Samis

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Sami
Sámi

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Famille Samie au début du XXe siècle devant une goahti.

Populations significatives par région
Drapeau de la Norvège Norvège 60 000 à 100 000
Drapeau de la Suède Suède 15 000 à 25 000
Drapeau de la Finlande Finlande 6 400
Région du Nord
(Drapeau de la Russie Russie)
~2 000
Population totale 85 000 à 135 000
Autres
Régions d’origine

Scandinavie

Langues

Langues sames (nombreuses)

Religions

Luthéranisme, Læstadianisme, Orthodoxie, Religion sami (traditionnelle)

Ethnies liées

Finnois et Estoniens

Le peuple same, également appelé Sami ou Lapon en France, est un peuple autochtone d'une zone qui couvre le nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande ainsi que la péninsule de Kola en Russie. Leur nom, Saami dans leur propre langue, est également parfois traduit par les termes « Sames », « Samés », « Sâmes » ou « Sami ».

Les Sames sont un des plus grands groupes indigènes en Europe. Ce n'est pas un groupe ethnique mais un peuple parlant des langues (same) d'origine finno-ougrienne. Ils sont parfois considérés comme issus d'un ancien peuple proto-européen ainsi que d'un peuple ayant des origines mongoloïdes. Cependant la proportion du gène mongoloïde « ab3st » est quasi nulle[réf. nécessaire], et ne peut être distinguée de celle des autres populations d'Europe du Nord.

Néanmoins, des études récentes et plus précises utilisant 109 635 polymorphisme nucléotidique confirment une contribution génétique significative d'une moyenne de 6 % provenant de l'Asie de l'est chez les Sames[1]. Bien que la petitesse des haplotypes asiatiques indique que cet événement a eu lieu il y a plusieurs générations, il a été possible d'établir que cette signature génétique est très similaire à celle de l'ethnie turque Iakoutes vivant en Sibérie orientale[2],[3].

Ce peuple est souvent nommé lapon, mais ses membres préfèrent le nom sámi (variante graphique saami)[4], qu'il utilise pour se désigner. La tradition finno-ougriste française utilise le terme « Same ». Le terme lapon de la racine lapp signifie porteur de haillons en suédois, ce qui explique que ce nom ait été délaissé[5].

Ils appellent leurs terres ancestrales Sápmi. Les activités traditionnelles des Sames étaient autrefois la pêche et l'élevage de rennes, mais aujourd'hui, seule une minorité des 85 000 Sames en vit encore.

Les Sames ont en Suède, en Norvège et en Finlande (mais pas en Russie) le droit de vote dans les parlements sames, des organisations gouvernementales mises en place par les gouvernements des trois États scandinaves qui visent à faire remonter les revendications des communautés sames. Les membres de ces parlements sont démocratiquement élus par les Sames.

Histoire[modifier | modifier le code]

Région traditionnellement occupée par les Sames
Enfants immigrants de Suède aux États-Unis XXe siècle
Photographie de Sami nomades prise entre 1900 et 1920
Drapeau same

Les premières traces humaines des régions septentrionales de la Scandinavie remontent à 11 000 avant Jésus-Christ environ. Personne ne peut affirmer que ces premiers habitants étaient en tous points identiques aux Sames d'aujourd'hui. Mais dans le sillage de la thèse dont l'écrivain et philosophe suédois Erik Gustaf Geijer (en), au début du XIXe siècle était l'un des partisans, la majorité des historiens conviennent que la culture same descend de celle de ces premiers habitants et qu'elle s'est enrichie, au fil du temps, par son interaction avec plusieurs autres cultures. La Norvège, en ratifiant la convention no 169 de l'OIT, a officiellement reconnu aux Sames, en tant que plus anciens habitants des régions nord de la Scandinavie, le caractère de « peuple indigène de Norvège »[6].

L'évangélisation des Sames[modifier | modifier le code]

Les premières églises furent construites sur les terres sames vers 1100. Mais l’œuvre de conversion ne s'intensifia qu'à partir du XVIIe siècle. On imprima à Stockholm, pour la première fois en 1619, sous le règne du roi Gustave Adolphe, des livres en same : le catéchisme, les principales prières de l'église luthérienne, les psaumes de David, les évangiles, les proverbes de Salomon. Ces livres furent traduits de suédois en same, et la comparaison des éditions, dans chaque langue, fournit de précieuses informations sur chacune d'entre elles[7].

En Norvège, qui était alors unie au Danemark, l'évangélisation fut dynamisée par Thomas von Westen qui devint, en 1714, le principal responsable du Collège des Missions, à Copenhague.

