Scythes

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Tailles comparées de la Scythie et du territoire des Parthes en 100 av. J.-C.

Les Scythes (/sit/, en grec ancien Σκὐθαι, Skúthai) sont un ensemble de peuples eurasiens nomades parlant des langues iraniennes[1] appartenant à la famille des langues indo-européennes. Originaires d'Asie centrale ils ont vécu leur apogée entre le VIIe et le IIe siècle av. J.-C. dans les steppes eurasiennes, une vaste zone allant de l'Ukraine à l'Altaï, en passant par la Russie et le Kazakhstan. Les Perses désignaient ces peuples par le nom de sakas, francisé en Saces. Les sources assyriennes mentionnent les Saces dès 640 avant l'ère chrétienne.

L'antique culture du cavalier scythe est principalement connue grâce aux récits de l'historien grec Hérodote qui séjourna auprès des Scythes de la mer Noire, ces récits constituent une source d'information très riche, mais ce « coup de projecteur » jeté sur les Scythes d'Ukraine pourrait faire penser que le phénomène scythe était essentiellement européen[2]. Les Scythes ont en réalité joué un rôle encore plus important en Asie qu'en Europe. Pour les étudier, on dispose aussi de vestiges archéologiques abondants et de l'art des steppes, les nomades scythes ont laissé leurs tombes appelées "kourganes", richement pourvus de matériel parfois très bien conservé, ainsi que des stèles anthropomorphes et des roches gravées de motifs animaliers.

Par extension, le terme "Scythe" à parfois été utilisé pour désigner d'autres peuples nomades d'Eurasie ethniquement proches ou culturellement influencés par les Scythes, mais le consensus scientifique actuel est que les Scythes proprement dit sont les peuples de cavaliers nomades indo-européens d'Eurasie qui parlaient au niveau véhiculaire et religieux une langue iranienne. De nombreux groupes ethniques ou nobles continuent par ailleurs de se réclamer d'une ascendance scythe. Au début de l'époque moderne, les Polonais, Lituaniens, Ruthènes... du vaste royaume polonais et lituanien se réclamaient souvent d'une fabuleuse origine scythe ou sarmate, c'est également le cas de l’ethnie des Jats en Inde du nord.

Au IIIe siècle av. J.-C., Arsace Ier, chef des Parni, une tribu scythique, fait la conquête de la province Séleucide de Parthie, et y fonde la dynastie des Arsacides. Un de ses successeurs, Mithridate Ier, fait ensuite la conquête d'une grande partie de l'empire gréco-perse au IIe siècle av. J.-C. et fonde le puissant empire Parthe ou empire Arsacide.

Au IIe et Ier siècles av. J.-C. des tribus Scythes ont également créé un royaume en Inde, le royaume Indo-Scythe couvrant tout le bassin de l'Indus et une partie du haut Gange à son apogée, sur les décombres du royaume Indo-Grec, il y sera ensuite évincé par les Kouchans qui créeront à leur tour un empire dans cette région.

Archéologie[modifier | modifier le code]

stèle anthropomorphe scythe au Kirghizistan.

Origines de la culture scythe[modifier | modifier le code]

Durant le IIe millénaire av. J.-C., la culture d'Andronovo, du nom d'une nécropole située sur l'Ienisseï, se développe au Kazakhstan et en Sibérie méridionale, allant de l'Oural à l'ouest, au lac Baïkal à l'est, et jusqu'au Syr-Daria au sud. La culture d'Andronovo dispose du char de guerre à deux roues, tiré par deux chevaux, ce qui a sûrement beaucoup contribué à l'expansion de ses porteurs. Ses membres vivaient de façon en partie sédentaire dans des villages, cultivaient la terre et élevaient des animaux. Ils fabriquaient des armes et des outils en bronze. Au cours des XIIIe et XIIe siècles av. J.-C., afin de faciliter la transhumance, les éleveurs construisirent des habitations coniques démontables aux murs en claie, dont le toit comportait une ouverture centrale. Ce fut le prototype de la yourte, utilisée aujourd'hui par tous les nomades de l'Asie centrale.

Pour l'origine des Scythes, l'école russe privilégie le culture d'Andronovo, adoptant quelques changements importants. Le plus marquant est l'abandon de l'agriculture au profit du nomadisme pastoral au cours ou avant le VIIIe siècle av. J.-C. Les hommes d'Andronovo étaient de type europoïde et de langue probablement iranienne et à l'origine de toute les langues iraniennes qui suivrons, ils descendaient eux mêmes indirectement de la culture de Yamna des rives nord de la mer Noire.

Il y a un stade intermédiaire entre la culture d'Andronovo et celle des Scythes : la culture de Karassouk. Elle est datée du XIIIe au VIIIe siècle av. J.-C. avant l'ère chrétienne et s'étendait sur la Sibérie méridionale, à l'ouest de l'Ienisseï, et sur une large partie du Kazakhstan et de la Mongolie. C'est dans le cadre de cette culture, durant sa phase finale, que les mutations se sont produites : le passage au nomadisme, mais aussi l'introduction de la métallurgie du fer. Les selles de chevaux, ainsi qu'un harnachement permettant le développement de la cavalerie montée, font leur apparition. Les hommes de Karassouk ont surtout laissé des tombes. Leurs techniques de construction des sépultures et leur poterie étaient issues de celles d'Andronovo, ainsi que certains de leurs bijoux, comme leurs pendentifs tubulaires ou en forme de palme.

Les kourganes[modifier | modifier le code]

Kourgane de Salbyk, dans la steppe de Sibérie russe, datant du VIIIe siècle av. J.-C.

Les tombeaux des Scythes sont des tumulus, encore appelés kourganes par les archéologue de l'école russe, ils peuvent atteindre une taille monumentale. La tombe proprement dite est constituée d'une ou plusieurs chambres funéraires enterrées construites en bois ou en pierre, dans laquelle sont parfois accumulées de nombreuses richesses que le défunt doit emporter dans l’au delà. Ce type de tombe est aussi le fruit d'un important culte des ancêtres dont le souvenir est ainsi pérennisé pour les générations suivantes dans le paysage des grandes prairies, ainsi de nos jours les steppes eurasiennes sont encore marquées par ces nombreuses collines artificielles parfois organisées en vastes groupes ou en lignes de plusieurs kilomètres. Ce type d’inhumation était caractéristique des différentes populations indo-européennes semi-nomades des steppes d'Eurasie qui se sont succédé depuis la culture de Yamna. Les différences de taille reflètent des différences de statut social : les plus grands tumulus sont ceux des rois.

Le kourgane d'Arjan[3], par exemple, en Sibérie méridionale, daté du VIIIe siècle av. J.-C., à 700 km à l'ouest de la pointe occidentale du lac Baïkal, est constitué d'un remblai en pierres de 120 mètres de diamètre et de 3 à 4 mètres de haut qui recouvre une structure constituée de 70 cages en rondins rayonnant autour d'un double noyau central. On y a retrouvé les restes de 300 chevaux qui devaient provenir d'un festin funéraire. L'archéologue M. P. Griaznov a estimé que 1 500 hommes ont dû travailler durant une semaine pour édifier cette structure. Un homme et une femme vêtus de fourrures richement ornées sont enterrés au centre, dans des sarcophages. Ils sont accompagnés par quinze hommes et par 160 chevaux entièrement harnachés. On y a retrouvé des tapis, les plus anciens du monde, rehaussés d'or et d'argent, ainsi que des armes et des sculptures, et des milliers d'objets en or finement ouvragés. Ils fournissent des exemples de l'art animalier caractéristique des Scythes.

