Gainsbourg.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Enfance et jeunesse

Son père, Joseph Ginsburg, d'abord intéressé par la peinture, était entré au Conservatoire de Petrograd puis à celui de Moscou pour étudier la musique, et il y avait choisi le piano. Puis, en Crimée, il devait rencontrer Olia Besman, une séduisante mezzo-soprano qui deviendra son épouse[4]. C'est en 1919 que Joseph et Olga quittent la Russie pour Paris, fuyant le bolchevisme, en passant par Istanbul, puis Marseille. Joseph est pianiste de bar et de cabaret, Olga chante au Conservatoire russe, et ils vivent rue de la Chine dans le 20e arrondissement de Paris. Ils ont un premier fils, Marcel, qui meurt en bas-âge d'une maladie. Ils auront ensuite une fille, Jacqueline, en 1926, puis des faux jumeaux, Liliane et Lucien, en 1928, nés à la maternité de l'Hôtel-Dieu de Paris sur l'Île de la Cité.

Dans son enfance, le petit Lucien vit à Paris dans les quartiers populaires, dans le 20e puis le 9e arrondissement. Son père lui apprend le piano classique et le poussera vers le monde de la peinture.

Les années de la guerre sont difficiles pour lui et il est obligé de porter l'étoile jaune (« Une étoile de shérif », dira-t-il plus tard par dérision). Il devra même se cacher trois jours durant dans une forêt tandis que les SS recherchent les Juifs. La famille se réfugie en province, dans un village Haut-viennois, le Petit Vedeix, en 1944, sous le nom de Guimbard.

De retour à Paris après la libération, la petite famille s'installe dans le XVIe arrondissement de Paris. Lucien est en échec scolaire et abandonne peu avant le bac au lycée Condorcet. Il s'inscrit alors aux Beaux-Arts mais est rebuté par les hautes études mathématiques et abandonne. Il rencontre là en 1947, Élisabeth Levitsky, fille d'aristocrates qui a des accointances avec les surréalistes et devient sa compagne jusqu'à leur mariage le 3 novembre 1951[5].

L'année 1948 est une année importante pour Lucien qui fait son service militaire à Courbevoie où il sera envoyé régulièrement au trou pour insoumission. Il commence là sa « période » éthylique ; privé de permission, il s'enivre au vin avec ses camarades de régiment. C'est également durant cette période qu'il apprend à jouer de la guitare.

[modifier] Un déclic avec Boris Vian

Jusqu'à l'âge de trente ans, Serge Gainsbourg vit de petits boulots. Il est tour à tour professeur de dessin, de chant, surveillant… Mais son activité principale est la peinture. Il aurait aimé être un génie de la peinture comme Francis Bacon ou Fernand Léger, dont il fut l'élève, mais il abandonne rapidement la bohème pour devenir crooner de piano-bar dans les casinos de la côte comme le Touquet Paris-Plage ou Deauville et dans des boîtes parisiennes comme Madame Arthur.

Il a une révélation en voyant Boris Vian, qui écrit et interprète des textes provocateurs, drôles, cyniques, qui font grincer des dents, loin des vedettes du moment, comme Dario Moreno ou Annie Cordy.

En 1957, c'est par hasard que Michèle Arnaud, chanteuse « rive gauche », qu'il accompagne à la guitare dans son tour de chant au cabaret Milord l'Arsouille (où, le reste du temps, il est pianiste d'ambiance), découvre avec stupéfaction les compositions de Gainsbourg et l'incite à interpréter son propre répertoire au même cabaret. Elle sera d'ailleurs sa première interprète en enregistrant, dès 1958, les titres La Recette de l'amour fou, Douze Belles dans la peau, Jeunes Femmes et vieux messieurs et La Femme des uns sous le corps des autres. C'est là qu'il fait ses premières armes, compose de nombreuses chansons et même une revue musicale. Il se lance aussi dans sa course effrénée des femmes, qu'il séduit en grand nombre, ce qui l'éloigne de son épouse, dont il divorce en octobre 1957, six ans après leur mariage[5].

Son premier album, Du chant à la une d'où est extrait Le Poinçonneur des Lilas, détonne mais est un échec commercial. Il est remarqué par Marcel Aymé, qui dit que ses chansons « ont la dureté d'un constat ». Son maître Boris Vian, avant de mourir en 1959, le compare à Cole Porter.

