Albert Lautman

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Albert Lautman (Paris, 8 février 1908 - Martignas-sur-Jalle, 1er août 1944) est un philosophe des mathématiques français. Soldat et résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut fusillé par les Allemands.

Proche des fondateurs du groupe Bourbaki, Albert Lautman défendait le platonisme mathématique :

« La réalité inhérente aux théories mathématiques leur vient de ce qu'elles participent à une réalité idéale qui est dominatrice par rapport à la mathématique, mais qui n'est connaissable qu'à travers elle »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Fils du docteur Samy Lautman (engagé volontaire dans la Légion étrangère dès septembre 1914, grand mutilé de guerre) et de Claire Lajeunesse, il est né le 8 février 1908 à Paris IXe. Après des études au lycée Condorcet, où il entre en Khâgne, il réussit le concours de l’École normale supérieure en 1926.

À l'École normale supérieure, bien qu'influencé par le pacifisme des socialistes, il suit avec succès la préparation militaire pour officiers.

Agrégé de philosophie, il passe son doctorat à Paris.

Il épouse Suzanne Perreau-Detrie en septembre 1931, juste après son service militaire. Le couple part pour deux ans au Japon où Albert enseigne la littérature et la philosophie française à l'Institut des Langues occidentales d'Ōsaka.

Face à la montée du nazisme, début 1938, il s'inscrit volontairement à un cycle assez lourd de perfectionnement pour officiers de réserve avec période au camp de Suippes.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la mobilisation, alors qu'il n'est que lieutenant, il se voit confier le commandement d'une batterie. Lorsque la Seconde Guerre mondiale se déclare, il est capitaine de la 1021e Batterie 404 R.A.D.C.A.. Avec une batterie de DCA, il abat sept avions allemands, notamment lors de la débâcle fin mai 1940. Il est fait prisonnier sur la frontière belge et est envoyé au camp Oflag IV B en Silésie, d'où il s’évade le 14 octobre 1941 avec d’autres officiers pour arriver en zone libre le 28 octobre 1941.

Dès son retour, il veut entrer dans l’Armée secrète. Pendant quelque temps, il s'occupe de l'évasion vers l'Espagne des aviateurs américains, anglais et canadiens qui transitent par Toulouse. Il est chef du 3e bureau du Secteur I (Grenade).

Peut-être dénoncé par le patron d'un restaurant toulousain et victime d'une souricière tendue par la Gestapo, il est arrêté le 15 mai 1944 alors qu’il cherche à prendre des nouvelles de son frère, Jules Lautman, également résistant et ayant été interné à la prison Saint-Michel à Toulouse.

Il est déporté dans le convoi du train fantôme[2]. Il est fusillé avec 49 autres de ses camarades le 1er août 1944 au camp de Souge à Martignas-sur-Jalle, près de Bordeaux.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

La rue Albert Lautmann [sic] à Toulouse

Décorations[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Son nom est inscrit sur le monument aux morts, quartier Croix Daurade à Toulouse
  • Son nom figure au Panthéon de Paris sur la liste des écrivains morts pour la France pendant la guerre de 1939-1945

Rue[modifier | modifier le code]

  • La première rue de Toulouse débaptisée après la guerre pour recevoir un nom de résistant lui a été dédiée.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Thèses de doctorat :
    • Essai sur les notions de structure et d'existence en mathématiques (1938)
    • Essai sur l'unité des sciences mathématiques
  • Symétrie et dissymétrie en mathématiques et en physique
  • Les Mathématiques, les idées et le réel physique

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Communication au IXe Congrès international de philosophie, Paris, 1937, VI, p. 143. Actualités, n° 535, 1937.
  2. Son cas est évoqué par Francesco F. Nitti dans son livre 8 chevaux 70 hommes, Éditions Chantal, avril 1945