Ben Zimet

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Ben Zimet en 1984 par Erling Mandelmann

Ben Zimet est un chanteur et conteur yiddish, « de nationalité canadienne, d'ascendance juive polonaise, qui a longtemps habité en France »[1]. Il vit maintenant (en 2010) entre Paris et Dakar au Sénégal.

Voix du Yiddishland[modifier | modifier le code]

Il naît dans une famille juive réfugiée en Belgique vers 1936. Sa mère est originaire de Nuremberg en Allemagne, son père vient de Pologne. À l'invasion allemande, sa famille part vers la France, dans le midi puis après l'invasion de la zone libre, en Corrèze. Pour protéger leurs trois enfants, ses parents sont contraints de les confier à différentes familles chez qui ils vivent jusqu'à la fin de la guerre comme des enfants cachés. Après la Libération, la famille se reconstitue et vit à Paris jusqu'en 1948 quand ils vont rejoindre d'autres membres de leur famille au Canada[2].

Après avoir vécu en Amérique, Ben Zimet s'est installé à Paris, où il a débuté avec Eddy Schaff en 1973, au café-théâtre parisien La Vieille Grille. Plus tard, il a présenté ses Chants et Contes du Yiddishland à travers l'Europe et dans le monde, contant en français et chantant en yiddish le monde des Juifs d'Europe orientale et de leur Yiddishland.

Ben Zimet s'est produit à maintes reprises sur scène, notamment au Théâtre de la Ville et aux Bouffes du Nord à Paris.

Il a enregistré une douzaine de disques de chants yiddish et de musique, seul ou avec la chanteuse yiddish Talila, qui a été sa compagne. Il a joué dans plusieurs films, comme Swing de Tony Gatlif qui rend hommage à la musique tzigane.

Histoire des « Calypso Jews » et de l'esclavage[modifier | modifier le code]

Installé depuis quelques années au Sénégal, il y a monté un nouveau spectacle, La Casa del Judio Tropical, racontant avec un orchestre de salsa de Dakar « le périple des « Calypso Jews », Juifs expulsés d’Espagne en 1492 qui, sur les traces de Christophe Colomb, s’implantent au Nouveau Monde, dans les Caraïbes,en Amérique du Sud, en Afrique de l’Ouest. Sont évoquées la traite des Noirs, la colonisation, l'Inquisition (jusqu’en 1823 à Cuba) et la salsa bien sûr ».

En mai 2007, il a organisé dans l'île de Gorée (Sénégal), comme directeur artistique, la première édition du Festival international du conte et de la parole, dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l'esclavage. « Fils d’un juif polonais et d’une juive allemande, Ben Zimet a été « un enfant traqué » par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Petit, dit-il, il avait déjà dans son inconscient un « rêve africain ». Pour lui, le monde a besoin de la mémoire et d’une prise de conscience pour entamer sa marche vers l’abolition de tous les crimes commis quotidiennement contre les uns et les autres. »[3]

La deuxième édition de ce festival est prévue en 2008, toujours à Gorée, « haut lieu symbolique de la traite négrière contre lequel les thèses révisionnistes contestant le rôle et l’importance de l’île durant l’esclavage ne peuvent rien, car, quel que soit le nombre d’Africains déportés, elle reste un lieu de mémoire », souligne Ben Zimet.

Famille[modifier | modifier le code]

Ben Zimet est le père de Joseph Zimet, époux de l'ancienne secrétaire d'État (France) Rama Yade[4] et conseiller au cabinet du secrétaire d'État Jean-Marie Bockel[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Spectacles[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Disques[modifier | modifier le code]

  • Chants yiddish, 1996.
  • Contes yiddish, 1998.
  • Yiddish Café, Talila & Ben Zimet.
  • Et Le Yiddish Orchestra, Talila & Ben Zimet - Live 2002.
  • Yiddishland (s.d.).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation sur son site
  2. Résumé d'une interview de Ben Zimet sur Judaïques FM, le 21 octobre 2014
  3. Gorée, gardienne de la mémoire, 6 mai 2007, Jeune Afrique
  4. « Sur un plan personnel, les chants de Talila, qui est l'ex-compagne de mon beau-père, lui-même chanteur yiddish, m'ont bouleversée », déclare Rama Yade dans une interview au Parisien du 24 juillet 2007, après la cérémonie de commémoration de la rafle du Vel'd'Hiv.
  5. « M. Yade » va à la Coopé…, 15 juillet 2007, Jeune Afrique