Mont-Blanc (département)

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Département du Mont-Blanc

17921815

Description de cette image, également commentée ci-après

Le sud de l'empire français. Le département du Mont-Blanc est situé au nord-ouest de la carte.

Informations générales
Statut Ancien département de la Première République, du Consulat, du Premier Empire et du royaume de France
Chef-lieu Chambéry
Démographie
Population 1799 283 106
Superficie
Superficie 1799 6 404 km²
Histoire et événements
22 septembre 1792 Invasion de la Savoie par les troupes françaises
27 novembre 1792 Création du département
28 août 1798 Perte des communes du nord au profit du département du Léman
17 février 1800 Perte du massif du Mont-Blanc au profit du département du Léman
30 mai 1814 Traité de Paris : suppression du département du Léman et réintégration de plusieurs communes
20 novembre 1815 Traité de Paris : suppression du département
Préfets
(1er) 1800-1802 Antoine de Sauzay
(Der) 1815 Jean Louis Rieul de Viefville des Essarts

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Mont-Blanc est le nom d'un ancien (1792-1815) département français, dont le chef-lieu était Chambéry, correspondant au territoire du duché de Savoie appartenant au Royaume de Piémont-Sardaigne[1].

Premier département du Mont-Blanc (1792-1798)[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, les troupes françaises du général Montesquiou envahissent par surprise le duché de Savoie dépendant alors du royaume de Sardaigne, obligeant ainsi l'armée savoyarde, le roi (issu de la Maison de Savoie) qui résidait alors à Chambéry, de nombreux fonctionnaires et membres du clergé à se réfugier au Piémont. Fin octobre, l’Assemblée des Allobroges, réunie dans la Cathédrale de Chambéry, déclare la fin du despotisme, la suppression des corvées et de la gabelle, ainsi que la fin de la milice. Le 29 octobre, l'assemblée se dissout après avoir émis le vœu d'un rattachement du duché à la France. Les députés Doppet et Simond sont chargés d'aller porter ce vœu auprès de la Convention nationale à Paris.

Le 27 novembre suivant, les Savoyards deviennent Français pour 23 ans, par le Décret portant sur la réunion de la Savoie à la France. Ce texte crée également le département du Mont-Blanc correspondant aux actuels départements de la Savoie et de la Haute-Savoie. On a donné à ce département le nom du mont Blanc, le plus haut sommet de la région alpine.

Le nouveau département eut pour chef-lieu Chambéry qui accueillit le Directoire départemental et le Conseil général. Il fut divisé en sept districts, correspondants aux anciennes provinces du duché[1], subdivisés en 83 cantons, qui le furent eux-mêmes en 652 communes :

  1. le district de Chambéry, composé de 22 cantons et 184 communes,
  2. le district d'Annecy, composé de 15 cantons et 117 communes,
  3. le district de Thonon, composé de 7 cantons et 64 communes,
  4. le district de Carouge, composé de 8 cantons et 85 communes,
  5. le district de Cluses, composé de 10 cantons et 61 communes,
  6. le district de Moûtiers, composé de 10 cantons et 71 communes,
  7. le district de Saint-Jean-de-Maurienne, composé de 10 cantons et 70 communes.

Chambéry accueillit aussi le Tribunal criminel, alors qu'Annecy recueillait l'évêché constitutionnel.

De 1791 à 1793, les 7 districts (Annecy, Carouge, Chambéry, Cluses, Moûtiers, Saint-Jean-de-Maurienne et Thonon) du département du Mont-Blanc fournirent 5 bataillons de volontaires nationaux.

Deuxième département du Mont-Blanc (1798-1814)[modifier | modifier le code]

À la suite de l'annexion du canton de Genève, le département du Mont-Blanc fut amputé par la loi du 8 fructidor an VI (25 août 1798) de sa partie nord (Bonneville, Cluses, Thonon-les-Bains), rattachée au nouveau département du Léman centré autour de la ville de Genève[1]. Furent ainsi transférés :

De plus, par la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), le massif du Mont-Blanc passe lui aussi au département du Léman mais le département du Mont-Blanc garde son nom faute d'une solution satisfaisante. Sont aussi transférés : les cantons de Chamonix, de Saint-Gervais (aujourd'hui Saint-Gervais-les-Bains), de Megève, de Flumet et de Sallanches.

