Helmut Knochen

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Helmut Knochen
Image illustrative de l'article Helmut Knochen

Naissance
Magdebourg
Décès (à 93 ans)
Offenbach-sur-le-Main
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Grade Colonel SS
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement Chef de la police de sûreté et du service de sécurité pour la France

Helmut Knochen (14 mars 1910 - 4 avril 2003) fut, pendant la Seconde Guerre mondiale, Chef de la police de sûreté (SIPO) et du service de sécurité (SD) pour la France, avec rang de SS Standartenführer dans la hiérarchie SS (soit colonel). Il est impliqué dans la politique antisémite de l'occupant, notamment dans les déportations massives de Français juifs vers les camps de concentration, et s'est rendu responsable de l'exécution de plusieurs milliers de résistants français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Fils d'un instituteur, capitaine d'artillerie et ancien combattant de Verdun, son père le fait inscrire en 1926 à la section des « jeunes du Stahlhelm » (Casque d'acier), organisation nationaliste. Il adhère au parti nazi, le NSDAP en 1932 puis ensuite il entre à la SA en 1933.

Il fait en 1935 des études en Histoire et en anglais aux Universités de Leipzig et de Göttingen (où il se lie d'amitié avec Jean Philippe Larrose, un des futurs acteurs français de la collaboration à Bordeaux[1]). Il obtient un doctorat en philosophie, avec une thèse sur le dramaturge anglais George Coleman[2]. Il occupe les fonctions de professeur et de journaliste. Il entre comme rédacteur dans un journal locall et adhère au parti nazi.

Il rejoint les SS en 1936 puis suit les Jeux olympiques de 1936 et fait connaissance du docteur Six qui dirige le service de presse de Reinhard Heydrich. Il se marie.

Il devient officier SS en 1937 puis il est envoyé à Paris pour effectuer un reportage sur l’Exposition Universelle ; à son retour à Berlin, il débute dans le Renseignement en intégrant le service central de sécurité (SD) à Berlin en 1938. promu au rang de lieutenant SS. Il y dépouille les journaux, notamment les articles rédigés par les émigrés allemands en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Il élabore des synthèses, très remarquées.

Dans la nuit du 8 au 9 novembre 1939, à la frontière germano-néerlandaise, il capture deux agents britanniques du MI6 et les ramène en Allemagne. Pour ce coup d'éclat, Hitler lui remet personnellement la croix de guerre de 1re et 2e classe.

Occupation de la France[modifier | modifier le code]

Le 14 juin 1940, il dirige un commando spécial l'« Einsatzkommando Frankreich » d'une vingtaine d'hommes choisis par Heydrich (dont Karl Bömelburg, de la Gestapo), camouflés en militaires de la Geheime Feldpolizei, qui s'introduit en France sur les traces de la Wehrmacht (à la suite des exactions de la police en Pologne, la Wehrmacht avait refusé que la Gestapo et le SD la suivent en France[3]) et forme l'amorce de ce qui deviendra le puissant SIPO-SD en France. Ceux-ci installent leurs bureaux avenue Foch, et s'occupent de la collecte d'information sur les Français et du traitement des archives tombées entre les mains du SD lors de l'invasion.

Rapidement la Wehrmacht remarque ce groupe non-répertorié par ses services. Knochen est alors convoqué par la GFP pour s'expliquer. À la suite de cet entretien, un accord est passé entre les SS et les membres de la GFP. Knochen est nommé commandant en chef de la sécurité interne de Paris, et s'occupe de traquer les ennemis du nazisme (juifs, communistes, francs-maçons, anti-fascistes, réfugiés allemands).

En 1941 il dirige le service investigation de l'AMT VI SD-Ausland au RSHA. Avec l'accord d'Heydrich il fournit des explosifs au groupe collaborateur d'Eugène Deloncle pour commettre des attentats contre des synagogues dans la nuit du 2 au 3 octobre[4]. L'armée d'occupation, débordée, laisse la Gestapo procéder aux perquisitions et aux arrestations. Knochen est promu au grade d’Obersturmbannführer à l’âge de trente ans.

En 1942 les pouvoirs de Knochen s'étendent à l'ensemble de la France occupée et à la Belgique, il est promu Standartenführer et devient le Befehlshaber der Sicherheitspolizei und des SD (commandant de la police de sécurité et du SD) de cette zone. Il est alors sous les ordres directs du Brigadeführer Karl Oberg qui ne répond de ses actes que devant Heinrich Himmler et qui dirige l'ensemble de la SS et des polices de la zone occupée, cela depuis que les fonctions de police, sur demande d'Himmler et par ordre d'Hitler, ont été retirées à l'armée d'occupation. Il divorce et se remarie à Paris ; Henri Lafont lui aurait, à cette occasion, offert une Bentley blanche.

