John Fitzgerald Kennedy

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John Fitzgerald Kennedy
Image illustrative de l'article John Fitzgerald Kennedy
Fonctions
35e président des États-Unis

(&&&&&&&&&&&010362 ans, 10 mois et 2 jours)
Élection 8 novembre 1960
Vice-président Lyndon B. Johnson
Prédécesseur Dwight D. Eisenhower
Successeur Lyndon B. Johnson
Sénateur du Massachusetts
Prédécesseur Henry Cabot Lodge, Jr.
Successeur Benjamin A. Smith II
Représentant du 11e district du Massachusetts
Prédécesseur James Michael Curley
Successeur Tip O'Neill
Biographie
Nom de naissance John Fitzgerald Kennedy
Date de naissance
Lieu de naissance Brookline (Massachusetts, États-Unis)
Date de décès (à 46 ans)
Lieu de décès Dallas (Texas, États-Unis)
Nature du décès Assassinat
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Jacqueline Kennedy
Diplômé de Université Harvard
Religion Catholicisme romain

Signature

John Fitzgerald Kennedy
Présidents des États-Unis

John Fitzgerald Kennedy, dit Jack Kennedy, souvent désigné par ses initiales JFK, né le à Brookline (Massachusetts) et mort le à Dallas (Texas), est le 35e président des États-Unis. Entré en fonction le à l'âge de 43 ans, il est assassiné le 22 novembre 1963 à l'âge de 46 ans. Plus jeune président élu[1], il est aussi le plus jeune à mourir en cours de mandat, assassiné moins de trois ans après son entrée à la Maison-Blanche. Il reste aujourd'hui le seul Président américain de confession catholique.

En raison de son énergie, de son charisme et de son style, mais aussi par son assassinat en 1963, John F. Kennedy reste l'un des personnages les plus populaires du XXe siècle et, à l'instar d'Abraham Lincoln, un Président modèle pour les États-Unis. Comme pour le Président Lincoln, la disparition brutale de JFK participa, en grande partie, à cette image.

Biographie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Famille Kennedy.

John Fitzgerald Kennedy, surnommé « Jack », est né le à Brookline (Massachusetts) une banlieue huppée de Boston. Il est le second d'une famille qui compte neuf enfants : Joseph Jr., John F., Rosemary, Kathleen, Eunice, Patricia, Robert, Jean Ann et Edward.

Ses parents, Joseph Patrick Kennedy, qui a fait fortune dans les années 1930 et Rose Fitzgerald ; fille de John Francis Fitzgerald (1863–1950), dit « Honey Fitz », maire de Boston et de Mary Josephine Hannon (1865-1964)[2], sont les descendants de familles originaires d'Irlande. Son père soutient Franklin Delano Roosevelt lors de l'élection de 1933, envisage de se présenter à sa succession et devient ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni en 1938 après avoir été un des piliers des grandes réformes de Roosevelt dans la banque et la finance.

Le jeune Kennedy reçoit une éducation dans la Choate School (en), une des meilleures écoles privées à Wallingford, Connecticut où son frère aîné Joseph Patrick Kennedy Jr. l'a précédé. En septembre 1935, il intègre la London School of Economics sous la supervision du professeur Laski, mais doit interrompre ses études, car il est atteint de jaunisse. Il intègre ensuite l'université de Princeton mais doit de nouveau interrompre ses études après seulement six semaines, et se fait hospitaliser à l'hôpital Brigham de Boston (en) où les médecins diagnostiquent une possible agranulocytose ou leucémie[3]. L'année suivante, en septembre 1936, il intègre Harvard. Ses principales matières sont l'économie, l'histoire et la politique américaine.

Quand son père s'installe à Londres, il visite l'Europe, en particulier l'Allemagne nazie, et profite d'un « nègre »[4] pour rédiger son mémoire de fin d'études sur Neville Chamberlain et la participation britannique aux accords de Munich. Son mémoire est reçu avec mention et grâce au soutien financier de son père, est publié avec une introduction de Henry Luce, sous le titre Pourquoi l'Angleterre dormait. À 23 ans, Kennedy est ainsi l'auteur d'un relatif succès de librairie qui semble le destiner au journalisme. Son père est alors déconsidéré par sa position favorable à la négociation avec Hitler. Ce livre permet à son fils de paraître comme favorable à l'entrée en guerre des États-Unis.