Cette loi substitue également les arrondissements aux districts et divise le département du Mont-Blanc en 4 arrondissements :

  1. arrondissement de Chambéry qui est en outre le chef-lieu du département du Mont-Blanc (Chambéry est aujourd'hui celui du département de la Savoie)
  2. arrondissement d'Annecy (aujourd'hui [chef-lieu]] du département de la Haute-Savoie)
  3. arrondissement de Moûtiers (aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Savoie ; il a existé un arrondissement de Moûtiers de 1860 à 1926)
  4. arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne (aujourd'hui encore chef-lieu d'arrondissement du département de la Savoie)

Au début du Consulat le département du Mont-Blanc comptait 283 106 habitants pour un territoire de 6 404 kilomètres carrés.

Troisième département du Mont-Blanc (1814-1815)[modifier | modifier le code]

Sous la Première Restauration, le premier traité de Paris du 30 mai 1814 ramène la France à ses frontières du 1er janvier 1792 avec quelques gains parmi lesquels la partie occidentale de l'ancien duché de Savoie. En conséquence le département du Léman est supprimé et le département du Mont-Blanc récupère ceux des territoires qu'il avait perdus en 1798 et qui sont restés français ; mais les communes concernées ne sont pas énumérées par les historiens. Le département du Mont-Blanc conserve son chef-lieu Chambéry, (la deuxième ville en importance étant Annecy), et est administré par son préfet confirmé par Louis XVIII.

Les parties restant à la France sont les cantons de Frangy, de Saint-Julien, moins quelques communes, de Reignier, ainsi que celui de La Roche. L'arrondissement de Chambéry sauf les cantons de l'Hôpital-Conflans, de Saint-Pierre-d'Albigny, La Rochette et de Montmélian. Enfin, l'arrondissement d'Annecy à l'exception d'une partie du canton de Faverges[2].

Si l'ancienne appellation du département est conservée, le mont Blanc ne se trouve cependant plus en territoire français[1].

Le reste de l'ancien duché, la partie orientale, est rendu au royaume de Sardaigne : les autorités sardes sont privées de la capitale traditionnelle du duché, Chambéry : le Sénat sarde est ainsi contraint de sièger à Conflans (aujourd'hui Albertville). Les « Sardes » doivent aussi renoncer à recouvrer la commune de Carouge au profit de Genève qui rejoint bientôt la Confédération suisse

Au deuxième traité de Paris du 20 novembre 1815 la France doit rendre à la Sardaigne la partie du duché de Savoie qu'elle avait conservée[1]. Celle-ci ne récupère cependant pas la commune de Carouge et quelques autres communes cédées au canton de Genève, par le traité de Turin de 1816[3].

La France supprime alors le département.

Liste des préfets[modifier | modifier le code]

Consulat et Premier Empire[modifier | modifier le code]

Liste des préfets napoléoniens (Drapeau de l'Empire français Consulat et Premier Empire)
Période Identité Fonction précédente Observation
mars 1800 1802 Antoine de Sauzay
28 avril 1802 1804 Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau Préfet de la Corrèze Disgracié pour manque de rigueur dans les opérations de conscription
1804 1810 Charles Poitevin de Maissemy 1er Préfet du Pas-de-Calais Préfet de la Somme (1810-1813)
1810 1814 Antoine Bernard Finot

Première Restauration[modifier | modifier le code]

Liste des préfets de la Première Restauration (Royaume de France Royaume de France)
Période Identité Fonction précédente Observation
1814 1815 Antoine Bernard Finot Préfet du Mont-Blanc Confirmé par Louis XVIII en 1814
Royaume de France Royaume de France

Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Liste des préfets napoléoniens (Drapeau français Empire français (Cent-Jours))
Période Identité Fonction précédente Observation
1815 1815 Jean Louis Rieul de Viefville des Essarts Auditeur au Conseil d'État
Sous-préfet d'Orange (Vaucluse)
Préfet du Sègre
Préfet de la Mayenne (1813)
Refuse la préfecture de Maine-et-Loire (Cent-Jours)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé,‎ 2007, 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0), p. 12-13, « Le Mont-Blanc et le Léman, départements français (1792-1815) ».
  2. J.-J. Vernier, Études historiques et géographiques sur la Savoie, Le Livre d'Histoire - Res Universis,‎ 1896, édition 1993 (ISBN 2-7428-0039-5, ISSN 0993-7129), p. 117-118. Voir aussi le traité sur le site de « Recueil des traités et conventions entre la France et les puissances alliées en 1814 et 1815. suivi de l'acte du Congrès de Vienne. 1815. », sur Gallica de la Bibliothèque Nationale de France (consulté le 9 mai 2009) : « Articles 7 et 8 », p. 10
  3. Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé,‎ 2007, 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0), p. 13, « De la Restauration à l'Annexion (1814-1859). L'achèvement du territoire ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]