Turkestan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Turkestan (homonymie).
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Turkménistan.
Localisation approximative du Turkestan vers le IVe au VIe siècle.

Le Turkestan (turc : Türkistan, littéralement le « Pays des Turcs ») était le nom donné, à la fin du XIXe siècle, pendant l'apogée des Empires coloniaux, par les grands Empires européens, à une région d'Asie centrale délimitée actuellement, au nord par les steppes du Kazakhstan et le massif de l'Altaï, à l'est par la Mongolie et la Chine, au sud par l'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan et l'Iran, enfin à l'ouest par la mer Caspienne. Il tient son nom de l'apparition et l'organisation des premières civilisations turques dans cette région. L'Empire Perse a contrôlé cette zone d'abord jusqu'au IIe siècle avant notre ère sous le règne de Hystaspes (père de Darius Ier) (en) ou de Darius Ier lui-même puis, avec la migration turque (en) et l'expansion de ce territoire voit son apogée vers le IVe au VIe siècle, avec l'Empire Hephthalite maintenu par les Huns blancs.

Des légendes mongoles, comme le Ergenekon (retranscrite au XIVe siècle), par le Perse mongol Jami al-tawarikh, ou encore les inscriptions de l'Orkhon, en Mongolie, racontent que les peuples turcs viennent de l'Altaï et se sont déplacés vers l'Ouest.

Le Turkestan était constitué d'un grand nombre des étapes de la route de la soie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Andronovo[modifier | modifier le code]

cartographie des cultures :
* Andronovo (orange)
* Afanasievo (vert à l'Est)
* BMAC (vert au Sud)
* Sintashta-Petrovka (rouge)
Article détaillé : Culture d'Andronovo.

Au II{{{2}}} millénaire av. J.-C. apparaît dans la région la culture d'Andronovo elle disparait aux alentours du IXe siècle av. J.-C.. Certains des peuples de cette culture étaient sédentaires et agriculteurs et son convertis au nomadisme.

Karassouk[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de Karassouk.

Les traces qui nous restent aujourd'hui, font penser qu'entre -1500 à 800, cette région est principalement dominée par la culture du Karassouk, située dans l'âge du bronze, s'étendant de la Mer d'Aral à l'Ouest aux environs du fleuve Ienisseï à l'Est.

Afanasievo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture d'Afanasievo.

À l'âge du cuivre, la Culture d'Afanasievo semble avoir supplanté la culture Karassouk, installée en Sibérie méridionale, au Nord du du Bassin du Tarim

Peuples perses[modifier | modifier le code]

L'Ouest de l'Asie centrale en -100 avant J.C.

Aux environs du VIIe au IIIe siècle av. J.-C., les Scythes contrôlent la majorité de la zone et les Parthes une plus réduite.

L'Empire archéménide (-556-330), premier des empires iraniens, sur l'ouest de la région s'étend, à son apogée, jusqu'à la Grèce et la Bulgarie en Europe et à l’Égypte en Afrique.

à l'est par des peuples tokhariens, dont les Yuezhi, qui avaient créé le premier empire connu de l'Asie centrale.[réf. nécessaire] Les Tadjiks actuels font partie des peuples iraniens qui peuplaient[Quand ?] la région.[réf. nécessaire]

Yuezhi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Yuezhi.
Migrations des Yuezhi du IIe siècle avant notre ère au Ier siècle de notre ère

Les Yuezhi (terme chinois : 月氏, Yuèzhī, « lignée de la lune ») sont repoussés par les Xiongnu au IIe siècle av. J.-C. depuis l'Est qui contrôleront alors le Turkestan oriental. Ils vont peupler ce que certains appellent le Turkestan occidental, le Tibet et Ils combattent également les Chinois pour dominer la partie orientale de ce territoire.[réf. nécessaire]

Tiele[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tiele.

Le Tiele est une confédération de neuf peuples turcs établis de 480 à 580, du Lac Balkhach aux environs de l'Altaï. Sa majeure partie recouvre une partie de l'actuel Sud-Est du Kazakhstan.

Huns blancs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Shvetahûna.
Division des territoires en Asie vers 500

Les Huns blancs (Shvetahûna), ou Yeta en chinois, après avoir conquis le Kachgar au début du IIe siècle av. J.-C.. qui vivaient au Sud de la Dzoungarie vers 125, conquièrent l'ensemble de la région vers 450 après des batailles contre l'empereur Sassanides Yazdgard II. Leur territoire, appelé Empire Hephthalite par les grecs, est maintenu de 408 à 670.

Conquêtes de la Dynastie Tang[modifier | modifier le code]

Conquêtes de Tang Taizong dans le Xiyu (territoires de l'Ouest) 640–648

Entre 640 et 648, L'Empereur Tang Taizong de la dynastie Tang, chinoise conquiert les territoires de l'Ouest correspondant à l'actuel Région autonome du Xinjiang en Chine.

En 820, ce qui est considéré aujourd'hui par certain comme le Turkestan, est divisé par : Empire Khazar (VIe siècleXIe siècle) au Nord-Ouest, les Karlouks au Nord, le Khanat ouïghour (744 à 848, en grande partie sur les actuelles régions mongoles), au Nord-Est, l'Empire chinois de la dynastie Tang au Sud Est et le Califat abbasside au Sud-Ouest.

