René Blum

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René Blum

Nom de naissance René Blum
Naissance 13 mars 1878
Paris
Décès 26 septembre 1942 (à 64 ans)
Auschwitz
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau : FranceFrance
Activité principale
Famille


René Blum, né le 13 mars 1878 à Paris, mort à Auschwitz en septembre 1942, est le frère de l'homme d'État Léon Blum. Chorégraphe, il est engagé par le prince Louis II de Monaco pour fonder le Ballet de l'Opéra avec le colonel de Basil, sous le nom de Ballets russes de Monte-Carlo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Journaliste et critique d'art[modifier | modifier le code]

René Blum, frère cadet de Léon Blum, naît dans une famille bourgeoise d'origine alsacienne. Il devient journaliste et critique d'art au journal Gil Blas[1],[2]. Il participe à faire découvrir des écrivains et des peintres d'avant-garde et réussit à faire publier — à compte d'auteur —, chez Grasset, le roman de Marcel Proust (inconnu à l'époque, 1913), Du côté de chez Swann, refusé par d'autres éditeurs[1],[2]. Il contribue au succès de l'Exposition des Arts décoratifs de 1925[1]. Il préside le premier ciné-club de France[1],[2]. En 1931, il écrit une pièce de théâtre, Les Amours du poète, qui n'obtient pas un grand succès[1],[2].

Directeur artistique[modifier | modifier le code]

En 1926, la Société des grands établissements (ancêtre des groupes Partouche et Barrière) fait appel à lui comme directeur artistique des casinos. À ce titre, il organise les saisons du Touquet[2] (cela représente, à l'époque, 120 spectacles, en quatre mois que dure la saison, opéras, opérettes, comédies, ballets, music-hall, cinéma, etc.[3]). Il programme des œuvres nouvelles et une nouvelle mise en scène de Pelléas et Mélisande de Debussy (en 1928) et fait venir des grands noms de l'opéra, de l'opéra comique et des ballets de Moscou[2]. L'année 1929 est le point culminant des Années Folles, René Blum fait jouer cette année-là au Touquet de très nombreux spectacles, dont les opéras : Tristan et Iseut, Roméo et Juliette, Les Contes d'Hoffmann, Manon Lescaut, La Peau de chagrin, Pelléas et Mélisande, La Habarena, Carmosino, Toscaetc.[2]

Directeur de théâtre et d'opéra[modifier | modifier le code]

Directeur du Théâtre de Monte-Carlo, de 1924 à 1929 il fait débuter, entre autres, Michel Simon et Louis Jouvet[1],[2]. En 1932, il succède à Diaghilev en reprenant la saison de ballets de ce théâtre[1]. Avec le colonel de Basil, il fonde une troupe permanente, les Ballets russes de Monte-Carlo, qu'il dirige seul à partir de 1936 sous l'appellation des Ballets de Monte-Carlo[1]. Comme Diaghilev, il fait appel aux meilleurs chorégraphes et aux plus grands peintres et présente les grands succès des Ballets russes et des pièces de Balanchine, Massine et Fokine[1]. Sa troupe devient l'une des plus célèbres du monde[1],[2] et se produit régulièrement en Europe et aux États-Unis[1].

Déportation[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il se replie à Hendaye en juin 1940. Puis il annonce qu'il rentre à Paris au lieu de rejoindre New York où l'attend sa troupe : pour lui, comme pour son frère, quitter la France paraît une désertion : « Mais tu te jettes dans la gueule du loup ! lui dit Marcel Pagnol. Et si les Allemands te tuent ? Ce serait absurde, répond-il, car Goethe et Wagner perdront un bon serviteur ! »[1],[1],[2].

René Blum est arrêté à son domicile parisien le 12 décembre 1941[4], dans une rafle dite « des notables », en même temps qu’un millier de notables et d’intellectuels d’origine juive[5],[6], lors des premières rafles antijuives de la police de Vichy. Le 13 décembre 1941, il est envoyé au camp de Royallieu-Compiègne[7], puis il est interné au camp de Pithiviers[8] et ensuite à Drancy d'où il est expédié le 23 septembre 1942[9], au camp d'Auschwitz[4]. Sur la liste des déportés, son nom est marqué d'une croix rouge, et un télégramme a averti les autorités du camp de sa présence dans le convoi. Dès son arrivée, il est séparé des autres déportés, torturé et tué[10]. Selon une autre source, dès sa descente du train à Birkenau un gradé SS aurait hurlé « Où est le Juif René Blum ? » et il aurait été emmené en voiture vers une destination inconnue ; selon le témoignage d'un rescapé, il aurait été conduit directement par les SS dans l'un des fours crématoires et brûlé vif[11].

Peu avant son arrestation, il avait envoyé ses Mémoires à son éditeur. Le manuscrit n’a jamais été retrouvé[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Claude Wainstain, « Le Blum des Ballets russes », dans L'Arche, no 629, octobre 2010, Paris.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j [PDF] Philippe Lyardet, « Histoire – Les portraits du centenaire : René Blum », dans Le Touquet-Paris-Plage Infos, octobre 2011, p. 13.
  3. Anne Tomczak, Le Touquet – les Années si folles de Paris-Plage,  éd. La Voix du Nord, coll. « Secrets du Nord », 2012, 68 p. (ISBN 2843931584 et 978-2843931581).
  4. a et b Jean-Jacques Bernard, Le Camp de la mort lente, Compiègne 1941-1942, Édition Albin Michel, Paris, 1944, 249 p. ; rééd. Éditions Le Manuscrit, 2006, 334 p. (ISBN 2748169301 et 978-2-7481-6930-0) [lire en ligne], p. 315-317.
  5. Jean-Jacques Bernard, Le camp de la mort lente, Compiègne 1941-1942, op. cit., p. 223.
  6. Otto von Stülpnagel fait arrêter chez eux 743 notabes français de confession israélite — industriels, banquiers, écrivains, hommes de loi, hommes de sciences, anciens combattants — à titre de représailles pour des attentats commis par des militants communistes contre des militaires allemands.
  7. Jean-Jacques Bernard, Le Camp de la mort lente, Compiègne 1941-1942, op. cit., p. 269.
  8. [PDF] Association Mémoires du Convoi 6 - Notre Lien, no 16, septembre 2007, p. 15.
  9. « Granville sous l'occupation – Convoi no 36 en date du 23 septembre 1942 ».
  10. (en) The Trial of Adolf Eichmann, Session 32, déposition de Georges Wellers au procès Eichmann.
  11. Ilan (Alian) Greilsammer, Blum, Paris, Flammarion, 1996, 611 p. (ISBN 2080670263 et 978-2080670267), p. 518.

Articles connexes[modifier | modifier le code]