Cactaceae

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Les Cactus ou cactées (Cactaceae) forment une famille de plantes à fleurs. Ce sont presque toutes des plantes grasses ou plantes succulentes, c'est-à-dire des plantes xérophytes qui stockent dans leurs tissus des réserves de « suc » pour faire face aux longues périodes de sécheresse.

Il ne faut pas confondre cactus et plante succulente : toutes les plantes succulentes ne sont pas des cactus. Ce sont des familles de plantes qui ont adopté les mêmes méthodes de lutte contre les périodes de sécheresse, comme les Asclepiadaceae ou les Crassulaceae.

Certaines plantes de ces autres familles, par convergence des formes d'espèces soumises aux mêmes contraintes, ressemblent fortement aux cactus. C'est le cas par exemple des euphorbes cactiformes comme Euphorbia canariensis.

Pour distinguer les vrais cactus des plantes qui leur ressemblent, il faut se reporter aux critères d'appartenance à la famille des Cactaceae. L'identification se fait par la présence d'aréoles, et, comme plus généralement en botanique, par les fleurs et les fruits.

Contrairement aux croyances populaires, les cactus ne sont pas considérés comme étant des arbres. Les cactus couvrent un large éventail de formes et de tailles. On en trouve des sphériques, cylindriques, en forme de pilier, avec des feuilles pointues ou en forme de raquettes appelées cladodes… Le plus grand est Pachycereus pringlei, avec une taille mesurée de 19,2 m[1], le plus petit est Blossfeldia liliputiana, d’1 cm de diamètre à sa taille adulte[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot cactus vient du grec ancien κάκτος / káktos, désignant le chardon. Il a été utilisé comme le nom du premier genre de ces plantes par Carl von Linné, avant que de nombreux autres noms de genres en soient séparés. Il y a désaccord sur la forme du pluriel. Le pluriel grec est κάκτοι / káktoi. Quand le nom est latinisé, le pluriel est cacti. Cette forme est adoptée notamment en anglais. Le français, qui préfère ne pas utiliser les pluriels latins, dit « cactus » au pluriel comme au singulier.

Classification[modifier | modifier le code]

Echinocactus grusonii

La famille des Cactaceae est une famille de plantes dicotylédones qui comprend environ 2500 espèces réparties en près de 90 genres.

Cactus était aussi un nom de genre dans la classification binomiale codifiée par Carl von Linné. Il n'apparaît plus dans la classification actuelle que comme suffixe de certains noms de genre, tels que Echinocactus, Pterocactus, Stenocactus, etc.

Dans le langage courant, le mot cactus désigne souvent le figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica), plante naturalisée très commune sur les bords de la Méditerranée.

Critères de détermination[modifier | modifier le code]

L'appartenance à la famille des Cactaceae se détermine par trois principaux critères :

  • Les points végétatifs sont des aréoles, c'est-à-dire des sortes de dépressions dans l'épiderme, garnis de laine ou de duvet leur donnant l'aspect de petits coussins, d'où sont issus les segments ou rejets, les fleurs et les feuilles réduites que sont les épines, les glochides...

L'existence d'aréoles est le critère le plus employé par l'amateur, d'abord parce qu'il n'est pas nécessaire d'attendre la floraison et la fructification pour les observer, ensuite parce que, contrairement aux deux autres critères, les aréoles n'existent dans aucune autre famille de plantes.

  • L'ovaire doit être infère, c'est-à-dire qu'il doit être situé sous les pièces florales (sauf chez quelques cactus très primitifs comme Pereskia aculeata).
  • Le fruit doit être une baie à une seule loge, il n'existe pas de cloisons internes séparant les graines ou groupes de graines.
  • Un critère d'exclusion est la présence de latex à la cassure, il permet d'éliminer les plantes du genre euphorbe.

Les agaves, les Lithops, les euphorbes et les Pachypodium ne sont pas des cactus.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Le genre Pereskia est l'un des rares cactus a posséder des feuilles.

On peut distinguer six formes différentes :

  • arborescentes : comparables à un arbre avec des branches, telles que les carnegiea ;
  • arbustives : idem, mais avec des tiges plus fines ;
  • colonnaires : sans bras, telles que les espèces du genre Cereus ;
  • globulaires, avec des formes sphériques, voire cylindriques ;
  • épiphytes retombantes, pour les quelques espèces de cactus épiphytes ;
  • grimpantes : pour un très petit nombre d'espèces ;
  • à articles aplatis (ou cladodes) communément appelés "raquettes" telles que les espèces du genre Opuntia.

