Germaine Ribière

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Germaine Ribière (Limoges, Haute-Vienne, 1917-1999) est une catholique française, membre de la Résistance, qui sauva de nombreux Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, et fut reconnue comme Juste parmi les nations (18 juillet 1967, mémorial de Yad Vashem, Jérusalem, Israël).

La Résistance et le sauvetage de juifs[modifier | modifier le code]

Étudiante[1],[2],[3] à l'université à Paris[4], Germaine Ribière[5] réagit contre la discrimination contre les Juifs, notant par exemple dans son journal note en mai 1941: «Ceux qui devraient être éveillés sont ceux qui endorment les autres"[6], puis au mois de juin 1941 : «L'Église, la hiérarchie, demeurent silencieuses. Elles laissent la vérité être profanée"[7]. En mai 1941, Germaine Ribière est présente lors de l'arrestation de Juifs dans le Marais, le vieux quartier juif de Paris (aussi connu comme le Pletzl)[8]. Estimant que sa place n'est plus à Paris, elle va à Vichy, où elle s'engage dans le journal Cahiers du Témoignage Chrétien[9],[10],[11],[12] et l'organisation Amitié chrétienne[8],[13],[14].

Lors des rafles en Zone libre, en Haute-Vienne, Creuse et Indre, le 26 août et en septembre 1942, Germaine Ribière et le pasteur Chaudier de Limoges procurent des cachettes[15] dans des familles non juives[16], pour des enfants des lieux d'accueil de l'OSE[17] du Masgelier et de Chabannes. Le médecin de cette organisation, Gaston Lévy, qui appelle Germaine Ribière, « notre héroïne des temps de détresse »[18] témoigne :

« C'est presque dès notre arrivée à Limoges qu'une aide clairvoyante et efficace m'a été apportée par Mademoiselle Germaine Ribière dans toutes mes activités. Née à Limoges dans une famille catholique profondément religieuse, elle était au moment où elle vint m'offrir son aide à la Pouponnière, responsable des JEC (Jeunesse estudiantine chrétienne)[19]. On la voyait imprégnée d'un esprit évangélique, d'un amour désintéressé du prochain. Elle souffrait visiblement de la situation qui nous avait été faite, à nous juifs. Avant de venir me voir à la Pouponnière, sa révolte contre la persécution hitléro-vichyssoise avait déjà eu une certaine efficacité. Elle avait séjourné un certain moment auprès des internés de l'abominable « Centre d'hébergement » de Récébedou[20],[21], et passé au camp de Gurs. Son rapport sur les circonstances atroces dans lesquelles végétaient les internés était à l'origine de la Lettre pastorale du cardinal Jules Saliège de Toulouse, du 23 août 1942, stigmatisant sévèrement les persécutions juives. Germaine Ribière, comme on le verra encore plus loin, a fait énormément dans cette période tragique pour sauver des vies juives. Elle est restée fidèlement à nos côtés dans toutes les actions de sauvetage des enfants en danger, comme elle est restée jusqu'à ce jour une fidèle amie d'Israël[22]."[23].

Le 23 août 1942, l’OSE, les Éclaireurs israélites de France, les Amitiés chrétiennes et plusieurs autres organisations humanitaires, participent à la commission de « criblage » des 1200 juifs de la région lyonnaise arrêtés lors des rafles de l’été 1942 et internés au camp de Vénissieux[24]. La commission parvint à sauver momentanément 160 adultes, dont 80 sont à nouveau interpellés le lendemain, puis 108 enfants. Cet évènement tragique est connu sous le nom de « nuit de Vénissieux ». L’OSE, les Amitiés chrétiennes et l’Action catholique de Germaine Ribière refusent de rendre les enfants malgré les ordres donnés par Vichy au préfet régional Angéli de « ne pas séparer les familles ». Ils sont dispersés avec de faux papiers dans des institutions catholiques, sous la surveillance de l’OSE[24],[25],[26].

