Antoine François Prévost

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Antoine François Prévost

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G.-F. Schmidt, 1745 : Portrait d’Antoine-François Prévost

Activités Romancier, historien, journaliste, traducteur, homme d'Église
Naissance 1er avril 1697
Hesdin
Décès 25 novembre 1763 (à 66 ans)
Courteuil
Langue d'écriture français
Mouvement Roman de mœurs

Œuvres principales

Antoine François Prévost, dit d’Exiles, plus connu sous son titre ecclésiastique d’abbé Prévost [pʁevo][1], est un romancier, historien, journaliste, traducteur et homme d'Église français, né le 1er avril 1697 à Hesdin (dans le Pas-de-Calais actuel) et mort le 25 novembre 1763 à Courteuil.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et années de formation[modifier | modifier le code]

Fils de Liévin Prévost, procureur du roi au bailliage d’Hesdin, Prévost fait des études chez les jésuites de La Flèche et de Rouen, avant de s’engager dans l’armée fin 1711. Après avoir commencé un noviciat chez les jésuites, il s’enfuit en Hollande. En 1717, il commence un second noviciat à La Flèche, puis s’engage à nouveau dans l’armée, cette fois comme officier.

En 1721, il entre chez les bénédictins de l’abbaye de Saint-Wandrille, avant de prononcer ses vœux à l’abbaye de Jumièges et de passer sept ans dans diverses maisons de l’ordre, en Normandie. À l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, en 1727, il travaille à l’ouvrage des bénédictins, Gallia christiana. Il est ordonné prêtre en 1726. En 1728, il obtient une approbation pour les deux premiers tomes des Mémoires et aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde. Ayant quitté son monastère sans autorisation, il est frappé d’une lettre de cachet et s’enfuit à Londres où il acquiert une large connaissance de l’histoire et de la langue anglaise, dont témoigneront ses écrits futurs.

Vie d'écrivain et voyages[modifier | modifier le code]

En 1729, une aventure l’oblige à passer en Hollande où il se lie avec une aventurière du nom d’Hélène Eckhardt, dite Lenki, et publie à Utrecht en 1731 et 1732 les tomes I à IV du Philosophe anglais ou Histoire de monsieur Cleveland, fils naturel de Cromwell, écrite par lui-même et traduite de l’anglais par l’auteur des Mémoires d’un homme de qualité, qui font aussitôt l’objet d’une traduction en anglais. Entre-temps, ayant pris le nom de Prévost « d’Exiles » par allusion à ses propres périples, il se plonge dans la traduction de la Historia mei temporis du président de Thou et publie la suite en trois volumes des Mémoires et aventures d’un homme de qualité dont le dernier relate l’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, peut-être inspirée d’une de ses propres aventures et que le parlement de Paris condamnera au feu. Prévost ayant interrompu la composition du Philosophe anglais, son éditeur hollandais commissionne un cinquième volume apocryphe (Utrecht, 1734) qui compromet son prétendu auteur par ses attaques contre les jésuites.

En 1733, criblé de dettes, Prévost retourne à Londres où il fonde Le Pour et le Contre[2], journal principalement consacré à la connaissance de la littérature et de la culture anglaise, qu’il continuera à éditer de façon presque ininterrompue jusqu'en 1740.

En 1734, il négocie son retour chez les bénédictins et effectue un second noviciat de quelques mois au monastère de La Croix-Saint-Leufroy, près d'Évreux, avant de devenir, début 1736, l’aumônier du prince de Conti, qui le protège. Les trois derniers tomes du Philosophe anglais paraissent enfin clandestinement, à Paris, en 1738-1739.

Il publiera plusieurs autres romans, dont notamment Le Doyen de Killerine (1735-1740) et Histoire d’une Grecque moderne (1740) ; la monumentale Histoire générale des voyages (15 vol., 1746-1759) ; et deux traductions de romans de Samuel Richardson, Lettres anglaises ou Histoire de miss Clarisse Harlowe (1751) et Nouvelles Lettres anglaises ou Histoire du chevalier Grandisson (1755).