Helmut Knochen et le Général Karl Oberg sont arrêtés le 20 juillet 1944, ainsi que le contingent SS de Paris par l'armée, dirigée par les conspirateurs, les généraux von Stülpnagel et von Boineburg-Lengsfeld, qui croient à la réussite de l'attentat contre Adolf Hitler. Après l'échec du coup d'État, ils sont relâchés. Les Alliés sont au Mans fin juillet 1944, ce qui donne le signal du départ. Oberg décide de vider toutes les prisons et les camps pour envoyer les prisonniers vers l'Allemagne.

Débute le 17 août la retraite des services allemands d'occupation vers l'Est. Le lendemain le SD quitte Paris pour Vittel. Helmut Knochen est convoqué à Berlin au siège du RSHA dirigé par Kaltenbrunner qui lui lance: « La guerre dans les bureaux et les salons est terminée pour vous, vous allez d'ailleurs me rendre ce grade qui n'avait de valeur qu'à Paris. Vous êtes désormais SS-Schütze (2eclasse) et vous partez pour le front ! ». Knochen est rattaché aux Waffen-SS de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler avec le poste de Panzergrenadier sur le terrain militaire de Berreckan, près de Prague. Kaltenbrunner le rappelle à Berlin. Helmut Knochen est fait prisonnier par les troupes américaines.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Il est jugé en 1946 à Wuppertal (zone britannique de l'Allemagne occupée) par un tribunal militaire britannique pour le meurtre de pilotes britanniques puis est condamné à mort. Il est extradé en France le 1er juillet 1947.

En 1954, après une instruction longue et difficile, il comparaît en même temps que Karl Oberg devant le tribunal militaire de Paris en février. Le 9 octobre, il est de nouveau condamné à mort, par les tribunaux français à Paris, pour crimes de guerre. Il fait appel de sa peine. Le président Vincent Auriol le gracie.

Le 10 avril 1958, le président René Coty commue sa peine en vingt ans de réclusion criminelle. Par décret du 31 décembre 1959, sa peine est commuée en « vingt ans à partir de la date du jugement ».

Le président de Gaulle signe sa libération le 20 novembre 1962, peu de temps avant de signer le traité de coopération franco-allemand le . De retour en Allemagne, il habite Baden-Baden. Plus tard, il habitera Hahnenklee, puis Offenbach-sur-le-Main.

Lucien Steinberg réalise en 1972 une interview pour la revue Historia. À ce moment-là, Knochen exerce le métier de courtier en assurances-retraite à Francfort. En juin-juillet 2000, il accorde une interview à Hubert de Beaufort et J. Ph Larrose

Le 4 avril 2003, il meurt à Offenbach-sur-le-Main (Allemagne).

Organisation[modifier | modifier le code]

L'organisation de la police allemande en France entre 1942 et 1944 comprenait, dans le cadre de l'organisation centralisée RSHA (Office central de la sécurité du Reich) :

  • Chef suprême des SS et de la police (dans le ressort du Commandement militaire en France) = Höhere SS und Polizeiführer (HSSPF). Supérieur hiérarchique d'Helmut Knochen.
Général SS (SS Gruppenführer) Karl Oberg
Directeur de cabinet : Herbert Hagen
Bureau : 57, boulevard Lannes
  • Chef de la police de sûreté (SIPO) et du service de sécurité (SD) = Befehlshaber des Sicherheitspolizei und der Sicherheitsdienstes (BdS)
SS Standartenführer : Helmut Knochen
Bureau : 72, avenue Foch
Adjoint : Obersturmführer Kurt Lischka.
  • Subordonnés d'Helmut Knochen
Amt I - Administration : SS-HS Frank puis SS-HS Altenloh.
Amt II - Liaison avec la police française : SS-Sturmbannführer Dr Mayer-Falk puis SS-Sturmbannführer Dr Laube.
Amt III - Propagande : SS-Hauptsturmführer Dr Maulaz, puis SS-Sturmbannführer Dr Biederbick.
Amt IV - (Gestapo proprement dite) Répression des adversaires politiques, Juifs, communistes, résistants, etc. : SS-Sturmbannführer Karl Bömelburg, puis SS-Sturmbannführer Stindt.
Amt V - Police criminelle (KRIPO) : SS-Sturmbannführer Odewald.
Amt VI - Espionnages… pénétration ou destruction des services de renseignements alliés en France : SS-Sturmbannführer Hagen, puis Standartenführer Bickler.
Amt VII - Problèmes idéologiques - Archives : SS-Sturmbannführer Dr Biederbick.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hubert de Beaufort, Le Livre Blanc.
  2. Helmut Knochen, Der Dramatiker George Coleman, Göttingen, 1935 : Göttinger Tagebl. 83 S. 8°, Göttingen, Phil. Diss. v. 25 Okt. 1935.
  3. Dominique Lormier, La Gestapo et les Français. Pygmalion (éditions Flammarion), 2013. (ISBN 978-2-7564-0589-6). p. 33
  4. Édouard Husson Heydrich et la solution finale éd. Perrin 2012 p. 443 (ISBN 978-2-262-02719-3)