Rafle

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Une rafle est une opération policière d'interpellation et d'arrestation de masse de personnes prises au hasard sur la voie publique ou visant une population particulière. Pour garantir le succès de l'opération, les organisateurs comptent particulièrement sur l'effet de surprise afin de limiter au maximum les possibilités d'y échapper. Sur le plan légal, la rafle est d'ordre administratif et placée sous le contrôle de l'autorité politique.

En France[modifier | modifier le code]

Rafles pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

On attribue le nom de rafles aux vagues d'arrestations organisées par les polices françaises et allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale contre les Juifs et également dans les opérations contre les Résistants. Les personnes raflées, sont ensuite parfois libérées, souvent fusillées ou envoyées dans les camps de concentration ou d'extermination nazis.

La plus connue des rafles contre les Juifs est la rafle du Vél' d'Hiv' des 16 et 17 juillet 1942.

La rafle anti-maquis et de répression de Tulle, le 9 juin 1944, est décrite ainsi : « par petits groupes, les SS ratissent les quartiers et les rues ; ils entrent dans les logements, examinent les hommes qu'ils font sortir ; aux femmes, ils affirment qu'il s'agit d'un contrôle d'identité, que l'absence de leur époux, fils ou frère ne sera pas longue et qu'il est inutile d'emporter des provisions[1]. »

Rafles pendant la Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Afin de lutter contre l'indépendance de l'Algérie qui se dessine entre 1958 et 1962, le gouvernement de l'époque permet des interpellations à plus grande échelle : plusieurs rafles ont lieu à Paris, mais aussi Alger.

Maurice Papon est nommé préfet à Paris en 1958. À plusieurs attentats perpétrés sur le sol algérien, il répond à Paris par des rafles de Français musulmans d’Algérie. Une « Force de police auxiliaire » est mise en place, et soupçonnée de pratiquer la torture. En parallèle, des suspects peuvent être interpellés et arrêtés, sur simple décision administrative, au Centre d’identification de Vincennes ou au palais des Sports.

Lors de la bataille d'Alger, 20 000 autochtones sont arrêtés arbitrairement, mais à peine plus de 16 000 sont relâchés. Le général Massu, dans son livre la Vraie Bataille d'Alger explique qu'un peu plus des 3 000 personnes manquantes ont subi le sort des « crevettes Bigeard » (les deux pieds noyés dans du béton, et les personnes jetées par hélicoptère dans la mer).

En Belgique[modifier | modifier le code]

Rafles de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La population juive de Belgique a connu 4 rafles durant la seconde guerre mondiale. Les deux premières rafles se déroulèrent les 15 et 28 août 1942 à Anvers sous le commandement du sous-officier SS Erich Holm. Elles furent menées par des feldgendarmes, des SS allemands et flamands ainsi que par des policiers belges. Une troisième rafle se déroulera le 11 septembre 1942. A Bruxelles, la situation est différente et le bourgmestre Jules Coelst qui s'était déjà opposé aux allemands sur la question du port obligatoire de l'étoile juive, ordonnance qu'il refusera de faire appliquer, argua d'un manque d'effectif pour que sa police ne soit pas mêlée aux rafles. Une seule rafle nocturne se déroulera ainsi à Bruxelles, le 3 septembre 1942[2].

En Palestine occupée[modifier | modifier le code]

Rafles en Cisjordanie[modifier | modifier le code]

En Juin 2014, après qu’un gouvernement palestinien d’union nationale entre le Fatah et le Hamas ait été annoncé et quelques mois avant la date prévue des élections palestiniennes. Israël utilise la disparition des trois jeunes adolescent colons comme un prétexte pour écraser le Hamas. Une opération de grande envergure a lieu, en quelques semaines seulement 639 Palestiniens, dont 11 députés et des dizaines d'ex-détenus palestiniens ont été emprisonnés.

« Depuis la disparition des colons, nous avons vu une forme claire de punition collective, non seulement avec des arrestations, mais avec des raids, des assassinats, des blessures, etc, » a déclaré à Ma’an Gavan Kelly, coordinateur international de défense d’Addameer.

Article détaillé : Guerre de Gaza de 2014.

Rafles issues de la surveillance internet[modifier | modifier le code]

  • Le terme de rafle est repris aujourd'hui lorsque la police médiatise une opération destinée à combattre la pédophilie sur internet. Le mode opératoire adopté est d'intervenir en semaine à 6 heures, heure légale d'intervention pour perquisition et arrestation.
  • La surveillance des activités d'internautes a permis également de surprendre des téléchargements illégaux de films et rendre possible la rafle des contrefacteurs. On peut citer, par exemple les rafles organisées par le syndicat MPAA (Motion Picture Association of America) aux États-Unis [3] ou celle de la police coréenne (pour stopper les téléchargements du film Lord of War [4]) qui ont été médiatisés afin de décourager le téléchargement illégal basé sur la technologie « Peer to Peer ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J.J. Fouché, G. Beaubatie, op. cit., p. 131
  2. Paul Aron, José Gotovitch, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique, éditions André Versaille, Bruxelles, 2008, (ISBN 9782874950018)
  3. Nouvelle rafle de la MPAA contre le piratage de films
  4. Rafle au pirate de Lord Of War en Corée du Sud - PC INpact