Salomon Gluck

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Salomon Gluck

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Médecin lieutenant Salomon Gluck (25 février 1941)

Nom de naissance Salomon Gluck
Naissance 5 novembre 1914
Zurich
Décès 20 mai 1944 (à 29 ans)
Kaunas (Lituanie) ou Reval (Talinn) (Estonie)
Nationalité Drapeau : France Française
Pays de résidence France
Diplôme
Activité principale
Distinctions

Salomon (Abraham Salomon) Gluck (5 novembre 1914, Zurich - vers le 20 mai 1944 en Lituanie ou Estonie) est un médecin français et un membre de la Résistance disparu - assassiné - en déportation. Il a été déporté de France vers les pays baltes dans le convoi 73.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et enfance[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Pinhas Gluck (1886-1964) et de Henia Shipper (1887-1968). Son père est un descendant direct de maîtres hassidiques, de la famille Friedman, remontant au Magid Dov Baer de Mezeritch (1704-1772), le disciple et successeur du Baal Shem Tov, le fondateur du hassidisme.

Il a trois sœurs, Antoinette Feuerwerker (1912-2003), née en Belgique, Hedwige (Hendel) Naftalis (1913-1984) et Rose Warfman (née en 1916), nées à Zurich. Ses parents originaires de Tarnów et de Przemyśl, Galicie, Autriche-Hongrie habitent en Belgique avant de s'établir en Suisse, durant la Première Guerre mondiale. La famille vit ensuite en Allemagne, et vient en France en 1921, habiter à Strasbourg. Il compte parmi ses amis Samy Klein, le futur rabbin fusillé par les nazis.

Après être passé par le lycée Fustel-de-Coulanges de Strasbourg et le lycée Kléber, il étudie à la faculté de médecine de Strasbourg. Il publie sa thèse de médecine en 1939[1].

Résistance et déportation[modifier | modifier le code]

Interne à Londres lorsque la guerre éclate, Salomon Gluck revient en France et rejoint l'armée française le 16 septembre 1939. Il est envoyé sur la Ligne Maginot. Dans la débâcle de 1940, le sous-lieutenant Gluck est fait prisonnier et envoyé à l'Oflag 12b[2], dans la citadelle de Mayence, en Allemagne. Libéré en 1941, il reçoit la croix de guerre 1939-1945. Parmi ses camarades de captivité se trouve Fernand Braudel[3].

En raison des lois racistes de Vichy, il ne peut exercer en tant que médecin. Néanmoins, il pratique sa profession dans une Maison d'enfants à Broût-Vernet (Allier)[4],[5], prenant en charge la santé de jeunes orphelins. Cette maison d'enfants faisait partie du réseau créé par l'OSE (Œuvre de secours aux enfants)[6],[7],[8],[9]. Il y travaille avec le Grand-rabbin Schneour Zalman Schneersohn et son ami l'éducateur Robert Weil (1912-1992).

Informé de son arrestation imminente, il joint sa sœur Antoinette Feuerwerker, et son beau-frère, le rabbin David Feuerwerker, à Brive-la-Gaillarde, Corrèze. Ils œuvrent ensemble aux côtés de Edmond Michelet, dans le Mouvement de Résistance Combat. Dans le bureau du 1er étage de la synagogue de Brive, au 30 avenue Pasteur, Brive 19100, que sa sœur Rose utilise comme représentante de l'UGIF, il donne des consultations médicales gratuites aux nombreux réfugiés.

Il va à Lyon, au printemps 1944, où il rejoint la Résistance lyonnaise.

Peu après, il est arrêté par la Milice française quand, en tentant de protéger son père brutalisé par ces agents, il se déclare ouvertement comme un membre de la Résistance.

Emmené à la prison Montluc à Lyon, puis à Drancy, près de Paris, le 11 mai 1944, sous le numéro 21530, il est déporté depuis la gare de Bobigny par le convoi n° 73 [10],[11],[12],[13],[14],[15],[16], en date du 15 mai 1944, un des rares trains provenant de France comprenant uniquement des hommes, et avec pour destination finale non pas Auschwitz, mais Kaunas en Lituanie ou Reval (aujourd'hui appelé Tallinn) en Estonie.

Mort[modifier | modifier le code]

Le Dr. Salomon Gluck est assassiné, comme la plupart des 878 hommes du convoi 73, le ou vers le 20 mai 1944[17]. Son nom est inscrit sur la tombe de son père à Haïfa, Israël, sur le Mur des Noms, au Mémorial de la Shoah, sur le site du Mémorial du martyr Juif inconnu, dans le Marais à Paris, et au cimetière juif de Cronenbourg (Strasbourg) comme éternel souvenir[18],[19],[20],[21].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir, Salomon Gluck. Commentaires médico-légaux sur la loi du 1er juillet 1938 concernant les accidents du travail. Thèse de médecine. Strasbourg, 1939. Paris: Librairie Le François, 1939. Président: Camille Simonin. OCLC World Cat. Sur Simonin, voir l'article Camille Léopold Simonin.
  2. Voir,(en) The Wartime Memories Project - Oflag 12b POW Camp
  3. Voir, Jean Pierre Duhard. Témoignages de guerre et de captivité (Stalags et Oflags, 1940-45). 2012, 2013.
  4. Voir, Henri Klein. Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier.
  5. Voir, Cogan Joseph. Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier.
  6. voir, Discours de Michel Garel en l’honneur de Margot Cohn et évocation de l'OSE
  7. voir, Salomon Gluck. Résistant.
  8. Voir, L'OSE (Œuvre de Secours aux Enfants). Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier.
  9. Voir, Richet, 2006, p. 208.
  10. Voir, Salomon Glück sur le site du Convoi 73
  11. Voir, Le Convoi 73
  12. Voir, Béatrice et Patrick Reynier. L'absence pour mémoire. Film documentaire sur le convoi 73. Mars 2007
  13. Voir, Association des Familles et Amis des Déportés du Convoi 73. Site Officiel.
  14. La stèle des Déportés du Convoi 73 au Père-Lachaise
  15. Voir, Laurent Greilsamer. Drancy, 15 mai 1944: la mémoire sauvée du convoi numéro 73. Le Monde, 11 novembre 1999.
  16. Voir, Arrestations 1939-1945: Lyon. AJPN.
  17. J.O.R.F. n° 248 du 24/10/1993
  18. Voir, Tout homme a un visage sur le site du judaïsme alsacien
  19. Voir, (en) Jewish Memorial Center
  20. Voir, Les "juifs résistants" déportés dans des transports de persécution.
  21. Voir, Déportés originaires de Strasbourg. judaisme.sdv.fr.