Alois Brunner

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Alois Brunner
Surnom Georg Fischer
Ali Mohammed
Naissance
Nádkút (Vas, Flag of Austria-Hungary (1869-1918).svg Autriche-Hongrie)
Origine Flag of the German Empire.svg Allemande
Arme Flag Schutzstaffel.svg Schutzstaffel
Grade Officier
Conflits Seconde Guerre mondiale
Autres fonctions Conseiller du gouvernement syrien, vendeur d'armes en Égypte
Famille Marié, une fille (Irena)

Alois Brunner (né le à Nádkút, dans la partie hongroise de l'empire d'Autriche-Hongrie, situé aujourd'hui en Autriche) est un officier SS, membre du parti nazi et un criminel de guerre nazi. Il serait l'un des derniers criminels de guerre nazis vivants, sa mort à ce jour n'étant pas avérée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît de Joseph Brunner et Anna Kruise à Nádkút en Hongrie à l'époque. En 1931, à l'âge de 19 ans, il rejoint le NSDAP. En 1941, avec le grade de Obersturmführer SS, il appartient au bureau des affaires juives à Vienne en Autriche. Au printemps 1942, il est dans l'organisation SS (dirigée par Karl Oberg) pour la France, l'adjoint de Theodor Dannecker chef de la section juive, et atteint le grade de Hauptsturmführer-SS. Début février 1943, il arrive en Grèce pour organiser la déportation de la communauté juive de Salonique. À partir de juillet 1943, il dirige le camp d'internement et de transit de Drancy et choisit d'organiser le départ des déportations non plus de la gare du Bourget mais de la gare de Bobigny pour des raisons de discrétion et de logistique. En février 1944, son passage à Grenoble va accentuer l'arrestation de juifs dans la ville[1]. Conjointement avec Helmut Knochen, chef de la police de sécurité en France, il signe, le , un ordre d'arrestation de tous les Juifs de nationalité française restant sur le territoire (orphelinats, prisons, camps de travail, opérations de ratissage dans les campagnes). Dernière vague d'arrestation et de déportation, 6 000 Juifs, parfois dénoncés pour toucher une prime réservée aux délateurs, furent envoyés de France dans les camps[2]. En septembre 1944, à Bratislava, il assiste Josef Witiska, chef de l'Einsatzgruppe H, dans le processus de déportation des Juifs slovaques[3]. Il devient par ses fonctions l'un des rouages importants de la solution finale aux côtés d'Adolf Eichmann.

Il est notamment l'instigateur des faits suivants :

Il est également impliqué dans les rafles de Berlin et dans la déportation des enfants d'Izieu.

Le dernier convoi qu'il organise avant la fin de la guerre part le de Sered, en Tchécoslovaquie[4].

L'exil en Syrie[modifier | modifier le code]

Brunner a été condamné à mort par contumace par le Tribunal permanent des forces armées à Paris, le [5]. Il part en Syrie vers l'année 1954, où il est embauché, en 1971, comme conseiller du gouvernement d'Hafez el-Assad. Il aide le gouvernement syrien à mettre en place des techniques de torture dans les prisons[6]. Cette même année, il est une première fois condamné à mort par contumace en France. Une photo, prise en 1961, le représente alors affublé d'une moustache, contrairement à son habitude[7]. Le de cette même année, le Mossad (services secrets israéliens) l'ayant localisé, lui envoie un colis piégé : deux postiers de la poste de Damas sont tués, Brunner (qui se fait alors appeler « Fisher ») n’est que blessé bien qu’il soit donné mort par la police. Brûlé au visage, il perd l’œil gauche et plusieurs doigts[6].

Il est traqué sans relâche par Simon Wiesenthal, mais trouve refuge à Damas où il serait connu sous le nom de « Dr Georg Fischer » ou bien « Ali Mohammed ». L'Allemagne et d'autres pays réclament sans succès son extradition. Dans une interview accordée au Chicago Sun Times, Brunner déclare en 1987 à propos des Juifs exterminés : « Tous méritaient de mourir parce que c'étaient les envoyés du diable et des ordures humaines. Je n'ai aucun regret et je le referais »[8]. » En août 1987, Interpol lance contre lui un mandat d'arrêt international.

Une rumeur fait état de la mort de Brunner, en 1992, en Syrie. Mais sa fille, Irena Ratheimer, mariée à un député autrichien, n'a jamais confirmé ce décès. L'enquête pour attester la présence d'Alois Brunner, alias Georg Fisher, au 7, rue Georges-Haddad, à Damas, s'est avérée impossible, tout comme celle pour vérifier si des obsèques chrétiennes ont bien été célébrées pour lui, ou l'existence d'un enterrement dans un cimetière de Damas[9]. En 1995, le procureur de l'Allemagne annonce une récompense de 333 000 dollars pour toute information qui permettrait son arrestation.

En décembre 1999, des rumeurs font état de son décès en 1996. Mais des journalistes allemands qui avaient fait un séjour en Syrie affirment qu'il est toujours vivant et qu'il vit à l'hôtel Méridien de Damas.

Le , il est condamné à nouveau en France par contumace à la prison à perpétuité pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité[10].

En juillet 2007, le ministère de la justice autrichien annonce sur son site qu'une récompense de 50 000 euros est promise à toute personne qui fournirait des informations pouvant conduire à localiser ou capturer Alois Brunner et Aribert Heim.

En , le gouvernement allemand admet avoir détruit des documents concernant la localisation de Brunner, la Chute du mur de Berlin, en 1989, ayant bouleversé la procédure d'extradition en cours[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tal Bruttmann, La logique des bourreaux 1943-1944, Hachette Littératures, 2003.
  2. Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, vol. 2, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire » (no 38-39),‎ 1991, 1098 p. (ISBN 978-2-0703-2709-6 et 978-2-0703-2710-2, OCLC 25609496), p. 566.
  3. Raul Hilberg, op.cit., p. 641.
  4. Trial.ch.org.
  5. [1]
  6. a et b « Aloïs Brunner, nazi responsable de 147 000 déportations de Juifs. Mort ou vivant ? Petite biographie d’Aloïs Brunner » par Catherine Desplanque.
  7. Metrofrance.com
  8. GWU.edu
  9. Libération, 26 août 1999, L'ombre d'un nazi devant les assises. Alois Brunner devrait être jugé l'année prochaine à Paris. : liberation.fr
  10. « Alois Brunner condamné par contumace » - article de la La Libre Belgique du 2 mars 2001
  11. Expatica.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]