Il doit, en 1941, sous la pression de son père et du FBI, mettre fin à sa liaison avec Inga Arvad, une journaliste danoise mariée à Paul Fejos, ancienne miss Danemark qui a couvert les jeux olympiques de Berlin en 1936 et proche des dignitaires nazis tel qu'Hermann Goering, ce qu'a démontré de manière irréfutable le FBI[5]. JFK est rappelé sur le continent en Caroline du sud mais Inga le suit et ils continuent à se voir[6].

Service militaire et période après-guerre[modifier | modifier le code]

Au printemps 1941, Kennedy veut s'enrôler dans l'armée, mais est déclaré inapte en raison de ses problèmes de dos : né avec une colonne vertébrale instable, ce qui l'obligera toute sa vie à utiliser des béquilles cachées au public, à se reposer fréquemment dans son rocking-chair devenu légendaire[7] et à porter un corset dorsal de 20 centimètres[8]. Il est de plus atteint de la maladie d'Addison, une sorte de déficience (encore mortelle à son époque) des glandes surrénales, lesquelles produisent des hormones anti-douleurs osseuses[9]. Pour soulager ses douleurs, il reçoit régulièrement des injections de cortisone, de novocaïnes et de stéroïdes, il prend des ¨amphétamines[8], ce cocktail médicamenteux lui permettant de déployer une énergie hors du commun et d'assouvir une libido hyperactive[10]. D'abord mobilisé à l'arrière, il obtient de servir sur plusieurs navires de la flotte américaine du Pacifique et devient commandant d'un patrouilleur avec le grade de Lieutenant.

Le à deux heures du matin, son patrouilleur (une vedette lance-torpilles), le PT 109, est coupé en deux par le destroyer japonais Amagiri au large des îles Salomon. Kennedy est projeté sur le pont et se blesse au dos, ce qui aggrave ses douleurs ; en mer, il réussit malgré tout à haler un membre de son équipage blessé sur près de cinq kilomètres et à mettre pied sur une île, d'où il nage pour donner l'alerte : son équipage est récupéré. Ce fait d'armes lui vaut la médaille de la Marine avec la citation suivante :

« Pour sa conduite extrêmement héroïque comme officier commandant de la vedette lance-torpilles PT 109, après la collision et le naufrage de ce vaisseau, sur le théâtre de la guerre du Pacifique, les 1er et 2 août 1943. Peu soucieux du danger personnel, le lieutenant Kennedy a bravé sans hésitation les difficultés et les risques de l'obscurité pour diriger les opérations de sauvetage, nageant plusieurs heures pour trouver de l'aide et de la nourriture après avoir réussi à ramener son équipage à terre. Son remarquable courage, sa ténacité et ses qualités de chef ont permis de sauver plusieurs vies, conformément aux plus hautes traditions de la Marine des États-Unis. »

Kennedy reçoit d'autres décorations pendant la guerre, dont la Purple Heart. Il est démobilisé au début de 1945 quelques mois avant la capitulation du Japon. Un film de propagande raconte son aventure. Le décès de son frère aîné et les erreurs politiques de son père (qui était favorable au maintien de la paix avec Hitler) font de lui l'espoir politique de la famille.

Il est contraint de se faire opérer à plusieurs reprises en raison de problèmes de dos et reçoit même l'extrême onction à trois reprises. Pendant cette période, il publie un livre Profiles in Courage (Portraits d'hommes courageux) où il fait la biographie de huit sénateurs qui ont risqué leur carrière pour défendre leurs points de vue. Ce livre, dont la paternité est aujourd'hui accordée à Ted Sorensen, bras droit de Kennedy et auteur de ses plus grands discours, recevra le prix Pulitzer en 1957[8].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Portrait officiel de John F. Kennedy par Aaron Shikler.

Après la Seconde Guerre mondiale, Kennedy débute donc une carrière politique en se faisant élire à la Chambre des représentants dans une circonscription à majorité démocrate. Il est réélu deux fois malgré ses positions qui ne sont pas toujours en accord avec celles du président Harry S. Truman ou du Parti démocrate.

En 1952, il est candidat au siège de sénateur avec le slogan : « Kennedy en fera plus pour le Massachusetts ». Il réussit à battre son concurrent républicain, le sénateur sortant Henry Cabot Lodge Jr. Cependant, il ne s'oppose pas au sénateur Joseph McCarthy, un ami de la famille, qui mène une campagne agressive dans le but d'extirper les prétendus espions communistes au sein du gouvernement. Il profite d'un séjour à l'hôpital pour ne pas voter la motion de censure contre McCarthy en 1954, ce qui lui sera longtemps reproché par l'aile gauche du Parti démocrate, Adlai Stevenson et Eleanor Roosevelt en tête.