Germaine Ribière s'occupe de fournir des faux-papiers à ceux qui en ont besoin et de fournir à des résistantes du matériel pour en fabriquer[27]. Elle est aidée dans cette tâche par le dessinateur Jean Stetten-Bernard[28],[29]. L'Amitié chrétienne, dont Germaine Ribière faisait partie, fut établie à Lyon en 1941, dans le but d'aider les juifs et autres victimes soumis aux décrets de Vichy et de l'occupant. Le 27 janvier 1943, cette organisation tint une réunion d'urgence au domicile du pasteur protestant suisse Roland de Pury, à Lyon, afin de trouver le moyen de prévenir les Juifs venant se faire établir des faux papiers que les bureaux de l'UGIF, rue Sainte-Catherine, étaient surveillés par la Gestapo[30],[31]. La solution trouvée fut que Germaine Ribière se ferait passer dès le lendemain matin pour une femme de ménage nettoyant les escaliers et avertirait ceux-ci de ne pas entrer dans l'immeuble[32].

Faits de courage[modifier | modifier le code]

  • Germaine Ribière intervient pour faire fabriquer une fausse carte d'identité pour Jean-Marie Soutou (1912-2003)[33], grand animateur de la résistance catholique (Amitiés judéo-chrétiennes), incarcéré à la prison Montluc, à Lyon[34]. Le document lui est transmis dans un stylo, et il réussit à gagner la Suisse[35].
  • Pour accompagner un convoi vers la ligne de démarcation, Germaine Ribière se camoufle en infirmière, comme le rappelle Gaston Lévy:
    • «Elle avait réussi à se faire admettre dans le train de déportés quittant Nexon[36] comme infirmière convoyeuse. En accompagnant ces pauvres gens jusqu'à la ligne de démarcation elle ne se contentait pas d'être pour eux un soutien moral et de prodiguer quelques soins à ceux qui se sentaient mal au milieu de ces convois tragiques, mais elle rapporta de ce voyage de multiples renseignements utiles, indications et adresses que les gens avaient données, relatives à ceux, vieillards, enfants, malades, qu'ils laissaient derrière eux. »[37].
  • À Limoges, elle réussit à prévenir la grande majorité des Juifs risquant d'être interpellés. Ainsi, on n'arrêta qu'un nombre limité de personnes, environ 100, au lieu des 1 200 prévues[38].

L'affaire Finaly[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Finaly.

Robert et Gérald Finaly, deux enfants juifs, furent cachés sous l’Occupation par un réseau catholique, dont Mlle Antoinette Brun est membre[39]. La guerre finie, Mme Brun refusa de rendre à la famille Finaly ces enfants devenus orphelins, qu’elle fit baptiser en 1948[40]. C'est le début de l'affaire Finaly[41],[42]. Ce n'est qu'en 1953 que les deux frères retrouvent leur famille vivant en Israël. Germaine Ribière, qui a la confiance à la fois de la communauté juive et de l'église catholique romaine, sert d'intermédiaire[43],[44].

Ses interventions dans l'affaire[modifier | modifier le code]

  • Fin mars 1953 : le cardinal Pierre Gerlier, archevêque de Lyon, Primat des Gaules, demande à Germaine Ribière de retrouver les enfants Finaly au Pays basque.
  • 11 juin 1953 : à Lyon, Germaine Ribière informe le cardinal Pierre Gerlier que les enfants Finaly sont détenus par des Basques.
  • 25 juin 1953 : la Cour de Cassation ayant décidé que les enfants Finaly devaient être rendus à leur famille juive, 48 heures plus tard, Germaine Ribière fait son dernier voyage en Espagne, pour les retrouver[45].Les enfants Finaly sont conduits au Consulat de France à Saint-Sébastien, en Espagne, le 25 juin. Germaine Ribière les ramène en France, accompagnés à travers la France par une escorte motocycliste, dans la propriété du banquier André Weil, près de Senlis, dans l'Oise, où ils rencontrent leur tante paternelle et gardienne légale, Hedwige Rosner[45].

