Marcel Bluwal

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Marcel Bluwal

Naissance 25 mai 1925 (89 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession réalisateur, metteur en scène
Films notables Dom Juan ou le Festin de pierre (téléfilm, 1965)

Marcel Bluwal est un réalisateur et metteur en scène de théâtre français né le 25 mai 1925 à Paris[1]. Il a enseigné au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris de 1975 à 1980 et fait une grande partie de sa carrière à la télévision.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né de parents juifs polonais, son père appartient au Bund (marxiste et sioniste)[2], Marcel Bluwal devient l'un des réalisateurs engagés de la télévision française. Dans son autobiographie Un Aller, il évoque son enfance et sa rencontre précoce avec le septième art. Il voue déjà une véritable passion pour la mise en scène des images animées. Les plus grands réalisateurs tels que Carl Theodor Dreyer (Vampyr - 1932) ou encore Jacques Feyder (La Loi du Nord 1942) en sont les principaux inspirateurs.

À l'époque des grands bouleversements politiques, le jeune Marcel Bluwal découvre l'espoir du Front populaire, puis la montée brutale et soudaine de l'antisémitisme. Son adolescence est bouleversée par la seconde guerre mondiale en 1939 et l'occupation allemande. À la suite de la rafle du Vel D’Hiv en 1942, son professeur de piano cache le jeune Marcel et sa mère pendant près de vingt-sept mois dans une pièce close et étroite.

Après la Libération de Paris, Bluwal est admis à l'École technique de la photo et du cinéma de la rue de Vaugirard. Quelques années plus tard, il fait son entrée à la télévision qu’il n’abandonnera pas, sauf pour quelques tentatives cinématographiques peu fructueuses (Le Monte-Charge 1962, Carambolages 1963). Pour le petit écran, il débute avec la réalisation d’émissions enfantines jusqu’en 1953, année où il met en scène ses premières dramatiques en direct (Le Pèlerin…).

En 1960, il réalise le film télévisé La Surprise, qui remporte la palme d’Or du film de télévision au festival de Cannes. À cette époque, il signe avec Marcel Moussy un nouveau concept d’émission à caractère social, qui s'occupe de préoccupations concrètes : Et si c’était vous… Dans Le Figaro littéraire, Claude Mauriac déclare à propos de l’émission : « la vérité dans la simplicité » et André Bazin d’affirmer dans Radio, Ciné, Télévision : « L’un des trois ou quatre événements de la télévision française, depuis ses origines ».

Bluwal décide finalement d'affirmer son goût pour le baroque dans des films spécialement réalisés pour la télévision : Le Mariage de Figaro de Beaumarchais (1961), Le Scieur de long, d’après sa propre pièce de théâtre (1963), Woyzeck de Georg Büchner (1963), Dom Juan ou le festin de pierre d’après Molière, considéré comme son chef-d’œuvre[réf. souhaitée] (1965), Le Jeu de l'Amour et du Hasard (1967) et La Double Inconstance (1968), inspirés de Marivaux, Beaumarchais ou Les 60 000 fusils (1966), inspiré de la vie du célèbre auteur… Bluwal adapte aussi par la suite deux autres grands auteurs classiques : Dostoïevski en 1969 (Les Frères Karamazov) et Victor Hugo en 1972 (Les Misérables).

En 1962, il lance le concept du feuilleton avec la série des Inspecteur Leclerc, mais décroche le succès en 1967 grâce à la célèbre série fantaisiste Les Nouvelles Aventures de Vidocq. Deux suites sont d’ailleurs créées en 1970 et en 1972. En 1974, il présente son livre, Un aller, dans l'émission Italiques[3]. De 1973 à 1986, il réalise des drames au sein d’univers bourgeois tels que Antoine Bloyé (1973), Thérèse Humbert (1985) ou encore Music Hall (1985). Avec le film d’anticipation 1996, réalisé en 1987, Bluwal s’est parfaitement adapté au style de la télévision contemporaine. Ce polar orwellien tire un portrait au couteau de l'univers télévisuel.

Ce maître de la fiction sut aussi exercer son talent dans d’autres domaines : celui de la variété, avec des émissions comme La Boîte à sel (de 1956 à 1958), L’École des vedettes et Discorama (de 1959 à 1963), Tête Bêche (1966) ; pour des séries télévisées à caractère social comme Celles qui parlent, Vieillir au Soleil ; à l’opéra et au théâtre, pour la mise en scène : Don Juan revient de la guerre (1975), Les Femmes savantes de Molière, Don Quichotte de la Manche d'après Cervantès (1979), Don Giovanni, Cosi fan tutte, La Clémence de Titus de Mozart (1986)...

