François de Menthon

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François de Menthon
Fonctions
Parlementaire français
Député 1945-1958
Gouvernement IVe république
Groupe politique MRP
Biographie
Date de naissance
Date de décès
Résidence Haute-Savoie

François de Menthon est un résistant, homme politique et un juriste français, né le à Montmirey-la-Ville (Jura) et décédé le à Annecy (Haute-Savoie).

Agrégé de droit, il fut professeur à la faculté de droit de Nancy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Henry de Menthon (1865-1952) et de Marguerite Picot de Moras (1875-1934) et le petit fils de Bernard de Menthon (1864-1900) et Marie-Thérèse Anne Luglienne de la Bourdonnaye de Liré (1871-1938), fille du comte Marie Ferdinand Raoul de La Bourdonnaye et petite-fille de Marie-Thérèse Luglienne de Montguiot, dernière Dame de Cambronne.

Avant-guerre[modifier | modifier le code]

Il fut président de l'Action catholique de 1927 à 1930.

La Résistance[modifier | modifier le code]

En 1939, il demande à partir au combat. En 1940, il est blessé et fait prisonnier, mais réussit à s’évader et rejoint la Résistance dès 1940. Il reçoit à plusieurs reprises Jean Moulin au château de Menthon-Saint-Bernard. Fondateur du mouvement Liberté à Annecy, puis à Lyon en novembre 1940 et éditeur de son journal clandestin, dont les deux premiers numéros ont été imprimés à Annecy et les suivants à Marseille. Il fut l’un des responsables du mouvement « Combat » issu de la fusion de Liberté avec le mouvement fondé par Henri Frenay « Petites ailes de la France » fin 1941.

Le 1er mai 1942, à l'appel de la BBC et de la presse clandestine, de nombreux Français en zone nord et en zone sud se manifestent contre Laval et pour De Gaulle (attentats, sabotages et déraillements en zone nord, manifestations de protestation en zone sud)[1]. Le 2 mai, à la suite de ces événements, François de Menthon est agressé par des membres du Service d'Ordre légionnaire (SOL) sur la place de la mairie d'Annecy : ils le plongent dans une vasque d'eau, sans savoir qu'il s'agit d'un chef de la Résistance, mais parce qu'il avait participé à une manifestation la veille devant la mairie. Cette histoire a provoqué une crise municipale à la suite de la plainte de Menthon qui était quand même professeur de droit, mais Darnand et Laval ont soutenu le SOL[2].

En 1943, il a ensuite rejoint le général de Gaulle à Londres puis à Alger où il est nommé commissaire à la Justice au sein du Comité français de la Libération nationale d'Alger.

Haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

À la Libération, François de Menthon devient ministre de la Justice dans le Gouvernement provisoire de la République française du général de Gaulle de septembre 1944 jusqu'au 8 mai 1945. Il s'est occupé entre autres du procès du maréchal Pétain, de la condamnation de Charles Maurras à la prison à vie (28 janvier 1945) et de l'épuration de certains fonctionnaires du régime de Vichy. À l'époque, il fut critiqué par les communistes et les socialistes, adeptes d’une épuration plus massive des anticommunistes, depuis pour avoir épargné certains agents importants comme René Bousquet.

Puis il fut nommé, par le général de Gaulle, procureur au tribunal de Nuremberg. Il donna du crime contre l'humanité la définition suivante : « crime contre le statut d'être humain motivé par une idéologie qui est un crime contre l’esprit visant à rejeter l’humanité dans la barbarie ». Mais en 1946, de Gaulle se retire du gouvernement. Menthon, alors ancien ministre de la Justice, quitte Nuremberg et se voit remplacé par Auguste Champetier de Ribes.

Œuvre politique[modifier | modifier le code]

Compagnon de la Libération, fondateur du MRP, il est député de la Savoie de 1946 à 1958. Du 24 juin au 16 décembre 1946, il est ministre de l’Économie nationale dans le Gouvernement Georges Bidault (1). Il milite pour un régime parlementaire rénové.

Il se consacre aussi à la cause européenne et devient président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (alors Assemblée consultative) de 1952 à 1954. Il présente en cette qualité le premier drapeau étoilé officiel de la communauté européenne.

Ses positions contre de Gaulle, vont l'éloigner des postes ministériels après 1958 et d'une carrière politique qui s'annonçait prometteuse. Il retourne à l’enseignement universitaire à l’Université de Nancy et à ses mandats locaux. Nommé maire de Menthon-Saint-Bernard en 1944, il est élu maire de cette commune de 1945 à 1977 et pendant vingt-deux ans président de l'Association des maires et conseiller général.

Porté par des convictions politiques fondées sur un idéal humaniste et chrétien, il fut aussi le fondateur du mouvement de la Jeunesse ouvrière chrétienne, car selon son fils Olivier de Menthon : « Il estimait que le rôle des catholiques était de participer à l'évolution de la société » et « La Foi était au cœur de son existence. »

Livres[modifier | modifier le code]

  • La Loi sur l’indignité nationale - Imprimerie Moderne, Beyrouth 1944
  • Le Procès de Nuremberg : l’accusation française - Office français d'Édition, Paris 1946
  • Le Procès de Nuremberg, son importance juridique et politique - Éd. du Mail, Paris 1946
  • Vers la Quatrième République - Éd. Hachette, Paris 1946
  • L'expansion économique au service du progrès social - Imprimerie F. de Beroud, Paris 1951

Citations[modifier | modifier le code]

  • « La noblesse n'a que des devoirs et aucun droit. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Seconde Guerre mondiale au jour le jour, Presses de la Cité, 1988, p. 756
  2. Ministère de l'Intérieur, Cabinet du Secrétaire général pour l'Administration, Synthèse des rapports des préfets de la zone libre pour le mois de juin 1942, 15 juillet 1942, http://www.ihtp.cnrs.fr/prefets/fr/fzl0642mi.html
Précédé par François de Menthon Suivi par
Jules Abadie
Ministre français de la Justice
20 août 1944 - 30 mai 1945
Pierre-Henri Teitgen
Précédé par François de Menthon Suivi par
André Philip
Ministre de l'Économie et des Finances
24 juin 1946 - 16 décembre 1946
André Philip