De grands kourganes, de 100 à 200 mètres de diamètre et d'une hauteur atteignant les 17 mètres, parsèment également l'Altaï, ainsi que, plus à l'ouest, le Kazakhstan. Les kourganes de Pazyryk, en Sibérie méridionale, à environ 500 km au sud-ouest du site d'Arjan, sont d'un intérêt exceptionnel. Ils sont datés du VIe au IVe siècle av. J.-C. avant l'ère chrétienne. Les plafonds de leurs chambres funéraires s'étant effondrés, elles se sont remplies d'une eau qui a ensuite gelé, permettant une excellente préservation de leur contenu. On y a trouvé des objets en cuir et en bois, des tentures de feutre, des tapis et des coussins rembourrés de poils d'animaux ou d'herbe, qui contribuaient au confort des nomades. Ils dormaient, semble-t-il, sur des tapis, la tête posée sur un oreiller en bois recouvert de cuir. Ils possédaient des tables basses ou des plateaux. L'une de ces tables avait des pieds démontables. Le seul animal fantastique connu des gens de Pazyryk était le griffon. On le retrouve chez les Scythes d'Europe, ainsi que chez les Perses.

L'archéologie révèle certaines différences entre Scythes d'Europe et d'Asie. Ainsi, les premiers avaient un bestiaire fantastique beaucoup plus développé que les seconds. Les chaudrons avaient un pied en Europe et trois en Asie. Les Scythes avaient de lourds plateaux surélevés en bronze qui servaient peut-être d'autels portatifs.

Aspect physique[modifier | modifier le code]

Les Scythes sont généralement décrits comme étant d'aspect europoïde par les auteurs anciens[4]. L'historien grec Hérodote du Ve siècle av. J.-C., qui a lui même séjourné chez les Scythes, les décrit roux avec des yeux gris. A la même époque, le médecin grec Hippocrate écrit que les Scythes ont la peau très claire[5]. Au IIIe siècle av. J.-C., le poète grec Callimaque décrit les Arimaspes de Scythie comme blonds[6]. Au IIe siècle av. J.-C., Zhang Qian, un envoyé et explorateur chinois de la dynastie des Han, décrit les Sai (Scythes) comme étant blonds avec les yeux bleus. Dans l'Histoire Naturelle, du Ie siècle après JC, l'auteur romain Pline l'Ancien caractérise les Serres, identifié comme Iraniens (Scythes) ou Tokhariens, aux cheveux roux et aux yeux bleus[7]. À la fin du IIe siècle après JC, le théologien chrétien Clément d'Alexandrie écrit que les Scythes sont blonds. Toujours au IIe siècle le philosophe grec Polemon comprend les Scythes parmi les peuples nordiques caractérisés par les cheveux blonds ou roux et les yeux bleu-gris[8]. À la fin du IIe siècle ou début du IIIe siècle de notre ère, le médecin grec Galien déclare que les Sarmates, les Scythes et les autres peuples du Nord ont les cheveux roux[9]. L'historien romain du IVe siècle Ammien Marcellin a écrit que les Alains, un peuple étroitement liés aux Scythes, étaient grands, blonds et aux yeux clairs[10]. Au IVe siècle l'évêque Grégoire de Nysse écrit que les Scythes avaient le teint clair et les cheveux blonds[11]. Au Ve siècle le médecin Adamantius, qui suivaient Polémon, écrit que les Scythes sont blonds[12]. Cependant il est possible que les descriptions physiques tardives de Adamantius et de Grégoire de Nysse se réfèrent à des tribus germaniques orientales présentes dans les mêmes zones, celles-ci ont souvent été confondu avec les Scythes dans les sources romaines les plus tardives, car ces populations se ressemblaient.

Histoire des Scythes[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

Guerriers scythes représentés sur un vase en or du kourgane de Koul'-Oba (Ukraine, Crimée).

Selon Hérodote[13], les Scythes habitaient originellement de l'autre côté de l'Araxe. Ce fleuve serait la Volga. Ils délogèrent les Cimmériens, peuple qui a laissé son nom à la Crimée, du nord de la mer Noire, les forçant à se diriger vers l'Anatolie et les Balkans. Les ayant poursuivis, les Scythes atteignirent l'Assyrie, où ils s'allièrent au roi Assurbanipal contre les Mèdes (-669 à -626). Les textes assyriens ont donné les noms de deux chefs scythes : Iskpakāy et Partatûa. Changeant ensuite d'alliance, les Scythes contribuèrent à la chute des Assyriens, puis ils pillèrent la Mésopotamie et la Judée pendant 28 ans. L'archéologie montre que les Scythes étaient établis en Ukraine au début du VIe siècle av. J.-C..

À cette époque, les Grecs fondaient des colonies au nord de la mer Noire, comme par exemple la cité d'Olbia du Pont où séjourna Hérodote. Ce qui mettait les Grecs en contact direct avec les Scythes. Leurs relations commerciales, culturelles et artistiques furent très intenses, des conflits ont également eux lieu. Le terme "Scythe" désigne parfois au sens strict seulement ces Scythes de la mer Noire,

L'armée Perse compte de nombreux Scythes d'Asie centrale (Saces) durant les guerres médiques contre les Grecs. Ceux-ci se distinguèrent à la bataille de Marathon et de Platées.

Au IVe siècle av. J.-C., un roi scythe, Ateas, rassembla sous son autorité de vastes territoires scythes d'Europe entre le Danube et la mer d'Azov, et effectua une tentative d'expansion vers l'ouest qui fut peut-être liée à une pression exercée à l'est par les Sarmates, un autre peuple scythe du Kazakhstan occidental. En 339 av. J.-C., à l'âge de 90 ans, il fut tué par les Macédoniens, sous Philippe II de Macédoine, lors d'une bataille sur le Danube.

Au IIIe siècle av. J.-C., les Sarmates, un peuple scythique donc, repoussèrent les Scythes de la mer Noire en Crimée et les remplacèrent dans la majeure partie des steppes européennes. Sédentarisés et hellénisés, les anciens Scythes de la mer Noire constituèrent sous l'autorité du roi Scilurus un royaume réduit entre le bas Dniepr et le nord de la Crimée. La cité grecque d'Olbia du Pont, l'un des plus important port d'échange de la Scythie vers la Méditerranée, fut intégrée comme vassale de ce royaume mixte gréco-scythe dont la capitale était Neapolis. Les Scythes de la mer Noire ont constituée une ethnie distincte jusqu'au IIIe siècle de l'ère chrétienne.

