Max Jacob

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Max Jacob

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Max Jacob en 1934,
photographie de Carl van Vechten
(Library of Congress)

Alias
Léon David
Morven le Gaëlique
Naissance
Quimper
Décès (à 67 ans)
Camp de Drancy
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Œuvres principales

1916 : Le Cornet à dés 1921 : Le Laboratoire central

Signature de Max Jacob

Max Jacob est un poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre français né le à Quimper (Bretagne) et mort le , alors qu'il était emprisonné au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis).

Biographie[modifier | modifier le code]

Amedeo Modigliani, Max Jacob, André Salmon et Manuel Ortiz de Zárate. Photo prise par Jean Cocteau à Montparnasse en 1916.
Portrait par Modigliani
La sépulture de Max Jacob à Saint-Benoît-sur-Loire

Max Jacob nait le 2 juillet 1876 rue du Parc à Quimper dans une famille juive mais non pratiquante. Il y passe une enfance heureuse. Max joue aux" rêves inventés".

En 1894, il obtient le Prix de Français au concours général, et il s'installe alors à Paris pour entrer à l'École Coloniale. Il quitte l'École Coloniale en 1897, au grand scandale de sa famille, et vit de petits métiers. En 1902, il est clerc d'avoué, précepteur, employé à "l'Entrepôt Voltaire".

À Paris, il fréquente notamment le quartier de Montmartre et se fait de nombreux amis. Il fait notamment la connaissance de Pablo Picasso (qu'il rencontre en 1901), de Georges Braque, Henri Matisse et Amedeo Modigliani. En 1903, il rencontre André Salmon et Guillaume Apollinaire, c'est la misère noire. Pour vivre, Max essaie de vendre ses gouaches.

En 1907, il s'installe au Bateau-Lavoir, au 7 rue Ravignan, où il retrouve ses amis Picasso, Juan Gris. C'est Max qui donne le nom de 'lavoir' à ce lieu, car il n'y a qu'un seul et unique point d'eau dans toute la maison.

Le 22 septembre 1909, l'image du Christ lui apparaît le sur le mur de sa chambre au 7 rue Ravignan et il l'entoure d'un cercle. Le 16 décembre 1914, il a une seconde vision du Christ, durant une séance de cinéma.

Juif de naissance, il se convertit alors au catholicisme. Le , à l'âge de 40 ans, Cyprien Max Jacob se fait baptiser, au couvent de Sion, rue Notre-Dame des Champs, avec Pablo Picasso comme parrain.

En 1913, il séjourne à Céret (Pyrénées-Orientales) avec le peintre Juan Gris. Il y réalise une série de dessins du village. En 1919, Max se lie avec le jeune Raymond Radiguet, qu'il présente à Jean Cocteau.

En 1921, Max Jacob se lasse de lui-même et de Paris, et, sur les conseils d'un ami prêtre, il se retire à Saint-Benoît-sur-Loire, près de l'abbaye bénédictine.

En 1928, il retourne à Paris, et s'installe dans un hôtel de la rue Nollet, où habite aussi le compositeur Henri Sauguet. En 1932, Max Jacob est fait chevalier de la Légion d'honneur. Il travaille avec les musiciens Francis Poulenc, Henri Sauguet, Georges Auric...

Max Jacob revient à Saint-Benoît-sur-Loire en 1936 pour s'y retirer définitivement, et y mène une vie exemplaire, quasi-monastique. Il se lie aux gens du village, entretient une nombreuse correspondance, écrit beaucoup, en particulier de longues méditations religieuses qu'il rédige de très bon matin et qui attestent une foi fulgurante. Il fait visiter la Basilique aux pèlerins de passage.

En 1937, il se lie d'amitié avec les poètes et les peintres de la jeune génération, sur lesquels il a eu une grande influence : Michel Manoll, Lacôte, Cadou, Olivier Messiaen, Roger Toulouse, Jean Rousselot, Charles Trenet), et reçoit la visite de ses amis de longue date : Paul Eluard, Jean Cocteau, Maurice de Vlaminck, Fernand Léger, Pablo Picasso, Pierre Mac Orlan, Roland Dorgelès...

En 1942, Max Jacob porte l'étoile jaune, signe distinctif des juifs. Cette année-là, sa sœur Julie-Delphine et son beau-frère Lucien Lévy meurent au camp de Compiègne. En 1943 son frère Gaston est déporté à Auschwitz et y meurt. En janvier 1944, sa sœur Myrté-Léa et son mari sont déportés et meurent à leur tour.

Le , vers 11h, Max Jacob est arrêté chez lui par la Gestapo d'Orléans et emprisonné à Orléans. Le 18 février, il est transporté au camp de Drancy. En route, il envoie un dernier message à l'abbé Fleureau (le curé de Saint-Benoît-sur-Loire), et à Jean Cocteau. Ses amis, dont Jean Cocteau[1] et Sacha Guitry, feront leur possible pour faire libérer le poète. Mais deux semaines plus tard, le 5 mars 1944 au matin, Max Jacob meurt d'épuisement au camp de Drancy.

