Jacques Médecin

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Jacques Médecin
Fonctions
Parlementaire français
Maire de Nice 1966-1990, député 1967-1988
1967 –
Gouvernement Ve République
Groupe politique PDM (1967-1973)
RDS (1973-1978
UDF (1978-1981)
RPR (1981-1988)
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 70 ans)
Résidence Alpes-Maritimes

Jacques Médecin, né le à Nice (Alpes-Maritimes) et mort le à Punta del Este (Uruguay), est un homme politique niçois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques Médecin est issu d'une famille d'hommes politiques niçois : son père, Jean Médecin fut maire de Nice pendant 37 ans et marqua profondément la vie politique des Alpes-Maritimes, et son grand-père, Alexandre Médecin, fut conseiller général.

À la mort de son père, en 1965, il remporte la mairie de Nice à l'unanimité des membres du conseil municipal. Il a alors à peine 37 ans et y sera réélu cinq fois. Guidé par une vision ambitieuse pour la ville de Nice, dont il se fait le champion, il accomplit en tant que maire beaucoup de projets, menant à bien les grands travaux d'infrastructure et d'équipement qui contribueront à la modernité de la ville pour les décennies à venir. Parmi ses réalisations les plus importantes, on peut citer les centres d'affaires L'Arenas et Nice-la-Plaine, le musée d'art moderne et d'art contemporain, la voie rapide (aujourd'hui voie Pierre-Mathis), des parcs de stationnement souterrains, le boulevard Napoléon-III, la station d'épuration de Ferber, le centre commercial Nicetoile, le palais des congrès Acropolis, ou encore l'agrandissement de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur.

Forte personnalité, indépendant, impulsif, anticommuniste convaincu et farouche, il fut membre du CNI, des Républicains indépendants, puis revint au CNI, tout en s'apparentant au RPR, ce qui ne l'empêcha pas de flirter avec le FN, dont il avait déclaré dans National-Hebdo partager « 99,9 % des idées »[1],[2]. Dans les derniers mois de sa carrière politique, il cessa d'être apparenté RPR, suite à ses propos très contestés sur les Juifs de son conseil municipal[3].

Lors du débat sur le projet de loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse, défendu par Simone Veil en 1974, il se prononce contre l'avortement[4], déclarant notamment que « l'avortement, c'est un meurtre », et que l'autorisation de cet acte pourrait déboucher sur l'autorisation de l'homicide volontaire. La même année, il projette de jumeler Nice avec Le Cap, en Afrique du Sud, alors sous le régime de l'apartheid. En 1981, il vote contre l'abolition de la peine de mort, et demande par la suite son rétablissement, notamment lors d'une manifestation, en 1988[5].

Outre son poste de maire de Nice, il fut député des Alpes-Maritimes de 1967 à 1988, secrétaire d'État au Tourisme dans le gouvernement de Raymond Barre de 1976 à 1978 et président du conseil général des Alpes-Maritimes de 1973 à 1990.

À la fin des années 1980, de nombreux soupçons pèsent sur sa gestion et l'étau judiciaire se resserre autour de lui. En , il est inculpé pour « délit d'ingérence », et vont suivre d'autres chefs d'inculpation. En , il démissionne de tous ses mandats et s'enfuit à Punta del Este en Uruguay. Charles Pasqua, une partie de la population niçoise et le journal Nice-Matin le soutiennent, ce dernier écrivant que Jacques Médecin a démissionné « par lassitude dans un combat inégal contre la calomnie. » Condamné par le tribunal de Grenoble, il est arrêté par la police uruguayenne et transféré à la prison de Montevideo en , puis extradé en France en , où il est condamné quatre fois à de la prison ferme. En janvier 1996, il retourne pourtant sans être inquieté à Punta del Este où il meurt le sans avoir purgé ses peines.