D'autres peuples scythiques plus tardifs, et notamment dérivés des Sarmates ont joué un rôle dans l'histoire européenne durant l'antiquité tardive et jusqu'aux grandes invasions, comme les Iazyges, les Taïfales, les Roxolans et les Alains

Les Scythes et la Perse Achéménide[modifier | modifier le code]

Les Scythes, appelés "Sakas" par les Perses, francisé en "Saces", ont des liens de parenté culturels avec les anciens Perses, car ils partagent probablement, au moins partiellement, des origines culturelles et linguistiques communes en Eurasie centrale, ces deux populations parlent notamment des langues iraniennes encore assez proches. De plus les peuples nomades Scythes sont les voisins de la Perse Achéménide au nord. Mais alors que la Perse est un grand empire agricole et sédentaire très puissant et centralisé, les Scythes sont des peuples de cavaliers pastoraux nomades farouchement indépendants et politiquement éclatés. De ce fait les relations entre les deux blocs sont intenses et complexes, faites de nombreux conflits de pouvoir, d'invasions réciproques, et d’alliances militaires.

sous Cyrus (559 - 530 av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Hérodote raconte que les Scythes s'opposent au roi Perse Cyrus. Ctésias conte une guerre au cours de laquelle les Perses capturent le roi scythe Amorgès. Mais la femme de celui-ci, Sparêthra (une amazone), rassemble les forces scythes et contraint Cyrus à lui restituer son mari en échange de prisonniers perses. D'après Strabon : « Cyrus fit une expédition contre les Saces, fut défait dans la bataille et s'enfuit » abandonnant son camp aux vainqueurs qui s'enivrèrent et furent finalement massacrés par les Perses. Cette victoire, aurait inspiré la fête des Sacées (Sâkaia) au cours de laquelle les hommes, revêtus du costume scythe, passent le jour et la nuit en beuveries et en jeux exubérants entre eux, accompagnés des femmes qui boivent aussi avec eux.

sous Darius (521 - 486 av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Après le règne de Cambyse et l'usurpation de Gaumata le Mage, c'est Darius qui reprend la lutte contre les Scythes. Ils sont cités dans une inscription de Behistoun parmi les peuples « révoltés » au début du règne, refusant de reconnaître l'autorité du nouveau roi. Cette révolte est datée du moment où Darius se trouvait à Babylone, donc en 521 av. J.-C.. D'autres inscriptions, permettent de reconstituer une nouvelle phase d'expansion perse vers l'Asie Centrale. Sur un texte de Persépolis, Darius énumère ses possessions héréditaires : « Darius le roi dit : voici le pays que j'ai reçu en ma possession en même temps que ce peuple perse, qui m'ont redouté et m'ont apporté tribut… ». Les Saces y apparaissent sans autre précision.

À Béhistoun se trouve également le récit d'une campagne contre les « Saces à capuchon pointu ». Darius le roi dit : « …ensuite, je partis pour le pays des Saces [abiy Sakâm], contre les Saces qui portent un capuchon pointu [pasâ sakâ tyaiy xaudâm tigrâm barati]. Ces Saces me fuirent. Quand j'arrivai au fleuve, je le traversai avec toute mon armée. Ensuite, je châtiai durement les Saces. Je capturai un autre [chef] ; celui-là fut conduit devant moi, et je le tuai. Leur chef, appelé Skunka [Sku(n)xa], ils le saisirent et le menèrent devant moi. Alors, je nommai un autre à leur tête, comme c'était mon désir. Après cela, le pays devint mien. Darius le roi dit : « Ces Saces étaient sans foi et Ahura Mazdâ n'était pas vénéré par eux. Moi, je vénérais Ahura Mazdâ. Par la faveur d'Ahura Mazdâ, je leur fis ce que je désirais »[14].

sous Xerxès (486 - 465 av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Des Saces à capuchon pointu, apportant des fourrures comme présents au roi perse. Relief de l'Apadana de Persépolis.

Durant les guerres médiques les « Saces à capuchon pointu » et les « Saces du Haoma » sont présentés comme des peuples de l'empire perse et il s'y ajoute les Dahéens, comme dans l'inscription trilingue de Persépolis où Xerxès dit : « par la faveur d'Ahurâ Mazdâ, voici les pays [ou tribus] dont je fus le roi : (...) Dahéens, Saces du haoma, Saces à capuchon pointu ». Les Scythes jouèrent un rôle important dans les guerres médiques du temps de Xerxès. Ils constituaient au même titre que les Mèdes et les Perses au sens strict, le noyau de l'armée achéménide. Leurs compétences guerrières étaient évidentes aussi pour les Grecs (bataille de Platées et bataille de Marathon). Hérodote relève que la bataille de Marathon fut très longue : « Au centre les Barbares l'emportèrent, là où se trouvaient les Perses eux-mêmes et les Scythes ». Des Scythes furent embarqués sur des navires qui, en plus du contingent indigène, comportaient trente hommes pris parmi les Perses, les Mèdes ou les Scythes.

Différent souverains revendiquèrent une suzeraineté sur de nombreuses tribus Scythes comme Artaxerxès II ou Artaxerxès III. Il existait des colonies militaires (hatru) constituées uniquement de Saces, comme en Babylonie. Ces colons Scythes étaient désignés sous le nom archaïsant de Cimmériens, ce qu'ils n'étaient pas.

Les Scythes et Alexandre le Grand[modifier | modifier le code]

Les troupes que le dernier roi achéménide Darius III opposa sans succès aux Macédoniens d'Alexandre le Grand, comptaient des cavaliers nomades. Lors de l'ultime bataille à Gaugamèles, le 1er octobre 331 av. J.-C.. On y trouvait des Scythes selon Arrien[15] : « Ces derniers sont l'une des nations scythes parmi celles qui habitent l'Asie. Ils n'étaient pas sujets de Bessos, mais vinrent pour respecter leur alliance avec Darius. Leur chef était Mauakès. Eux-mêmes étaient des archers à cheval ». Arrien insiste sur l'indépendance des Scythes. Pour la Perse, gérer les nomades n'allait pas sans difficultés. Ils pouvaient faire alliance, puis faire volte-face et se retirer. Après cet épisode, les Scythes posèrent quelques soucis à Alexandre[16],[17],[18]. Celui-ci monta une expédition en compagnie des scythes Dahéens sur l'Iaxarte (l'actuel Syr-Daria) afin de protéger une ville qu'il essayait de faire construire sur la rive méridionale du fleuve. Les Macédoniens, menés par Alexandre, avaient réussi à franchir l'Iaxarte après une « préparation d'artillerie » qui fit reculer l'ennemi, et poursuivirent sur quelques distances les nomades qui, conformément à leur tactique traditionnelle, se repliaient devant eux. D'après Arrien, ils auraient tué un chef nommé Satrakès (On ne sait s'il s'agit du « Cartasis » de Quinte-Curce). Un nouveau roi scythe aurait offert sa fille en mariage au conquérant lors d'une ambassade à Samarcande, cela donnera lieu à la célèbre légende de la reine des Amazones, la plus brave de toute les femmes, désirant un enfant d'Alexandre, le plus brave de tout les hommes, pour que l'enfant qui en naitrait surpasse toute l'humanité. Mais les efforts des biographes ne peuvent dissimuler une réalité : le difficile passage de l'Iaxarte ne déboucha sur rien, Alexandre, miné par la dysenterie, fit demi-tour sans avoir pu livrer de vraie bataille, et les Scythes ne furent pas soumis[19].

Il semble que tout au long de la campagne d'Alexandre, les Scythes se conduisirent comme ils en avaient l'habitude. Leurs « alliances » ne furent qu'épisodiques au gré des luttes de pouvoir, que les Grecs se menaient entre eux, de même que les Perses. De ce fait de nombreuses inscriptions relèvent à leur encontre des termes peu élogieux ou méprisants. Les Scythes ne furent guère plus considérés que comme des « Barbares » individualistes, mouvants et insaisissables.