Max Jacob comptait parmi ses nombreux amis Jean Moulin[2], qui prend le pseudonyme de Max dans ses activités de résistant[3].

Le 5 mars 1949, conformément à son vœu, Max Jacob est inhumé au cimetière de Saint-Benoît-sur-Loire. Sa tombe est ornée d'un de ses portraits réalisé en 1935 par son ami René Iché.

Le 17 novembre 1960, il est déclaré officiellement « Poète mort pour la France »[4].

À la Bibliothèque nationale, il est répertorié comme « Poète - Romancier - Essayiste - Peintre ». Il a aussi traduit des textes du catalan en français.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1903 : Histoire du roi Kaboul Ier et du marmiton Gauvain
  • 1904 : Le Géant du Soleil
  • 1911 : Saint-Matorel
  • 1911 : La Côte
  • 1912 : Œuvres burlesques et mystiques de Frère Matorel
  • 1914 : Le Siège de Jérusalem‚ grande tentation céleste de Frère Matorel
  • 1916 : Le Cornet à dés, qui lui apporte la notoriété
  • 1918 : Le Phanérogame
  • 1919 : La Défense de Tartufe. Ce livre devait dans un premier temps avoir pour titre Le Christ à Montparnasse[5]
  • 1920 : Cinématoma
  • 1921 : Le Laboratoire central
  • 1921 : Le Roi de Béotie
  • 1922 : Le Cabinet noir
  • 1922 : Art Poétique
  • 1923 : Filibuth ou la Montre en or
  • 1923 : Le Terrain Bouchaballe
  • 1924 : Les Tabar (in Sélection 3, décembre 1924, pp. 209-219)
  • 1924 : Visions infernales
  • 1924 : L'Homme de chair et l'Homme reflet
  • 1925 : Les Pénitents en maillots roses
  • 1927 : Le Fond de l'eau
  • 1929 : Le Tableau de la Bourgeoisie
  • 1929 : Sacrifice impérial
  • 1931 : Rivage
  • 1932 : Bourgeois de France et d'ailleurs
  • 1938 : Ballades
  • 1945 : Derniers Poèmes

Publications[modifier | modifier le code]

En plus de son nom d'état civil, Max Jacob a utilisé les pseudonymes suivants, répertoriés par la Bibliothèque nationale de France :

  1. Léon David
  2. Morven le Gaëlique
  • 2003 : Bien aimé Raymond : dessins de Jean-Marie Queneau, éditions de la Goulotte - Vézelay.
  • 1986 : Le Terrain Bouchaballe Max Jacob [Toulouse, Théâtre Daniel Sorano, 15 avril 1986] suivi de deux inédits : Paris province et le Journal de modes ou les ressources de Florimond : farce en un acte de Max Jacob ; et de La Tarentelle rouge pièce en un acte de Salvatore Cuffaro, L'Avant-scène, Coll. «Théâtre» no 798, Paris, 80 p. (Sans ISBN)
  • 1953 : Correspondance : 1 : Quimper-Paris : 1876-1921, Ed. de Paris, Paris, 229 p.
  • 1985 : Lettres à Michel Manoll Max Jacob ; préf. de Michel Manoll ; texte établi et annoté par Maria Green, Rougerie, Mortemart, 1985, 163p. (Sans ISBN)
  • 1964 : La défense de Tartufe : extases, remords, visions, prières, poèmes et méditations d'un Juif converti, nouv.éd. introd. et notes par André Blanchet, Gallimard, Paris, 299p.
Note : Il en existe une première éd. de 1919, éd. Société littéraire de France, 213p.
  • 1949 : Mendiantes professionnelles ; (suivi de) Jalousies, préf. de Georges Auric ; dessins de Max Jacob et Jacques Audiberti, sans indication d'édition, 16p. Notice BNF n°FRBNF39774384
  • 1936 : Saint Matorel, Le siège de Jérusalem, Les œuvres burlesques et mystiques de frère Matorel, Gallimard, Paris, 300p.
  • 1928 : Visions des souffrances et de la mort de Jésus Fils de Dieu : quarante dessins de Max Jacob, avec un portrait de l'auteur par lui-même, éd. Aux Quatre Chemins, Paris.
Note : éd. limitée à 279 exemplaires.
  • 1928 : article «Deux lettres et un commentaire», dans la Revue hebdomadaire du 11 août 1928, p. 213-218.
  • 1928 : article «Max Jacob ou le poète de Saint-Benoît-sur-Loire. Textes et dessins inédits de Max Jacob - hommage de Saint Pol Roux - Vers et proses de Marcel Abraham, Jean Casson, Jean Cocteau...», dans la revue Le Mail, n °5, avril 1928, p. 221-272.
  • 1923 : Filibuth, ou la Montre en or, Ed. de la N. R. F., Paris, 268 p. (4e éd.)
  • 1922 : article «Poèmes burlesques», dans la revue des feuilles libres no 28 août-septembre 1922, p. 245-249.