Témoignages[modifier | modifier le code]

Juste parmi les nations[modifier | modifier le code]

Au Panthéon, à Paris, le 18 janvier 2007, à l'occasion de la cérémonie nationale en l'honneur des Justes de France[46], le président de la République Française, Jacques Chirac déclare : «Quel courage, quelle grandeur d'âme il leur a fallu ! ». Il en tire la leçon : « Vous, Justes de France, vous avez transmis à la nation un message essentiel, pour aujourd'hui et pour demain: le refus de l'indifférence, de l'aveuglement. » À cette même cérémonie, Simone Veil, présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah déclare : « Les Justes de France pensaient avoir simplement traversé l'Histoire. En réalité, ils l'ont écrite. »[47].

La notice biographique publiée par le Yad Vashem[48] rappelle la vie de Germaine Ribière, qui reçoit le titre de Juste parmi les nations et conclut : « Ribière était un individu unique -une catholique croyante et une patriote française qui consacra toutes ses forces et ses talents à la mission suprême de sauver des Juifs ».

L'altruisme de Germaine Ribière[modifier | modifier le code]

Après avoir observé les rafles de Juifs à Paris, Germaine Ribière note dans son journal : « Je souffre pour eux de tout mon être, je souffre pour mes frères et sœurs juifs »[49], mais aussi declare : « Face à la haine je ressens un frisson glacé... La haine n'est pas l'univers de Dieu, c'est le refus de Dieu »[50].

Marchant, en 1985, dans les rues de Paris avec Eva Fleischner et voyant une petite fille de deux ans, Germaine Ribière se demande si elle ne s'est pas égarée et ne serait pas à la recherche de sa mère. Pour Eva Fleischner, cette attitude est typique du personnage : « C'est du Germaine Ribière tout craché, attentive à une petite fille peut-être égarée en plein Paris de 1985, qui a besoin d'aide, tous comme les Juifs avaient besoin d'aide durant la guerre »[51].

Gerda Bikales[modifier | modifier le code]

Il a fallu soixante ans à Gerda Bikales pour découvrir l'identité de la personne qui lui avait sauvé la vie ainsi qu'à sa mère[52],[53].

« Pendant soixante ans, je n'ai rien su sur cette femme qui a sauvé ma vie en ce matin froid de février 1943. Ni son nom, ni comment elle en est arrivée là, ou ce qui lui est arrivé plus tard »[54],[55],[56].

Gerda Bikales et sa mère sont des réfugiées juives allemandes vivant illégalement à Lyon qui doivent périodiquement se rendre aux bureaux de l'UGIF, au 12 de la Rue Ste-Catherine[54]. Face aux multiples arrestations, Gerda décide de ne plus retourner à l'école et de rester avec sa mère. Mère et fille sont conscientes du danger et prennent des précautions lorsqu'elles se déplacent[54]. En ce jour de février 1943, elles vont faire un saut aux bureaux de l'UGIF, pour chercher des tickets de rationnement[54].

« Tout paraissait normal, alors nous sommes entrées dans l'immeuble et nous avons grimpé l'escalier. À mi-chemin nous avons remarqué que la femme qui était occupée à nettoyer le premier étage nous faisait signe, discrètement nous indiquant de partir. Nous n'avons pas posé de questions, nous avons fait demi-tour et nous sommes sorties[57],[58]. »

Gerda et sa mère apprennent plus tard dans la journée que la Gestapo avait tendu une souricière dans les bureaux de l'UGIF. Cela a duré des heures. Si Germaine Ribière a sauvé de nombreux Juifs ce jour-là, il y eut malgré tout des arrestations, conduisant à quatre-vingt-quatre déportations[59].