Sources relative à l'histoire des Sames[modifier | modifier le code]

Lapponia, un ouvrage écrit par Johannes Schefferus (1621 - 1679) en latin décrit la culture same dans les temps anciens. Lapponia, traduit par la suite en français sous le nom Histoire de la Laponie, est un livre offrant une description très détaillée de l'histoire du nord de la Scandinavie et en particulier du peuple same. Il fut publié en latin en 1673 à Francfort-sur-le-Main et fut rapidement suivi par une traduction en anglais, français, allemand et néerlandais. Le but était de tordre le cou à certaines rumeurs disant que les Suédois utilisaient de la magie same dans les batailles en Europe[8].

Culture[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion samie.

La religion same partage des éléments avec les autres religions des régions polaires, comme par exemple le culte des ours, les sacrifices, le chamanisme, etc. Les hommes et les femmes ont leurs dieux propres. Cette religion traditionnelle a été majoritaire jusqu'à l'époque médiévale (à partir du XIe siècle), où le christianisme s'est imposé pour devenir la religion majoritairement pratiquée vers la fin du XVIIIe siècle. Les animaux « blancs » y jouaient un rôle particulièrement important. Le noaide (chamane) possède une forte influence sur le sijdda (la communauté qui forme alors un village en hiver), en tant que conseiller, médecin et personnage religieux. Comme chez les autres populations circumpolaires, le chaman est un intermédiaire entre le monde des hommes et le monde surnaturel. C'est au cours de la transe extatique que le chaman entre en communication avec le monde spirituel peuplé de dieux et de créatures qu'il interroge en vue d'obtenir une information ou la satisfaction d'une requête.

Langues sames[modifier | modifier le code]

Article détaillé : langues sames.

Le same fait partie des langues finno-ougriennes, liées au finnois. Cependant, en raison du contact prolongé avec les Scandinaves, il y a désormais un nombre important de mots germaniques en same. Le same est divisée en neuf dialectes, dont certains ont leur propre langue écrite, mais si différents les uns des autres que les Sames du sud ne peuvent comprendre les Sames du Nord. La plupart des dialectes sont parlés dans plusieurs pays : les frontières linguistiques ne correspondant pas nécessairement aux frontières politiques.

Littérature[modifier | modifier le code]

Pendant des siècles, la littérature same s'est transmise exclusivement par voie orale. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, on ne peut vraiment trouver que des ouvrages religieux, des dictionnaires et des grammaires. Le petit catéchisme luthérien traduit par le missionnaire Morten Lund est publié en 1728. Le premier romancier à écrire un roman en same est Anders Larsen. Son livre Bæivve-Algo (L'Aube) raconte l'histoire d'un jeune garçon pris entre deux cultures : son peuple sami et la société norvégienne. L'histoire de la littérature écrite ne commence vraiment qu'en 1910 lorsque le Same Johan Turi publie Muittalus sámiid birra, un récit dans lequel il fait la description de la vie de son peuple. Il évoque en particulier le quotidien des éleveurs de rennes et les légendes populaires sames.

Ce même thème est repris par le conteur et romancier suédois d'origine same Andreas Labba qui dans son premier roman Anta, (écrit en sâme de Luleå) décrit avec beaucoup de poésie la vie d'une communauté same encore peu soumise à l'acculturation occidentale. Son deuxième roman Anta et Marie (rédigé en suédois), révèle, non sans amertume, la transformation de la société same par l'arrivée du « progrès » : la nouvelle voie ferrée et ses trains tueurs de rennes, les grands barrages hydroélectriques qui noient les pâturages, et l'arrivée des premières motoneiges qui transforme le nomadisme ancestral.

À partir des années 1970, la production littéraire se diversifie et prend son essor. Parmi les auteurs contemporains, on peut citer : Nils Viktor Aslaksen, Rauni Magga Lukkari, John Gustavsen, Ailo Gaup, Paulus Utsi, Erik-Nilsson-Mankok, Per Idivuoma et Annok Sarri-Nordrå.

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique samie.

Une des traditions sames particulièrement intéressantes est le chant Joik (prononcé Yoïk). Les joiks se chantent traditionnellement a cappella, généralement lentement et du fond de la gorge, en faisant transparaître de la colère ou de la douleur. Les missionnaires les ont qualifiés de « chansons du Diable ». De nos jours, les joiks sont fréquemment accompagnés par des instruments. Voir aussi Mari Boine.