Ce sont des plantes herbacées ou des arbustes, généralement à forme végétative très particulière, avec la fonction chlorophyllienne transférée aux tiges. Souvent épineux, pérennes, le plus souvent succulents, les cactus sont parfois épiphytes ou grimpants. L'aspect actuel des cactus s'explique principalement par l'adaptation aux conditions de sécheresse, à l'origine du développement de la fonction de stockage et de la réduction des surfaces d'évaporation.

La fonction de stockage s'est traduite par un épaississement de la tige, et, pour quelques espèces, par le développement de racines tubéreuses (Pterocactus tuberosus par exemple). Elle explique aussi l'apparition des côtes ou une disposition des mamelons en spirale, qui permettent, un peu comme sur un accordéon, la dilatation et la rétraction du corps de la plante au gré des périodes de pluies et de sécheresse, sans déchirure de l'épiderme. La réduction des surfaces d'évaporation s'est traduite par un épaississement de l'épiderme, parfois même recouvert d'une sorte de cire, une diminution du nombre de stomates (pores permettant la respiration), et surtout, chez beaucoup d'espèces, la disparition des feuilles (voir évapotranspiration).

Quant aux épines, leur fonction est multiple : protection contre les animaux, captation de la rosée, protection de l'épiderme contre les ardeurs du Soleil, le vent desséchant ou le froid d'altitude, dissémination de l'espèce en s'accrochant aux toisons des animaux... (cependant, cette dernière hypothèse demeure encore du domaine des considérations théoriques)

Les fleurs de cactus sont parfois de grande taille. Comme les épines et les branches, elles poussent sur les aréoles. Beaucoup de cactus fleurissent la nuit. Leurs fleurs sont blanches ou très claires. Ils sont pollinisés par des papillons ou autres insectes nocturnes ou parfois par de petits animaux tels que les chauves-souris. À l'intérieur de la maison, c'est un choc thermique qui fera fleurir le cactus. Les fruits de certaines espèces sont comestibles (figuier de Barbarie).

Formes « monstrueuses »[modifier | modifier le code]

Comme les plantes succulentes, les cactus présentent parfois des formes dites "monstrueuses" appréciées des collectionneurs, car donnant l'apparence d'espèces différentes et uniques.

L'origine du phénomène est inconnue, probablement due à des mutations. Il y a deux phénomènes :

  • Fasciation (formes fasciées) : croissance anormale du sommet d'une tige en forme de faisceau.
  • Cristation (formes cristées) : croissance anormale du sommet d'une tige en forme de crête ou d'éventail[3].

Grands types morphologiques[modifier | modifier le code]

Organ Pipe Cactus National Monument, Arizona

Les cactus peuvent être regroupés en cinq grands types morphologiques :

  • Cactus primitifs – Pas ou peu succulents, ces cactus sont le chaînon manquant entre les plantes classiques, dites mésophytes et les cactus. Ils ont gardé l'aspect d'arbustes classiques et leurs vraies feuilles : Pereskia, Pereskiopsis, Quiabentia.
  • Oponces – Formés de segments épais en forme de raquettes (cladodes), parfois au sommet d'un tronc (Brasiliopuntia, Consolea...), de segments en forme de cylindres (Austrocylindropuntia, Cylindropuntia, Grusonia...) ou de petites boules plus ou moins allongées (Maihueniopsis, Tephrocactus...), ces cactus ont, pour la plupart, conservé des feuilles réduites et cylindriques, tombant rapidement.
  • Cactus colonnaires – Formés de tiges épaisses et allongées, dressées à rampantes ou retombantes, leurs aréoles sont disposées le long de côtes (Escontria...).
  • Cactus globuleux – Ils sont formés de tiges sphériques pouvant s'allonger, aux aréoles disposées sur des côtes (Astrophytum...) ou sur des mamelons en spirale (Mammillaria...). Chez les plus évolués, l'aréole s'est divisée, celle située à l'axile du mamelon produisant fleurs et rejets, celle au sommet du mamelon produisant les épines. Des formes intermédiaires de ce phénomène, appelé déhiscence sérielle, présentent un sillon reliant les deux parties de l'aréole en cours de division.
  • Cactus épiphytes à tiges aplaties – Ces cactus poussant dans des zones plus humides ont réduit leur capacité de stockage et leurs tiges aplaties ressemblent aux feuilles qu'elles remplacent dans leur fonction chlorophyllienne (Schlumbergera, cactus-orchidées...)