En 2008, après 13 ans d'absence à la télévision, Marcel Bluwal dirige la mini-série À droite toute consacrée à la montée de l’extrême droite en France durant les années 1935-1937 à travers la formation de La Cagoule, organisation clandestine d'extrême-droite qui fomentait le renversement de la République. La série de 200 minutes, diffusée sur France 3 en février 2009, a reçu le FIPA d’argent 2008 de la meilleure série, les FIPA d’or pour l’interprétation masculine à Bernard-Pierre Donnadieu et pour la meilleure musique à Antoine Duhamel ainsi que le prix du meilleur scénario à Marcel Bluwal et Jean-Claude Grumberg[4].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Dans les années 50, il fait partie des compagnons de route du Parti communiste français, parti auquel il adhère officiellement après 1968. Il quitte le parti en 1981[2]. Pendant toute cette période, le soutien du parti lui est acquis. Ainsi au début des années Soixante-dix, alors que son documentaire sur Rosa Luxembourg est interdit, Roland Leroy, membre du Bureau Politique du PC, responsable de la culture et député, intervient à l'Assemblée nationale pour protester contre cette interdiction[2].

Il participe toutes ces années en tant que représentants du syndicat à la commission de classement des réalisateurs qui détermine leur salaire[2].

Ces préoccupations politiques se retrouvent dans ses films. Il précise ainsi dans un entretien de 1972 : « Je traitais tous les conflits en espérant que pour le public, il en sortirait une exaltation révolutionnaire. » Au sujet des Misérables, réalisé en 1971, il dit encore avoir voulu « exalter le drame social, le soulèvement du peuple »[2].

Points de vue critiques[modifier | modifier le code]

Marcel Bluwal est l’un des plus anciens réalisateurs de la télévision française. Sa filmographie regorge d'adaptations de pièces et de romans lyriques du répertoire. Bluwal en profite pour remettre en cause l'interprétation courante et figée des grands auteurs classiques. Il transforme finalement ses sujets en films très personnels. Dans une dédicace adressée à Jean d'Arcy, il écrit : « nous avions envie de faire de la télévision et de faire la télévision ».

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à Danièle Lebrun, ils ont une fille, Emmanuelle Bluwal.

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

A la télévision[modifier | modifier le code]

  1. 1962 : Des Huîtres pour l’inspecteur
  2. 1962 : Face à Face(série télévisée)|Face à Face
  3. 1962 : La Trahison de Leclerc
  4. 1962 : L’Affaire Larive
  5. 1962 : Le Prix du silence
  6. 1962 : Les Blousons gris
  7. 1962 : Les Beaux Enfants
  8. 1962 : L’Inspecteur enquête
  9. 1962 : Signé Santini
  10. 1962 : Vengeance
  11. 1963 : L’Homme couleur de muraille
  12. 1963 : Ultra confidentiel ou (l'enveloppe au cachet de cire)
  1. 1967 : Le mort vivant
  2. 1967 : L’éternel évadé
  3. 1967 : L’armée roulante
  4. 1967 : La Baraque aux trente-six étoiles
  5. 1967 : Les Olympiens
  6. 1967 : L’Auberge de la mère tranquille (aussi acteur)
  7. 1967 : Le Mariage de Vidocq
  8. 1967 : Le Système du docteur Terrier
  1. 1971 : La Caisse de fer
  2. 1971 : Les trois crimes de Vidocq
  3. 1971 : Les Chevaliers de la nuit
  4. 1971 : Les Chauffeurs du Nord
  5. 1971 : Échec à Vidocq
  6. 1971 : Les Banquiers du crime
  7. 1973 : La Bande à Vidocq
  8. 1973 : Les Assassins de l’Empereur
  9. 1973 : Les Bijoux du Roi
  10. 1973 : Vidocq et l’Archange
  11. 1973 : Les Deux colonels
  12. 1973 : L’Épingle noire
  13. 1973 : Vidocq et compagnie…

Acteur[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

A la télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les gens du cinéma pour extrait de naissance.
  2. a, b, c, d et e Les réalisateurs communistes à la télévision. L'engagement politique : ressource ou stigmate ?, Isabelle Coutant, Sociétés & Représentations, 2001/1 (n° 11), Publications de la Sorbonne
  3. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 6 septembre 1974
  4. [1]
  5. Arden de Farversham sur ina.fr
  6. Les Joueurs en VOD et DVD sur ina.fr
  7. On purge bébé sur ina.fr
  8. Le mariage de Figaro (ou la folle journée) en VOD et DVD sur ina.fr
  9. Les Indes noires - Le théâtre de la jeunesse sur ina.fr
  10. Dom Juan ou le festin de pierre sur ina.fr
  11. La double inconstance sur ina.fr
  12. Les Frères Karamazov sur ina.fr
  13. Les Misérables sur ina.fr

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]