Jean-Claude Pecker

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Jean-Claude Pecker (10 mai 1923 à Reims, Marne, France) est un astrophysicien français. Il est professeur honoraire au Collège de France (Chaire d'Astrophysique théorique), et membre de l’Académie des sciences.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Pecker est le petit-fils du rabbin Joseph Hermann, rabbin de Reims. Il naît chez ses grands-parents[1].

Fils d'un père scientifique, Victor Pecker, et d'une mère littéraire, Nelly Hermann, Jean-Claude Pecker s'est intéressé très tôt à l'astronomie puis à l'astrophysique. Élève studieux, il poursuit des études sans encombre au lycée Michel de Montaigne de Bordeaux jusqu'à la Seconde Guerre mondiale qu'il traverse dans la clandestinité.

Victor et Nelly Pecker sont déportés à Auschwitz en mai 1944, où ils meurent

À la libération il intègre l'École normale supérieure où il suit en 1945 les cours d'Alfred Kastler. Il se présente à l'agrégation de sciences physiques en 1946 puis obtient brillamment son doctorat (Contribution à la théorie du type spectral 2 – les moments nucléaires) en 1950.

Maître de conférences en poste à Clermont-Ferrand de 1952 à 1955, il devient astronome à l'Observatoire de Paris avant d'être nommé directeur de l'Observatoire de Nice en 1962. En 1963 il est élu professeur au Collège de France où il enseignera jusqu'en 1988. Il sera également directeur de l'Institut d'astrophysique de Paris de 1972 à 1978. Il occupera également à partir de 1990 un poste de Vice-Président de la Commission nationale pour l'UNESCO jusqu'en 1996 ainsi que de nombreuses autres fonctions officielles et non officielles, en particulier comme Président de la Société astronomique de France de 1973 à 1976.

En 2005, il a reçu l'International Humanist Award délivré par l'International Humanist and Ethical Union.

Parcours scientifique[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Pecker a publié de très nombreux articles scientifiques comme de vulgarisation, mais aussi dans les domaines de l'art ou la poésie. Il a également émis des critiques sur des disciplines qu'il considère comme de fausses sciences comme l'astrologie. Il est ainsi président d'honneur de l'Association française pour l'information scientifique (AFIS).

Ses principaux travaux en astronomie et en astrophysique ont été consacrés en particulier aux atmosphères solaire et stellaire (théorie exacte de la saturation des raies, étoiles chaudes, première résolution effective du problème « non-gris » de l'équilibre radiatif) et aux relations Soleil-Terre (introduction du cône d'évitement confirmée par les observations des trous coronaux du Soleil).

Dès les années 1950 il s'intéresse au débat cosmologique auquel il consacre des publications. Jean-Claude Pecker conteste le modèle standard du Big Bang et suggère des solutions alternatives, mais partielles[2] selon ses propres termes (discussion des arguments favorables à un modèle d'univers quasi statique, rôle de la constante cosmologique, origine du fond diffus cosmologique).

Il est signataire avec 33 autres scientifiques d'une lettre ouverte à la communauté scientifique[3], s'y plaignant de ce qu'ils qualifient de dominance d'un modèle standard du Big Bang et de l'expansion de l'Univers. Les hypothèses émises, comme celle de la lumière fatiguée sont en effet critiquées – sinon totalement ignorées – par les cosmologistes actuels.

Jean-Claude Pecker a contribué à la vulgarisation de l'astronomie par ses ouvrages destinés au grand public, et traduits en anglais comme en chinois.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Ciel, Ed. Delpire et Hennann, 1959,1972
  • L'Astronomie au jour le jour (avec Paul Couderc et Évry Schatzman), Gauthier Villars, 1954
  • Astrophysique générale (avec Évry Schatzman), Masson, 1959
  • Astronomie expérimentale, PUF, 1969
  • Laboratoires spatiaux, PUF, 1969
  • L'Astronomie nouvelle, (directeur,) Hachette, 1971
  • Papa, dis-moi, l'astronomie qu'est-ce que c'est ?, Ophrys 1971, Palais de la Découverte, 1981
  • Clefs pour l'Astronomie, Seghers, 1981
  • Sous l'Étoile Soleil, Fayard, 1984
  • Astronomie Flammarion, (directeur), Flammarion, 1986
  • Pour comprendre l'Univers, (avec Delsemme et Hubert Reeves), Flammarion, 1990
  • L'avenir du Soleil, Hachette, 1990
  • Le Promeneur du Ciel, Stock, 1992
  • Le Soleil est une étoile, Explora-CSI, 1992
  • (en) Understanding the Heavens, Springer, 2001
  • L'univers exploré peu à peu expliqué, Odile Jacob, 2004
  • La photographie astronomique, Delpire-Presse Pocket, 2004
  • Current Issues in Cosmology, (directeur de l'ouvrage avec Jayant Narlikar), Cambridge University Press, Cambridge, UK & New York, 2006
  • Lalande : Lettres à Madame du Pierry et au juge Honoré Flaugergues, édition de Simone Dumont et Jean-Claude Pecker, Librairie Philosophique J. Vrin, 2007
  • Préface de Jean-Claude Pecker : La méridienne de France, Pierre Bayart, coll. acteurs de la science, 2007, édition l'Harmattan

Citation[modifier | modifier le code]

« Je suis complètement favorable à l'espéranto depuis 60 ans, mais je suis obligé de constater que le monde ne va pas dans cette direction... Une langue auxiliaire commune ne saurait être efficace que si imposée par les pouvoirs publics de nombreux pays au niveau de la scolarité élémentaire... Il n'est pas malsain de nager à contre-courant : cela demande des forces considérables. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir, Barret Ida. Comité Français pour Yad Vashem.
  2. Autoanalyse du parcours scientifique
  3. (en) Voir : An Open Letter to the Scientific Community (Published in New Scientist, May 22, 2004)
    Lettre ouverte à la communauté scientifique (Publiée dans New Scientist, 22 mai 2004)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]