Le scythe Arsace Ier fonde l'empire Parthe[modifier | modifier le code]

Arsace Ier est le chef des Parni, une tribu scythe de la confédération des Dahéens qui vivait approximativement entre la mer Caspienne et la mer d'Aral[20], quand cette tribu fait la conquête de la province perse de Parthie qui était alors en rébellion contre l'empire gréco-perse des Séleucides. Il y fonde la dynastie des Arsacides. Un de ses successeurs, Mithridate Ier, fait la conquête d'une grande partie de l'empire des Séleucides au IIe siècle av. J.-C. et fonde ainsi le puissant empire Parthe qui prend la place de l'ancien empire Perse. Sous les Arsacides l'utilisation plus généralisée des techniques militaires propres aux Scythes, tel que l'importance première accordée à la cavalerie lourde aristocratique, les cataphractaires, les archers montés et le célèbre tir parthe, feront la puissance de cet empire et sa résistance face au Romains.

En Asie centrale et orientale[modifier | modifier le code]

L'histoire des Scythes d'Asie centrale et orientale est beaucoup plus mal connue, de même leur extension maximale vers l'est et le nord fait débat. Les Scythes commerçaient sans doute directement avec les Chinois, ou par l’intermédiaire des Tokhariens, un autre peuple indo-européen établi plus à l'est encore. Mais il est certain qu'ils ont joué un rôle important dans l'établissement du commerce transcontinental, notamment la Route de la Soie qui se développa surtout à l'époque où les Scythes régnaient sur la plus grande partie de l'Asie centrale, et qui sera un atout majeur de l'empire Parthe.

Un peuple scythe a fondé au IIe siècle av. J.-C. le royaume de Khotan, au sud-ouest du bassin du Tarim, passage obligé de la Route de la Soie où étaient établis également les Tokhariens. Il a laissé de nombreux documents écrits bouddhiques, les seuls qui permettent de bien connaître une langue scythe. Ces documents ne remontent pas plus loin que le VIIe siècle de l'ère chrétienne, mais le vocabulaire des Tokhariens, leurs voisins indo-européens orientaux, comprend des mots qui ont dû être empruntés aux Khotanais depuis le début de l'ère chrétienne. En vérité, tout l'ouest du bassin du Tarim était scythe, en particulier l'oasis de Kashgar. L'archéologie indique que les Scythes étaient présents dans cette région depuis le début du Ier millénaire av. J.-C.. Ces Scythes étaient appelés Sakaraukai par les Grecs et Sai-wang par les Chinois. Il y a une étonnante correspondance, puisque wang signifie « roi » et que raukai s'interprète par le khotanais rūkya-, prononcé *raukya- à un stade antérieur, qui signifie « commandant, chef ». Le terme Sai, prononcé *Sek durant l'Antiquité, est la désignation chinoise des Scythes. Ainsi, ces gens étaient les « Saces-Rois ». Ils évoquent les « Scythes royaux » dont parle Hérodote. L'art et la culture scythe semble avoir eu une influence, directe ou indirecte, sur les cultures d’Extrême Orient.

Un autre peuple scythe de l'actuel Ouzbékistan, les Sogdiens, fondent plusieurs cités dont Samarcande, toujours sur la Route de la Soie, vers le IVe siècle av. J.-C. et se sédentarisent.

Au IIe siècle av. J.-C., des Yuezhi, un peuple tokharien originaire de la province actuellement chinoise du Gansu, sont contraints d'émigrer vers l'ouest. Ils poussent devant eux des tribus Scythes, qui arrivent en Bactriane, au nord de l'Afghanistan. Les Yuezhi les y ayant rejoints, ils doivent se déplacer plus au sud, au Cachemire puis au sud de l'Afghanistan, où ils donneront leur nom à la province du Séistan ou Sistan : ce nom était autrefois prononcé *Sakastan « Pays des Sakas ». De là, ces scythes se dirigent vers la plaine de l'Indus et y fondent un royaume.

Le royaume Indo-Scythe[modifier | modifier le code]

Carte du royaume Indo-Scythe en Inde à son apogée au Ier siècle av. J.-C.

Les Scythes descendus depuis l'Asie centrale, poussés par les Yuezhi, fondent donc un royaume au Sakastan au IIe siècle av. J.-C.. Puis au Ier siècle av. J.-C. le roi scythe Mauès, agrandit leur royaume dans une grande partie du Nord de l'Inde: sur la totalité du bassin de l'Indus et l'Ouest de la plaine du Gange, en remplaçant une grande partie du royaume Indo-Grec qui avait été précédemment établi suite aux conquêtes d'Alexandre le Grand. Les rois indo-scythes conservent en grande partie leur culture scythe avec quelques apports hélléniques. Ils ont laissé du vocabulaire qui s'interprète principalement grâce au khotanais. Par exemple, le terme maja « ravissant » correspond au khotanais māja « ravissant ». Le nom de Maues s'explique sans doute par le khotanais mauya ou muyi, qui signifie « tigre ». Le royaume Indo-Scythe durera le temps d'une dynastie, sera ensuite supplanté par les Kouchans, une tribu des Tokhariens Yuezhi qui y fonderont un empire.

Les Scythes émigrèrent alors vers le Gujarât et le Mâlwâ. Ces Scythes d'Inde, indianisés et hellénisés, subsistèrent en principautés jusqu'au IVe siècle après J.C.: principalement les Satrapes occidentaux, mais aussi dans la plaine du Gange. Une dynastie installée à Ujjain régna sur une partie du Râjasthân jusque dans les années 380. On doit à l'un de ses plus célèbres rois, Rudradâman, mort en 150, la plus ancienne inscription en sanskrit classique, trouvée à Gimar. Les dernières principautés scythes d'Inde furent détruites par la dynastie Gupta sous Chandragupta II (376-415).

Article détaillé : Indo-Scythes.
Article détaillé : Satrapes occidentaux.

La culture scythe[modifier | modifier le code]

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Les Scythes étaient surtout des éleveurs nomades, mais aussi semi-nomades ou des agriculteurs sédentaires, selon les conditions locales et les opportunités.

Paysage de la steppe pâturée au Kasakhstan en été

Le nomadisme reposait, dans les grandes steppes et prairies eurasiennes, sur un déplacement régulier des troupeaux suivant un circuit annuel de transhumance. La distance surtout nord-sud parcourue pouvait être de 400 km à 1 500 km, afin de suivre les zones de pâturage abondant en fonction des saisons. Les prairies et steppes boisées plus septentrionales au climat plus frais et humides étaient pâturés en été lorsqu'elles n'étaient pas couvertes de neige, tandis les steppes plus maigres et surtout les vallées alluviales marécageuses des régions plus méridionales au climat plus aride étaient pâturées en hivers et au printemps. Dans les régions plus montagneuses les déplacements, plus courts, se faisaient entre pâturages d'été en altitude et pâturages d'hiver dans la plaine, la topographie et les climats locaux étant très variés en Asie centrale, différents types de transhumance existaient. Le bétail était varié, il était essentiellement constitué de moutons ou de bovins suivant les zones, mais l'animal le plus précieux était le cheval (qui était à la fois objet de cultes, monture du cavalier, fournisseur de lait de jument ainsi qu'un produit d'exportation comme animal de guerre).

