Otto Abetz

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Otto Abetz
Image illustrative de l'article Otto Abetz
Fonctions
Ambassadeur d’Allemagne en France
19401944
Prédécesseur Johannes von Welczeck
Successeur Wilhelm Hausenstein
(en 1950, RFA)
Biographie
Date de naissance 26 mai 1903
Date de décès 5 mai 1958
(à 55 ans)
Nationalité Allemande
Parti politique NSDAP
Profession Diplomate

Otto Abetz (né le 26 mai 1903 et mort le 5 mai 1958) était l'ambassadeur de l'Allemagne à Paris (France) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Otto Abetz est né à Schwetzingen (Grand-duché de Bade). Il étudie à Karlsruhe, où il devient professeur d'art et de biologie dans une école de filles. Francophile, il s'implique dans le développement de l'entente franco-allemande[1]. Abetz fait partie de l'environnement de la « jeunesse bündisch » (Bündische Jugend (de)) et, en 1930, est le fondateur de la réunion de Sohlberg, qui permet la rencontre de jeunes des organisations de jeunesse allemande et française, réunion se déroulant dans une auberge au Sohlberg dans la Forêt-Noire. De ces rencontres se crée un groupe solide, le Cercle de Sohlberg, qui édite un magazine dont le président est Otto Abetz et dont les participants du côté français sont des hommes aussi divers que Jean Luchaire, Bertrand de Jouvenel ou Pierre Brossolette. Abetz était apprécié parmi ses invités français, qui estimaient que celui-ci s'engageait sérieusement dans la nécessaire réconciliation franco-allemande mise en place à la suite de la Première Guerre mondiale. Durant cette période, Abetz est proche des positions socialistes et pacifistes[2].

En 1930, Abetz se rapproche du NSDAP, le parti nazi, dont il partage les positions en politique étrangère, notamment les demandes de révision de parties essentielles du traité de Versailles. Il le rejoint en 1931.

En 1932, Abetz épouse Suzanne de Bruyker, une Française qui était secrétaire du journaliste Jean Luchaire. De 1934 à 1939, il publie avec Fritz Bran une revue, les Cahiers franco-allemands, qui avait pour but de propager l'idéologie nazie dans le milieu des intellectuels français. Il est proche de Pierre Drieu La Rochelle.

Entré dans le service des affaires étrangères allemand en 1935, il représenta l'Allemagne en France en 1938 et en 1939, et fut initié à la Franc-maçonnerie (il fut membre de la loge Goethe de la GLF[3]).

Le 30 juin 1939, il fut expulsé de France[4] comme présumé espion[5].

Le 8 juillet 1940, à la suite de l'armistice entre la France et l'Allemagne, il fut de nouveau envoyé en France. Nommé ambassadeur de l'Allemagne le 3 août 1940, il conserva ce poste jusqu'en 1944[6]. Il travailla à mettre en place une politique de collaboration. Dès l'été 1940, il donne son prénom à la liste Otto des ouvrages interdits par la censure allemande, organise l'expropriation des biens privés appartenant à des familles juives et fait main basse sur les prestigieuses collections Seligmann, Wildenstein, Alphonse Kahn, Rosenberg, Bernheim, Maurice et Robert de Rothschild, James Armand, Maurice Dreyfus, Raymond Lazard[7]

En juillet 1949, le tribunal militaire de Paris le condamna, malgré la plaidoirie de Maître Floriot, à 20 ans de travaux forcés pour crimes de guerre, en particulier pour son rôle dans l'organisation de la déportation des juifs de France vers les camps de la mort. Il fut libéré en avril 1954.

Il trouva la mort avec son épouse en 1958 dans un accident de voiture sur une route d'Allemagne, à Langenfeld.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Pétain et les Allemands. Mémorandum d'Abetz sur les rapports franco-allemands, Paris, Gaucher, 1948.
  • D'une prison. Précédé du Procès Abetz vu par Jean Bernard-Derosne. Suivi des principales dépositions, du réquisitoire et de la plaidoirie de Me René Floriot, Paris, Amiot-Dumont, 1950.
  • Histoire d'une politique franco-allemande (1930-1950). Mémoires d'un ambassadeur, Paris, Delamain et Boutelleau, 1953.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent »,‎ 2009, 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3), p. 75
  2. Charles Vaugeois, « Otto Abetz et la collaboration politique », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 56, janvier-février 2011, p. 38-39
  3. Jean-André Faucher, Histoire de la Grande Loge de France, Éditions Albatros, 1981
  4. Roland Ray: Annäherung an Frankreich im Dienste Hitlers? Otto Abetz und die deutsche Frankreichpolitik 1930-1942, Munich, 2000, p. 264
  5. « Au sujet de l'expulsion d'Abetz, il (Emmanuel Berl) trouve inacceptable qu'on renvoie un présumé espion sans ni l'incarcérer ni le juger. » (Bernard Morlino, Emmanuel Berl. Les tribulations d'un pacifiste, La Manufacture, 1990, pp. 302-303.)
  6. Général Giraud: Mes évasions, Hachette, 1946, p. 152
  7. Jérôme Gautheret et Thomas Wieder, « De la haine dans l'air », Le Monde, 27 juillet 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]