« Depuis ce jour-là, je me suis souvent demandé qui était cette femme qui avait sauvé nos vies. Etait-elle la concierge qui avait observé les Allemands entrer et ne pas ressortir ? Était-elle une employée dans un bureau de l'immeuble? Ou peut-être une locataire? Une chose j'étais sûre: elle avait risqué sa vie pour avertir les Juifs du danger qui les attendait. Si elle n'avait pas été présente ce matin-là, je ne serais pas ici à l'heure actuelle pour raconter cette histoire »[59],[60].

Des années plus tard, l'époux de Gerda Bikales accepte un emploi en France où le couple s'installe. Gerda va en pèlerinage au 12, Rue Sainte-Catherine (Lyon) et remarque la modeste plaque fixée à l'entrée de l'immeuble, commémorant le raid de la Gestapo de 1943[59]. Puis à Paris, Gerda Bikales assiste à une conférence de Germaine Ribière sur l'affaire Finaly et constate que Germaine Ribière est âgée, avec une voix plutôt faible. Après la conférence, Germaine Ribière dédicace des exemplaires de son livre sur l'affaire Finaly, dont l'exemplaire de Gerda Bikales[61], mais celle-ci ne se doute toujours pas qu'elle a de fait rencontré sa protectrice. L'identité de celle-ci ne sera révélée que le jour où l'époux de Gerda Bikales lui montre un journal mentionnant le décès de Germaine Ribière et décrivant ses hauts faits[62]. Gerda Biklales regrette de ne pas avoir su ce que représentait pour elle Germaine Ribière et bien que leurs chemins se soient croisés à nouveau, en temps de paix, les deux protagonistes n'ont pas fait le lien[63].

« Je pense à elle souvent, avec affection et gratitude. Elle n'est plus une figure vague et anonyme dans mon esprit. Son pays et la communauté juive l'ont honorée et se sont honorés en le faisant. Et je suis particulièrement fière de mon héroïne »[63],[64],[65],[66].