Lorsque l'époque des yéyés arrive, il est alors âgé de 32 ans, il n'est pas très à l'aise : il passe en première partie de Brel ou Gréco, mais le public le rejette et les critiques cruels se moquent de ses grandes oreilles et de son nez proéminent.

Il rencontre alors Elek Bacsik et Michel Gaudry et leur demande de faire un disque avec lui. Ce sera Gainsbourg confidentiel empreint d'un jazz archimoderne qui plaisait tant à Gainsbourg mais qui, il le sait, ne lui permettra jamais d'atteindre le succès. Ce disque ne se vend qu'à 1 500 exemplaires. Sa décision était prise dès la sortie du studio : « Je vais me lancer dans l'alimentaire et m'acheter une Rolls ». Malgré tout, son album suivant, Gainsbourg percussions, inspiré (parfois directement - et sans droit d'auteur !) des rythmes africains de Miriam Makeba et Babatunde Olatunji, reste encore à l'écart de la vague yéyé qui apparaît et fera la fortune de Gainsbourg.

Le 7 janvier 1964, il se remarie avec Françoise-Antoinette Pancrazzi, dite Béatrice, avec laquelle il a une fille baptisée Natacha le 8 août. Après un second divorce, il s'installe à la Cité internationale des Arts, dans une chambre d'étudiant, en février 1966. Ayant renoué avec Béatrice en 1967, ils ont un fils au printemps 1968, Paul, qui n'a jamais réellement connu son père[5].

En 1967 il écrit la chanson Le Sable d'Israël pour apporter son soutien à l'armée israélienne pendant la guerre des six jours.

[modifier] L'Eurovision pour France Gall

C'est en écrivant pour Juliette Gréco (Accordéon, La Javanaise) et Petula Clark (La Gadoue) qu'il rencontre ses premiers succès, mais c'est avec Françoise Hardy (Comment te dire adieu ?) et surtout France Gall qu'il va réussir à séduire un public jeune. Après ses premiers succès gainsbourgiens (N'écoute pas les idoles, Laisse tomber les filles), France Gall remporte, en 1965, le grand Prix du Concours Eurovision de la chanson après avoir choisi le titre Poupée de cire poupée de son, écrite par Gainsbourg à l'instigation de Maritie et Gilbert Carpentier, parmi les dix qu'on lui proposait. La chanson lauréate devient le tube international qui passe sur toutes les ondes et que France Gall enregistre même en japonais[6]. Gainsbourg continue sur la veine du succès avec France Gall, en 1966, grâce à Baby Pop et surtout aux Sucettes à l'anis.

Fin 1967, il vit ensuite une passion courte mais torride avec Brigitte Bardot à qui il dédie la chanson Initials B.B. après lui avoir écrit quelques titres emblématiques (Harley Davidson, Bonnie and Clyde, Je t'aime... moi non plus, même si ce dernier titre enregistré avec elle en duo en 1967 en version symphonique fut rendu célèbre l'année suivante par Jane Birkin ; la version originale, d'abord gardée secrète par Serge Gainsbourg à la demande de Brigitte Bardot, ne sortira quant à elle qu'en 1986 : ce sera un tube).

Sur le plateau du tournage de Slogan, en 1968, il rencontre Jane Birkin pour laquelle il sera à nouveau auteur-compositeur. Je t'aime... moi non plus et 69 Année érotique sont d'immenses succès qui dépassent les frontières.

Ils deviennent pendant dix ans un couple très médiatique, à la pointe de l'actualité, chacun enchaînant tournage après tournage.

Ses années 1970 sont marquées par l'écriture et la composition de 4 albums phares : Histoire de Melody Nelson en 1971, Vu de l'extérieur en 1973, Rock around the bunker en 1975 et L'Homme à tête de chou en 1976. Si, au départ, ces albums rencontrent peu de succès commercial (les ventes plafonnent à 30 000 exemplaires), ils le hissent au rang de l'avant-garde de la chanson française.

Histoire de Melody Nelson est accueilli par la presse comme « le premier vrai poème symphonique de l'âge pop ».

En mai 1973, Serge Gainsbourg est victime d'une crise cardiaque. Il continue pourtant de boire et de fumer, fidèle au personnage qu'il est en train de devenir.

L'album Vu de l'extérieur comporte un tube : Je suis venu te dire que je m'en vais.