Vie privée, mariage et descendance[modifier | modifier le code]

John Kennedy est connu pour ses multiples maîtresses et conquêtes féminines, dont Marilyn Monroe en 1962, ainsi que Judith Campbell Exner, maîtresse simultanément de Kennedy et du parrain de la mafia de Chicago Sam Giancana ou encore Gunilla von Post, Marlene Dietrich[11]. En 1961, lors d'une rencontre officielle avec le premier ministre britannique Harold Macmillan, il lui confie : « Trois jours sans faire l'amour et c'est le mal de tête garanti. Je ne sais pas si c'est aussi votre cas, Harold »[10].

Le [12], il épouse Jacqueline Bouvier en l'église St Mary à Newport (Rhode Island). Le mariage est considéré comme l'évènement mondain de la saison avec quelque 700 invités à la cérémonie et plus de 1 000 à la somptueuse réception qui suit à « Hammersmith Farm », domaine de son beau-père Hugh D. Auchincloss.

Jacqueline Kennedy fait une fausse couche en 1955[13],[14], puis donne naissance à une petite fille mort-née, le 23 août 1956, que ses parents auraient voulu prénommer Arabella[15]. Cet évènement conduit à une brève séparation du couple qui se réconcilie peu après. Le couple devient ensuite parents d'une fille Caroline en 1957, puis d'un fils John en 1960. Un second fils Patrick nait prématurément le 7 août 1963 et meurt deux jours plus tard.

Peu de temps après l'assassinat de John F. Kennedy, les restes d'Arabella et de son jeune frère Patrick sont transférés le 5 décembre 1963, au cimetière national d'Arlington. Sa dalle mortuaire n'indique pas de prénom, mais simplement la mention « daughter » (fille, en anglais) et la date du 23 août 1956.

Tombe de Jacqueline Bouvier Kennedy et de sa fille mort-née, au cimetière national d'Arlington.

Élection présidentielle[modifier | modifier le code]

Kennedy se déclare candidat pour succéder à Eisenhower le 2 janvier 1960. Dans sa déclaration de candidature, Kennedy insiste sur la nécessité d'un désarmement mondial, qualifiant la course aux armements de « fardeau »[réf. nécessaire].

Le Parti démocrate doit choisir entre lui et les sénateurs Hubert Humphrey, Lyndon B. Johnson et Adlai Stevenson. Kennedy remporte les élections primaires dans certains États clés, comme le Wisconsin et la Virginie-Occidentale et obtient la nomination de son parti à la convention nationale. Son colistier est Lyndon B. Johnson, soutenu par les États du sud. Pendant la campagne électorale, les débats tournent autour du rôle des États-Unis dans le monde, du problème de la pauvreté, de l'économie et de l'équilibre de la terreur face aux missiles porteurs d'armes nucléaires de l'Union soviétique, mais aussi sur la religion catholique pratiquée par le candidat.

En septembre et en octobre 1960, Kennedy et le candidat républicain Richard Nixon débattent pour la première fois à la télévision. Nixon apparaît nerveux, en sueur et mal rasé. De plus, une douleur récurrente au genou le fait souffrir. Par conséquent, on entend dire que face à un Kennedy calme et maître de lui, Nixon « passe » mal à l'écran et ressort affaibli de la confrontation télévisée, alors que les citoyens ayant suivi le débat à la radio estiment que Nixon était légèrement plus convaincant. Cependant, quelques sociologues, dont Michael Schudson et l’équipe de chercheurs de David L. Vancil et Sue D. Pendell, se sont penchés sur la question, déclarant, pour leur part, qu’il n’y a aucun élément pour étayer cette seconde affirmation[16]. Ces débats restent tout de même considérés comme fondateurs d'une certaine politique moderne car, pour la première fois, la manière de se tenir face à une caméra devient un élément important dans une élection.

La politique de Kennedy, appelée « Nouvelle Frontière », prévoit la détente envers l'URSS, l'envoi d'un homme sur la Lune, l'égalité des Noirs et des Blancs, la relance de l'économie, la lutte contre la pègre et l'arrêt de l'expansion communiste dans le monde.