Répartition[modifier | modifier le code]

Les cactus sont presque exclusivement des plantes du Nouveau Monde. Une exception toutefois, Rhipsalis baccifera ; cette espèce a une répartition sur toute la zone subtropicale. Elle aurait colonisé assez récemment le Vieux Continent (quelques milliers d'années), probablement par des graines transportées dans le système digestif d'oiseaux migrateurs. La vallée de Tehuacán (Mexique) est l'un des plus riches sites de cactus dans le monde[4]. Beaucoup d'autres cactus (et notamment les Opuntias) se sont acclimatés sur les autres continents après avoir été introduits par l'homme.

Les Cactus ont dû évoluer dans les derniers 30 à 40 millions d'années, quand les continents étaient déjà bien séparés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Astrophytum asterias
Oponce (Opuntia sp.) surmonté d'un aigle représenté dans le codex Mendoza

Les cactus figurent sur les dessins et sculpture de l'ancienne civilisation aztèque tels que le codex Mendoza au XIVe siècle. À la suite d'une prophétie, une partie du peuple, entrainée par des prêtres transportant des effigies sacrées partit à la recherche d'un lieu où ils verraient un aigle perché sur un cactus dévorant un serpent. Lorsqu'une telle rencontre eut lieu, ils fondèrent leur capitale Tenochtitlan (l'ancien nom de Mexico).

En 1822, le général Iturbide attribua l'emblème de la cité aux armoiries du pays, le Mexique : un aigle perché sur un nopal (une espèce d'Opuntia) dévorant un serpent.

On trouve aussi des images de cactus dans l'ancienne civilisation Moche au Pérou, notamment Trichocereus pachanoi[5].

La nomenclature des Cactaceae a été très fluctuante. En effet, les différentes espèces n'existaient pas pendant l'Antiquité et sont arrivées en vagues progressives à compter de la découverte de l'Amérique.

Christophe Colomb a ramené les premiers cactus en Europe : des Melocactus en provenance des Antilles. Les premières espèces ramenées ont reçu le nom de cactus du grec ancien kaktos, qui désignait une espèce d'épineux, peut-être le chardon.

En 1597, John Gerard distingue dans son Herball publié à Londres 4 espèces : un Melocactus, deux Cereus et un Opuntia.

En 1753, Carl von Linné regroupe sous le genre Cactus les 22 espèces connues.

Vers 1770, Philip Miller isole trois genres : Pereskia, Opuntia, Cereus, gardant le terme Cactus pour tous les autres.

En 1812, A. H. Haworth isole cinq nouveaux genres, dont Mammillaria.

Ultérieurement, Engelmann, Britton et Rose et Backeberg isolent neuf nouveaux genres[6].

En 1903, Karl Schumann publie une monographie avec 21 genres et 760 espèces.

En 1958-1962, Backeberg dénombre 300 genres et 2000 espèces. Le nombre de genres a été réduit par la suite[3].

Au fil du temps les cactus ont joui d'une popularité croissante.

L'intérêt pour les cactus au XXe siècle a abouti à des collectes excessives et la disparition de certaines espèces. Mais de nouvelles espèces ou variétés sont aujourd'hui encore découvertes tous les ans.

Tous les cactus sont couverts par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages (CITES), et de nombreuses espèces sont pleinement protégées en raison de leur inscription à l'Annexe 1.

Certains pays ont une attitude contradictoire pour la protection des espèces. Au Mexique par exemple, ramasser des cactus est puni de prison. Mais les extensions urbaines détruisent des sites de cactus. C'est d'autant plus critique pour les espèces dont la zone de répartition est très réduite, parfois moins de 1 000 m².

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les utilisations décrites sont limitées aux Cactaceae. Elles excluent donc des genres tels que Agave et Aloe.

Ornement[modifier | modifier le code]

Le principal usage est de servir de plante d'ornement, en serre dans les régions tempérées, en extérieur dans les régions chaudes et sèches, notamment dans les régions frappées de restrictions d'arrosage comme certaines régions d'Australie. Certains, comme Echinocactus grusonii encore appelé coussin de belle-mère ou Golden Barrel Cactus en anglais (cactus baril d'or), sont très utilisés. Il en résulte une culture intensive dans les jardineries.

