Pierre Gerlier

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Pierre-Marie Gerlier
Biographie
Naissance
à Versailles (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 85 ans)
à Lyon (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie XI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de la Trinité-des-Monts
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Dubois
Dernier titre ou fonction Archevêque de Lyon
Archevêque de Lyon
30 juillet 1937 – 17 janvier 1965
Précédent Louis-Joseph Maurin Jean-Marie Villot Suivant
Évêque de Tarbes et Lourdes
14 mai 1929 – 30 juillet 1937
Précédent Alexandre Poirier Georges Choquet Suivant

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
COA cardinal FR Gerlier Pierre-Marie.png
« Ad Jesum per Mariam »
(« Vers Jésus, par Marie »)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Pierre-Marie Gerlier, né à Versailles le et mort à Lyon le , est un cardinal français, archevêque de Lyon de 1937 à 1965 et de ce fait, primat des Gaules.

Une vocation tardive[modifier | modifier le code]

Avocat au barreau de Paris, il défendit gratuitement des syndicalistes. À cette époque, il fut aussi président de l'ACJF[1](1909-1913).

Une carrière ecclésiastique fulgurante[modifier | modifier le code]

Ordonné prêtre en 1921, il devient évêque de Tarbes et de Lourdes en 1929.

Archevêque de Lyon et cardinal[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative de la naissance du cardinal au 14 de la rue Carnot à Versailles

Il est nommé archevêque de Lyon le . Il est créé cardinal lors du consistoire du avec le titre de cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts.

Dès lors, le diocèse assume la floraison d'initiatives du catholicisme social lyonnais. En 1940 le cardinal charge la Chronique Sociale de coordonner les œuvres sociales catholiques du diocèse.

Le , il prononce, à la Primatiale Saint-Jean de Lyon, en présence du maréchal Pétain une phrase qui lui sera plus tard reprochée : « Car Pétain, c'est la France et la France, aujourd'hui, c'est Pétain ! »[2].

Le , il publie, en tant que primat des Gaules, une lettre qui est lue dans toutes les paroisses de son diocèse et la plupart de celles de France. Tout en continuant de défendre le respect de l'ordre, le discours marque cependant une évolution importante en plaçant le devoir de conscience au-dessus de la loi humaine : « La Providence a donné à la France un Chef autour duquel nous sommes fiers de nous grouper » mais « Les droits de l'État ont des limites... ». Il organise des filières de sauvetages pour les Juifs en danger, et aide ceux qui œuvrent dans ce sens, comme l'Abbé Glasberg et l'OSE pour ouvrir des centres de refuge et des colonies de vacances en zone libre[3].

Ces actions lui permettent de sortir indemne de « l'affaire Finaly »[4].

Plein d'espoir, il a lancé à la Libération un vaste plan pour la construction de 50 églises nouvelles.

En rapport avec l'évolution civile, il négocie à partir de juillet 1954 avec Mgr Caillot et le diocèse de Grenoble, le rattachement au diocèse de Lyon de paroisses de l'Est lyonnais. Un accord est trouvé rapidement. Après l’envoi à Rome le 25 septembre de la supplique de rattachement, l'accord du Vatican, transmis par le nonce apostolique, est lu le 23 janvier 1955, dans tout l’archiprêtré de Villeurbanne, avant d'être publié. Sont ainsi rattachées au diocèse de Lyon douze paroisses de Villeurbanne, Saint-Fons, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Bron.

Le 17 décembre 1959, son ancien secrétaire Mgr Jean-Marie Villot est nommé son coadjuteur avec droit de succession, tandis que Mgr Maziers est nommé évêque auxiliaire en résidence à Saint-Etienne, en préfiguration du futur diocèse de Saint-Etienne.

Le cardinal Gerlier meurt le à l'âge de 85 ans.

Le cardinal Gerlier reçoit à titre posthume la médaille des Justes parmi les Nations de Yad Vashem le [5].

Anecdote[modifier | modifier le code]

Le cardinal Gerlier entretenait une relation particulière avec le maire de Lyon, Édouard Herriot, faite d'opposition quant à leurs convictions respectives (un radical socialiste anticlérical et un cardinal de l'Église catholique romaine) mais aussi de respect et d'admiration. Une certaine amitié s'était tissée entre les deux hommes qui furent pendant de nombreuses années des figures majeures de la vie lyonnaise et qui se rencontraient régulièrement. Elle culmina lors des derniers jours d'Herriot qui virent le cardinal recevoir les confidences du député-maire concernant l'évolution de ses convictions religieuses, qui le portèrent à demander des funérailles religieuses.

On garde en mémoire à Lyon une inauguration de la Foire de Lyon par Édouard Herriot qui fut l'occasion d'une joute verbale avec le cardinal Gerlier. Alors que le maire de Lyon terminait de saluer les officiels comme le veut le protocole, on lui fait remarquer qu'il oubliait le cardinal. « Ho, j'ai oublié de saluer le cardinal » dit-il « mais il est ici comme chez lui, car Lyon c'est Gerlier et Gerlier c'est Lyon ! » pastichant une déclaration polémique du cardinal Gerlier sur le maréchal Pétain et la France en 1940. Gardant le sourire, le cardinal remercie Édouard Herriot, lui rendant hommage pour cet évènement majeur qu'est la Foire de Lyon qu'il avait fait renaître concluant alors "car comme chacun sait à Lyon, la Foire c'est Herriot et Herriot... c'est la foire..."[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. où l'on se voulait "sociaux parce que catholiques" (Henri Bazire.)
  2. Jean-Louis Clément, Les évêques au temps de Vichy – Loyalisme sans inféodation– Les relations entre l'Église et l'État de 1940 à 1944, Éditions Beauchesne, 1999, 279 p. (ISBN 2701013550 et 9782701013558), [lire en ligne], p. 37-38
  3. Eugène Martres, Les archives parlent – Auvergne, Bourbonnais 1949-1945, éditions De Borée.
  4. Résumé de l'« affaire Finaly » sur le site du Crif
  5. Fiche sur le titre de « Juste des Nations » du card. Gerlier sur le site Akadem
  6. http://www.mon-maitre-scapin.com/article-29609929.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]