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Il passe ses dernières années à Paris au no 12 de la rue Saint-Séverin[3]et à Saint-Firmin (devenu plus tard Vineuil-Saint-Firmin), à côté de Chantilly, où il avait récemment acquis une « solitaire habitation »[b 1].

Une légende tenace raconte que l'abbé aurait subi une crise d’apoplexie au retour d’une visite aux bénédictins de Saint-Nicolas-d’Acy, sur l'actuelle commune de Courteuil, qu'il aurait été transporté au presbytère à la suite de son accident, que le bailli de l'abbaye aurait fait quérir le chirurgien de l'abbaye pour ouvrir le corps afin qu'il puisse procéder au procès-verbal d'autopsie, et que Prévost n'était pas encore mort mais serait décédé sous le scalpel [b 2],[4] .

Jean Sgard a démontré que le dernier épisode de cette histoire a été inventé en 1782, presque 20 ans après le décès survenu le 25 novembre 1763[5]. L'abbé Prévost est mort d'une rupture d'anévrisme. Il a bien été autopsié mais était déjà définitivement mort[6].

À Courteuil, un calvaire porte mention de son décès ; ce décès est attesté par le registre paroissial de Courteuil dans la vallée de la Nonette.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Mémoires d’un Homme de Qualité

Éditions modernes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres de Prévost, dir. Jean Sgard, Presses universitaires de Grenoble, 8 vol., 1977-1986. (ISBN 9782706101298).
    Cet ouvrage comprend : 1. Mémoires et aventures d’un homme de qualité qui s’est retiré du monde. Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut. 2. Le Philosophe anglais ou Histoire de monsieur Cleveland. 3. Le Doyen de Killerine. 4. Histoire d’une Grecque moderne. Mémoires pour servir à l’histoire de Malte. Campagnes philosophiques. 5. Histoire de Guillaume le Conquérant ; Histoire de Marguerite d’Anjou. 6. Voyages du capitaine Robert Lade ; Mémoires d’un honnête homme ; Le Monde moral. 7. Les Aventures de Pomponius ; Contes singuliers ; Préfaces et opuscules ; Avertissements de l’Histoire des voyages ; Critique du roman dans le Pour et contre ; Correspondance. 8. Commentaires et notes.
  • Manon Lescaut, éd. Jean Sgard, GF-Flammarion, 1995. (ISBN 2080708538).
  • Manon Lescaut, éd. Jean Goulemot, Paris, L.G.F., 2005. (ISBN 2253081035).
  • Histoire d’une Grecque moderne, éd. Jean Sgard, PUG 1989. (ISBN 2706103345).
  • La Jeunesse du commandeur, Paris, Garnier-Flammarion 2005. (ISBN 2080711962).
  • Cleveland : le philosophe anglais ou Histoire de M. Cleveland, fils naturel de Cromwell, éd. Jean Sgard et Philip Stewart, Paris, Desjonquères, 2006. (ISBN 9782843210570).

Hommage[modifier | modifier le code]

  • Le roman Mourir à Francfort de Hubert Monteilhet met en scène un écrivain amer plagiant une partie de l'œuvre immense, et pour la plus grande partie mal connue, de l'abbé Prévost, pour ridiculiser son éditeur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 103.
  2. Mention dans Biographie universelle de François-Xavier de Feller
  3. Jacques Hillairet, Evocation du vieux Paris, éd de Minuit, Paris 1960, p542/677. p.
  4. Article du Point (25.11.2012).
  5. Jean Sgard, Vie de Prévost (1697-1763), Paris, Hermann, 2013 (1ère édition aux Presses de l'Université Laval, 2006), p. 255-257. (Présentation sur Google Books
  6. Jean Sgard, Op. cit., p. 254.
  • Henri Duclos (abbé), Histoire de Royaumont : Sa fondation par Saint-Louis et son influence sur la France, Tome Second, Ch. Douniol, Paris 1867, 800 p. Lire sur Google livres
  1. p. 480-481
  2. p. 481

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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