L'élection a lieu le  ; Kennedy bat Nixon de seulement 120 000 voix[17]. Des rumeurs circulent par la suite sur le fait que son père, Joe, aurait utilisé ses liens avec la mafia américaine pour que certains comtés décisifs « votent bien ». À 43 ans, Kennedy est le plus jeune président élu : Theodore Roosevelt était plus jeune lors de son accession à la présidence, mais il succédait à William McKinley, décédé en cours de mandat. Il est aussi le premier président des États-Unis de religion catholique et toujours le seul à ce jour.

Inauguration officielle du président Kennedy, le 20 janvier 1961.

Présidence[modifier | modifier le code]

Il entre en fonction le à l'âge de 43 ans.

Carte des pays que John F. Kennedy a visités durant sa présidence.

Chronologie[modifier | modifier le code]

1961[modifier | modifier le code]
Kennedy serre la main de Dwight Eisenhower après sa nomination, le 20 janvier 1961.
  • 20 janvier : entrée en fonction de John F. Kennedy comme 35e président des États-Unis. Son discours est resté dans la mémoire des Américains : « Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. ».
  • 2 février : Kennedy propose au Congrès sa politique sociale afin de mettre fin à la récession économique. Elle inclut un programme de tickets-nourriture et un accroissement des allocations pour les chômeurs et les personnes sans ressources.
  • 1er mars : Kennedy signe un décret créant les Corps de la Paix, l’une des institutions les plus marquantes de son gouvernement. Il en confie la direction à son beau-frère Sargent Shriver.
  • 16-18 avril : le gouvernement Kennedy tente d'appliquer un plan initialement préparé par Dwight Eisenhower, pour renverser Fidel Castro, le président cubain communiste. Avec l'aide de la CIA, 1 500 exilés cubains retournent dans l'île et tentent de rallier la population ; c'est un échec qui est connu sous le nom de « l'invasion de la baie des Cochons ». En moins de deux jours, Kennedy refusant tout appui aérien, le gouvernement castriste tue ou fait prisonnier les exilés et Kennedy doit négocier leur libération. Elle sera obtenue après 20 mois au prix de 53 millions USD en nourriture et médicaments. Kennedy, dans un discours, se déclare seul responsable du désastre, mais en privé, il déclare que la CIA lui a menti et l'a manipulé pour qu'il donne l'ordre de l'invasion totale de Cuba. Allen Welsh Dulles, directeur de la CIA, sera limogé et le reste du mandat de Kennedy sera marqué par une certaine méfiance envers la communauté des services de renseignements (CIA)
    La capsule Friendship 7 présentée à Kennedy par John Glenn.
  • 25 mai : Kennedy prononce le fameux discours qui donne le coup d’envoi du programme lunaire américain. « Notre nation doit s’engager à faire atterrir l’homme sur la Lune et à le ramener sur Terre sain et sauf avant la fin de la décennie.»
    Il répond ainsi à l’URSS qui, en pleine guerre froide, avait pris plusieurs longueurs d’avance dans la conquête spatiale. Il conforte le concept de Nouvelle Frontière de l'espace, qu'il avait déjà évoqué dans un discours d'investiture comme candidat à l'élection présidentielle, le 15 juillet 1960.
John F. Kennedy prononce le discours annuel sur l'état de l'Union, en 1963. Assis derrière lui, le vice-président Lyndon Johnson et le président de la Chambre, John McCormack.
  • 13 août : le gouvernement est-allemand, sous le contrôle de l'URSS, débute la construction du Mur de Berlin séparant les secteurs Est et Ouest de la ville afin d'empêcher l'exode de la population vers l'Ouest. Bien que cet acte soit contraire à l'accord entre les quatre grandes puissances, Kennedy ne l'empêche pas, car il est en vacances et ne jugera pas utile d'interrompre son voyage. Il ne fera pas grand chose non plus lors de l'extension de la frontière entre la RDA et la RFA sur 155 km.
  • 3 septembre : Kennedy signe la loi sur le salaire minimum et étend son domaine d’application.
  • 30 septembre : un étudiant noir, James H. Meredith, s’inscrit pour la première fois à l’université d’État du Mississippi ; des manifestants s’opposent à la déségrégation et le ministre de la justice, Robert Kennedy — frère du président — utilise 23 000 agents fédéraux pour contrer les manifestants. Les échauffourées font deux morts parmi les manifestants et 160 blessés parmi les forces de l’ordre.
1962[modifier | modifier le code]
  • 12 septembre : il prononce son discours We choose to go to the Moon, qui influence de façon majeure la politique spatiale américaine.
  • 14 octobre : des avions espions américains U2 photographient des sites de missiles soviétiques en construction à Cuba. Kennedy est confronté à un dilemme : soit il attaque les sites en risquant une confrontation nucléaire avec l'URSS, soit il ne fait rien et les États-Unis doivent vivre sous la menace d'armes nucléaires tactiques près d'eux. Kennedy décide un blocus de l'île et entame des négociations avec le président du Conseil des ministres soviétique Nikita Khrouchtchev. Un accord sera trouvé après plusieurs semaines de négociations diplomatiques, les États-Unis s'engageant à ne pas envahir Cuba mais refusent publiquement les demandes de la part de l'U.R.S.S. de retirer leurs missiles implantés en Turquie. Ces demandes lui seront cependant accordées secrètement en avril 1963 par Robert Kennedy[réf. nécessaire].
1963[modifier | modifier le code]
  • 11 juin : Kennedy prononce un discours sur les droits civiques : « Nous sommes, à la fois en tant que pays et en tant que peuple, face à une crise des valeurs morales »[réf. nécessaire].
  • 26 juin : Kennedy visite Berlin Ouest et prononce avec Willy Brandt et Konrad Adenauer un discours resté célèbre durant lequel il lancera la phrase (de) « Ich bin ein Berliner » (« Je suis un Berlinois »)[18].
  • 28 août : Kennedy rencontre Martin Luther King Jr[réf. nécessaire] et les autres dirigeants du mouvement pour les droits civiques après une manifestation, qui rassemble plus de 250 000 Américains, devant le mémorial au président Lincoln.
  • 30 août : Nouvel accord Kennedy-Khrouchtchev : mise en place d'un téléphone rouge entre la Maison-Blanche et le Kremlin.
  • Octobre : Kennedy envisage un désengagement des conseillers militaires américains au Viêt Nam et un accroissement de l’aide pour l’entraînement des forces sud-vietnamiennes[19].
  • 7 octobre : Kennedy signe le Traité d’interdiction des essais nucléaires, élaboré à Moscou le 5 août 1963, le premier permettant d’envisager un désarmement.
Kennedy signe le traité d’interdiction des essais nucléaires, le 7 octobre 1963.
  • 21 novembre : Il prépare sa politique de « lutte contre la pauvreté » pour son programme d’action à mettre en œuvre en 1964[réf. nécessaire].
  • 22 novembre : Il entame la campagne pour sa réélection par un voyage au Texas. L'avion présidentiel Air Force One atterrit sur l'aéroport de Dallas Love Field, où Kennedy et son épouse sont accueillis chaleureusement. À 12 heures 30, alors que le cortège présidentiel se dirige vers Dealey Plaza, plusieurs coups de feu sont tirés, le gouverneur du Texas, John Connally, est touché, Kennedy est atteint en pleine tête. Il décède peu de temps après à l'hôpital Parkland. Son assassinat reste à ce jour, pour beaucoup, non résolu, alimentant les rumeurs et les hypothèses les plus folles. Le 27 septembre 1964, la commission d’enquête désignée par Lyndon Johnson, connue sous le nom de Commission Warren, conclut que Lee Oswald a agi seul dans l'assassinat du président et la blessure du gouverneur du Texas.
  • 25 novembre : le président est enterré au cimetière militaire d'Arlington.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Rencontre de Kennedy et Khrouchtchev à Vienne, en 1961.