Le lait et ses produits dérivés était l'aliment de base des nomades, plus que la viande dont la productivité était moindre en comparaison, le lait de jument fermenté était le plus apprécié. De plus le territoire parcouru par les Scythes étant riche en cours d'eau, marais, lacs et mers intérieurs (la mer Caspienne et la mer d'Aral ainsi que le nord de la mer Noire avec la mer d'Azov, toutes très poissonneuses, étaient dans le territoire des Scythes), le poisson étaient donc aussi une ressource de toute première importance, surtout en hivers quand la production de lait était moindre, à cela s'ajoutait les produit végétaux cueillis et les céréales localement cultivées. De nombreux animaux étaient également chassés (des troupeaux d'herbivores sauvages existaient encore à cette époque dans les steppes).

À côté du nomadisme généralisé, existaient divers modes de vie mixtes, semi-nomades ou semi-sédentaires agricole dans laquelle seule une partie de la population se déplaçait suivant le cycle annuel ou saisonnier. Les régions situées au sud de la mer d'Aral étaient la Chorasmie antique qui a constitué un point de contact entre les mondes iraniens sédentaire et nomade qui pouvaient échanger leurs produits, des populations parfois ethniquement différentes pouvaient donc s'y côtoyer. Strabon (XI, 8,8) assimilaient les Chorasmiens aux saco-massagètes. La Chorasmie était un ensemble de petites cités établies le long des cours d'eau, ayant développé une culture nettement agricole et urbanisée. À cela devaient s'ajouter des Scythes sédentarisés sur le Jardania au sud du Syr-Daria, à l'est de la mer d'Aral. D'autres établissements contemporains sont connus, comme celui de Babych-Moulla, la culture de Tchirik-Rabat, à base agricole, produisant une céramique de qualité et éteinte au IIe siècle av. J.-C. ou celle de Djety-Asary remarquable par sa continuité puisqu'elle a duré, avec des formes d'habitat et d'artisanat presque constantes, du milieu du Ier millénaire av. J.-C. au VIIIe - XIIe siècle de notre ère. L'économie était diversifiée, avec une agriculture irriguée, les produits de la chasse et de la pêche et surtout l'élevage, bovins, ovins, chameaux et porcs (animal inconnu des nomades et signe de sédentarité).

La métallurgie était très développée chez les nomades scythes qui travaillaient tout les métaux connus de l’époque et exploitaient des gisements, pour la fabrication d'armes, d'objets usuels mais aussi d'objets d'art. L'artisanat pouvait être pratiqué dans des camps saisonniers. Les nomades travaillaient tous les produits dérivés de leurs cheptels : cuir, laine, os, corne, à des fins autant utilitaires (tentes, courroies, vêtements, outillage...) que décoratives et pour le commerce. La céramique elle, est assez grossière.

Le commerce est un élément très important des cultures scythes, notamment avec le développement de la Route de la Soie dont les Scythes contrôlaient une partie.

Une grande culture guerrière[modifier | modifier le code]

Selon Hérodote, les Scythes étaient des guerriers qui espéraient être tués au combat. Mourir de vieillesse était pour eux une suprême honte, ce qui explique qu'un roi comme Atéas ait guerroyé jusqu'à 90 ans et est mort au combat contre les Macédoniens. Ce comportement se confirme encore chez les Sarmates et les Alains.

En tant qu'éleveurs nomades dans les grandes steppes eurasiennes, les Scythes étaient les grands maitres de la cavalerie dans l'antiquité. On attribue aux Scythes les principaux développements de la cavalerie montée. D'abords maitres de la cavalerie légère les Scythes sélectionnerons des races de chevaux plus fortes, qui leur permettront de développer la cavalerie lourde aristocratique et les premiers cataphractaires entièrement en armure, déjà engagés par les Achéménides ils feront plus tard la force de l'empire Parthe.

Au gré des alliances opportunistes les cavaliers scythes ont souvent servis de mercenaires dans les armées des empires pour lesquels ils constituaient un atout majeur, en particulier avec l'armée Perse, plus sporadiquement avec les Grecs, et plus tard également avec les Romains (Sarmates, Alains), mais aussi déjà avec les Assyriens et peut être aussi les Chinois.

L'arme principale des Scythes était l'arc et les archers montés étaient une grande spécialité scythe. Les Scythes sont aussi les inventeurs de l'arc composite, c'est-à-dire formé de plusieurs matériaux différents, ce qui lui donnait une souplesse et une résistance supérieure à celles des arcs simples en bois, cet arc était aussi d'assez petite taille, à double courbure prononcée, privilégiant une grande puissance de tir. Les Scythes utilisaient également la lance et l'épée, notamment du type akinakès (akināka- en sogdien).

La religion scythe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion scythe.

Les Scythes sont d'origine indo-européenne, leur religion complexe et polythéiste entretient donc de nombreuses similitudes avec les religions grecque, thrace, celte, germanique, iranienne (perse) et hindoue.

Les récents travaux montrent que les Scythes baignaient dans une atmosphère religieuse. Pourtant, ils n'avaient pas de classe de prêtres, contrairement à leurs cousins indo-européens. Hérodote (IV, 67) mentionne des devins qui manipulaient des faisceaux de baguettes de saule et d'autres, les Enarées « hommes-femmes » (d'un composé iranien *a-narya « non-mâle »), qui se servaient de morceaux d'écorce de tilleul. Ces personnages n'avaient rien de sacré. Quand un roi tombait malade, ils pensaient généralement que quelqu'un avait juré un faux serment sur le feu royal.

Ce que les Scythes avaient de plus sacré était sûrement leurs sépultures: symbolisant la pérennité des ancêtres dans le paysage, ils les construisaient aussi loin que possible de leurs ennemis et étaient prêts à mourir pour les défendre.

Les dieux scythes[modifier | modifier le code]

Hérodote donne une liste de divinités scythes avec leurs équivalents grecs. Pour certaines d'entre elles, il précise leur nom scythe, mais prononcé à la manière grecque :

  • Tabiti, déesse équivalente à Hestia, la déesse grecque du feu et du foyer ;
  • Papaios, dieu équivalent à Zeus ;
  • Apia, la Terre, épouse de Papaios ;
  • Thagimasadas, dieu équivalent à Poséidon ;
  • Oitosuros, dieu équivalent à Apollon ;
  • Argimpasa, déesse considérée comme « Aphrodite céleste » ;
  • un dieu équivalent à Héraclès et un dieu équivalent à Arès, le dieu de la guerre des Grecs.

L'Héraclès scythique devait être très proche de son homologue grec, puisque les Grecs de la mer Noire ont mélangé leurs mythes : ils lui ont attribué le dixième travail de leur propre héros, celui où il vole les bœufs de Géryon (lesquels se transforment en juments dans la suite de leur récit).

L'identification de ces dieux est problématique, mais ce travail a bénéficié de l'avancée des études indo-européennes. Les Indo-européens mettaient le dieu du feu en tête de leur panthéon, ce qui est le cas ici. Tabiti correspond à une ancienne déesse indienne[réf. nécessaire] dont le nom est lié au sanskrit tapati « brûler ». Georges Dumézil a retrouvé ses traces dans les légendes des Ossètes, peuple iranien du Caucase. Il a également reconnu en l'Arès scythique un héros ossète, Batraz. Ces deux personnages s'identifient notamment tous les deux à une épée.