Cuisine[modifier | modifier le code]

La cuisine sami traditionnelle est parfois tellement entrée dans les mœurs qu'on en oublie sa spécificité, telles les airelles utilisées dans de nombreuses sauces et facilement conservables. Elle comprend aussi beaucoup de poissons fumés dont le saumon, le hareng, le sandre, la perche ou le lavaret, la moule commune, des plats composés de renne (viande, viande salée et séchée ou fumée, saucisson), d'élan, de mouton mais aussi de lagopède alpin et surtout des saules avec des petits légumes divers et surtout des plantes telles que l'angélique officinale (racine, tige, feuille, fleur), la laitue des Alpes, pissenlit, l'orpin rose , l'achillée millefeuille, l'Alchémille commune, l'Alchémille des Alpes, Reine-des-prés, l'Épilobe en épi, violette (des marais, de Rivinus, Pensée à deux fleurs, des chiens), grande ortie, trèfle d'eau, trèfle des prés, trèfle blanc, plusieurs espèces de renouée,(Renouée vivipare), l'Oseille commune et la petite oseille, l' oxyrie à deux stigmates, Ciboulette (botanique) et Allium schoenoprasum ssp. Sibiricum [9], Andromeda polifolia, Campanule à feuilles rondes, Grassette commune, l'arnica (Arnica alpina), l'angélique des bois, cerisier à grappes, la Silène acaule, Polypode commun, Parnassie des marais, Cerfeuil sauvage, Cornouiller de Suède, Solidage verge d'or, Gentiane des neiges, Euphraise raide, Carex vesicaria, Polytrichum commune, Sedum rosea, Prêle des champs, Rhododendron tomentosum, Astragalus alpinus, Grand plantain, Tussilage, Jacinthe des bois (gelée), Diapensia lapponica, renoncule des glaciers (fleur séchée pour une tisane), Lychnis alpina, Cetraria islandica (dans le pain, soupe / tisane apres l'avoir séchée et bouille apres une nourriture grasse, fièvre et pour se gargariser contre le mal de gorge), Sorbier des oiseleurs, Bouleau nain (feuilles dans de l'huile et de l'alcool (dans le passé: graisse et viande de renne) contre le mal d'estomac, particulièrement bon pour les enfants en bas age, favorise la flore intestinale et tisane), des baies (baie de Plaquebière, camarine noire, myrtille, airelle des marais, Raisin d'ours, Busserole des Alpes, sorbe, argousier, fraise, ronce des rocher, framboise, Groseillier à grappes) mais aussi des arbres Bouleau pubescent (notamment farine), Pin sylvestre (farine), Épicéa commun, Genévrier commun et Juniperus communis subsp. Alpina présent en montagne. Il y a aussi des tartes et les traditionnels tisanes, jus de fruits concurrencés également par le café[10] L'utilisation de farine d'écorce de bouleau et de pin pour la fabrication du pain. C'est donc en résumé une cuisine de pays froid, riche en variété comme en goût. Des spécialités sont le lapkkok (à base de foie et de moelle) et renklämma, un pain levé au cumin en roulé en cône autour d'une fine tranche de renne[11].

Plante medicinale[modifier | modifier le code]

Arbres utilisé pour la médecine:

Champignons polypores:

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Mariusz Wilk : "Dans les pas du renne" (traduit du polonais par Robert Bourgeois).Les éditions noir sur blanc. 2007 Warszawa, 2009 Lausanne. (ISBN 978-2-88250-220-9).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.nature.com/ejhg/journal/v19/n3/full/ejhg2010179a.html
  2. http://www.nature.com/ejhg/journal/v19/n3/fig_tab/ejhg2010179f2.html#figure-title
  3. http://www.nature.com/ejhg/journal/v19/n3/full/ejhg2010179a.html#Results
  4. Sur la forme du mot à adopter, voir la discussion de cet article.
  5. Sauvegarder la culture des Sames, peuple autochtone le plus grand d’Europe, Hélène FAGHERAZZI-PAGEL, INIST-CNRS (Article, consulté 8 juillet 2010)
  6. La Convention relative aux peuples indigènes et tribaux, adoptée par l'Organisation internationale du travail, le 27 juin 1789 a pour objectif d'assurer l'égalité des droits sociaux, économiques et culturels, le respect de l'identité sociale et culturelle, des coutumes et traditions et des institutions des peuples indigènes qui constituent une minorité dans l'état auquel ils appartiennent. Les états qui ratifient la convention s'engagent à aider les peuples auxquels ils reconnaissent cette qualité à réduire les éventuels écarts économiques qui existe entre leurs membres et le reste de la population, d'une manière compatible avec leurs aspirations et leur mode de vie. La Norvège est le seul pays qui a ratifié la convention n°169, de l'OIT. La Suède, la Finlande et la Russie ne l'ont pas fait.
  7. (fr) « Le grand dictionnaire historique ou mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, Volume 3, Louis Moreri, Paris, Denys Mariette, 1707 », sur Google Books (consulté le 12 décembre 2011)
  8. (fr) « Johannes Gerhard Scheffer, Histoire de la Laponie, Veuve Olivier de Varennes, Paris (1678). », sur Internet Archive (contribution de la Bibliothèque Sainte Geneviève (consulté le 29 septembre 2013)
  9. Luođu láhjit, Máret Sárá, Davvi Girji 2012
  10. Cuisine lapone
  11. Laponie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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