René Frydman

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René Frydman, né en 1943 à Soumoulou dans les Pyrénées-Atlantiques, est un obstétricien français. Gynécologue des hôpitaux de Paris et professeur des universités depuis 1979.

Il est celui qui a permis la naissance du premier « bébé éprouvette » français ainsi que celles des premiers bébés français à partir d'ovocytes congelés.

En février 2012, il crée, sur Le Monde.fr, le blog Un enfant... enfin, dans lequel il milite pour la création de la fondation Prévention et lutte contre la stérilité, qui vise à impulser la recherche et l'innovation dans le domaine.

Après 36 ans à l’hôpital Antoine Béclère de Clamart, René Frydman rejoint le service du professeur Jean-Marc Ayoubi à l’hôpital Foch de Suresnes, dans le cadre d’une activité clinique de gynécologie / obstétrique et de médecine de la reproduction[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Juifs d'origine polonaise, ses parents s'étaient réfugiés dans les Pyrénées pendant la guerre. Fréquentant les mouvements d'extrême-gauche, il part pour la Jordanie en 1970 afin de fournir une assistance médicale aux Palestiniens pendant le Septembre noir[2]. Plus tard, il sera parmi les membres fondateurs de Médecins sans frontières[3]. Il s'engage par la suite dans le Groupe d'information santé et en 1973, il signe le manifeste des 331 médecins avouant avoir pratiqué un avortement[4].

En 1974, il se spécialise, un peu par défaut[2], dans l'obstétrique et entre à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, dans le service du Professeur Émile Papiernik, un hôpital qu'il ne quittera plus. Il obtient son agrégation de médecine en 1979.

Il fait partie de l'équipe, dirigée par le professeur Émile Papiernik, qui permet la naissance du premier « bébé éprouvette » français, Amandine, le 24 février 1982[5]. Amandine a été conçue par fécondation in vitro, technique mise au point en France par le biologiste Jacques Testart et ses collaborateurs.

Il accouche le premier bébé issu d'un embryon congelé en 1986[3].

Il réalise en 2000 la première naissance après un diagnostic préimplantatoire[3] et en 2003, la naissance du premier bébé français issu de la maturation in vitro[3].

En février 2011, il crée le premier bébé « médicament » en France, ou bébé du « double espoir » selon ses propres termes, à l'hopital Antoine Béclère à Clamart.

Ayant dépassé l'âge légal de la retraite, il est aujourd'hui professeur émérite, ce qui lui permet de poursuivre ses recherches, tout particulièrement dans le domaine des « bébés médicaments ».

René Frydman a été membre du Comité consultatif national d'éthique de 1986 à 1990 et de la Commission nationale consultative des droits de l'homme. En 1992, il a été chargé de mission au ministère de la Santé auprès de Bernard Kouchner. Il s’oppose à toute reconnaissance des mères porteuses. Il est convaincu qu’« on ne peut pas légaliser ce recours sans légaliser en même temps une certaine exploitation de la femme »[6].

Il est marié à la peintre Monique Frydman[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Depuis 2008, René Frydman anime sur France Culture l'émission Révolutions médicales[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Frydman passe de Béclère à Foch Bien Sûr Santé, 17 septembre 2012
  2. a, b et c "René Frydman, l'amour de la vie", documentaire diffusé sur France 5
  3. a, b, c et d L'Express 20 février 2007 [1]
  4. Romain Lecler, « Le succès d'Histoires d'A, « film sur l'avortement » » Une mobilisation croisée de ressources cinématographiques et militantes (enquête), Terrains & travaux, 2007/2 n° 13, p. 51-72. Ici, p. 58, note 29.
  5. C'est au Royaume-Uni, grâce aux recherches entreprises conjointement par le biologiste Robert Geoffrey Edwards et le gynécologue Patrick Steptoe, qu'était né en 1978 le tout premier « bébé-éprouvette », Louise Brown.
  6. L'entrevue - La mère porteuse, à quel prix? Le Devoir, 23 mars 2009
  7. Révolutions médicales, sur le site de France Culture http://www.franceculture.fr/emission-revolutions-medicales