Le mandat de Kennedy est marqué par la guerre froide entre l’Union soviétique et les États-Unis et les crises majeures destinées à contrer l’expansion communiste. Au début de sa présidence, il pense que le monde peut s'améliorer par des moyens pacifiques et il crée les régiments de la paix. Ce programme, qui existe toujours, permet à des volontaires américains d'aider les pays sous-développés dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture, de la santé et du bâtiment.

Kennedy développa des liens d'amitié étroits avec le Royaume-Uni et la RFA. Cependant, les relations avec le Canada seront faibles, John Diefenbaker ne supportant pas Kennedy et réciproquement. Le prochain premier ministre canadien Pearson s'entendra très bien avec lui et accepte l'installation de bases nucléaires américaines au Canada.

Les relations avec la France de Charles de Gaulle sont constantes mais tendues, mais les deux dirigeants ont un grand respect l'un pour l'autre et le peuple français a une certaine admiration pour les Kennedy ; ils sont notamment fiers que sa femme, Jacqueline Bouvier de son nom de jeune fille, ait des racines françaises[réf. nécessaire]. La volonté de Charles de Gaulle d’accroître la puissance militaire et économique de la France produit de vives tensions entre les deux hommes : d'après Ted Sorensen, dans un moment de colère Kennedy aurait traité De Gaulle de « salopard »[réf. nécessaire].