Mandats[modifier | modifier le code]

Condamnations[modifier | modifier le code]

  •  : un an de prison ferme et 300 000 francs d'amende pour délit d'ingérence. Jacques Médecin est également déclaré « incapable, à jamais, d'exercer aucune fonction publique » et doit verser 2 168 874 F de dommages et intérêts à Joseph Figueras, un contribuable niçois qui avait été autorisé à se constituer partie civile en lieu et place de la commune (« Pour délit d'ingérence — Jacques Médecin est condamné à un an de prison ferme », Le Monde, 8 janvier 1992).
  •  : deux ans de prison ferme, 200 000 francs d'amende et cinq ans de privation de droits civiques pour « détournement de fonds » dans le scandale de l'Opéra de Nice (« Jacques Médecin est condamné à deux ans de prison ferme pour abus de confiance », Le Monde, 18 mai 1995).
  •  : trois ans et demi de prison ferme et un million de francs d'amende pour abus de biens sociaux et corruption dans le scandale de la Serel, société spécialisée dans la signalisation et la régulation routière. Entre 1986 et 1990, Jacques Médecin avait reçu près de quatre millions de francs de pots-de-vin de Francis Guillot, président-directeur général de la Serel (« Jacques Médecin est condamné à trois ans et demi de prison ferme dans l'affaire de la Serel », Le Monde, 5 août 1995). Le 12 janvier 1996, les peines sont confirmées en appel, sauf la peine de prison, réduite à deux ans. Pourtant, Jacques Médecin quitte la France sans être inquiété et ne purge pas ces condamnations (« Condamné, Jacques Médecin s'apprête à repartir en Uruguay », Le Monde, 14 janvier 1996 et « Jacques Médecin — Un élu rattrapé par les affaires », Le Monde, 19 novembre 1998).
  •  : condamné par défaut à deux ans de prison pour fraude fiscale[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La cuisine du comté de Nice, Paris, Julliard, 1972, 374 p. (ISBN 9782260000259)
  • Et moi je vous dis... ma vérité : entretiens avec Henri-Christian Giraud, Michel Lafon : Éd. de la Table ronde, 1991, 333 p. (ISBN 9782908652062)
  • Un lynchage exemplaire : Mitterrand m'a tuer, Première ligne, 1994, 280 p. (ISBN 9782841440016)
  • La République des juges, Hachette, 1996, 214 p. (ISBN 9782012370500)
  • La bonne cuisine du comté de Nice, Solar, coll. « La bonne cuisine », 2003, 288 p. (ISBN 9782263035067)

Ouvrages consacrés à Jacques Médecin[modifier | modifier le code]

  • Bernard Bragard, Frédéric Gilbert, Catherine Sinet et Henri Montant, J.M., le feuilleton niçois, Paris, La Découverte, 1990.
  • Brigitte Renaldi et Claude-Henry Laval, Jacques Médecin, chronique d'un sabordage, Boulogne-Billancourt, J.-P. Taillandier,‎ 1991, 243 p. (ISBN 978-2-8763-6093-8)
  • Brigitte Renaldi et Claude-Henry Laval, Jacques Médecin : le retour, Paris, J.P. Taillandier,‎ 1994, 223 p. (ISBN 978-2-8656-2064-7)
  • Claude Reyger, Jacques Médecin : le monolithe fracture, Golfe-Juan, Indivision Gervais,‎ 2003, 212 p. (ISBN 978-2-9520-9910-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Affirmant que les thèses du FN sont les siennes « à 99,9 % » — M. Jacques Médecin se rapproche du mouvement de M. Jean-Marie Le Pen », Le Monde, 13 avril 1990
  2. Alain Garrigou, « Le boss, la machine et le scandale : la chute de la maison Médecin » in Politix, 1992, volume 5, no 17, p. 8 [lire en ligne]
  3. « Après la démission de trois conseillers municipaux à Nice — « Ce sont les juifs qui sont partis » déclare M. Jacques Médecin », Le Monde, 5 avril 1990
  4. Intervention de Jacques Médecin à l'Assemblée nationale
  5. « À Nice — M. Jacques Médecin appelle à un défilé pour le rétablissement de la peine de mort », Le Monde, 15 septembre 1988
  6. « FRAUDE FISCALE : Jacques Médecin a été condamné par défaut à deux ans de prison », Le Monde, 2 avril 1998

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]


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