Sam Szafran

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Sam Szafran (prononcé[1] [ˈʃa.fran]), pseudonyme de Samuel Berger, né à Paris le 19 novembre 1934, est un artiste français. Il vit et travaille à Malakoff.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sam Szafran est né le 19 novembre 1934 à Paris. Enfant aîné de parents émigrés Juifs polonais, il passe les premières années de son enfance dans le quartier des Halles à Paris.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il échappe à la rafle du Vélodrome d’Hiver et se cache dans un premier temps chez des paysans dans le Loiret. Après un court emprisonnement brièvement à Drancy d’où il est libéré par les Américains, il se cache dans le Lot, accueilli par une famille de républicains espagnols.

Alors que son père et une grande partie de sa famille trouvent la mort en 1944 dans les camps nazis, il est envoyé par la Croix-Rouge à Winterthur en Suisse, où il est accueilli par la famille Habersaat. En 1947, il part s’installer avec sa mère et sa sœur à Melbourne en Australie, chez son oncle.

À son retour en France en 1951, il suit les cours du soir de dessin dans les écoles de la Ville de Paris et mène une existence particulièrement rude et précaire.

Il épouse en 1963 Lilette Keller, une suissesse du Jura. Elle donne naissance à leur fils Sébastien l’année suivante. Depuis 1974, ils résident à Malakoff.[2]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Entre 1953 et 1958, Szafran fréquente l’Académie de la Grande Chaumière à Paris, où enseigne Henri Goetz. A Saint-Germain-des- Prés et à Montparnasse, il fait la connaissance de Jean Ipousteguy, Orlando Pelayo, Jacques Delahaye, Nicolas de Staël, Jean-Paul Riopelle, Joan Mitchell, Yves Klein, Jean Tinguely et bien d’autres. Il découvre des collages de Kurt Schwitters, des matériologies et texturologies de Dubuffet, Hantaï et Réquichot. Il réalise alors ses premières œuvres abstraites et premiers collages.

Szafran retourne ensuite vers la figuration. Il produit une série des Choux (1958–1965).

En 1960, une boîte de pastels offerte marque une tournure importante dans son œuvre, le pastel devenant désormais sa pratique de prédilection. Alberto Giacometti, qu’il rencontre en 1964 devient officieusement son maître.

En 1964, l’artiste entre à la galerie Claude Bernard à Paris. Le collectionneur Jacques Kerchache organise sa première exposition en 1965. Par la suite, son œuvre va se resserrer autour de quelques thèmes : les Ateliers (1969-1970), Imprimeries (1972) et les Escaliers (à partir de 1974).

Szafran rejoint pour un temps Arrabal, Roland Topor et le groupe Panique en 1972. Dans la même année, il se lie d‘amitié à Henri Cartier-Bresson.

En 1977 et 1978, il réalise ses premières aquarelles sur le thème des Ateliers, des Serres et des Escaliers. C’est sur ces mêmes thèmes ainsi que sur celui des Villes, qu’il commence, vers 1987, à combiner le pastel et l’aquarelle, le sec et le mouillé. À partir de 1999, il aborde les grands Paysages urbains.

En 1999 et 2001 sont organisées deux rétrospectives: Sam Szafran à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny en Suisse et à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence[3], et L’atelier dans l’atelier au Musée de la Vie romantique à Paris[4].

En 2004 et 2005, il travaille avec le céramiste Juan Gardy Artigas pour le projet Le Pavillon Szafran à la Fondation Gianadda, inauguré en 2006[5]. Deux autres grandes rétrospectives vont suivre : Sam Szafran – dessins, pastels et aquarelles au Musée Max Ernst de Brühl[6], près de Cologne en Allemagne (2010-2011) et Cinquante ans de Peinture à la Fondation Gianadda, Martigny (2013)[7]. Il y dévoile pour la première fois ses très grands formats.

Prix[modifier | modifier le code]

Sam Szafran reçoit en 1993 le Grand Prix des Arts de la Ville de Paris. En 2011 il reçoit le Prix Piero Crommelynck[8], puis est promu au grade de Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres par Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, en juillet 2013.