Films sur l'affaire Finaly[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Élodie Jauneau. Les étudiantes à Paris pendant la Seconde guerre mondiale, mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine sous la direction de Gabrielle Houbre, université Paris VII-Denis Diderot UFR GHSS, juin 2002, 242 p.
  2. Elle étudie la philosophie et participe à la « marche de l'étoile », la première grande manifestation de la résistance étudiante, à la place de l'Étoile, le 11 novembre 1940. Voir, Jauneau, 2002, p. 178, qui cite l'ouvrage de Marie Granet, Les jeunes dans la Résistance, avoir 20 ans en 1940. Éditions France-Empire, 1985, p. 190. Le mémoire de Jauneau décrit la vie des étudiantes à Paris durant la Seconde Guerre mondiale.
  3. Selon Jauneau, p. 178, pour cette manifestation du 11 novembre 1941, aucune directive officielle n'est donnée. Par bouche-à-oreille et la diffusion de tracts, les étudiants et lycéens sont informés. Certaines étudiantes sont habillées en bleu, d'autres en blanc, ou encore en rouge. Jauneau cite sur cette manifestation la référence suivante : Raymond Josse, La naissance de la résistance étudiante à Paris et la manifestation du 11 novembre 1940, Revue d'Histoire de la Deuxième Guerre mondiale, no 45, janvier 1962, p. 1-31.
  4. Elle fait partie de l'équipe du secrétariat national de la JEC. Voir, Yagil, 2005, p. 137.
  5. Germaine Ribière est citée quasi universellement comme Germaine Ribière, mais certaines de ses interventions dans la dernière partie de sa vie sont signées Germaine Anne Ribière.
  6. Phayer, 2000, p. 127. "those who should keep watch are the ones to put others to sleep. »
  7. Phayer, 2000, p. 127. "The church, the hierarchy, remain silent. They allow the truth to be profaned.»
  8. a et b Phayer, 2000, p. 127.
  9. Germaine Ribière est une disciple du père Yves de Montcheuil. Elle s'associe au père Pierre Chaillet, fondateur de Témoignage chrétien (Résistance), dont elle devient l'une des trois proches collaboratrices. Voir Yagil, 2005, p. 137.
  10. Germaine Ribière raconte: " Aux Cahiers du témoignage Chrétien fondés et dirigés par le père Chaillet, j'étais celle que l’on a coutume de nommer "le bras droit". Entre autres responsabilités, j’avais celle de l’organisation du service social, qui comprenait aussi le camouflage des enfants juifs. Une amie Marcelle Deschamps, étudiante en médecine avait en charge la fabrication des faux papiers. Nous habitions ensemble 114 rue du Bac, un appartement au troisième étage, qui servait de PC aux Cahiers du Témoignage chrétien. Voici l’aide que nous avons apportée au père Devaux : nous lui avons fourni les faux papiers dont il avait besoin pour les enfants ainsi que les accompagnatrices qui devaient les conduire là où on acceptait de les recevoir." Voir, Céline Marrot-Fellag Ariquet.
  11. Le cardinal Henri de Lubac écrit en 1988, p. 143 : "Le père Chaillet [un jésuite] n'a jamais eu l'idée de troquer son métier de théologien contre un métier de directeur d'éditions clandestines. S'il en vint à fonder les Cahiers du Témoignage chrétien, ce fut devant l'urgence d'une situation qui mettait les âmes chrétiennes en péril, face aux exigences les plus pressantes de leur foi. Plus généralement, c'était pour lancer le cri qui servit de titre au père Fessard (Gaston Fessard)(un jésuite)pour le premier « Cahier : France, prends garde de perdre ton âme ! ».
  12. Comme le souligne Curtis, 2002, p. 138 : « Au milieu de 1942, les Cahiers de Témoignage chrétien, une revue clandestine, prépara et fit circuler des pamphlets dans les deux zones de la France; les plus importantes d'entre-elles furent Antisémites, qui fut distribué à plus de 20 000 copies, Silence et Complicité, J'accuse et Fraternité ». (« In mid-1942, the Cahiers du Témoignage Chrétien, a clandestine review, prepared and circulated pamphlets in both zones of France; the most important of them were Antisémites, which was distributed with over 20,000 copies, Silence and Complicity, J'Accuse and Fraternité. »).
