Marianne Cohn

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Marianne Cohn est une résistante[1] allemande, née le 17 septembre 1922 à Mannheim et morte assassinée le 8 juillet 1944 en Haute-Savoie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marianne Cohn est l'aînée d'un couple d'intellectuels allemands d'ascendance juive, mais détachés de la religion israélite et peu liés à la communauté juive d'Allemagne. La famille Cohn quitte l'Allemagne, les parents de Marianne Cohn sont internés au camp de Gurs, car citoyens allemands. Elle et sa sœur sont prises en charge par les Éclaireurs israélites de France, et découvrent à cette occasion la pratique culturelle du judaïsme.

En 1942, Marianne s'occupe d'enfants juifs de France, menacés de déportation, avec Jacques Klausner. Elle est incarcérée à Nice et relâchée trois mois plus tard. C'est pendant cette première détention, en 1943, qu'elle aurait rédigé son célèbre poème Je trahirai demain[2].

D'abord simple assistante chargée de surveiller les enfants avant leur départ pour la Suisse, Marianne Cohn intègre avec Rolande Birgy l'équipe des convoyeurs en janvier 1944, à la suite de Mila Racine arrêtée le 21 octobre 1943[3]. Chaque semaine, deux ou trois groupes, comptant chacun jusqu'à une vingtaine d'enfants issus de toute la zone sud, franchissent clandestinement la frontière, après être passés par Lyon et Annecy.

Marianne Cohn est arrêtée le 31 mai 1944, près d'Annemasse, avec un groupe de vingt-huit enfants, et incarcérée à l'hôtel Pax, devenu une prison de la Gestapo. Douze des enfants — garçons et filles — de plus de 14 ans sont retenus dans la prison ; les autres sont "placés" par le maire d'Annemasse Jean Deffaugt, dans une colonie de vacances catholique. Grâce aux multiples interventions de Jean Deffaugt auprès des autorités nazies, tous les enfants seront sauvés. Après la guerre, Jean Deffaugt, héros de la Résistance et maire d'Annemasse, sera, entre autres, déclaré « Juste parmi les nations ». Quant à Marianne Cohn, malgré la torture, elle ne parle pas. Son réseau lui propose de la faire évader, mais elle refuse, craignant des représailles sur les enfants.

Dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944, la Gestapo de Lyon envoie une équipe à Annemasse, pour sortir de leur geôle six prisonniers, dont Marianne Cohn, et les assassiner, en l'occurrence à coups de bottes et de pelles. Le maire d'Annemasse réussit, en revanche, à sauver les enfants.

L'école primaire et l'école maternelle du centre-ville d'Annemasse portent son nom, de même qu'une école de Berlin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir, Les femmes dans la Résistance. Mila Racine, Marianne Cohn, Haviva Reik, Hannah Senesh. Cercle Bernard-Lazare-Grenoble.
  2. Lecture Analytique de "Je trahirai demain" (de M. Cohn )
  3. Je voudrais évoquer ici le souvenir de quatre de mes camarades de Résistance... Mais après l’arrestation de Mila Racine et de Roland Epstein, Marianne, alors âgée de 21 ans, passe à la Sixième et prend la relève avec Rolande Birgy, militante de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), reconnue en 1984 comme Juste parmi les Nations.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Magali Ktorza, « Marianne Cohn, Je trahirai demain, pas aujourd'hui », Revue d'histoire de la Shoah, no 161, septembre-décembre 1997, p. 96-112
  • François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, éd. Robert Laffont, 2006, article « Marianne Cohn », p. 392-393
  • Dr Ludwig Fineltain, http://www.bulletindepsychiatrie.com/shoah.htm
  • Bruno Doucey, Si tu parles, Marianne, éd. Élytis, 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]