Empire mongol[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Empire mongol et Khanat de Djaghataï.

Au XIIIe siècle, sous l'impulsion de Gengis Khan, l'Empire mongol s'étend à la majeure partie de l'Asie et à une partie de l'Europe.

Le Khanat de Djaghataï est créé qui contrôle la région du 1220 à 1334.

Cela se termine par la division en deux de ce Khanat, avec la Transoxiane à l'Ouest et le Mogholistan à l'Est, couvrant le Bassin du Tarim.

Empire timouride[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Timourides.

L'Empire timouride (13691507) est créé par les descendants de Tamerlan, turco-mongol. Il couvre à son apogée Irak, Iran, Pakistan, Afghanistan et une grande partie de l'Ouest du Turkestan. Ils sont défait en 1507 par les Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides (14291598), mongols descendants de Gengis Khan.

Khanat Dzoungar[modifier | modifier le code]

Le Khanat dzoungar sur la Dzoungarie au Nord-Est, commence au XVIIe siècle et se termine avec l'invasion par les troupes de la Dynastie Qing, qui atteignent Ili en 1755.

Les Dzoungar prennent Lhassa et le Tibet aux Qoshots vers 1705, puis attaquent les Khalkhas en Mongolie intérieure. Ces derniers se rangent alors du côté de l'empereur mandchou. Ils reprennent uns à uns les territoires accaparés par les Dzoungars. Lhassa repasse dans le pouvoir des Qing en 1720, qui y replace son Dalaï lama et avance progressivement vers l'ouest.

Turkestan chinois[modifier | modifier le code]

En 1755, la bataille d'Ili se déroulant à Goulja (actuel Yining) est décisive, les Dzoungars fuient vers le Khazakhstan, les chefs sont capturés et amenés à Pékin. L'Empereur décide tout de même de leur offrir des maisons de prince.

La Dynastie Qing gardera le contrôle de toute la région jusqu'à sa chute en 1911, et la fondation en 1912 de la République de Chine.

Turkestan Russe[modifier | modifier le code]

Le Turkestan russe est la partie ouest de la région, contrôlée du règne d'Alexandre II de Russie, jusqu'au 30 avril 1918

Khanat de Khiva[modifier | modifier le code]

En 1873, le Traité de paix de Guendeman, signé par l'Empire russe, représenté par Constantin von Kaufmann et le khanat de Khiva représenté par Saïd Mohammed Rahim II, accorde le protectorat de l'empire sur le khanat.

Géographie moderne[modifier | modifier le code]

On a traditionnellement[Quand ?] divisé le Turkestan en deux zones :

Nationalisme contemporain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Panturquisme.

Aujourd'hui encore de nombreux peuples turcs, de l'Asie centrale à la Bulgarie en passant par le Caucase et l'Anatolie, considèrent le Turkestan comme leur berceau historique. Le terme est tombé en désuétude dans certaines langues, notamment du fait des dirigeants soviétiques comme Lazare Kaganovitch qui voulait ainsi annihiler tout panturquisme. Les occidentaux voyaient également d'un mauvais œil se réalimentent de peuples de l'ancien Empire ottoman[réf. nécessaire].

Depuis au moins le XIXe siècle de nombreux mouvements indépendantistes ouïghours tentent d'obtenir l'indépendance du Xinjiang (nom chinois du Turkestan) vis-à-vis de la Chine (révoltes au XIXe et XXe siècles, les plus importantes étant celles de 1863, 1933 à Kachgar, 1944 dans la préfecture autonome kazakh d'Ili, 1954 à Khotan, 1990, sur le Xian d'Akto et 1997 à Ghulja). Des mouvements indépendantistes se sont manifestés dès le XIXe siècle dans les zones musulmanes de Chine et, à titre d'exemple, la Kachgarie ou Kasgharie fut indépendante pendant une décennie, entre 1866 et 1876 sous le nom de Émirat de Kachgarie.

Entre 1916 et 1931, l'armée blanche de l'Empire russe tente d'enrôler les peuples turcs d'Asie centrale pour participer à la Première Guerre mondiale, s'organise alors la Révolte basmatchi dirigé notamment par Ismail Enver, ancien ministre de la guerre de l'Empire ottoman qui se rallia aux bolcheviks

Le mouvement du Mouvement islamique du Turkestan oriental ont été violemment réprimés par les autorités chinoises qui assimilent, surtout après les attentats du 11 septembre 2001, et en raison de différents attentats (comme l'Attentat de la gare de Kunming en mars 2014), certains indépendantistes à des terroristes[1]. À l'étranger, la diaspora ouïghoure reste très active pour faire entendre sa cause, notamment dans divers pays turcophones comme la Turquie, l'Azerbaïdjan et les pays d'Asie centrale, mais aussi en Occident, comme en Allemagne (aidée par l'importante communauté immigrée turque dans ce pays) et aux États-Unis.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. cf Xinjiang: "Les accusations du gouvernement chinois sont peu crédibles", in Le Monde du 04.08.11, article de Nicholas Bequelin et Harold Thibault.