La Crise des missiles de Cuba montre que le risque d'une guerre nucléaire n’est pas négligeable et que les États-Unis et l'URSS sont « au bord du gouffre », d’où une attitude plus mesurée en Europe. Cette attitude est d'ailleurs déjà effective avant cette crise, comme le prouve le fait que les Américains restent passifs lorsque l’Allemagne de l’Est lancera la construction du mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961 et que les pays du bloc de l’Est rendront leurs frontières quasiment étanches. Après une tentative de retrait, Kennedy essayera malgré tout de contenir l'expansion soviétique en envoyant des conseillers militaires, puis des troupes, au Viêt Nam. En octobre 1963, Kennedy signa un mémorandum ordonnant le retrait de 1 000 soldats du Viêt Nam avant la fin de 1963 car il pensait la guerre bientôt gagnée[20]. Ce mémorandum sera annulé par Lyndon B. Johnson.

Kennedy signe un traité d'interdiction des essais nucléaires dans l'atmosphère pour lutter contre la prolifération des armements et contre les effets à long terme des retombées radioactives. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'URSS en seront les premiers signataires et Kennedy considérera que c'est une des actions majeures de son gouvernement.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Rencontre avec les leaders des droits civiques en 1963.

Kennedy milite contre la ségrégation raciale, en prenant pour modèle Abraham Lincoln. Il soutient Martin Luther King, et le rencontre lors de sa marche sur Washington en 1963.

L'un des problèmes les plus importants auquel Kennedy doit faire face est celui de mettre fin aux mesures discriminatoires contre les minorités ethniques qui restent légales dans certains États. Un arrêt de 1954 de la Cour suprême des États-Unis interdit la ségrégation dans les écoles publiques, mais est resté lettre morte dans de nombreux États du sud. Par ailleurs, des mesures discriminatoires restent toujours en vigueur dans d'autres lieux publics, tels que les transports urbains, les cinémas et les restaurants.

Il fait beaucoup pour la conquête de l'espace, en lançant le programme Apollo (We choose to go to the moon).

Sur le plan social, son programme Nouvelle Frontière vise à améliorer le sort des classes modestes et des droits civiques de ses concitoyens noirs. Sur ces objectifs, Kennedy se heurte souvent, ce qui est courant aux États-Unis, à un Congrès dont la majorité n'est pas celle de son courant politique. Ici, cependant, le Congrès est en majorité démocrate, mais cette dernière est dominée par les démocrates du sud, conservateurs sudistes hostiles à la disparition de la ségrégation.

Bilan et historiographie[modifier | modifier le code]

Si les presque trois ans de présidence Kennedy se sont accompagnés de plusieurs mesures notables (conquête de l'espace, début de la déségrégation, Peace Corps), les historiens sont partagés sur l'importance du mandat de Kennedy dans l'histoire américaine. Élu de justesse, il a accru l'engagement des États-Unis au Vietnam, a initié le débarquement de la Baie des Cochons, n'a pas empêché la construction du mur de Berlin, a approuvé la mise sur écoute par le FBI de Martin Luther King, soutenu des coups d'État et l'assassinat de dirigeants étrangers en Amérique latine, en Irak et au Vietnam, avait des liens avec la mafia et n'a pas mené à bien la baisse d'impôts qu'il avait initialement promise. De ce fait, s'il est souvent cité comme étant le plus populaire des présidents qu'a compté le pays, cela est plus le reflet de son charisme, de sa jeunesse, de sa bonne connaissance des médias et des conditions tragiques de son décès.

L'historiographie post-1963 a d'abord été marquée par des ouvrages hagiographiques écrits par ses anciens conseillers, Ted Sorensen et Pierre Salinger. Un regard plus critique survient dans les années 1980 avec The Kennedy Imprisonment de Garry Willis, où Kennedy est décrit comme un « improvisateur » se reposant sur son charisme et prenant de mauvaises décisions, et un obsédé sexuel se mettant lui-même en danger du fait des risques de chantage que cela implique. Depuis 1963, 40 000 ouvrages ont été écrits à son sujet[21].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assassinat de John F. Kennedy.
Pierre tombale de JFK, au cimetière d'Arlington.

