Jean Wahl

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Jean Wahl

Philosophe français

XXe siècle

Naissance 25 mai 1888
à Marseille (France)
Décès 19 juin 1974 (à 86 ans)
à Paris (France)

Jean André Wahl, né le 25 mai 1888 à Marseille et mort le 19 juin 1974 à Paris, est un philosophe français. Il fut professeur à la Sorbonne de 1936 à 1967, sauf durant la Seconde Guerre mondiale. Il se réfugia aux États-Unis de 1941 à 1945 (où il enseigna), ayant été interné en tant que juif au camp de concentration de Drancy, d'où il s'échappa.

Vie et travaux[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École normale supérieure (promotion 1907), reçu au concours d'agrégation de philosophie en 1910, pensionnaire de la Fondation Thiers[1] avant la guerre de 1914. Il commença sa carrière en tant que disciple de Henri Bergson. Pionnier dans le domaine des études américaines, il publie en 1920 sa thèse sur les philosophies pluralistes d'Angleterre et d'Amérique, dans laquelle il analyse en détail le pluralisme de William James, dans une réflexion qui se prolongera, par une réflexion sur l'idée d'unité cette fois, dans son étude du Parménide de Platon. Il introduisit une nouvelle lecture de la pensée hégélienne en France, à partir du motif de la "conscience malheureuse", dans les années 1930, avant même les célèbres conférences d'Alexandre Kojève. Il fut aussi un grand défenseur de la pensée de Kierkegaard. Ces engagements, qui s'expriment dans ses deux livres Le Malheur de la conscience dans la philosophie de Hegel (1929) et les Études kierkegaardiennes (1938) furent très controversés, dans le climat de la pensée dominante de l'époque. Il influença un certain nombre d'importants penseurs, tel Emmanuel Levinas, Jean-Paul Sartre et Gilles Deleuze[2] ; il fut l'ami notamment de Vladimir Jankélévitch. Il est traditionnellement reconnu comme étant un philosophe de la pensée non systématique, et favorisant l'innovation et le concret. Il a également une œuvre poétique (il a publié dans la revue Fontaine de Max-Pol Fouchet pendant la guerre) et a publié des articles sur Pierre Jean Jouve dont il était l'ami.

Lors de son exil aux États-Unis, pendant la seconde Guerre, Wahl fonda l'École libre des hautes études à New York, avec l'aide de Gustave Cohen et de la Fondation Rockefeller. Plus tard, à l'université de Mount Holyoke où il avait un poste, il mit en place les Décades de Mount Holyoke, connues aussi sous le nom de Pontigny-en-Amérique, des rencontres sur le modèle de celles organisées par Paul Desjardins entre 1910 et 1939 sur le site de l'abbaye cistercienne de Pontigny en Bourgogne. Ces fructueuses rencontres regroupèrent nombre d'intellectuels français en exil et des Américains tels que Marianne Moore, Wallace Stevens et Roger Sessions. Wahl traduisit d'ailleurs nombre de poèmes de Stevens en français.

En janvier 1947 il fonde le Collège philosophique et dirige la Revue de métaphysique et de morale à partir de 1950. Il publie ainsi en 1956 Vers la fin de l'ontologie, issu d'un séminaire annuel commentant le cours de 1935 de Heidegger, Introduction à la métaphysique. Il sera président de la société française de philosophie à la mort de Gaston Berger.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Philosophies pluralistes d'Angleterre et d'Amérique, 1920 ;
    • rééd. préface de Thibaud Trochu, Les Empêcheurs de penser en rond, 2005.
  • Du rôle de l'idée d'instant dans la philosophie de Descartes, 1920 ;
  • Le Malheur de la conscience dans la philosophie de Hegel, 1929.
  • Étude sur le Parménide de Platon, Paris, Rieder, 1930.
  • Vers le concret, Vrin, 1932 ;
    • rééd. avec un avant propos de Mathias Girel, Paris, Vrin, 2004.
  • Études kierkegaardiennes, 1938 ;
    • rééd. Hachette, 1998
  • Les Problèmes platoniciens : la La République, Euthydème, Cratyle, Paris, CDU, 3 fasc., 1938-1939.
  • Existence humaine et transcendance, Neufchâtel, La Baconnière, 1944.
  • Tableau de la philosophie française, Gallimard, 1946.
  • Introduction à la pensée de Heidegger, cours en Sorbonne, 1946 ;
    • rééd. Le Livre de Poche, 1998.
  • Petite histoire de l'existentialisme, Paris, L'Arche, 1947.
  • Poésie, pensée, perception, Paris, Calman-Levy, 1948.
  • Jules Lequier, La Baconnière, 1948.
  • La Pensée de l'existence, 1952.
  • Traité de Métaphysique, 1953.
  • La structure du monde réel d'après N. Hartmann, Paris: Centre de documentation universitaire, 1953. (Cours de la Sorbonne enseigné en 1952).
  • La théorie des catégories fondamentales dans Nicolai Hartmann, Paris: Centre de documentation universitaire, 1954. (Cours de la Sorbonne enseigné en 1953).
  • La Philosophie de l'existence, 1954.
  • Les aspects qualitatifs du réel. I. Introduction, la philosophie de l'existence; II. Début d'une étude sur Husserl; III. La philosophie de la nature de N. Hartmann, Paris: Centre de documentation universitaire 1955. (Cours de la Sorbonne enseigné en 1954).
  • Vers la fin de l'ontologie, 1956.
  • L'Expérience métaphysique, 1964.
  • Cours sur l’athéisme éclairé de Dom Deschamps, 1967.
  • Esquisse pour une histoire de « l'existentialisme », L'arche, 2002.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. promotion 1911
  2. Qui écrit de lui, dans une note de Différence et Répétition, que "toute l'œuvre de Jean Wahl est une profonde méditation sur la différence ; sur les possibilités d'en exprimer la nature poétique, libre et sauvage ; sur l'irréductibilité de la différence au simple négatif ; sur les rapports non hégéliens de l'affirmation et de la négation" — ce qui représente une partie du projet même de Gilles Deleuze. Différence et Répétition (1968), Paris, PUF, p. 81

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]