  13. Rohrlich, 1998, p. 7, remarque : « Pour Germaine Ribière, comme pour les autres membres de l'Amitié chrétienne, le sauvetage des juifs était une haute priorité, un devoir patriotique, faisant partie de leur résistance au nazisme. » (« For Germaine Ribière, as for other members of the Amitié Chrétienne, the rescue of Jews was a top priority, a patriotic duty, part of their resistance to Nazism. »).
  14. Germaine Ribière demeure une laïque. Voir, Curtis, 2002, p. 138.
  15. Andre Kaspi, 1991, p. 360, note: "L'occupation italienne stimule encore le mouvement en direction de la Suisse. Des filières relient la frontière avec Le-Chambon-sur-Lignon, Lyon, Valence, les maisons de l'OSE, L'Amitié chrétienne, la CIMADE et tous ceux qui consacrent l'essentiel de leurs activités à organiser la fuite, à trouver des « planques » comme le fait inlassablement Germaine Ribière."
  16. Zuccotti, 1999, p. 240, note que "comme l'explique Germaine Ribière, les jeunes sauveteurs chrétiens comme elle-même cherchaient des endroits où cacher les juifs parmi leurs connaissances personnelles" (« as Germaine Ribière explains, young Christian rescuers like herself tended to look for hiding places for Jews among those they knew personally »). Ceci d'après le témoignage de Germaine Ribière donné lors de l'entrevue avec l'auteur, le 24 mai 1989. Voir Zuccotti, p. 353.
  17. Voir, OSE-Georges Garel.
  18. Voir Souvenirs d'un médecin d'enfants à l'OSE par le docteur Gaston Lévy (4).
  19. Dans son mémoire de maîtrise de 2002, p. 165, Jauneau observe que la JEC était en fait pour les étudiants, les étudiantes appartenaient à la JECF (Jeunesse étudiante chrétienne féminine).
  20. Le docteur Gaston Lévy met ce camp dans la liste des "camps de malheur des Pyrénées : Rivesaltes, Gurs, Recébédou, Le Vernet". Voir docteur Gaston Lévy. Souvenirs d'un médecin d'enfants à l'OSE en France occupée et en Suisse. 1940-1945.
  21. Selon Betty Saville, secrétaire générale de l'Association des enfants cachés, et enfant cachée elle-même, dans son intervention à la Conférence des enfants cachés durant la Dernière Guerre, le 19 mai 1999 :"Après les rafles du 26 août 1942, les camps se sont remplis à nouveau. En zone sud, la plupart des camps ont été fermés en 1943. Quasiment la totalité des enfants de cette zone a été sauvée par les différentes organisations humanitaires précitées. On remarquera qu’il n’y avait pas d’organisation catholique. Le premier prélat qui s’en est préoccupé est monseigneur [Jules-Géraud] Saliège [archevêque et futur cardinal] de Toulouse [Il fut nommé à titre posthume en 2001 Juste parmi les nations]. Pour son information, il envoya sur place son bras droit, Germaine Ribière, au camp de Récébedou en mai 1942. Cela explique l’arrivée tardive des Amitiés chrétiennes dans les camps (juin 1942). »
  22. Après avoir lu un document du Vatican en 1975 sur les liens entre terre et nation (New Vatican Guidelines and Link between Land and People), Germaine Ribière écrit dans Information juive (France), en janvier 1975 : « Le malaise que j'ai ressenti après lecture du document est dû au sentiment d'avoir été abandonnée, et ce sentiment vient du fait qu'à travers tout le document il n'y a pas de mention de l'État d'Israël. Or, quand on examine le rôle joué par l'État d'Israël dans la vie profonde religieuse du judaïsme actuel dans la mesure où l'État est le pays, la terre où la Torah peut être librement vécue, on ne peut manquer d'être surpris qu'ignorer ainsi l'existence concrète d'Israël quiconque ose parler d'un dialogue ouvert et fraternel avec le judaïsme ». (« The uneasiness I experienced after reading the document is due to a feeling of having been let down, and this feeling comes from the fact that throughout the whole document there is no mention of the State of Israel. Yet, when one realizes the role played by the State of Israel in the deep religious life of present-day Judaisnm in so far as the State is the land, the land on which the Torah can be freely lived, one cannot fail to be amazed that Ignoring thus the concrete existence of Israel anybody could dare to speak of open and fraternal dialogue with Judaism. »). Voir SIDIC-Rivista SIDIC. Germaine Ribière et Israël.