Avec Rock around the bunker il pousse la provocation à son comble : il tourne en dérision, au second degré, l'esthétique et la verroterie nazies. L'album, enregistré à Londres, est radicalement rejeté par les programmateurs de radio qui ne voient dans cette farce à la Boris Vian qu'une provocation scandaleuse avec des titres comme Nazi rock ou Tata teutonne. Pourtant, à la fin de la décennie 1980, cet album sera couvert de disques d'or.

[modifier] Marseillaise reggae

On lui demande des bandes sonores de films. Il abandonne sans regret la scène jusqu'en 1979, réconcilié avec le public grâce à sa Marseillaise revue « à la sauce reggae » (dont le refrain est « aux armes et cætera »), avec la participation des choristes de Bob Marley (I Threes) et des musiciens de Peter Tosh (Sly and Robbie).

Ses disques solo lorgnent d'abord vers le jazz et les rythmes afro-cubains, c'est le fameux Gainsbourg Percussions avec des rimes audacieuses hachées menu. Il cultive son aura d'artiste culte en participant à de nombreux films. Malheureusement pour lui, s'il est considéré comme un acteur de talent, il ne tourne pratiquement que dans des films de peu d'ampleur.

En 1976 il se lance pour la première fois dans la réalisation cinématographique. Son film Je t'aime moi non plus obtient très vite une réputation sulfureuse avec un scénario audacieux touchant aux tabous de l'homosexualité et de l'érotisme. Il réalise trois autres films, Équateur en 1983, Charlotte for Ever en 1986 et enfin Stan the Flasher en 1990. Ses films ont peu de succès, les sujets abordés étant toujours provocateurs, que ce soit l'inceste (Charlotte for Ever), la pédophilie[réf. nécessaire], l'exhibitionnisme (Stan the Flasher) ou l'homosexualité…

Il compose des tubes comme L'Ami Caouette mais surtout le fameux et sombre album L'Homme à tête de chou avec ses sulfureuses Variations sur Marilou. En 1979, il rejoint le groupe rock Bijou sur scène et verse une larme : le jeune public rock lui fait une ovation.

Son nouvel album enregistré à Kingston devient disque de platine en quelques mois. La Marseillaise reggae choque le journaliste du Figaro Michel Droit qui écrit un article assassin, à la limite de l'antisémitisme. Serge Gainsbourg lui répondra par voie de presse dans un article intitulé On n'a pas le con d'être aussi Droit. La salle de concert de Strasbourg où il doit se produire est investie par des membres d'une association d'anciens parachutistes militaires qui désapprouvent sa version de la Marseillaise, mais Gainsbourg ne se démonte pas et prend les paras au dépourvu en chantant a cappella la version originale de l'hymne français, et poursuit une tournée triomphale, accompagné de Sly and Robbie et des choristes de Bob Marley : les I Threes[7].

[modifier] « Gainsbarre »

11 mars 1984, Sept sur sept sur TF1
Maison de Serge Gainsbourg de la rue de Verneuil à Saint-Germain-des-Prés conservée en l'état par Charlotte Gainsbourg après le décès de son père

Les boîtes de nuit, les beuveries, le noctambulisme, la décrépitude physique… De plus en plus, « Gainsbarre » succédera à Gainsbourg avec quelques apparitions télévisées plus ou moins alcoolisées. Il forge ainsi sa légende de poète maudit mal rasé et ivre qui lui vaut tantôt l'admiration, tantôt le dégoût. Au bout de dix ans, Jane Birkin n'en peut plus et le quitte.

Gainsbourg écrit son nouvel album reggae avec ces paroles sur Ecce Homo :

Et ouais c'est moi Gainsbarre
On me trouve au hasard
Des night-clubs et des bars
Américains c'est bonnard
...Il est reggae hilare
Le coeur percé de part en part.

Il rencontre une nouvelle égérie, Bambou, pour laquelle, manie gainsbourgienne, il ne peut s'empêcher de composer. Il lui fait chanter quelques titres qui ne rencontrent pas les faveurs du public (Made in China, 1989).

Son œuvre intégrale sort en coffret CD avec de nombreux introuvables que les collectionneurs s'arrachent à prix d'or ; toutefois, les chansons écrites pour ses interprètes ne sont pas incluses. Il part ensuite pour New York où il enregistre ses deux derniers albums, Love on the Beat et You're Under Arrest. Après le reggae, il se frotte au hip-hop et au funk. Il se produit de longues semaines en concert au Casino de Paris.

