Marcel Barbu

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Marcel Barbu
Parlementaire français
Naissance 17 octobre 1907
Décès 7 novembre 1984
Mandat Député 1946
Début du mandat 1946
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Circonscription Drôme
Groupe parlementaire URR
IVe République

Marcel Barbu (1907-1984) est un homme politique et entrepreneur français.

Sommaire

[modifier] Biographie

Marcel Barbu est né le 17 octobre 1907 dans un bidonville de Nanterre, d'une famille éclatée. Renvoyé du petit séminaire, il devient apprenti-bijoutier et apprend vite le métier. Il se marie et monte avant-guerre une entreprise de bijouterie florissante qui lui permet de créer à Besançon une usine de boîtiers de montres. Ces 2 expériences, découverte de la religion et réussite personnelle par le travail seront déterminantes pour lui.

Pendant l'Occupation, il vend ses ateliers et part à Valence en zone libre où il monte une communauté de travail du nom de « Boimondau » pour BOItiers de MONtres du DAUphiné. Mystique, il rêve d'y créer la communauté de travail idéale. Il abandonne ses droits de propriété à ses ouvriers et décide que le patron de l'usine est élu chaque année sur ses capacités.

Arrêté une première fois par les Allemands qui voient cette communauté d'un mauvais œil, il se replie dans le Vercors où certains de ses ouvriers avaient créé un maquis. En 1944, il est de nouveau arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald.

Après-guerre, lors de l'élection de l'Assemblée constituante, sa communauté soutient un candidat dans la Drôme dont il est suppléant. Son candidat élu mais rapidement démissionnaire, Marcel Barbu se retrouve député, s'apparente au groupe de l'Union des républicains résistants et fait voter une loi sur les communautés de travail. Son bilan à l'Assemblée est mitigé. Souvent chahuté par les autres députés, il se met à dos aussi bien les démocrates chrétiens du MRP que les communistes. Il démissionne avant la fin de son mandat.

La communauté, influencée par des co-détenus communistes de Buchenwald, dont Marcel Mermoz, qui l'ont rejoint, évolue du christianisme social vers le socialisme. Marcel Barbu s'en éloigne alors progressivement car il ne partage plus les buts simplement matérialistes de la communauté.

En mai 1955, il crée avec des mal-logés une association pour la construction et la gestion immobilière de Sannois, ville de la grande banlieue parisienne. Son nouveau combat est le logement social. Il refuse la construction d'appartements HLM et souhaite que chacun puisse avoir son propre pavillon. Cela est un des leitmotivs de sa campagne présidentielle, pour lequel il est beaucoup moqué.

[modifier] La candidature à l'élection présidentielle

Marcel Barbu est un des six candidats à la première élection du Président de la République française au suffrage universel direct en 1965, ayant rassemblé au dernier moment les 100 signatures de maires nécessaires.

Pendant la campagne, il manie l'humour (« on a commencé par me dire : Vous, Barbu, on vous connaît, mais maintenant on me dit Vous êtes un inconnu ») et l'émotion non dissimulée (« Mon Général, je voudrais tant vous voir éviter le sort du Maréchal Pétain » - suivi d'un sanglot). Il milite pour la création d'un ministère des Droits de l'homme afin de protéger les citoyens en danger, la création d'une personnalité morale et juridique pour la famille considérée comme la cellule de base de la société, l'instauration d'un référendum d'initiative populaire comme pratiqué en Suisse, une réforme communale faisant du maire le défenseur de ses administrés.

Il obtint le plus petit nombre de voix, soit 279 685, représentant 1,15 % des suffrages exprimés et 0,97 % des inscrits.

Candidat sans parti, se disant persécuté par le Ministère de l'Intérieur, celui que le Général de Gaulle traitait d'« hurluberlu » et de « brave couillon », est raillé par une grande partie de la presse à l'exception du journal Combat, plutôt favorable, et du journal Le Monde plus neutre. Au bord des larmes durant l'une de ses allocutions télévisées, il restera dans les mémoires comme le candidat « ému par son propre discours ». Marcel Barbu, qui se disait « le candidat des chiens battus » a laissé l'image d'une personnalité incomprise.

Rétif à l'autorité, Marcel Barbu s'oppose souvent à l'administration et à sa bureaucratie qui selon lui empêche l'initiative et la réalisation de l'individu. Son credo reste le même : sans secours extérieur, une petite communauté, par son travail, sa solidarité et sa foi peut surmonter tous les obstacles.

Il meurt le 7 novembre 1984 à Paris, à l'âge de 77 ans.

[modifier] Bibliographie

  • R. du Teil, Communauté de travail, l'expérience révolutionnaire de Marcel Barbu, Paris, Presses universitaires de France, 1949.
  • P. Picut, Une expérience autogestionnaire : la communauté de travail Boimondau à Valence, Roanne, CRESCAM, 1992.
  • Jean Vigreux, notice biographique « Marcel Barbu », Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, Paris, Les Editions de l’Atelier, tome 1 : A-Bek, 2006, p. 336-338.
  • Michel Chaudy, Faire des Hommes libres, Boimondau et les communautés de travail à Valence, Éditions REPAS, 2008, 174 p, ISBN 9782952018050
  • Une thèse de Pierre Picut, La Communauté Boimondau, modèle d'éducation permanente : une décennie d'expérimentation 1941-1951, université Louis Lumière Lyon 2, 1991

[modifier] Liens externes

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