Élections européennes de 1984 en France

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Les élections européennes de 1984 en France se sont tenues le 17 juin pour la désignation des députés européens français pour une durée de cinq ans. Ces élections ont lieu simultanément dans les 10 des pays alors membres de la Communauté économique européenne. Avec 81 postes à pourvoir dans un Parlement qui en comporte 434, le contingent d'eurodéputés français représente donc 18,7 % des sièges. S'agissant d'un scrutin de liste proportionnel à un tour, les sièges sont répartis à l'échelle nationale en proportion des voix obtenus, avec toutefois une limite inférieure : Pour obtenir des élus, une liste doit obtenir au moins 5 % des suffrages exprimés.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au pouvoir depuis l'élection de François Mitterrand en 1981, la gauche menée par le Parti socialiste est critiquée à la fois sur le plan économique et sur le plan social : inflation importante, chômage en hausse, loi Savary sur l'éducation qui suscite des manifestations de masse… Peu à peu, le gouvernement socialiste se détourne du programme commun avec le tournant de la rigueur.

La majorité s'apprête à subir un test national par le biais de ces élections. D'autant plus que l'opposition RPR/UDF se présente unie derrière Simone Veil.

La montée du Front national[modifier | modifier le code]

C'est dans le Midi que la montée du Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen est la plus impressionnante : 21 % à Perpignan, de 17 % à 22 % en Corse-du-Sud, dans les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône et le Var. À Marseille, le FN passe devant le PS : dans la ville de Gaston Defferre, Jean-Marie Le Pen obtient 21 % et Lionel Jospin 18 %.

Le vote en faveur de Jean-Marie Le Pen est plus politique que sociologique. Par exemple, dans le 8e arrondissement de Paris (bourgeois), Jean-Marie Le Pen obtient 18,97 % des voix tandis que dans le 20e (populaire), il récupère 17,98 % des suffrages. Le FN monte surtout aux dépens du Parti communiste, comme par exemple à Thionville, fief communiste, où le Front obtient plus de 13 % et le PCF 11 %.

C'est également dans les villes les plus touchées par la crise et le chômage que les scores de Le Pen sont satisfaisants, comme à Saint-Étienne.

Mais dans trois départements, peu peuplés et agricoles, la liste « Europe des patries » a moins de 5 % : le Cantal, la Creuse et la Corrèze.

Résultats[modifier | modifier le code]

La liste de Simone Veil l'emporte largement. Mais avec 43 % des voix, l'opposition de droite réalise un score qui n'est pourtant pas très supérieur à celui des législatives de 1981. Cette victoire RPR/UDF est, en effet, nuancée par l'émergence du Front national. Le parti de Jean-Marie Le Pen réalise là sa première percée au niveau national. Percée qui coïncide avec l'effondrement du PCF, la liste de Georges Marchais ne recueillant que 11 % des voix. Le Parti socialiste obtient près de 21 % des suffrages, ce qui constitue un net revers par rapport aux scores exceptionnels de 1981. L'abstention élevée (43,27 %) tempère cette défaite de la majorité, bien qu'elle annonce déjà la défaite de 1986 aux prochaines législatives. À l'issue de ce scrutin, 17 femmes entrent au Parlement européen pour la France, représentant 21,0 % des eurodéputés français.


Nom de la liste Parti Tête de liste Pourcentage des exprimés Sièges obtenus
au Parlement européen
Groupe politique
Liste présentée par le Parti communiste français PCF-UP Georges Marchais 11,20 % 10 Groupe communiste et apparentés
Liste socialiste pour l'Europe PS-MRG Lionel Jospin 20,75 % 20 Parti socialiste européen
Union de l'opposition pour l'Europe et la défense des libertés UDF/RPR Simone Veil 43,02 % 41 UDF: Parti populaire européen et Groupe des Libéraux Démocrates Réformateurs (LDR)

RPR: Rassemblement des Démocrates Européens[1]

Front d'opposition nationale pour l'Europe des patries FN Jean-Marie Le Pen 10,95 % 10 Groupe des droites européennes
Les Verts - Europe écologie Verts Didier Anger 3,36 % 0
Entente radicale écologiste pour les États-Unis d'Europe (ERE) Union Centriste Radicale, Écologistes indépendants, MRG Olivier Stirn
Brice Lalonde
François Doubin
3,32 % 0
Au nom des travailleurs LO Arlette Laguiller 2,07 % 0
Réussir l'Europe UDF dissident Francine Gomez 1,89 % 0
Pour un parti des travailleurs PCI Marc Gauquelin 0,90 % 0
Différents, de gauche, en France, en Europe - La troisième liste de gauche PSU/CDU Serge Depaquit 0,72 % 0
Union des travailleurs indépendants pour la liberté d'entreprendre (UTILE) Divers droite Gérard Nicoud 0,68 % 0
Divers droite Initiative 84 Gérard Touati 0,60 % 0
Pour les États-Unis d'Europe Union des fédéralistes européens Henri Cartan 0,38 % 0
Parti Ouvrier Européen POE Jacques Cheminade 0,08 % 0

bibliographie : Jean-Pierre Rissoan, Traditionalisme et révolution : les poussées d'extrémisme des origines à nos jours. Second volume "du fascisme au 21 avril 2002", 2007, 416 pages, ISBN 978-2-84301-185-6, (analyse détaillée des élections européennes de 1984).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], Données établies par Laurent de Boissieu © http://www.france-politique.fr