Gainsbourg s'éteint en 1991 à la suite d'une cinquième crise cardiaque (un comble pour celui qui suivait affligé les enterrements de ses cardiologues successifs).

Il est enterré avec ses parents au cimetière du Montparnasse (1re section) à Paris où sa tombe est l'une des plus visitées avec celles de Jean-Paul SartreSimone de Beauvoir et de Charles Baudelaire qu'il mit en musique (Baudelaire, Le serpent qui danse, Album nº 4, 1962). Depuis 1991, sa tombe déborde constamment de plantes et objets divers (photos, choux - pour L'Homme à la tête de..., petits mots, paquet de GITANE, tickets de métro recouverts d'un message - ce qu'on retrouve sur d'autres tombes du cimetière mais qui pour l'auteur du Poinçonneur des Lilas a une saveur particulière). La tombe porte le nom de Serge Gainsbourg et de ses parents, Olga (1894-1985) et Joseph (1896-1971) Ginsburg.

Tombe de Serge Gainsbourg, Olga et Joseph Ginsburg

Lors de son enterrement, le 7 mars 1991, vinrent notamment parmi la foule, outre sa famille, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Françoise Hardy, Patrice Chéreau, Renaud, Johnny Hallyday, les ministres Jack Lang et Catherine Tasca, et les brigades de cuisiniers et serveurs du restaurant Marc Meneau, où il avait passé ses derniers jours. Catherine Deneuve lut sur la tombe le texte de la chanson Fuir le bonheur de peur qu’il se sauve [8].

On peut dire, en 2006, que Gainsbourg demeure une présence influente et importante de la chanson française. De nombreux chanteurs de la « nouvelle scène française » le citent en référence ainsi que certains rappeurs comme Stomy Bugsy, MC Solaar ou la Scred Connexion.

Serge Gainsbourg est le père de l'actrice Charlotte Gainsbourg, issue de son union avec la comédienne et chanteuse Jane Birkin. Il a interprété, avec sa fille, le morceau Lemon Incest dans l'album Love on the beat en 1984. Il a également écrit et composé pour elle l'album Charlotte for Ever en 1986.

Il est également le père d'un garçon, Lucien dit Lulu Gainsbourg, né en 1986 de son union avec Bambou. Il a deux autres enfants, Natacha, née le 8 août 1964 et Paul, né au printemps 1968, nés d'un précédent mariage avec Françoise Pancrazzi, dite Béatrice, dite « la princesse Galitzine » avec laquelle il vécut un peu moins d'une décennie dans les années 1960.

[modifier] Mémoire

[modifier] Lieux

Le 7 mars 2003 la première rue Serge Gainsbourg est inaugurée à Clermont-Ferrand en présence de Jane Birkin[9]. La rue jouxte la Coopérative de Mai, la grande salle de musique de la ville qui fêtait ce soir là ses trois ans d'existence. Il existe également une rue Serge Gainsbourg à Toulouse.

[modifier] Un film biographique

Le scénariste et dessinateur Joann Sfar prépare un film biographique sur Serge Gainsbourg, dont le rôle sera interprété par Éric Elmosnino. Gainsbourg, vie héroïque est prévu pour 2010 [10]. Joann Sfar indique[11]: « Ça va être une grande histoire qui commence pendant la Seconde Guerre mondiale et qui se termine dans les années 1980. [...] il va s'agir d'un film très documenté qui court tout le long de la vie de Gainsbourg. Mais avant tout ça sera une fable. Elle contiendra autant de vérités que d'inventions. [...] C'est le pianiste Gonzalès qui prêtera ses mains à Serge Gainsbourg. Les arrangements et compositions sont confiés au formidable Olivier Daviaud. [...] c'est David Marti et l'équipe de DDT qui s'occupera des effets spéciaux, [...] ce sont eux qui ont fait Le Labyrinthe de Pan et la plupart des films de Guillermo del Toro. »

[modifier] Influences

Serge Gainsbourg marque fortement la musique française. Il n'hésite pas à métisser ses compositions avec des influences musicales très variées, contribuant à en populariser certaines en France :

  • le reggae, avec l'album Aux armes et cætera... enregistré à Kingston (Jamaïque) suivi de Mauvaises Nouvelles des étoiles,
  • le rap avec You're Under Arrest,
  • la musique afro-cubaine : Couleur café, entre autres,
  • le jazz : Du jazz dans le ravin, album Gainsbourg Confidentiel
  • le classique : plusieurs de ses morceaux sont inspirés de thèmes classiques tels que Lemon Incest, Ma Lou Marilou, Initials BB, My lady heroïne ou Baby Alone in Babylone,
  • le rock progressif : album Histoire de Melody Nelson.

