Marcel Barbu

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Marcel Barbu
Fonctions
Parlementaire français
Député
mars 1946 – juin 1946
Gouvernement IVe République
Groupe politique URR
Biographie
Date de naissance 17 octobre 1907
Date de décès 7 novembre 1984 (à 77 ans)
Résidence Drôme

Marcel Barbu (1907-1984) est un entrepreneur et homme politique français, député et candidat à l'élection présidentielle française de 1965.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marcel Barbu, fils de François Barbu et d'Alphonsine Maugendre, est né le 17 octobre 1907 dans un bidonville de Nanterre, d'une famille éclatée. Renvoyé du petit séminaire, il devient apprenti-bijoutier et apprend vite le métier. Il se marie et monte avant-guerre une entreprise de bijouterie florissante qui lui permet de créer à Besançon une usine de boîtiers de montres. Ces deux expériences, découverte de la religion et réussite personnelle par le travail, sont déterminantes pour lui.

Création d'une communauté de travail[modifier | modifier le code]

Pendant l'Occupation, il quitte ses ateliers de Besançon et part à Valence en zone libre où il monte une communauté de travail du nom de « Boimondau » pour BOItiers de MONtres du DAUphiné. Mystique, il rêve d'y créer la communauté de travail idéale.

Dès le début, il est patent qu'il travaille dans une optique communautaire ; l'apprentissage technique y passe par un apprentissage humain : « la correction fraternelle est admise ». Les conflits sont discutés en assemblée générale hebdomadaire. Il faut noter la gymnastique en commun, les promenades, les séjours dans la ferme commune, l'incorporation et la rémunération des femmes et des enfants, la répartition à la valeur humaine[pas clair]. Il abandonne ses droits de propriété à ses ouvriers et décide que le patron de l'usine, tout comme les responsables à tous les échelons, sont élus chaque année sur leurs capacités.

Cette communauté veut se distinguer à la fois du capitalisme et du corporatisme : elle se forme à l'occasion du travail, mais prétend être un centre de vie totale et même avoir « la responsabilité du bonheur de tous ses membres », notamment parce que l'accession à tous les échelons est possible pour tous et qu'elle est contrôlée par tous.

En 1942, après discussion avec les compagnons de la Communauté, il refuse de donner la liste des salariés de son entreprise. Le 28 octobre 1942 par arrêté du Préfet de la Drôme, il est conduit à Fort Barreau[orthographe à corriger] (Isère), centre d'internement, puis transféré à St Sulpice le 23 novembre 1942. Il est libéré le 22 décembre 1942. Il se replie dans le Vercors à Combovin où la communauté crée un maquis. Le 14 avril 1944, il est de nouveau arrêté par la Gestapo à Paris et déporté à Buchenwald.

Après-guerre, lors de l'élection de l'Assemblée constituante, sa communauté soutient un candidat dans la Drôme dont il est suppléant. Son candidat élu, mais rapidement démissionnaire, Marcel Barbu se retrouve député, s'apparente au groupe de l'Union des républicains résistants et propose trois lois sur les communautés de travail, qui ne seront jamais adoptées. Son bilan à l'Assemblée est mitigé. Souvent chahuté par les autres députés, il se met à dos aussi bien les démocrates chrétiens du MRP que les communistes. Il démissionne avant la fin de son mandat.

La communauté, sous l'influence de Marcel Mermoz, évolue du christianisme social vers le socialisme. Marcel Barbu s'en éloigne alors progressivement car il ne partage plus les buts simplement matérialistes de la communauté.

En mai 1955, il crée avec des mal-logés une association pour la construction et la gestion immobilière de Sannois, ville de la grande banlieue parisienne. Son nouveau combat est le logement social. Il refuse la construction d'appartements HLM et souhaite que chacun puisse avoir son propre pavillon. En 1965, cela est un des leitmotivs de sa campagne présidentielle, pour lequel il est beaucoup moqué.

La candidature à l'élection présidentielle[modifier | modifier le code]

Marcel Barbu est un des six candidats à la première élection du Président de la République française au suffrage universel direct en 1965, ayant rassemblé au dernier moment les 100 signatures d'élus nécessaires.

Pendant la campagne, il manie l'humour (« on a commencé par me dire  : " Vous, Barbu, on vous connaît ", mais maintenant on me dit " Vous êtes un inconnu " ») et l'émotion non dissimulée (« Mon Général, je voudrais tant vous voir éviter le sort du Maréchal Pétain » — suivi d'un sanglot). Il milite pour la création d'un ministère des Droits de l'homme afin de protéger les citoyens en danger, la création d'une personnalité morale et juridique pour la famille considérée comme la cellule de base de la société, l'instauration d'un référendum d'initiative populaire comme pratiqué en Suisse, une réforme communale faisant du maire le défenseur de ses administrés.

Il obtient le plus petit nombre de voix, soit 279 685, représentant 1,15 % des suffrages exprimés et 0,97 % des inscrits.

Candidat sans parti, se disant persécuté par le ministère de l'Intérieur, celui que le Général de Gaulle traitait d'« hurluberlu » et de « brave couillon », est raillé par une grande partie de la presse à l'exception du journal Combat, plutôt favorable, et du journal Le Monde plus neutre. Au bord des larmes durant l'une de ses allocutions télévisées, il reste dans les mémoires comme le candidat « ému par son propre discours ». Marcel Barbu, qui se disait « le candidat des chiens battus » a laissé l'image d'une personnalité incomprise.

Rétif à l'autorité, Marcel Barbu s'oppose souvent à l'administration et à sa bureaucratie qui selon lui empêche l'initiative et la réalisation de l'individu. Son credo reste le même : sans secours extérieur, une petite communauté, par son travail, sa solidarité et sa foi peut surmonter tous les obstacles.

Il meurt le 7 novembre 1984 à Paris, à l'âge de 77 ans et est inhumé dans l'ancien cimetière de Sannois dans le Val-d'Oise.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. du Teil, Communauté de travail, l'expérience révolutionnaire de Marcel Barbu, Paris, Presses universitaires de France, 1949.
  • P. Picut, Une expérience autogestionnaire : la communauté de travail Boimondau à Valence, Roanne, CRESCAM, 1992.
  • Jean Vigreux, notice biographique « Marcel Barbu », Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, Paris, Les Editions de l’Atelier, tome 1 : A-Bek, 2006, p. 336-338.
  • Michel Chaudy, Faire des Hommes libres, Boimondau et les communautés de travail à Valence, Éditions REPAS, 2008, 174 p, ISBN 978-2-9520180-5-0
  • Une thèse de Pierre Picut, La Communauté Boimondau, modèle d'éducation permanente : une décennie d'expérimentation 1941-1951, université Louis Lumière Lyon 2, 1991

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]