Correspondance et inédit Max Jacob Lettres à René Villard, suivies duCahier des Maximes; préface et notes de Yannick Pelletier; Rougerie, 1978

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Christopher Wood, Max Jacob, 1929
Huile sur carton, 80,5x64, musée des Beaux-Arts de Quimper
  • Béatrice Mousli, Max Jacob, Grandes biographies, Flammarion, 2005, ISBN 2-08-068074-9
  • Max Jacob, Jean Cocteau: correspondance 1917-1944, texte établi et présenté par Anne Kimball, Éditions Paris-Méditerranée, 2000.
  • Louis Émié, Dialogues avec Max Jacob, éd. Corrêa/Buchet-Castel, 1954 ; rééd. éd. Le Festin, 1994
  • Jacob, poète et romancier, Actes du colloque du CRPC, Université de Pau, mai 1994, avec des lettres inédites de Max Jacob, Valery Larbaud et Jean Cocteau, textes réunis par Christine V. R. Andreucci.
  • Christine Van Rogger-Andreucci, Poésie et religion dans l’œuvre de Max Jacob, Honoré Champion, 1994.
  • Maria Green, avec la collab. de Christine Van Rogger Andreucci, Centre de recherches Max Jacob, Bibliographie des poèmes de Max Jacob parus en revue, Publications de l'Université de Saint-Étienne, Saint-Étienne, 1992, 126p. ISBN 2-86272-019-4
  • Spiritualité de Max Jacob, sous la direction de Jean de Palacio, La Revue des lettres modernes, 1981.
  • Joseph Pérard, Max Jacob l'universel : étude, inédits, Colmar, Alsatia, 1974.
  • Jean Rousselot, Max Jacob au sérieux, essai, Éditions Subervie, Rodez, 1958.
  • Peintres juifs à Paris 1905-1939 École de Paris, Éditions Denoel, 2000
  • Esthétique : Lettres à René Guy Cadou, extraits, 1937 - 1944. Postface Olivier Brossard. Éditions Joca Seria, Nantes 2001.
  • Yannick Pelletier, Max Jacob, le Breton errant, éditions Christian Pirot, 2004

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un prix de poésie, fondé en 1950, porte son nom : le prix Max-Jacob.
  • En 1989, le théâtre municipal[6] de la ville de Quimper, sa ville natale, prend le nom de Théâtre Max Jacob. Un collège et un pont y portent également son nom.
  • En septembre et octobre 2006, le réalisateur Gabriel Aghion réalise Monsieur Max avec dans le rôle principal Jean-Claude Brialy dont ce fut le dernier rôle avant sa mort le .
  • Depuis 2010, le poète, compositeur et chanteur Paul Dirmeikis a mis en chanson des poèmes de Max Jacob : Nocturne, Le Départ, Cimetière, Le Mariage, La Roue du moulin.
  • En 2012, le chanteur et poète Melaine Favennec publie un album intitulé Émoi des mots, Melaine Favennec chante Max Jacob[7].
  • Les Rendez-vous de Max, lectures et rencontres mensuelles de poésie, sont accueillis depuis février 2013 dans la maison d'enfance de Max Jacob à Quimper, Chez Max (cour Max Jacob, 8 rue du Parc).

Citations[modifier | modifier le code]

« Mes dix-huit ans buvaient aux sources de son génie... il était bon, fantasque, irréel, comme les personnages qu’il peignait... Cher ange ! »

— Charles Trenet à propos de Max Jacob, préface du livre de Marc Andry, Charles Trenet,Calmann-Lévy, 1953.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Patricia Sustrac, présidente de l'Association des amis de Max Jacob. Picasso ne fit rien pour son ancien ami qui l'avait soutenu financièrement et amicalement durant leur longue étape parisienne. La mort de Max Jacob, janvier - mars 1944, Un calendrier fatidique, Association les amis de Max Jacob, 2006
  2. Jean-Louis Panicacci, Jean Moulin artiste, résistant, marchand de tableaux in Vingtième Siècle, revue d'histoire, no 68, 2000, p. 124-126
  3. Jean Moulin, un héros moderne, exposition de la DMPA du Ministère de la Défense, sur le site Mémoire78
  4. Biobibliographie de Max Jacob - Association les amis de Max Jacob
  5. http://www.lestrompettesmarines.com/pages/max-jacob-un-crucifie-etoile.html
  6. « Grands projets, Pôle Max Jacob »,‎ (consulté le 17 juin 2013)
  7. Christophe Molina, « Quimper : Melaine Favennec chante Max Jacob », sur France 3 Bretagne,‎ (consulté le 21 avril 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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