Dans le nom d'Apia, les spécialistes s'accordent à reconnaître l'iranien āp- « eau ». Selon Hérodote, c'est la Terre, mais l'analyse de la mythologie indo-européenne montre que la Terre était représentée sous la forme d'une montagne « sécrétant » une rivière, c'est-à-dire d'une montagne-source. Les Indo-Iraniens ont accentué son aspect humide. Dans les textes grecs, le dieu iranien Mithra est identifié à Apollon, ce qui permet de considérer qu'Oitosuros est Mithra. Ce nom devait être un composé Oito-suros dont le deuxième membre provenait du vieil iranien sūra- « fort ». Dans l'Avesta, ce qualificatif est attribué à Mithra. Quant au terme oito, selon l'analyse de François Cornillot, il était la graphie grecque de *witāw, de *hwatāwah « souverain ». Ainsi, les Scythes surnommaient Mithra le « Souverain Fort ».

Ce même auteur a proposé une autre lecture du nom des Sakā haumavargā (une confédération de Saces nommée ainsi par les Perses) : il fait dériver son deuxième membre de hauma warāgan, où le terme warāgan signifie « vainqueur de *Wāra » et aboutit à l'ossète Wœrgon. De la sorte, les Sakā haumavargā sont les « Saces adeptes du culte du Haoma vainqueur de *Wāra ». Pour comprendre la signification de cet ethnonyme, le Haoma est une plante divinisée et son ennemi *Wāra, appelé Vritra dans les textes indiens, est un démon qui cherche à faire disparaître le soleil et à obstruer la rivière qui descend de la montagne-source. Comme *Wāra représente la mort, la victoire du Haoma (plante d'immortalité) est celle de la vie sur la mort.

Les Sogdiens, fondateurs de la cité de Samarcande, étaient d'anciens Sakā haumavargā, car le nom de cette cité pourrait s'expliquer[réf. nécessaire] comme Saka-Haumawarga-kantha « ville des Saces Haumawarga » → *Sai-Maragkanda → *Sā-maragkanda (la transformation de saka en sai est un phénomène attesté ailleurs).

Enfin, le hauma-wāragan est aussi connu sous le nom de xwarnah (ou khvarnah). C'est une entité multiforme, lumineuse, assimilée à un feu mais qui séjourne sous les eaux. Selon un texte iranien, le Bundahishn, il est gardé par la déesse Aredvi Sūrā Anāhitā. Celle-ci est donc la xwarnah-pāthrā, « [déesse] assurant la garde du hauma-wāragan » (ou th se prononce comme « thank you » en anglais). En inversant les termes hauma et wāragan, puis par transformations successives, on obtient : wārag[an]-hauma-pāthrā → *wārgumpāsā → * argempāsā. On reconnaît le nom de la déesse Argimpasa.

L'art scythe[modifier | modifier le code]

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Les Scythes sont connus pour leur art animalier. Il s'agit d'un trait de culture original : les hommes d'Andronovo ne décoraient leurs céramiques qu'avec des motifs géométriques abstraits. Les Scythes qui leur ont succédé couvraient leurs objets de représentations de cerfs stylisés à très longs bois, de félins ou de rapaces. Le loup était présent surtout en Sibérie méridionale. Le cerf semble être un animal important et symbolique de cette culture. Il y a aussi le griffon, commun à tous les Iraniens, et des animaux imaginaires et composites. Il y a des représentations très réalistes de combats d'animaux. On ignore ce qu'elles signifiaient. Les momies scythes de l'Altaï qui ont une peau bien conservée ont de nombreux tatouages virtuoses de motifs animaliers complexes, ce sont les plus anciens tatouages parvenus jusqu'à nos jours avec ceux des momies du Tarim. Les représentations humaines sont aussi importantes, le guerrier scythe et les chevaux sont très souvent représentés ainsi que des scènes pastorales, surtout en Ukraine suite à l’influence hellénique. L'art scythe présente d'évidents liens de parenté avec l'art grec, l'art perse et l'art des Thraces, ainsi que l'art celte, surtout dans les zones où des groupes scythes ont été en contact avec ces cultures.

Les Scythes étaient des métallurgistes réputés, ils fabriquaient beaucoup d'objets légers de bronze et d'argent, en particulier des plaques ornementales ajourées représentants des scènes animalières en mouvement, ces plaques étaient cousus sur les vêtements et accessoires des personnes et des chevaux qui pouvaient être très richement ornés.

Mais l'art majeur et le plus connu des Scythes était l'orfèvrerie, les scythes sont considérés comme parmi les meilleurs orfèvres de l'antiquité. De nombreuses tombes (kourganes) dans toute l'air de répartition des Scythes ont livrés de très grandes quantités d'objets en or, jusqu'à plusieurs milliers d'objets d'or massifs pour les tombes princières, particulièrement remarquables par la finesse de leur travail, la diversité des techniques utilisées, le réalisme des représentations, l'équilibre des proportions et un grand sens de la représentation du mouvement. Le style de l’orfèvrerie scythique montre quelques liens évidents de parenté avec l'art celte, grec, thrace, perse et même assyrien, mais possède aussi son style propre[21],[22]. De nombreux objets en or étaient des ornements qui étaient cousus sur les vêtements d'apparat et les accessoires des hommes et des chevaux.

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Une influence artistique antique provenant de l'Asie centrale nomade est identifiable en Chine à partir du VIIIe siècle av. J.-C., suite à des contacts avec les Scythes frontaliers de l'ouest et du nord-ouest de la Chine antique. Les Chinois qui commerçaient avec les peuples nomades scythiques ont intégré le principe des kourganes pour l'inhumation des morts de haut rang, ainsi que l'art animalier du style scythe des steppes dans leur propre identité artistique, en particulier pour les plaques ajourés ornementales de bronze, jade et stéatite[23].

Après leur expulsion du Tarim par les Yuezhi au IIe siècle av. J.-C., certains Scythes pourraient aussi avoir migré vers le Yunnan en Chine du sud où leur talents de métallurgistes auraient été mis à profit. Des guerriers scythes pourraient également avoir servi comme mercenaires pour les différents royaumes de la Chine ancienne. Les objets d'art anciens du royaume de Dian dans le Yunnan ont révélées des scènes de chasse de cavaliers europoïdes et des représentations animalières dans un style typique des Scythes d'Asie centrale[24].

Des influences scythes ont également été identifiés en Corée et au Japon. Divers artefacts coréens, comme par exemple les couronnes royales en or du royaume de Silla, sont peut être de conception scythe. Des couronnes similaires, apportés par des contacts avec le continent, peuvent également être trouvés durant la période Kofun au Japon. Via les steppes d'Asie du nord-est des groupes scythes auraient facilement pu atteindre la Corée où le savoir faire des orfèvres aurait pu être mis à profit, les coréens adoptent également à cette époque le principe des kourganes pour les inhumations nobles[25],[26].

Les stèles anthropomorphes et les Pierres à cerf[modifier | modifier le code]

Ensemble de pierres à cerf près de Mörön, dans la province mongole de Hövsgöl.

