Jean Taittinger

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Jean Taittinger
Jean Taittinger, Garde des Sceaux.
Jean Taittinger, Garde des Sceaux.
Fonctions
Maire de Reims
19591977
Prédécesseur Pierre Schneiter
Successeur Claude Lamblin
Garde des sceaux, ministre de la Justice
(Ministre d'État le 1er mars 1974)
8e ministre de la justice de la Ve République
Président Georges Pompidou
Gouvernement Pierre Messmer II et III
Prédécesseur René Pleven
Successeur Jean Lecanuet
Député de la Marne
Législature Ire, IIe, IIIe et IVe
Groupe politique UNR (1958-1962)
UNR-UDT (1962-1967)
UDVe (1967-1968)
UDR (1968-1973)
Prédécesseur Ire législature
Biographie
Date de naissance 25 janvier 1923
Lieu de naissance Paris (Seine)
Date de décès 23 septembre 2012
Conjoint Corinne Deville

Jean Marie Pierre Hubert Taittinger, fils de Pierre Taittinger, né le à Paris et mort le à Épalinges[1], est un homme politique et entrepreneur français. Député de la Marne, il est ministre de la Justice entre 1973 et 1974 et occupe des fonctions exécutive au sein du groupe familial Taittinger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

En 1945, il combat dans les troupes du général Edgard de Larminat et participe aux affrontements sanglants de la poche de Royan et de la pointe de Grave. Une fois démobilisé, Jean Taittinger rejoint son frère François, directeur général du Champagne Taittinger et commence sa carrière à ses côtés avec la responsabilité de développer le vignoble maison.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Jean Taittinger avec le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer.

En 1953, il commence sa carrière politique et est élu maire de Gueux, commune qui fait connaître son dynamisme et sa passion de bâtir et d'organiser.

Député et ministre[modifier | modifier le code]

En 1958, Jean Taittinger est élu député (UNR, UD-Ve République, Union pour la défense de la République et Union des démocrates pour la République) de la Marne de 1958 à 1973. Il est président de la Commission des Finances, de l'Économie générale et du Plan de l'Assemblée nationale du 16 juillet 1968 au 26 janvier 1971. Nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances du 7 janvier 1971 au 5 juillet 1972 dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, il conserve cette fonction avec le portefeuille du Budget dans le premier de Pierre Messmer du 5 juillet 1972 au 28 mars 1973. À cet égard, il prépare et signe les derniers budgets en équilibre de la France. Il est nommé ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice du 2 avril 1973 au 27 mai 1974 dans le second gouvernement Messmer.

Maire de Reims[modifier | modifier le code]

De 1959 à 1977, Jean Taittinger est maire de Reims et sous son impulsion pendant 18 ans, la ville connait un fort développement, notamment après l’obtention et la création de l'autoroute A4, et de ce fait de l'autoroute A26 passant par Reims. Autour de cette réalisation, conception et mise en œuvre de toute l'irrigation des nouveaux quartiers avec les pénétrantes que sont la voie du Rouillat, l'avenue Paul Marchandeau, l'avenue du Général de Gaulle, etc. On relève aussi la rénovation et développement de l'ensemble des universités de Reims (facultés de droit, lettres, sciences, médecine, etc.) ainsi que de l'École supérieure de commerce de Reims, de quartiers nouveaux (Châtillons, Croix-Rouge, Wilson, Saint-Remi, Orgeval, Val de Murigny, Europe) totalisant plus de 40 000 logements. Sous son mandat sont aussi construit le centre hospitalier universitaire Robert Debré, la maison de la Culture André Malraux, la compagnie Robert Hossein, la Cour d'appel de Reims, la maison des Sports René Thys, la Maison des Syndicats, quinze crèches, cinq hospices pour personnes âgées, de nombreux équipements sportifs dont la piscine olympique et la patinoire, les Thiolettes et le stade d'athlétisme Orgeval, de plusieurs grands parcs urbains dont les parcs Léo-Lagrange et Saint-John Perse, la création du parc régional de la Montagne de Reims. Il met aussi en valeur et développe des grands musées de la ville : Saint-Denis, Saint-Remi, le palais du Tau et l’acquisition du fort de la Pompelle devenu un musée de la Première Guerre mondiale. Il fait aussi acquérir l'ancien collège des Jésuites de Reims, place Museux, construire le rectorat, implanter une base de Mirages F1 et construire l'aérodrome de Reims - Prunay, du Centre de navigation aérienne ainsi que de très nombreuses entreprises et sièges sociaux (Kréma General Foods, Boehringer, Reims Aviation, etc.). Au cours de ces périodes, il initie les jumelages de Reims avec Brazzaville, Aix-la-Chapelle, Cantorbéry et Salzbourg.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

En 1977, lorsqu'expire son troisième mandat de maire de Reims, il quitte la vie politique sans avoir été battu et rejoint le groupe familial en devenant PDG de la Société du Louvre - Groupe du Louvre, qui connait sous son autorité un très fort développement. On peut citer notamment la restauration complète de l'hôtel de Crillon, de l'hôtel Lutetia, de l'hôtel du Louvre, l'acquisition de l'hôtel Martinez à Cannes, de l'hôtel Ambassador à Paris, l'acquisition des Sociétés Deville et ELM-Leblanc, de la Cristallerie de Baccarat, la création de la Banque du Louvre, le développement intensif du Groupe Envergure (chaînes Campanile, Première Classe, Kyriad), celui des parfums Annick Goutal, l'acquisition du restaurant le Grand Véfour, le co-investissement dans le parc hôtelier de Disneyland Paris exploité par Euro Disney SCA dont il a assuré la présidence du conseil de surveillance entre 1989 et 1994. Jean Taittinger quitte le monde des affaires en 2000 et se retire en Suisse. Il soutient avec son épouse et ses enfants la reprise du Champagne Taittinger par son fils Pierre-Emmanuel aux côtés de la Caisse régionale du Crédit agricole du Nord-Est.

Il meurt le à l'âge de 89 ans, à Épalinges, dans le canton de Vaud, en Suisse, où il s'était retiré en 1997.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il épouse, en 1948, Corinne Deville, artiste-peintre, fille de Jean Deville, propriétaire des fonderies Deville (fabrication d'appareils de chauffage) et d'Élisabeth Labbé de La Mauvinière. De ce mariage sont issus cinq enfants, dont Anne-Claire, administratrice de Carrefour, du Club Méditerranée et de Thales, ancienne présidente du directoire du groupe Taittinger et de la Cristallerie de Baccarat, Frantz Taittinger, ancien président du groupe Envergure Campanile et de l'hôtel Martinez, ancien député des Hauts-de-Seine et maire (RPR) d'Asnières-sur-Seine, Pierre-Emmanuel Taittinger, actuel président du Champagne Taittinger, Victoire Taittinger-Gardner, de nationalité américaine, et Wladimir.

Il est également le frère de Guy Taittinger (1918-1978), ancien associé-gérant et ancien président de Worms & Cie, et le demi-frère de Pierre-Christian Taittinger (1926-2009), ancien sénateur (RI) de Paris, ancien maire (UMP) du 16e arrondissement de Paris et de Claude Taittinger, ancien président-directeur général du Champagne Taittinger.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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