Le , lors d'une visite pré-électorale de John F. Kennedy à Dallas, le cortège présidentiel traverse la ville à petite vitesse, salué par la foule amassée. Alors que la limousine décapotée du président passe sur Dealey Plaza, des coups de feu éclatent. Le président est d'abord blessé au cou, tandis que le gouverneur Connally, assis devant lui, est blessé à la poitrine, puis une balle atteint le président à la tête et ressort par la tempe droite. Aussitôt transporté au Parkland Hospital, le président est déclaré mort après une demi-heure de vains efforts de réanimation. Le monde est consterné en apprenant la nouvelle[22].

Selon les enquêtes officielles, Lee Harvey Oswald a assassiné le président, quoique la seconde enquête (celle du HSCA) ait estimé qu'il y avait eu conspiration.

La garde d'honneur se prépare à plier le drapeau au-dessus du cercueil de John F. Kennedy, au cimetière national d'Arlington, le .

Sa femme Jacqueline, lors du transport du cercueil à bord de l'avion Air Force One, lui organise des obsèques nationales (en) impressionnantes sur le modèle de celles d'Abraham Lincoln[23]. Le président Kennedy repose au cimetière national d'Arlington, près de Washington.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  •  : Marilyn Monroe chante Happy Birthday (en) pour célébrer le 45e anniversaire du président au Madison Square Garden, dix jours avant sa date exacte. Cette séquence enregistrée par la télévision fait partie des grands moments de la petite histoire et alimente les potins sur la liaison entre elle et Kennedy.
  • Lors du voyage officiel du président accompagné de son épouse à Paris, en juin 1961, le succès de Jackie est tel que le président s'est présenté de la façon suivante lors d'une réception : « Je suis l'homme qui accompagne Jacqueline Kennedy à Paris ».
  • Un mythe médiatique voit en Kennedy un second roi Arthur, les thèmes abordés dans la pièce Camelot jouée à Broadway en 1960 reflètent les idéaux de Kennedy pour l'Amérique. On prétend qu'il ne serait pas mort, mais tombé dans le coma et emmené en bateau par sa femme sur une île secrète où il aurait été soigné et dont il ne serait jamais parti, "son" Avalon.
  • Kennedy était un grand joueur d'échecs et admirateur de Mozart.
  • Quant à Barack Obama, il est parfois comparé à Kennedy en raison de son caractère de nouveauté et de jeunesse, de sa différence par rapport à la majorité de la population (Kennedy était catholique et Obama est le premier président noir de l'histoire des États-Unis) et surtout par rapport à son charisme et à sa « télégénie ».
  • John Kennedy est resté durant son mandat, un président très populaire. Pour preuve, pendant toute la durée de son mandat, il n'a jamais connu de sondages inférieurs à 50 % d'opinions favorables. Il est d'ailleurs le seul à ce jour[24].
  • Lors des obsèques officielles, le jeune fils de Kennedy, John, effectue un salut militaire devant le cercueil de son père. Officiellement, c'est John lui-même qui a pris l'initiative de ce salut.

Postérité[modifier | modifier le code]

Visage de Kennedy sur un timbre de 1964.

Lors de la mort de Kennedy, les trois grands réseaux de télévision américains ont suspendu leurs émissions pour rapporter toutes les nouvelles concernant le président du 22 au 25 novembre 1963, ce qui fait de la couverture télévisée de cet événement la plus longue de l'histoire télévisée américaine (70 heures) jusqu'à celle des attentats du 11 septembre 2001 (72 heures)[25]. Les reportages filmés sur ses obsèques nationales (en) consacreront la domination de la télévision française sur les autres médias et la fin des actualités filmées au cinéma[26].

À l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, des milliers d'articles et des centaines de livres sont sortis, ajoutant aux plus de 40 000 ouvrages déjà publiés à travers le monde sur la vie de Kennedy[27].

Hommages[modifier | modifier le code]