Une manifestation archaïque de cet art animalier se trouve sur les « pierres à cerfs ». Elles ont une répartition très orientale : on les trouve à l'est du lac Baïkal et surtout en Mongolie. Plus à l'ouest, dans la Touva, elles sont placées près des sépultures. Le kourgane d'Arjan contient un fragment de pierre à cerfs. Il y en a aussi, mais en faible nombre, au Kazakhstan, jusqu'au sud de l'Oural. La plupart sont considérées comme antérieurs aux Scythes proprement dit. Sur les pierres sibériennes ou mongoles des animaux très stylisés sont gravés, surtout des cerfs, on trouve aussi des représentations de bouquetins, de sangliers, de chevaux ou de félins, avec une stylisation comparable à celle de l'art animalier scythe d'Asie orientale.

Stèles anthropomorphes scythes en Uckraine

Les stèles anthropomorphes, plus nombreuses, sont de pierres dressées représentant de manière très schématique un homme en armes, elles marque l'emplacement des tombes. La sculpture y est très rudimentaire. On reconnaît un collier de perles et une ceinture où sont accrochés des objets (poignard, pic, arc, hache de combat, couteau et pierre à aiguiser). En Mongolie orientale, dans l'Altaï et la Touva, ces pierres apparaissent dès le IXe ou le VIIIe siècle av. J.-C. avant l'ère chrétienne, mais les stèles anthropomorphes ont des origines bien plus anciennes dans les steppes du nord de la mer Noire où elles étaient dressées dés les premières cultures indo-européennes de l'age du bronze ancien.

Les Scythes dans la mythologie[modifier | modifier le code]

Le mythe grec de Scythès[modifier | modifier le code]

Lorsque le héros Héraclès se fut accouplé avec le monstre Échidna, cette dernière mit au monde trois garçons. Puis vint le moment pour Héraclès de continuer sa route. Mais le jour du départ, Échidna demanda à son amant ce qu’elle devrait faire de leurs enfants, une fois parvenus à l’âge d’homme. Héraclès prit l’un de ses deux arcs et son baudrier qu’il donna à Échidna. Il ajouta que celui des trois qui parviendrait à positionner le baudrier et à bander l’arc comme lui-même le faisait, deviendrait le roi du pays. Les deux autres frères devraient alors s’exiler. Arrivés à l'âge d'homme, Échidna rassembla ses trois enfants, Agathyrsos, Gélonos et Scythès. Le test pouvait alors commencer. Seul Scythès parvint à réussir les deux épreuves. Comme l’avait exigé Héraclès, Échidna donna le pouvoir suprême au vainqueur, tandis que ses deux autres enfants s’exilèrent. À ce moment, Scythès donna son nom à cette région et à son peuple. Voir aussi Targitaus pour un autre récit anthropogonique des Scythes.

Les Amazones[modifier | modifier le code]

Les Amazones sont un peuple semi-mythique uniquement constitué de femmes guerrières, elles peuplaient les steppes du nord de la mer Noire et l'Asie centrale. Leurs attribues sont typiques des peuples scythiques: cheval monté, lance, hache, et surtout arc et flèches, elles vont même jusqu'à se couper le sein droit pour faciliter le tir à l'arc.

Or si les Amazones proprement dit n'ont probablement pas existé, le fait que les femmes scythes et sarmates, appartenant à un peuple de cavaliers nomades aux mœurs différentes des sédentaires soient obligées de chevaucher comme les hommes, et même de guerroyer quand la tribu était en danger, a pu frapper l'imaginaire des grecs. Des fouilles archéologiques à la frontière entre la Russie et le Kazakhstan ont permis de mettre au jour des tombes de femmes guerrières, enterrées avec leurs armes entre 600 et 200 av. J.-C., probablement cavalières comme le révèle l'analyse ostéologique. L'une des tombes était richement garnie de nombreux objets et bijoux féminins et également de 100 pointes de flèches. Une enquête approfondie menée dans la même région a démontré l'existence d'une tradition vivace de la femme archer et cavalière émérite, leur arc est identique à celui qui est représenté sur des céramiques antiques.[27].

Dans l'Avesta[modifier | modifier le code]

Selon les Yasht, la partie mythologique de l'Avesta, le texte sacré du zoroastrisme, un héros nommé Thraetaona (le Fereydoun du Shâh Nâmâ de Ferdowsi) partagea son royaume entre ses trois fils, Iradj, Salm et Tour. Iradj reçut la Perse, Salm la partie occidentale de son royaume et Tour la partie orientale. Le Yasht XVII (prière à la déesse Ashi, 55-56) parle des « Tours aux chevaux rapides ». Selon les écrivains de l'Antiquité et du Moyen Âge, le Touran s'étendait dans les steppes du nord de la Perse et du Turkestan occidental (domaine des Sogdiens). Ceci permet de les identifier aux Scythes. Le roi Fraransyan du Touran agressa les Perses mais fut vaincu. Cette lutte est relatée dans le Yasht XIX. Si Thraetaona est purement mythique, il n'y a pas de raison de douter de la confrontation entre les Perses et les nomades touraniens. Après l'arrivée des tribus turques au Turkestan, les Touraniens (et par conséquent les Scythes) furent considérés à tord comme Turcs.

Le nom de Tour vient d'un terme indo-iranien, tura, qui signifie « puissant ». D'après les travaux de François Cornillot, spécialiste du Rig-Veda et de l'Avesta, on le retrouve dans le nom de Targitaos, l'ancêtre des Scythes selon une légende racontée par Hérodote, avec une transformation du u et un a propre aux Scythes septentrionaux : ce nom était auparavant prononcé *Tar-γwitaw, titre provenant lui-même de *Tur-hwatawah « Souverain Puissant ». Hérodote (IV, 5-6) rapporte que Targitaos eut trois fils, Lipoxaïs, Arpoxaïs et Coloxaïs. Sous leur règne, trois objets en or tombèrent du ciel, une charrue et un joug, une hache-sagaris et une coupe. Les deux premiers frères voulurent prendre ces objets, mais ils s'enflammèrent. Ils revinrent à Coloxaïs, qui eut alors le titre de roi. Ces trois objets représentent les trois fonctions reconnues par Georges Dumézil chez tous les peuples indo-européens : la fonction cléricale (le bol), la fonction guerrière (la hache) et la fonction de production (la charrue et le joug). Étant rentré en possession de ces trois objets, Coloxaïs acquit un caractère trifonctionnel, comme tous les rois indo-européens. Par ailleurs, les linguistes considèrent unanimement que le suffixe -xaïs reproduit le nom iranien du roi, qui était xshaya- en avestique.

Le souvenir des Scythes à l'époque moderne[modifier | modifier le code]

Le nationalisme romantique : Bataille entre Scythes et Slaves (Viktor Vasnetsov, 1881).

Plusieurs groupes ethniques se sont plus ou moins réclamés d'une ascendance scythe, moyen commode d'établir une connexion prestigieuse entre identité nationale et Antiquité classique. Les traditions des peuples turcophones kazakhs et iakoutes (dont l'endonyme est Sakha), ainsi que celles des Pachtounes d'Afghanistan les connectent également aux Scythes. Plusieurs légendes pictes, gaéliques, hongroises, serbes et croates (entre autres) mentionnent également des origines scythes. La déclaration d'Arbroath de 1320 revendique la Scythie comme ancienne patrie des Écossais.

