Ludovic Trarieux

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Ludovic Trarieux
Monument Ludovic Trarieux, Place Denfert-Rochereau à Paris, commémorant la fondation de la Ligue des droits de l'homme et créé par Jean Boucher

Jacques Ludovic Trarieux[1] dit Ludovic Trarieux, né à Aubeterre-sur-Dronne le 30 novembre 1840, mort à Paris le 13 mars 1904, avocat et homme politique français, a été le fondateur et premier président de la Ligue française des Droits de l'Homme de 1898 à 1903 et instigateur de la révision du procès Dreyfus.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un républicain libéral[modifier | modifier le code]

Trarieux est né en Charente, dans une famille aisée. Il fait des études de droit qui le mèneront au métier d'avocat. Il est élu de la Gironde à la Chambre des députés de 1879 à 1881 puis au Sénat de 1888 à sa mort. C'est un républicain très libéral, hostile notamment à la création des écoles publiques et très critique contre la loi Waldeck-Rousseau de 1884 sur les syndicats. Il est rapporteur devant le Sénat des « lois scélérates » de 1894, limitant la liberté de la presse.

Il devient Garde des Sceaux dans le cabinet d'Alexandre Ribot durant la majeure partie de l'année 1895, s'opposant notamment à Jean Jaurès pendant la grève des verriers de Carmaux.

C'est donc un homme de droite qui fonde la LDH, celle-ci se préoccupant exclusivement alors du droit de la personne, dans la ligne de la bourgeoisie libérale de l'époque qui était hostile aux abus de droits sociaux. Trarieux est également franc-maçon[2].

L'Affaire Dreyfus et la création de la LDH[modifier | modifier le code]

Artisan actif de la révision du procès Dreyfus, Ludovic Trarieux doute dès 1895 de la culpabilité du capitaine Alfred Dreyfus, dont le cas déchire la IIIe République. Il doute notamment de la régularité du procès au Conseil de guerre, qui s'est déroulé en décembre 1894. Ses doutes sont réalimentés par Scheurer-Kestner ; le 7 décembre 1897, il est le seul à le soutenir quand il interpelle Jules Méline. Les 9 et 10 février 1898, il dépose longuement et fermement en faveur d’Émile Zola, poursuivi en diffamation, à la suite de la publication de « J'accuse» le 13 janvier de la même année.

Créée la même année, la LDH dont il devient le premier président regroupe des hommes politiques et de nombreux intellectuels républicains, parmi lesquels Victor Basch ou Lucien Herr, tous favorables à la révision du procès du capitaine Alfred Dreyfus dont il fut l'avocat.

Gravement malade, il quitte la présidence de la LDH en 1903 et meurt l'année suivante.

Ludovic Trarieux est le père du romancier et dramaturge Gabriel Trarieux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Ludovic Trarieux sur le site officiel du Sénat
  2. Jean-François Sirinelli, Vie politique française du XXe siècle, Presses universitaires de France,‎ 1995, 1067 p. (ISBN 9782130467847), p.399

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]