  23. Voir, Souvenirs d'un médecin d'enfants à l'OSE(4) par le docteur Gaston Lévy.
  24. a et b Voir OSE-Georges Garel.
  25. Voir, Le Sauvetage des Enfants Cachés durant la Dernière Guerre. Conférence du 19 mai 1999. Lycée Édgar-Quinet, 63 rue des Martyrs, 75009 Paris. Voir Intervention de Betty Saville..
  26. Voir, Les enfants cachés pendant la seconde guerre mondiale aux sources d'une histoire clandestine. Céline Marrot-Fellag Ariquet..
  27. Elle fait parvenir ce matériel à Hélène Durand, professeur au lycée Victor-Hugo de Poitiers, qui réalise les faux papiers avec Constance de Saint Seine. Voir, Les Justes De La Vienne.
  28. Selon Cointet, 1998, p. 246, "Le service des faux papiers est pris en charge [pour l’Amitié chrétienne] par un orfèvre en la matière, fournisseur aussi du 2e Bureau et du BCRA, le dessinateur Jean Stetten-Bernard.
  29. Voir Yagil, 2005, p. 137.
  30. . Aux bureaux de l'UGIF, voir Docteur Gaston Lévy, Souvenirs d'un médecin d'enfants à l'OSE en France occupée et en Suisse. 1940-1945.
  31. Selon Henri de Lubac, 1988, p. 155-156, note 6 : "Peu après l'exploit de Rovan, la Gestapo s'installait rue Constantine. C'était jour de permanence, et des Juifs, venant y chercher des papiers, allaient tomber dans la souricière...Ingénieuse et prompte, Germaine Ribière se déguise en femme de ménage et, "munie de serpillières, se met à laver des heures durant l'escalier de l'immeuble : elle peut ainsi prévenir un à un les visiteurs avant l'instant fatal".". De Lubac cite comme sa source: Renée Bédarida dans l'ouvrage collectif La France et la Question juive (FQJ), 1940-1944. Centre de documentation juive contemporaine, Sylvie Messinger, 1981, p. 135-137. Bédarida et De Lubac se trompent sur l'adresse, voir la description du 12 rue Sainte-Catherine, siège de l'UGIF par Bikales, 2008, p. 194-197, qui cite la plaque commémorative sur la façade de l'immeuble, lorsqu'elle retourne sur les lieux. Sur l'exploit de Rovan, De Lubac cite (p.145-146) une allocution de Jean-Marie Soutou à l'Alliance israélite universelle, le 25 juin 1979: "Joseph Rovan, bravant le couvre-feu, au péril de sa vie, réussit à pénétrer dans les locaux de l'Amitié chrétienne pendant la nuit et à y récupérer les fausses cartes d'identité et autres documents qui eussent permis d'établir l'étroite liaison existant entre l'Amitié chrétienne et les mouvements de Résistance. Au matin, le couvre-feu étant levé, il put transporter le tout en lieu sûr. Il devait être déporté plus tard à Dachau, où il fut l'incomparable compagnon d'Edmond Michelet."
  32. Pour Lucien Lazare, en 2003 : « Les femmes ont trouvé des solutions « féminines », comme Germaine Ribière, de l'Amitié chrétienne, à Lyon. Déguisée en femme de ménage, avec un seau et une serpillière, elle a pu prévenir des juifs que la Gestapo avait tendu une souricière. ».
  33. Jean-Marie Soutou était un ancien collaborateur d’Esprit, rendu disponible par la suspension de la revue en août 1941. Cf. Cointet, 1998, p. 245. Il fait ensuite partie avec Germaine Ribière de l'Amitié Chrétienne, groupe lyonnais qui associait, fait hors de l'ordinaire pour l'époque, des catholiques et des protestants. Cf. Docteur Richard Prasquier, L'Abbé Glasberg - Juste des Nations, in : Remise de la médaille des Justes des nations à l'abbé Alexandre Glasberg par l'Institut Yad Vashem.
  34. Il a été détenu trois semaines à la prison Montluc. Cf. De Lubac, 1988, p. 155, note 5.
  35. Cf. Docteur Gaston Lévy, Souvenirs d'un médecin d'enfants à l'OSE en France occupée et en Suisse. 1940-1945. Après la guerre, Jean-Marie Soutou devient ambassadeur de France puis secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.
  36. Camp de triage, près de Limoges
  37. Voir Docteur Gaston Lévy, Souvenirs d'un médecin d'enfants à l'OSE en France occupée et en Suisse. 1940-1945.
  38. Rapporté par Yagil, 2005, p. 137.
  39. Elle cache chez elle neuf enfants durant la guerre, comme le note Catherine Poujol dans "Les enfants cachés. L'Affaire Finaly (1945-1953)".
  40. Voir Catherine Poujol. Les enfants cachés. L'affaire Finaly (1945-1953).