L'ethnie des jats dans le Penjab du Pakistan et d'Inde, se réclame d'une ascendance Indo-Scythe.

Les Scythes sont également intégrés dans des récits post-médiévaux sur l'origine supposée des Celtes. L'historien britannique Sharon Turner les décrit, dans son Histoire des Anglo-Saxons, comme ayant investi l'Europe autour du VIe siècle av. J.-C. et, se basant sur plusieurs sources anciennes, ils les identifie aux ancêtres des Anglo-Saxons.

Aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, il est commun de considérer les Russes, les Polonais, les Lituaniens, les Russes blancs comme descendants des Scythes. Souvent les lettrés polonais de l'époque humaniste ou du siècle des lumières, tel Stanislas Leszczynski, assimilent le qualificatif «scythe » avec l'identité primitive des ancêtres, adoptant spécifiquement le terme « sarmate » pour dénommer leurs compatriotes anciens ou vivants en république chrétienne. Les Sarmates étaient supposés être les successeurs et héritiers des Scythes, à l'époque historique et surtout chrétienne. Mais nous savons désormais, par les études linguistiques, que les Russes et les Polonais sont des Slaves, les Lituaniens sont des Baltes... et non pas des Scythes, appellation conventionnellement utilisée dans la poésie du XVIIIe siècle : Alexandre Blok l'évoque d'ailleurs de manière sarcastique dans son dernier grand poème Les Scythes (1920). Le romantisme du XIXe siècle en Occident exalte les « barbares » scythes de la littérature en ancêtres libres et démocratiques des Indo-Européens blonds, tandis que des écrivains nationalistes romantiques ont reconnu la présence de Scythes dans la formation de l'Empire mède et de l'Aghbanie, précurseur de l'Azerbaïdjan moderne. De nos jours, la revendication d'origines scythes joue même un rôle important dans les théories panturque et sarmatiste, en réalité, si les Scythes ont effectivement eu une influence culturelle importante sur les populations turco-mongoles d'Asie centrale qui ont progressivement remplacé les populations scythes au cours du Moyen-Age, l'ascendance scythe dans ces populations est assez faible.

Actuellement, sur le plan uniquement linguistique, les Ossètes dans le Caucase sont les derniers à parler une langue scythe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://global.britannica.com/EBchecked/topic/530361/Scythian
  2. Le maître grec qualifie même, par analogie de mœurs et de modes de vie, les Celtes de Scythes de l'ouest.
  3. http://traces.univ-tlse2.fr/accueil-traces/equipes-de-recherche/equipe-5-histoire-et-archeologie-du-metal/l-orfevrerie-scythe-du-tumulus-princier-de-arjan-en-siberie-51016.kjsp
  4. John V Day, Indo-European origins, Institute for the Study of Man, 2001
  5. Hippocrate, Airs, eaux, lieux (II, 2), 20.17
  6. Callimachus. Hymn to Delos. 291
  7. Pline l'Ancien, Naturalis Historia. 6. 88
  8. John V Day, Indo-European origins, Institute for the Study of Man, 2001
  9. Galien, De temperamentis 2. 5
  10. Ammianus Marcellinus, Histoire Romaine, livre XXXI. II. 21
  11. Grégoire de Nysse. Against Eunomius. 2. 12
  12. John V Day, Indo-European origins, Institute for the Study of Man, 2001
  13. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne] (IV, 11-12)
  14. p.48. Iaroslav Lebedynsky, « Les Saces , 2006, ed. Errance.
  15. Anabase, III, 5
  16. Arrien, Anabase, IV,1
  17. Quinte-Curce, Histoire d'Alexandre le Grand, VII, 7
  18. Plutarque, Vie d'Alexandre, LXI
  19. p.51, Iaroslav Lebedynsky in Les Saces, ed. Errance, 2006, Paris.
  20. Katouzian 2009, p. 41 ; Curtis 2007, p. 7 ; Bivar 1983, p. 24-27 ; Brosius 2006, p. 83-84
  21. unesdoc.unesco.org/images/0007/000748/074829fo.pdf
  22. http://traces.univ-tlse2.fr/accueil-traces/equipes-de-recherche/equipe-5-histoire-et-archeologie-du-metal/l-orfevrerie-scythe-du-tumulus-princier-de-arjan-en-siberie-51016.kjsp
  23. Mallory and Mair, The Tarim Mummies: Ancient China and the Mystery of the Earliest Peoples from the West, 2000)
  24. "Les Saces", Iaroslav Lebedynsky, p.73 ISBN 2-87772-337-2
  25. Crowns similar to the Scythian ones discovered in Tillia Tepe "appear later, during the 5th and 6th century at the eastern edge of the Asia continent, in the tumulus tombs of the Kingdom of Silla, in South-East Korea. "Afganistan, les trésors retrouvés", 2006, p282, ISBN 978-2-7118-5218-5
  26. http://sgkohun.world.coocan.jp/GUNMA/maebasi/kinkan.html
  27. Violaine Sebillotte Cuchet, « Les Amazones ont-elles existé ? », L'Histoire, no 374, avril 2012, p. 70

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le sarcophage glacé de Mongolie, film documentaire[1] réalisé par Cédric Robion, Arte France, 2013, 53 minutes. Une campagne de fouille de deux modestes tumuli couverts de pierre, étonnamment proches, dans un champ de nombreux tumuli sur les versants d'un pâturage à 2500 mètre d'altitude dans le massif de l'Altaï. Présentation chronologique des découvertes d'objets et des corps de chevaux et des cavaliers inhumés (un homme et un enfant dans la première sépulture, une femme dans l'autre) d'il y a 2300 ans et du mode de vie de ce peuple nomade, dans une partie orientale et extrême de son ère d'influence.

La modélisation propose une irruption du peuple scythe il y a trois mille ans aux confins des steppes ukrainiennes, à partir de la mutation rapide de pauvres cultivateurs en éleveurs nomades, incluant forgerons et guerriers cavaliers, ainsi qu'un rapprochement novateur entre ethnologie et archéologie, le paisible peuple de montagnards kazakh, habitant semi-nomade local actuel, ayant hérité des principaux traits de cette civilisation ancien. Elle est opposée aux dogmes de l'ancienne école russe orientaliste ou sibérienne,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Guillaume Bergmann, Les Scythes, les ancêtres des peuples germaniques et slaves,‎ (lire en ligne)
  • Iaroslav Lebedynsky, Les Scythes. La civilisation nomade des steppes, VIIe-IIIe av. J.-C., Errance, Paris, 2003.
  • (en) History of Civilizations of Central Asia, vol. II, The development of sedentary and nomadic civilizations: 700 B.C. to A.D. 250, UNESCO Publishing, Paris, 1996.
  • François Cornillot, « L'aube scythique du monde slave», Slovo n° 14, 1994, pp. 77-259, « Le feu des Scythes et le prince des Slaves », Slovo n° 20/21, 1998, pp. 27-127, Paris, Centre d'Études Russes, Eurasiennes et Sibériennes.
  • Tamara Talbot Rice, Les Scythes, coll. Mondes anciens, 1, Paris, Arthaud, 1958, 253p.
  • Véronique Schiltz, Les scythes et les nomades des steppes, Gallimard ("L'Univers des Formes"), 1994.

Les Scythes dans la littérature[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. « Le sarcophage glacé de Mongolie »