Réalisations monumentales[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions individuelles[modifier | modifier le code]

  • Sam Szafran, dessins, Galerie Jacques Kerchache, Paris, 1965 (catalogue, texte de Pierre Schneider)
  • Sam Szafran, fusains 1967-1970, Galerie Claude Bernard, Paris, 1970
  • Sam Szafran, pastels 1970-1972, Galerie Claude Bernard, Paris, 1972 (catalogue, textes de Fouad El-Etr, Jean Paget et Georges Schéhadé)
  • Sam Szafran, pastels, Galerie Artel, Genève, 1974 (catalogue, texte de Fouad El-Etr)
  • Sam Szafran, fusains, Galerie Claude Bernard, Paris, 1976 (à partir du 5 février) (catalogue, texte de James Lord)
  • Sam Szafran, pastels, Galerie Claude Bernard, Paris, 1980 (catalogue, texte de Jean Clair)
  • Sam Szafran, pastels, fusains, Le Centre d'Art de Flaine, Cluses, 1986
  • Sam Szafran, recent works, Claude Bernard Gallery, New York, 1987
  • Sam Szafran, aquarelles, Galerie Claude Bernard, Paris, 1987-1988 (catalogue, texte de James Lord)
  • Sam Szafran, dessins, pastels, aquarelles, Caja Iberia, Saragosse, 1988-1989 (catalogue, texte de Orlando Pelayo, Jean-Dominique Rey et Henri Cartier-Bresson)
  • Sam Szafran, aquarelles, Galerie Vallois, Paris, 1992-1993 (catalogue, texte de Jean Clair)
  • Sam Szafran, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 1999; puis Fondation Maeght, Saint Paul, 11 février-30 mars 2000 (catalogue, texte de Jean Clair)
  • Sam Szafran, Musée de la vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan, Paris, 2000-2001 (catalogue, textes de Michel Le Bris et Daniel Marchesseau)
  • Le pavillon Szafran, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2006
  • Sam Szafran, exposition au Pavillon des Arts et du Design, Jardin des Tuileries, Galerie Hopkins & Custot, Paris, 2008
  • Sam Szafran, Max-Ernst-Museum, Brühl, 2010-2011 (catalogue, textes de Julia Drost, Werner Spies, Jean Clair, Daniel Marchesseau et Estelle Pietrzyk)
  • Sam Szafran, III° Prix Piero Crommelynck, estampes, Galerie de l'Ancien Collège, Châtellerault, 2011
  • Sam Szafran, pastels from the Triton Foundation, Joods Historisch Museum, Amsterdam, 2011
  • Sam Szafran, cinquante ans de peinture, Martigny, Fondation Pierre Gianadda, 2013 (catalogue, textes de Jean Clair, Daniel Marchesseau, Estelle Pietrzyk et Werner Spies)
  • Sam Szafran, Galerie Claude Bernard, Paris, 2014