  41. À propos du film Une enfance volée : l'affaire Finaly, Madeleine Comte (Lyon) écrit : « Germaine Ribière n’était pas la petite jeune fille docile du film mais une femme au caractère bien trempé, qui d’emblée s’est battue pour la remise des enfants. »
  42. Voir,Madeleine Comte. À propos du film Une enfance volée : l'affaire Finaly. CDEP (Chrétiens dans l'Enseignement Public).
  43. Berg, 1992, p. 154 note : « C'est Germaine Ribière, une résistante catholique, qui les accompagne, après avoir forcé la main du gouvernement de Saint-Sébastien, avant de retrouver Robert et Gérald Finaly qui avaient été séparés. »
  44. Voir, Les enfants cachés. L'affaire Finaly (1945-1953). Catherine Poujol..
  45. a et b Time Magazine, July 06, 1953.
  46. Voir, Lucien Lazare.Pour une Histoire des Justes. Conférence au lycée Édgar-Quinet, 63, rue des Martyrs 75009 Paris - 10/12/2003. Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah., Vienne, Résistance, Internement, Déportation. Voir Les Justes de la Vienne, Remise de la médaille des justes des nations à L'Abbé Alexandre Glasberg par l'Institut Yad Vashem. Voir docteur Richard Prasquier. L'Abbé Glasberg - Juste des Nations.
  47. Voir,Cérémonie nationale en l'honneur des Justes de France. Panthéon. Paris, le jeudi 18 janvier 2007. textes des Allocution de Jacques Chirac, Président de la République, et de Simone Veil, présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
  48. Sur les Justes, voir:Les Justes, Les Justes en France 1, Les Justes en France 2,Le Mur des Justes.
  49. Geras, 1995, p. 27. « I ache for them in my whole being, I ache for my Jewish brothers and sisters ».
  50. Bemporal, Pawlikowski, Sievers, 2000, p. 206. In the presence of hatred I feel an icy chill... Hatred is not the world of God, it is the refusal of God.
  51. Michalczyk, 1997, p. 153. « She is Germaine Ribière because she notices a little girl who may be lost and in need of her help, in the middle of Paris in 1985, just as the Jews needed help during the war ».
  52. Bikales, 2008, p. 194-197.
  53. Voir, Bikales, 2010, p. 159, note 52.
  54. a, b, c et d Bikales, 2008, p. 194.
  55. « For sixty years, I knew nothing about the woman who had saved my life on that cold February morning in 1943. Not her name, not how she came to be there, not what happened to her afterwards ».
  56. Sur le rôle de Germaine Ribière ce jour-là, voir Moorehead, 2014, p. 210, qui par erreur donne le nom de Germaine Rivière!
  57. Bikales, 2008, p. 194-195.
  58. « All seemed normal, so we entered the building and started up the flight of stairs. Halfway up we noticed that the woman who was busy cleaning the first-floor landing was waving her hand at us, discreetly signaling us to leave. We didn't ask any question, just turned around and left. »
  59. a, b et c Bikales, 2008, p. 195.
  60. « Since that day, I have often wondered about the woman who saved our lives. Was she the janitor, who had observed the Germans enter but not leave? Was she an office worker somewhere in the building? Or may be a tenant in one of the apartments? One thing I knew for sure: She had risked her life to warn Jews of the danger awaiting them. Had she not been there that morning, I would not be here now to tell the story. ».
  61. Bikales, 2008, p. 195-196.
  62. Bikales, 2008, p. 196.
  63. a et b Bikales, 2008, p. 197.
  64. « I think of her often, with affection and gratitude. She is no longer a vague, anonymous figure in my mind. Her country and the jewish community have honored her, and honored themselves by doing so. And I take special pride in my heroine. ».
  65. Bikales, 2008, p. 197, note que après la guerre, Germaine Ribière reprend sa carrière scientifique, demeure une fidèle catholique, et reste proche de la communauté juive.
  66. Germaine Ribiere a vécu une vie de foi et d'action. Elle s'est consacrée aux autres, sans demande en retour. Sa vie est guidée par des convictions et le devoir qui l'appelle. Elle est restée celibataire. Sa famille, c'est l'humanité.

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