Thomas Elek

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Thomas Elek (7 décembre 1924 - 21 février 1944) fut l'un des résistants fusillés au fort du Mont Valérien comme membre du groupe Manouchian, appartenant aux FTP-MOI. Son nom est l'un des dix qui figurent sur l'« Affiche rouge » placardée par les Allemands peu avant leur exécution. Sa photographie y est accompagnée de la mention : « ELEK JUIF HONGROIS 8 DÉRAILLEMENTS ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Thomas Elek naît à Budapest en Hongrie le 7 décembre 1924, dans une famille d'intellectuels communistes. Les Elek (sa mère Hélène alors enceinte de son frère Bela, son père Sandor (ou Alexandre) et sa sœur Marthe) émigrent en France en 1930. Ils s'installent à Fontenay-sous-Bois. Thomas y est scolarisé à l'école Jules Ferry. En 1933, ils partent à Paris, où sa mère, après divers petits métiers, devient restauratrice en 1934, prenant en gérance Le Fer à cheval, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, qui sera un lieu de rendez-vous du groupe Manouchian[réf. nécessaire].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Thomas quitte sa classe de seconde au lycée Louis-le-Grand en juin 1941 pour s'engager à 16 ans dans l'action clandestine. Il rejoint un groupe d'étudiants de la Sorbonne liés au Groupe du musée de l'Homme, confectionne et distribue des tracts, colle des « papillons » sur les murs.
En août 1942, sympathisant des Jeunesses communistes, il s'engage chez les Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI), et commence la lutte armée.
Le 9 novembre 1942, sa première action d'éclat est un attentat qu'il commet, seul, avec un livre piégé, dans la librairie allemande Rive Gauche, boulevard Saint-Michel.
Le 29 mars 1943, en compagnie d'un jeune Tchèque de son âge, Pavel Simo, il attaque à la grenade un restaurant réservé aux officiers allemands à Asnières-sur-Seine. Pavel Simo est arrêté. Il sera fusillé le 22 mai au stand de tir de Balard.

Le 1er juin 1943, attaquant à l'improviste, il jette deux grenades dans un groupe de 70 Allemands devant le métro Jaurès. Son attitude courageuse lui vaut de monter en grade et il est nommé chef de groupe au sein du 4e Détachement des FTP-MOI de la région parisienne, détachement dit « des dérailleurs » commandé par Joseph Boczov.

Il participe à plusieurs déraillements, notamment la nuit du 28 juillet 1943, sur la ligne Paris-Château-Thierry. Ce déraillement aurait causé la mort de plusieurs centaines de soldats allemands.

Arrêté et torturé par la police française (les Brigades spéciales des Renseignements généraux) comme ses camarades de combat en novembre 1943, il est livré aux Allemands et incarcéré à la prison de Fresnes. Tous les membres du groupe sont condamnés à mort le 18 février 1944 à l'issue d'un simulacre de procès, et (à l'exception d'Olga Bancic, décapitée le 10 mai dans une prison de Stuttgart) fusillés trois jours plus tard au fort du Mont Valérien.

Au 19, rue au Maire, dans le 3e arrondissement de Paris, est apposée une plaque sur l'immeuble où Manouchian réunissait les jeunes résistants de la FTP-MOI.

Plaque commémorative de la maison du 19, rue au Maire, Paris 3e

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • FFI - FTPF, Pages de gloire des vingt-trois, Immigration, 1951.
  • La Mémoire d'Hélène (autobiographie d'Hélène Elek), éd François Maspéro, 1977
  • Les Jeunes et la Résistance, dir. Laurence Thibault, AERI/La Documentation Française, 2007
  • L'Affiche rouge, Adam Rayski, Mairie de Paris, 2003
  • La Résistance en Ile-de-France, DVD-Rom, AERI, 2004
  • Le Sang de l'étranger - Les immigrés de la M.O.I. dans la Résistance, S. Courtois, D. Peschanski, A. Rayski, Fayard, 1989
  • Missak - Didier Daeninck, 2010

Littérature[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]