György Cziffra

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Dans le nom hongrois Cziffra György, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l'ordre habituel en français György Cziffra où le prénom précède le nom.

György Cziffra

Description de cette image, également commentée ci-après

Georges Cziffra par le peintre Serge Tziganov (collection particulière Jean-Luc Perrot)

Naissance 5 novembre 1921
Budapest
Drapeau de Hongrie Hongrie
Décès 17 janvier 1994 (à 72 ans)
Morsang-sur-Orge
Drapeau de France France
Activité principale Pianiste
Conjoint Soleilka Cziffra
Descendants György Cziffra Jr

Répertoire

György Cziffra (Georges Cziffra) (Budapest, 5 novembre 1921 - Morsang-sur-Orge, 17 janvier 1994), est un pianiste virtuose hongrois naturalisé français en 1968[1].

Surtout connu pour son interprétations des œuvres virtuoses de Franz Liszt Cziffra a également enregistré plusieurs compositions de Chopin et de Schumann. Son arrangement du Carnaval de Vienne de ce dernier a été particulièrement apprécié par Alfred Cortot. Considéré comme un des meilleurs pianistes du xxe siècle, il est également connu par ses transcriptions pour piano de différentes œuvres dont Le Vol du bourdon de Nikolaï Rimski-Korsakov écrit avec une imbrication d'octaves.

Sommaire

Biographie [modifier]

György Cziffra est le puiné de trois enfants issus d'une famille de musiciens Roms[1]. György Cziffra père est cymbaliste et joue durant les années 1910 dans les restaurants et cabarets parisiens. Survient la Première Guerre mondiale. Le père est emprisonné en tant que citoyen d'un pays en guerre avec la France et la mère expulsée dans son pays d'origine. Elle vivra chichement avec ses deux filles dans une chambre de Budapest. Son mari, libéré de prison après la fin de la guerre, rejoint sa famille. Les retrouvailles se soldent par la naissance du petit György Cziffra le 5 novembre 1921.

Dès son enfance, ce dernier montre un don particulier pour la musique. Son père lui donne ses premières leçons de piano, et à l'âge de quatre ans, il reproduit à l'oreille ce que joue sa sœur aînée. À cinq ans, il interprète des airs suggérés par l'assistance d'un cirque itinérant dont il est, pendant quelques semaines seulement, la vedette. Il est, à neuf ans, le plus jeune élève jamais admis dans la prestigieuse Académie Franz Liszt de Budapest. Il y est formé par István Thomán et Ernst von Dohnányi. À 13 ans, il finit l'opérette d'un autre compositeur en un temps record. Dès l'âge de seize ans il débute les tournées à travers l'Europe, notamment en Hongrie, Pays-Bas et Scandinavie.

György Cziffra épouse Soleilka, une femme d'origine égyptienne, en 1941. Elle lui donnera un fils, égalemant nommé György Cziffra, qui sera un futur chef d'orchestre.

L'Appel de la Deuxième Guerre mondiale contraint Cziffra à cesser d'étudier la musique. Il est envoyé combattre sur le front de l'Est avec les troupes germaniques. Fait prisonnier en 1942, il ne rejoint sa femme et son fils qu'en 1946. Il reprend l'étude du piano en 1947 auprès de György Ferenczy tout en gagnant sa vie en se produisant dans des bars de Budapest et en Autriche avec son ami Elek Bacsik. Très opposé au régime communiste hongrois, il est prisonnier politique de 1950 à 1953 pour avoir tenté de s'échapper de la Hongrie communiste[1] et condamné aux travaux forcés où il exécute la dure tâche de porteur de pierres. Il lui en restera des séquelles qui lui vaudront, à sa libération, de longs mois de rééducation et des douleurs persistantes aux articulations.

Atteint d'un cancer du poumon dû au tabac et à l'abus d'alcool, il décède, d'après son entourage, d'un infarctus du myocarde le 17 janvier 1994[1] à Morsang-sur-Orge, à l'âge de 72 ans.