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Theodore Roosevelt entra en fonction plus jeune, mais sans avoir été élu président.
  2. Elle vit donc l'élection de son petit-fils à la Maison-Blanche et lui survécut. Cas unique dans l'histoire des États-Unis.
  3. (en) Laurence Leamer, The Kennedy Men : 1901-1963, HarperCollins,‎ 2011, p. 101
  4. Charles Vaugeois, « La double mort de J.-F. Kennedy », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 59, mars-avril 2012, p. 58-62
  5. Pierre Lunel, Kennedy - Secrets de femmes, Éditions du Rocher, 2010 (ISBN 978-2-268-06953-1).
  6. JFK, les liaisons dangereuses, Harvey Lilley, docu. TV, 2006.
  7. (en) Régine Torrent, First ladies : d'Eleanor Roosevelt à Hilary Clinton, Lannoo Uitgeverij,‎ 2007 (lire en ligne), p. 124
  8. a, b et c Roger-Gérard Schwartzenberg, La politique mensonge, Odile Jacob,‎ 1998 (lire en ligne), p. 380-381
  9. Les journalistes, par sympathie, ne mentionneront pas son état au public, de même que le port de corset ou de béquilles. Source : (en) Kenneth R. Crispell, Carlos Gomez, Hidden illness in the White House, Duke University Press,‎ 1989, p. 162.
  10. a et b Dimitri Casali, « Sexe, pouvoir et dépendance », sur Le Figaro,‎ 20 mai 2011
  11. (en) Robert Dallek, An Unfinished Life : John F. Kennedy, 1917–1963, Little, Brown and Co,‎ 2003 (ISBN 978-0-316-17238-7), p. 58
  12. Régine Torrent, First ladies: d'Eleanor Roosevelt à Hillary Clinton, Bruxelles : Racine, 2006. (ISBN 9782873864903), p. 121.
  13. (en)Harvard University Press par Edith May, du . Consulté le
  14. (en) Arlington Cemetery - Jacqueline Kennedy, consulté le . Site du cimetière de Jacqueline Kennedy. Revu le
  15. (en) Find a Grave - Daughter Consulté le . Du
  16. http://www.slate.fr/story/27999/kennedy-doit-il-vraiment-sa-victoire-de-1960-la-tele
  17. « John F. Kennedy fut-il un bon président ? », sur franceinter.fr,‎ 21 novembre 2013 (consulté le 21 novembre 2013)
  18. Mur de Berlin
  19. Memorandum de Sécurité Nationale no 263
  20. (en) « John F. Kennedy's Role in Vietnam » sur VietnamWar.com.
  21. Corine Lesnes, « Kennedy, mort pas enterré », in Le Monde, samedi 23 novembre 2013, page 7.
  22. JFK : il y a 50 ans, le mythe de Dallas, Fabien Aufrechter, Le Journal International, 22 novembre 2013.
  23. (en) Michael Meagher, Larry D. Gragg, John F. Kennedy. A Biography, ABC-CLIO,‎ 2011 (lire en ligne), p. 137
  24. http://french.peopledaily.com.cn/International/6841897.html
  25. (en) Bill Carter, « Viewers Again Return To Traditional Networks », sur The New York Times,‎ 15 septembre 2001
  26. Christian Bosseno, Télévision française, Éditions L'Harmattan,‎ 2010, p. 310
  27. Laure Mandeville, « John F. Kennedy, l'onde de choc d'un assassinat », sur Le Figaro,‎ 21 novembre 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Ayache, Une histoire américaine, Paris, Éditions Choiseul,‎ 2010, environ 230 p. (ISBN 978-2-916722-93-1)
  • John Fitzgerald Kennedy (trad. Jean Bloch-Michel)), Stratégie de la paix (The strategy of peace), Paris, Calmann-Lévy,‎ 1961, environ 220 p.
  • Frédéric Kiesel, Dallas, un crime sans assassin, Bruxelles, Pierre De Meyère,‎ 1966
  • André Kaspi, Kennedy. Les mille jours d'un président, Paris, Armand Colin, coll. « Biographies »,‎ 1er septembre 1993, 309 p. (ISBN 978-2200213855)
  • Jean-Baptiste Thoret, 26 secondes, l'Amérique éclaboussée. L'assassinat de JFK et le cinéma américain, Rouge Profond, 2003
  • Geoffrey Perret, Kennedy, une vie comme aucune autre, Paris, Éditions Encre de Nuit, coll. « Document »,‎ 13 novembre 2003, 415 p. (ISBN 978-2848600130)
  • André Kaspi, John F. Kennedy. Une famille, un président, un mythe, Bruxelles, Complexe, coll. « Destins »,‎ 24 janvier 2007, 369 p. (ISBN 978-2804801250)
  • François Forestier, Marilyn et JFK, Paris, Albin Michel, coll. « Essais Doc. »,‎ 15 mars 2008, 297 p. (ISBN 978-2226183989)
  • Thomas Snégaroff, Kennedy. Une vie en clair-obscur, Paris, Armand Colin,‎ 18 septembre 2013, 240 p. (ISBN 978-2200279837)
  • Brigitte Duranthon, JFK affaire classée, Paris, Connaissance et savoir,‎ 2008, 176 p. (ISBN 978-2753901483)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]