Lion Feuchtwanger

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Stamps of Germany (DDR) 1974, MiNr 1945.jpg

Lion Feuchtwanger [ˈli:ɔn ˈfɔ͡ø̯çtˌv̥aŋɐ], né le à Munich et mort le à Los Angeles, est un écrivain allemand.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Lion Feuchtwanger est issu d'une famille de la bourgeoisie juive de Bavière assimilée. Conservatrice, sa famille est libérale et attachée au culte de la petite patrie. Lion Feuchtwanger va devenir un maître du roman historique et connut une gloire mondiale en publiant en 1923 son œuvre la plus célèbre : Le Juif Süss, qui en fera l'un des auteurs germanophones les plus lus du XXe siècle.

Critique de théâtre, metteur en scène et dramaturge, il fait partie des fondateurs, en 1908, du magazine culturel Der Spiegel (qui fera paraître 15 numéros). En 1912 Il épouse Marta Löffler. Le couple voyage en Suisse et en Italie, puis dans le sud de la France (1912-1913). En 1914, Lion Feuchtwanger est surpris à Tunis par la déclaration de la Première Guerre mondiale. Il est fait prisonnier, mais réussit à s'échapper et rejoint Munich. Après guerre, il se range parmi les pacifistes et les antimilitaristes. C'est un ami et un collaborateur de Bertolt Brecht dans le Berlin des années vingt.

Lion Feuchtwanger dispose de nombreuses sources quand il commence à s'intéresser au personnage du juif Süss en 1916. Il écrit d'abord un drame en trois actes joué à Munich à partir d'octobre 1917. La pièce reçoit une critique très défavorable[1]. L'auteur a rompu avec le judaïsme mais n'est pas insensible à l'antisémitisme. Dans Le Juif Süss paru en 1925, l'auteur, à travers l'histoire de J. Süss-Oppenheimer, conseiller financier du Wurtemberg au début du XVIIIe siècle, dénonce l'antisémitisme. Ce qui n'empêchera pas le régime nazi, sous l'impulsion de Goebbels, de s'emparer du roman et d'en pervertir le sens pour l'adapter au cinéma en 1940 à des fins de propagande antisémite. Le Juif Süss connaîtra un grand succès et sera traduit en une vingtaine de langues.

En janvier 1933, il est aux États-Unis lorsque les SA mettent à sac sa maison à Berlin, confisquent ses biens, le privent de sa nationalité, de son titre de docteur, et interdisent ses livres. Il s'exile en France, à Sanary-sur-Mer. Avec Brecht et Bredel, il publie le journal Das Wort, la plus importante publication antifasciste des écrivains émigrés allemands. Pacifiste et antimilitariste, il devient alors l'un des chefs de file des intellectuels allemands qui luttent contre le nazisme : sa maison devient le point de rencontre de l'intelligentsia allemande en exil. En 1936, il publia Le Faux Néron, roman historique qui est une métaphore du nazisme.

Il est incarcéré à deux reprises au camp des Milles, près d'Aix-en-Provence, où le régime de Vichy retient sans distinction tous les ressortissants d'Europe centrale, qu'ils soient nazis ou antinazis. Il parvient à s'évader et à rejoindre les États-Unis grâce à l'aide du journaliste Varian Fry.

En 1940, il s'installe à Pacific Palisades en Californie, où il publie Exil. En 1948, il demande la nationalité américaine, qui lui sera toujours refusée pour ses relations avec le courant communiste. Il meurt en 1958 d'un cancer de l'estomac.

L’un des romans les plus importants de ce grand admirateur du siècle des Lumières et des valeurs de la Révolution française, est la Sagesse du fou, consacré à Jean-Jacques Rousseau.

Vie après la guerre[modifier | modifier le code]

Il n'est jamais reparti des États-Unis où il est enterré. Il a soutenu le gouvernement communiste de la République démocratique allemande (RDA, ancienne Allemagne de l'est) — d'où l'existence d'un timbre de la RDA émis à son effigie — et y a été considéré comme un héros antifasciste.

Robert Conquest juge que l'entretien entre Feuchtwanger et Staline est un exemple de l'aveuglement et de la naïveté de certains non-Russes face au dictateur. Cela peut sembler paradoxal de donner ensuite des intentions humanistes à Feuchtwanger, au regard de ses positions pro-communistes/stalinistes, et ayant toléré voire soutenu un régime criminel et violent à bien des égards.

Il est l'oncle d'Edgar Feuchtwanger.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lionel Richard, Nazisme et barbarie, 2006, Editions Complexe, p 106

Liens externes[modifier | modifier le code]