Léo Glaeser

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Léo Glaeser

Description de cette image, également commentée ci-après

Léo Glaeser, en 1920.

Alias
Louis Garnier
Naissance
Riga
Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Décès (à 56 ans)
Rillieux
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Avocat
Autres activités
Résistant
Créateur du comité Amelot avec Henry Bulawko
Ascendants
Esther Jacobson (1859 - 1941)
Moshé Peretz Glaeser (? - 1921)
Conjoint
Marguerite Goulouboff (1892 - 1950)
Descendants
Famille
Victor Glaeser (1888 - 1970), (frère)
Régina Glaeser (1890 - 1958), (sœur)

Léo Glaeser, né le [1],[Note 1] à Riga[2],[3] (aujourd'hui en Lettonie) et mort le à Rillieux (alors dans l'Ain) fusillé par la milice française, est un avocat français, un résistant français investi dans le Comité Amelot[2] et une victime de la Shoah.

Le rapport no 814 de la gendarmerie de Sathonay du 4 novembre 1944 situe son domicile au 15, rue Thérèse à Paris[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunes années[modifier | modifier le code]

Fils d'Esther Jacobson et de Moshé Peretz Glaeser[1], Léo Glaeser quitte Riga vers 1905-1906 (probablement pour raisons politiques) en compagnie de son frère Victor Glaeser (1888-1970)[1] et s'inscrit en 1906 en faculté de philosophie à Heidelberg. Il y reste peu de temps et quitte l'Empire allemand pour rejoindre Paris, où il s'établit en 1907[3] et où il suit une formation en droit qui le conduit à devenir avocat.

Le Résistant[modifier | modifier le code]

Avant-guerre, en 1937, il aurait participé à l'organisation du 20e congrès sioniste de Zurich[3]. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est membre du Comité de défense des Juifs[Note 2] et surtout de la Fédération des sociétés juives de France (FSJF)[Note 3].

Le 15 juin 1940, quelques membres de la FSJF se réunissent chez Léo Glaeser[3] et créent le comité Amelot[Note 4].

En 1942, il est arrêté par la Gestapo[3]. Il réussit toutefois à s'échapper et à rejoindre la Zone libre[3], s'établissant dans les régions de Grenoble et de Lyon. En Zone libre, il devient le secrétaire général du comité de défense des Juifs[3].

Circonstances du décès[modifier | modifier le code]

Glaeser Léon, 56 ans[Note 5]
Stèle commémorative au cimetière de Rillieux

Au cours de la journée du , les miliciens Lyonnais arrêtent[5] un certain nombre de Juifs[5] ensuite incarcérés impasse Catelin, (dans les locaux de la milice, à Lyon), parmi lesquels Léo Glaeser. Il est probable que Léo Glaeser ait été arrêté en raison de sa judaïté et non à cause de ses activités de résistance au sein du comité Amelot. Ces arrestations seraient des représailles à l'assassinat du secrétaire d'État à l'Information de Vichy Philippe Henriot, assassiné par des résistants (s'étant fait passer pour des miliciens), à Paris, le [6].

Le au matin, Henri Gonnet un milicien aux ordres de Touvier, fait sortir[5] sept prisonniers juifs[5] de la cellule, dont Léo Glaeser. Ils sont emmenés dans une camionnette au cimetière de Rillieux[5] où ils sont fusillés vers 5h30 du matin[5].

Procès Touvier[modifier | modifier le code]

Après le procès Touvier où Paul Touvier est condamné pour complicité de crimes contre l'humanité pour les faits survenus à Rillieux, son fils Henri Glaeser (qui était plaignant avec son frère Georges, et donc partie civile), déclare le 21 avril 1994 :

« Je crois que c'est un jugement mérité, il y a les mêmes stigmates à Rillieux qu'à Auschwitz, le mensonge, le délire, la torture: c'est certainement un procès pour l'Histoire[7]. »

Famille[modifier | modifier le code]

Il était marié avec Marguerite Goulouboff (1892 - 1950)[1], avec laquelle il eut deux enfants[1] : le mathématicien Georges Glaeser et le cinéaste Henri Glaeser.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alors que de nombreuses sources évoquent à tort, une année de naissance en 1897.
  2. Voir l'article sur le Comité de défense des Juifs en Belgique.
  3. Au sujet de la FSJF, voir Union générale des israélites de France.
  4. En référence à la rue Amelot où se trouvait au 36 de la rue, une colonie scolaire. Lire à ce sujet, l'article Henry Bulawko.
  5. L'inscription comporte une erreur : est inscrit Léon plutôt que Léo.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Bernier Gildas, La vie de Léo Glaeser : Mémoire de DEA à l'université des Sciences Humaines de Strasbourg, Strasbourg,‎ octobre 1991 (lire en ligne).
  2. a et b « Glaeser Léo », sur memoresist.org (consulté le 29 décembre 2012).
  3. a, b, c, d, e, f et g « La Résistance Juive », sur memorialdelashoah.org (consulté le 29 décembre 2012).
  4. Rapport 814 du 4 novembre 1944 de la brigade de gendarmerie de Sathonay in Le livre noir Des crimes Nazis Dans L'Ain pendant L'Occupation, Édition du Bastion,‎ 2004, 132 p. (ISBN 2-7455-0303-0), p. 71.
  5. a, b, c, d, e et f « Lyon 1942-1944 », sur jewishtraces.org (consulté le 29 décembre 2012).
  6. (en) Carroll Franklin Terrell, À companion to the Cantos of Ezra Pound, vol. 2, t. 2, University of California,‎ 1980-1984, 800 p. (ISBN 0-520-04731-1, lire en ligne), p. 465.
  7. « Réactions », sur humanite.fr, L'Humanité,‎ 21 avril 1994 (consulté le 2 janvier 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]