Expositions collectives (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Sociéte des Artistes Indépendants, Grand Palais, Paris, 1957
  • The 1958 Pittsburgh Bicentennial Internationl Exhibition of Contemporary Painting and Sculpture, Department of fine arts, Carnegie institute, Pittsburgh, 1958
  • Salon des Réalité nouvelles, Paris 1959
  • Peintres et Sculpteurs, Galerie Max Kaganovitch, Paris 1963
  • Sculptures de peintres, Glaerie Claude Bernard, Paris, 1964
  • À l'oeuil nu, Centre culturel américain, Paris, 1965
  • Aspects de la figuration depuis la guerre, Musée d’art et d’industrie, Saint-Étienne, 1968
  • Expo 60/72, douze ans d’art contemporain en France, Grand Palais, Paris, 1972
  • Primitifs du XXe siècle, Château d’Ancy-le-Franc, Ancy-le-Franc, 1972
  • Panique, Galerie Jacques Kerchache, Paris, 1973
  • New Image in Painting, Biennale internationale, Tokyo, 1974
  • Trait pour trait. 50 autoportraits, Galerie Jean Briance, Paris, 1976
  • L'Atelier, technique de la peinture, Musée du Louvre, Paris, 1976
  • Nouvelle Subjectivité, Festival d’Automne, Centre national d’art contemporain, Paris, 1976
  • Papiers sur nature, Festival d’Automne à Paris, Fondation nationale des arts graphiques et plastiques, Paris, 1977
  • Chemins de la création, dessins de peintres, dessins de sculpteurs, Château d'Ancy-le-Franc, 1978
  • Tours, art vivant, Tours, 4 novembre – 3 décembre 1978
  • La Nouvelle Subjectivité, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 1979
  • Dessins de la Fondation Maeght, Fondation Marguerite et Aimé Maeght, Saint-Paul-de-Vence, 1980
  • Nouvelles tendances de la peinture en France, Neue Galerie am Landesmuseum Joanneum, Künstlerhaus Graz, 1980
  • Paris 1960-1980, panorama de l’art contemporain en France, Museum des 20. Jahrhunderts, Wien, 1982
  • Dessins français contemporains, Musée-galerie de la SEITA, Paris, puis Knoxville, Tennessee, 1982
  • Biennale de Venise, Pavillon international, 1982
  • La Délirante, revue de poésie, Musée national d'art moderne, Paris, 1983
  • L'art moderne à Marseille, la collection du Musée Cantini, Musée Cantini, Centre de la Vieille Charité, commissaire général Germain Viatte, Marseille, 1988
  • Chemins de la création, Jean-Paul Riopelle, Roseline Granet, Sam Szafran, Château de Tanlay, Centre d'Art Contemporain, Tanlay, 1989
  • Art en France, un siècle d’inventions, Musée Pouchkine, Moscou, puis Musée de l’Ermitage, (présentée par l’Association francaise d’action artistique), Leningrad, 1989
  • Twentieth-century modern masters, The Jacques and Natasha Gelman collection, Metropolitan museum of art, New York, 1989–1990
  • L'aquarelle aujourd'hui, Abrahami, Levine, Salzmann, Szafran, Musée-galerie de la SEITA, Paris, 1993
  • De Matisse à Picasso, collection Jacques et Natasha Gelman, Fondation Pierre Gianadda, organisée avec the Metropolitan Museum of art, Martigny, Suisse, 1994
  • Made in France 1947-1997, 50 ans de création en France, Centre Georges-Pompidou, Paris, 1997
  • Le Mystère et l'éclat - Pastels du musée d'Orsay, Musée d'Orsay, Paris, 2008 (album publié par le musée et la Réunion des musées nationaux)
  • De Renoir à Sam Szafran, parcours d’un collectionneur, Fondation Gianadda, Martigny, 2011

Publications[modifier | modifier le code]

  • Jean Clair, Sam Szafran, Skira, Genève, 1998
  • Daniel Marchesseau, Le Pavillon Szafran, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2005
  • Daniel Marchesseau, Henri Cartier-Bresson, "La Collection Sam, Lilette et Sébastien Szafran", Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2005
  • Alain Veinstein, Entretiens avec Sam Szafran, Flammarion, Paris, 2013

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Sam Szafran - Escalier, produit et réalisé par Antoine Cretton pour la Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2006
  • Sam Szafran - Ni dieu, ni maître, produit et réalisé par Antoine Cretton, coproduit par la Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2013

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dans les milieux francophones, Szafran est prononcé [ˈʃa.fran] (approximativement comme « sha-frane »). En Pologne, il est prononcé de façon très légèrement différente [ˈʂa.frãn] (approximativement comme « shha-fran-n' »). Le nom de famille dérive du mot polonais szafran (l'épice safran).
  2. Daniel Marchesseau, Le banditisme ou la peinture..., Entretien de Sam Szafran avec Daniel Marchesseau, dans cat. exp. Sam Szafran, L'Atelier dans l'atelier 1960-2000, Musée de la Vie romantique, Paris, 2000, p.17-26.
  3. Sam Szafran, ed. par Jean Clair, cat. exp. Martigny, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2000
  4. Sam Szafran, L'Atelier dans l'atelier 1960-2000, ed. par Daniel Marchessau, cat. exp. Paris, Musée de la Vie romatique, Paris, 2000
  5. Daniel Marchesseau, Le Pavillon Szafran, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2005
  6. Sam Szafran, Dessins, pastels et aquarelle, ed. par Julia Drost et Werner Spies, cat. exp. Brühl, Max Ernst Museum, Brühl, 2010
  7. Sam Szafran, 50 ans de peinture, ed. par Daniel Marchesseau, cat. exp. Martigny, Fondation Pierre Gianadda, Martigny Suisse, 2013
  8. Sam Szafran, III° Prix Piero Crommelynck, estampes, Galerie de l’Ancien Collège, Châtellerault, 2011

Lien externe[modifier | modifier le code]