Carrière [modifier]

En 1955, après avoir recommencé à donner des concerts, il obtient le prix Franz Liszt de la virtuosité pianistique remis pour la première fois à un pianiste qui n'est pas lui-même compositeur. Il décide, en 1956, de fuir le régime communiste. Profitant de ce qu'il se produit à Vienne, il demande l'asile politique et part pour la France avec sa famille. Il est apprécié par le public dès son arrivée à Paris (« Pianiste du siècle, réincarnation de Liszt, pianiste des pianistes, virtuose au bracelet de cuir… ») où il enregistre sa fameuse interprétation des Rhapsodies hongroises de Liszt (1956) qui restera son compositeur de prédilection.

Certains critiqueront à ses débuts l'étroitesse d'un répertoire de saltimbanque. À cette époque, Liszt n'était pas considéré comme un compositeur suffisant pour remplir une carrière de pianiste. Cziffra s'essaiera, avec brio, à de nombreux autres compositeurs : Chopin bien sûr, Beethoven, et aussi Bartók, Ravel, Prokofiev, Rachmaninov, Balakirev, Grieg, Rameau, Couperin

Cziffra dans de nombreuses œuvres, allait plus loin que l'interprétation, il s'est aussi prêté au jeu de l'arrangement, par exemple avec les Danses hongroises de Brahms, dont il a fait beaucoup plus qu'une simple transcription pour piano à deux mains, ou encore avec Le Vol du bourdon (extrait de l'opéra Le Conte du tsar Saltan de Rimsky-Korsakov). On lui a souvent reproché son excentricité, l'influence de son humeur sur son jeu lors de ses concerts, sa recherche d'un public populaire, avec le côté « classiques favoris » de ses récitals. En fait, son immense talent, sa virtuosité hors du commun, avaient réussi à le propulser au premier plan, mais en dehors des chemins traditionnels qui mènent les pianistes au panthéon de la renommée… Quoi qu'il en soit, on peut légitimement le considérer comme l'un des plus grands pianistes du XXe siècle.

En 1966, il fonde le festival de musique de La Chaise-Dieu en Auvergne avec l'aide du Dr Georges Mazoyer et de son épouse Suzanne Chaleyé Mazoyer, et donne l'impulsion nécessaire pour restaurer les grandes orgues Marin Carouge de l'abbaye. Il est naturalisé français en 1968 et devient Georges Cziffra. En 1975, il crée la fondation Cziffra (toujours en activité) qui a pour but de soutenir des jeunes talents qui deviendront des pianistes talentueux comme Jean-Gabriel Ferlan. En 1981, la mort de son fils dans l'incendie de son appartement a des répercussions très négatives sur les apparitions en public de Georges Cziffra. Les concerts se font de plus en plus rares.

Il retrace les étapes significatives de sa vie mouvementée dans son livre Des canons et des fleurs avec, à la fois, beaucoup d'émotion, de simplicité, d'authenticité et de ferveur. On y découvre comment il s'en est fallu de peu que le destin ne prive la communauté musicale du XXe siècle d'un de ses plus grands interprètes. Cependant sa carrière musicale n'y est pas retracée. L'un de ses disciples le pianiste Pascal Amoyel a créé un spectacle-hommage, "le pianiste aux 50 doigts", retraçant sa vie, de l'enfance jusqu'à son premier concert.

Bibliographie [modifier]

  • Georges Cziffra, Des canons et des fleurs, Robert Laffont, 1977 (ISBN 9782221020265)  - Épuisé et non réédité à ce jour. Autobiographie partielle car arrêtée à la date de publication du livre en 1977.

Liens externes [modifier]

Notes [modifier]

  1. a, b, c et d (en) Gyorgy Cziffra, Pianist And Artists' Patron, 72, New York Times. Mis en ligne le 18-01-1994, consulté le 01-06-2012