La musique de Gainsbourg sera par la suite fréquemment échantillonnée et réutilisée par des artistes aussi bien français (ex : MC Solaar pour Nouveau Western) qu'internationaux (par exemple, Massive Attack dans Karmacoma (Portishead experience) ou Jennifer Charles d’Elysian Fields, qui reprend Les Amours perdues, sur un album de reprises de Gainsbourg par des groupes de l'avant-garde new-yorkaise, sous l'égide du jazzman John Zorn). Mick Harvey, le guitariste de Nick Cave, a enregistré deux albums de reprise, Intoxicated Man (1995) et Pink Elephants (1997). L'album Monsieur Gainsbourg Revisited sorti en mars 2006, regroupe 14 adaptations anglaises réalisées par Boris Bergman et interprétées notamment par Franz Ferdinand, Portishead, Placebo, Jarvis Cocker, Kid Loco, Gonzales, Feist, Tricky...

Serge Gainsbourg imprime en outre durablement sa marque grâce à ses textes. Dans un style poétique, il n'hésite pas à produire des rimes complexes (Comment te dire adieu ?). Friand de jeux de mots, il s'appuie fréquemment sur le double sens. Les allusions érotiques sont de plus en plus fréquentes au fur et à mesure de sa carrière. Certaines de ses chansons marquent les mémoires par leur caractère provocateur, ainsi les allusions appuyées à la fellation dans Les Sucettes, qui provoquent l'émoi dans la bouche d'une France Gall d'à peine 18 ans. Elle dira n'avoir compris le double sens du texte que des années plus tard[12]. Puis c'est Jane Birkin feignant l'orgasme dans Je t'aime, moi non plus, tube planétaire. Gainsbourg flirte avec le tabou de l'inceste en compagnie de sa fille, la frêle Charlotte Gainsbourg : dans les années 1980, elle accompagne son père dans le duo Lemon Incest, titre évocateur qui suscitera une levée de boucliers. Gainsbarre atteindra les sommets de la provocation érotique avec le tube Love on the Beat : véritable poème pornographique, dit par lui-même d'une voix monocorde et cassée. Le fond sonore est constitué des cris orgasmiques de Bambou, enregistrés à l'insu de la chanteuse. L'orchestration baigne dans un funk froid et les chœurs scandent le titre de la chanson de leurs voix androgynes et mouvantes.

Il choisit des sources d'inspiration inattendues et les développe à sa manière : textes d'Alphonse Allais pour l'Ami Caouette, de Verlaine pour Je suis venu te dire que je m'en vais; musiques de Chopin pour Lemon incest et bien entendu de Rouget de Lisle pour Aux armes, et coetera. En dépit de cela, il ne cessera de répéter au fil des interviews qu'il considère la chanson comme un genre mineur, puisque ne demandant pas d'initiation, à la différence de la peinture, irritant Guy Béart à ce sujet dans l'émission Apostrophes du 26 décembre 1986.

[modifier] Interprètes féminines

Serge Gainsbourg écrit pour de nombreuses interprètes, seules ou le temps d'un duo à leur côté, notamment :

[modifier] Interprètes masculins

  • À la demande d'Alain Chamfort, il lui écrit deux albums, Rock'n rose (dont Baby Lou) et Poses (dont le fameux Manureva) et écrit certaines chansons de l'album Amour année zéro (dont Bambou)
  • Jacques Dutronc : Les Roses fanées (en trio avec Serge Gainsbourg et Jane Birkin), Les P'tits Papiers (en trio également avec Serge Gainsbourg et Jane Birkin), Le Bras Mécanique (1975), Elle est si... (1972).
  • Il coécrit le troisième album d'Alain Bashung, Play Blessures en 1982.
  • Il écrit les paroles des chansons Belinda et Mangos (album Sans entracte en 1980) Amour Consolation (album Aime-moi en 1984) de Julien Clerc
  • Il enregistre avec son ami Eddy Mitchell Vieille canaille, mais en version big band, qui se retrouvera sur l'album de ce dernier Eddy paris Mitchell en 1986
  • Robert Farel : Les Petits Boudins (single, pas d'album, 1987), chanson que Gainsbourg avait écrite 20 ans plus tôt pour Dominique Walter