Utilisations agricoles[modifier | modifier le code]

Dans des régions pauvres (telles que certaines du Kenya), des espèces sont utilisées en tant que clôture pour éviter la divagation des animaux. Elles peuvent aussi éviter l'intrusion de voleurs et sécuriser une fenêtre si elles sont plantées en dessous[7]. L'Opuntia a été importée en Australie au XIXe siècle pour être utilisée en tant que haies naturelles et développer l'élevage des Cochenilles en vue de produire un colorant rouge naturel. Ces cactus sont toutefois devenus envahissants et, comme ils ne sont pas consommés par les herbivores australiens, elle a rendu 40 000 km² de terres agricoles improductives[réf. nécessaire]. Pour limiter les effets négatifs de ces cactus, la mouche Cactoblastis cactorum, dont les larves se nourrissent des fruits des Opuntia, a été introduite dans les années 1920.

Les troncs de grands cactus morts sont parfois utilisés comme bois de construction. Leur structure ligneuse et l'air sec les rendent très solides.

Certains cactus peuvent servir de combustibles. Les épines de certaines espèces telles que Trichocereus pacasana atteignent 10 cm et servent d'aiguilles pour des dentelles ou du tricot.

Alimentation[modifier | modifier le code]

L'Opuntia ficus-indica, plus communément appelé figuier de Barbarie, produit des fruits comestibles contenant jusqu'à 15 % de sucre. Il sert aussi de plante hôte pour l'élevage de la cochenille Coccus cacti utilisée pour produire par écrasement un colorant rouge naturel le carmin. Il faut recueillir 140 000 insectes pour produire un kilogramme de matière sèche. Il est utilisé pour des rouges à lèvres haut de gamme ou dans le Campari.

D'autres cactus portent des fruits comestibles : prickly pear et Hylocereus, qui produit le fruit Dragon ou pitaya. Certains peuples d'Amérique consommaient certains Echinocereus appelés pour cela cactus-fraises.

Dans de nombreuses régions, on donne certaines espèces d'Opuntia à raquettes plates comme fourrage pour les bestiaux.

Certains peuples se désaltéraient de l'eau contenu dans les Cereus.

Effets psychotropes[modifier | modifier le code]

Depuis 2000 ans[réf. nécessaire], les amérindiens du sud-ouest des États-Unis sucent des morceaux séchés du petit cactus sans épine appelé peyotl, Lophophora williamsii, lors des cérémonies rituelles pour ses propriétés psychotropes en raison des alcaloïdes qu'il contient.

Certaines espèces de Echinopsis (anciennement Trichocereus) ont également des propriétés psychoactives. Par exemple, le cactus San Pedro, un modèle commun dans de nombreuses jardineries, est connu pour contenir de la mescaline.

Zones climatiques[modifier | modifier le code]

Les cactus poussent principalement dans les régions arides du globe, tel que les déserts. On les retrouve au Mexique, aux États-Unis (désert des Mojaves) ainsi que dans certaines régions du Sahara et d'Australie.

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Selon NCBI (30 avr. 2010)[8] :


Selon Angiosperm Phylogeny Website (21 mai 2010)[9] :


Selon DELTA Angio (30 avr. 2010)[10] :


Selon ITIS (30 avr. 2010)[11] :

Genres fusionnés[modifier | modifier le code]

Certains genres ont été fusionnés

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Salak, M. (2000). In search of the tallest cactus. Cactus and Succulent Journal 72 (3).
  2. Mauseth Cactus research: Blossfeldia liliputiana
  3. a et b Gordon Rowley, Encyclopédie des cactus et autres plantes grasses, Bruxelles, Elsevier séquoia,‎ 1978, 34 p. (ISBN 2-8003-0315-8)
  4. http://www.parkswatch.org/parkprofiles/pdf/tcbr_eng.pdf%7Ctitle=Mexico: Tehuacán-Cuicatlán Biosphere Reserve.
  5. Berrin, Katherine & Larco Museum. The Spirit of Ancient Peru:Treasures from the Larco Museum|Museo Arqueológico Rafael Larco Herrera. New York: Thames and Hudson, 1997.
  6. Mariella Pizzetti, les plantes grasses, SOLAR,‎ 1980, 22 p. (ISBN 2-263-00462-9)
  7. Cactus, un article de Home Security Guru
  8. NCBI, consulté le 30 avr. 2010
  9. Angiosperm Phylogeny Website, consulté le 21 mai 2010
  10. DELTA Angio, consulté le 30 avr. 2010
  11. ITIS, consulté le 30 avr. 2010

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]