[modifier] Récompenses

[modifier] Chansons et autres œuvres musicales

[modifier] Discographie

[modifier] Albums studio

[modifier] Albums en public

[modifier] Sorties posthumes

[modifier] Compilations

  • ? : Serge Gainsbourg (Compilation Phonogram CD AAD 836 229-2 Polygram distribution)
  • 1991 : De Gainsbourg à Gainsbarre (Compilation 2 CD), contient le remix Requiem pour un con 91
  • 1997 : Du jazz dans le ravin (Compilation jazz)
  • 1997 : Couleur café (Compilation rythmes afro-cubains)
  • 1997 : Comic Strip (Compilation pop)
  • 1998 : Classe X (Compilation « sexe »)
  • 2001 : Le Cinéma de Gainsbourg (Coffret 3 CD)
  • 2006 : Mister Melody (Coffret 4 CD)

[modifier] Bandes originales composées pour le cinéma

[modifier] Principales chansons de Serge Gainsbourg

[modifier] Filmographie

[modifier] En tant que réalisateur

[modifier] En tant qu'acteur

[modifier] Courts métrages et clips

[modifier] Expositions

  • 2005 (Septembre à Décembre) : "Gainsbourg : Vu(es) de l'extérieur". 1ère exposition sur Serge Gainsbourg. Médiathèque José Cabanis. Ville de Toulouse. En Partenariat avec l'INA (Institut National de l'Audiovisuel), VMA, la Cinémathèque de Toulouse, la Médiathèque associative "Les Musicophages". Commissaires de l'exposition : Sylvette Peignon et Nicolas Clément. A travers de nombreuses vitrines thématiques ("Les influences", "un grand parcours discographique" (période 1958 à 2005, gainsbourg et interprètes), "Gainsbourg acteur", "Gainsbourg réalisateur", "Gainsbourg et la publicité",...), des conférences, des projections, des lectures, des rencontres musicales, cette exposition a eu pour ambition de soumettre au regard du public la complexité d'un personnage parfois bien éloigné de la figure médiatique "Gainsbarre".

[modifier] Bibliographie

[modifier] Ouvrages écrits par ou en collaboration

[modifier] Ouvrages de référence

[modifier] Biographies

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources

  1. Vincent Sermet, Les musiques soul et funk: La France qui groove des années 1960 à nos jours, L'Harmattan, 2008, p. 380.
  2. Titre France and the Americas: culture, politics, and history : a multidisciplinary encycopledia Auteurs Bill Marshall, Cristina Johnston Rédacteurs Bill Marshall, Cristina Johnston, Will Kaufman Collaborateur Cristina Johnston Édition illustrée Éditeur ABC-CLIO, 2005 ISBN 1851094113, 9781851094110 Longueur 1297 pages , p. 498
  3. Titre The Encyclopedia of Dead Rock Stars: Heroin, Handguns, and Ham Sandwiches Auteur Jeremy Simmonds Édition révisée, illustrée Éditeur Chicago Review Press, 2008 ISBN 1556527543, 9781556527548 Longueur 624 pages , p. 268
  4. Le Monde de la musique, novembre 2008, p. 57
  5. abc Notice biographique de Serge Gainsbourg sur RFI
  6. France Gall et Serge Gainsbourg reçoivent le Grand Prix Eurovision de la chanson à Naples en 1965, Archive INA.
  7. 31.08.06 Voir article du Monde du 31/08/06
  8. L'Humanité du 8 mars 1991
  9. une rue Serge-Gainsbourg à Clermont-Ferrand, Le Bien public, 10 mars 2003
  10. D'abord annoncée pour 2009 (Serge Gainsbourg ressuscite sur toutlecine.com, 28 avril 2008 et Le Gainsbourg de Joann Sfarr sur lefigaro.fr, 28 avril 2008), la sortie est prévue en 2010 (Universal Pictures)
  11. Sur son blog le 17 mars 2008
  12. Gainsbourg interroge Gall sur le sens des Sucettes, ORTF, 1967. (Archives INA)
  13. Editions Textuel
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