Régions historiques de Roumanie

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La Roumanie moderne s'étend sur plusieurs régions historiques, héritées de la géographie médiévale, dont certaines appartiennent pour partie à ses voisins. On regroupe en général les régions historiques de la Roumanie, en trois « pays » traditionnels (țări en roumain) : Transylvanie, Moldavie et Valachie.

Évolution historique du territoire[modifier | modifier le code]

Le territoire de la Roumanie au XXe siècle : en violet le Vieux Royaume avant 1913, en rose les territoires rattachés au terme de la Première Guerre mondiale et restés roumains après la seconde, en orange ceux rattachés au terme de la Première Guerre mondiale mais perdus durant la seconde.

À l'instar de l'Italie et de l'Allemagne, la Roumanie se constitua progressivement par un processus d'unification concernant d'abord les principautés historiques de Moldavie et Valachie qui, le 17 janvier 1857, votèrent pour le même voïvode : Alexandru Ioan Cuza. La Dobrogée, jusque-là turque suivit en 1878 (nord) et 1913 (sud), puis, en 1917-1918, à l'effondrement des Romanov et des Habsbourg, la Moldavie orientale (dite Bessarabie) puis la Bucovine et la Transylvanie proclamèrent leur réunion à la Roumanie, ce qui créa la « Grande Roumanie ». Depuis le traité de Paris du 10 février 1947, la Bessarabie, la moitié nord de la Bucovine et le Sud de la Dobrogée ne font plus partie de la Roumanie, qui a renoncé à toute revendication territoriale sur ces territoires.

Du point de vie de l'étendue[1], la principauté de Roumanie née en 1859 de l'union des principautés de Valachie et Moldavie (sous les auspices du traité de Paris (1856) et encore vassale de l'Empire ottoman), indépendante en 1878 et érigée en royaume en 1881, a eu, de 1878 à 1913, un territoire de 120.732 km².

Il est modifié une première fois en 1913 où à l'issue de la Deuxième Guerre balkanique il augmente des 7.412 km² de la Dobroudja du Sud prise à la Bulgarie, atteignant alors 128.144 km².

Il est modifié une nouvelle fois début 1918 par le traité de Bucarest qui l'oblige à céder 10.683 km² à ses vainqueurs, l'Autriche-Hongrie et la Bulgarie, mais simultanément l'union du Royaume avec la République démocratique moldave le 27 mars 1918 l'augmente de 44.422 km² de sorte qu'en avril 1918 il compte 161.883 km² (cas rare d'un pays vaincu qui sort néanmoins agrandi de sa défaite)[2].

Fin 1918, avec la défaite des Empires centraux, le Royaume atteint 295.049 km² : il est alors appelé « Grande Roumanie ».

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est d'abord diminué, par le second arbitrage de Vienne, de 99.990 km² au profit des alliés du troisième Reich : l'URSS (50.135 km² : Bucovine du nord et arrondissement de Hertsa), la Hongrie (42.243 km² : nord de la Transylvanie) et la Bulgarie (7.412 km² : Dobroudja du Sud). Il reste alors à la Roumanie 195.259 km². Un an plus tard, elle récupère les terres cédées aux soviétiques en s'engageant dans la campagne allemande contre l'URSS : le royaume fait alors 245.394 km² (et, en plus, occupe militairement un territoire en Ukraine, nommé Transnistrie).

Depuis 1948, la Roumanie, ayant récupéré le territoire de 42.243 km² cédé à la Hongrie au début de la guerre, mais perdu en deux étapes (1946 et 1948) 50.138 km² au profit de l'URSS, compte 237.499 km². La différence de 3 km² au profit de l'URSS (par rapport à la cession de 1940 et 1946) s'explique par quelques menus territoires pris par les soviétiques en 1948 : cinq îles du bras de Chilia aux bouches du Danube et île des Serpents en Mer Noire.

Les régions historiques de la Roumanie (qu'elle partage, pour certaines, avec ses voisins) ont appartenu à divers États depuis le Moyen Âge (voir Histoire de la Roumanie) et les homonymies sont fréquentes. En particulier :

  • Transylvanie ou Ardeal désigne tantôt l'ancienne Principauté de Transylvanie seulement (notamment pour les historiens), tantôt l'ensemble des territoires hongrois avant 1918 (pour les Roumains modernes).
  • Vieux Royaume (en roumain : Regatul vechi), ou simplement le Royaume (en roumain : Regatul) désigne la Roumanie d'avant 1918, qui comprend plus ou moins la Moldavie occidentale et la Valachie.
  • Grande Roumanie (en roumain : România Mare) désigne l'ensemble du territoire de la Roumanie dans sa plus grande extension entre les deux guerres mondiales. C'est la Roumanie actuelle, plus des régions actuellement bulgares (Dobroudja du sud), ukrainiennes (Bucovine du nord, Bessarabie du nord et Boudjak), et moldaves (les deux tiers de la Bessarabie).
  • Moldavie désigne soit la partie est (République de Moldavie), soit la partie ouest (Région de Moldavie roumaine) de l'ancienne principauté de Moldavie. Toutefois, les moldavistes de la république de Moldavie, qui se réfèrent à la définition soviétique de la majorité roumanophone, ont réussi à accréditer pour la République de Moldavie, en anglais, allemand, espagnol et même en français officiel (circulaire Juppé), des gentilés différents de ceux de la Moldavie historique : Moldova et Moldawien au lieu de Moldavia, Moldavie et Moldau.

Les régions historiques[modifier | modifier le code]

Régions historiques de la Roumanie et de ses voisins
Territoire actuel de la Roumanie.
  • Au Nord-Ouest, la région appelée globalement Transylvanie (en roumain Transilvania ou Ardeal) comprend l'ancienne Principauté de Transylvanie proprement-dite, vassale de la Hongrie (aujourd'hui au centre de la Roumanie) et, à l'ouest, des parties de régions ayant jadis appartenu au royaume de Hongrie lui-même (partium) : Banat (partagé avec la Serbie : la partie serbe fait partie de la Voïvodine), Crișana (partagée avec la Hongrie : la partie hongroise s'appelle Körösföld) et Marmatie (partagée avec l'Ukraine : la partie roumaine fait partie du județ de Maramureș, l'ukrainienne fait partie de la Ruthénie subcarpatique).

La Transylvanie a la particularité d'être une des régions culturellement et historiquement les plus complexes. Deux villes sont importantes pour le culture roumaine : Sibiu (capitale culturelle de l'Europe en 2007 avec Luxembourg) et Brașov au cœur de la région où se trouve le château de Bran.

  • Au sud, la région appelée globalement Valachie (en roumain Țara românească) comprend l'Olténie, la Munténie et, selon les auteurs, la Dobrogée (d'autres auteurs comptent à part cette région partagée avec la Bulgarie : Dobrogea en roumain et Dobroudja en bulgare).
  • Au nord-est, la région appelée globalement Moldavie (en roumain Moldova) comprend l'ancienne Principauté de ce nom, qui a subi deux partages :
    • le premier, ancien, en a détaché successivement l'ancienne Bessarabie en 1484-1538, la Bucovine en 1775 et la nouvelle Bessarabie (moitié orientale du pays) en 1812 ; les noms de ces deux dernières régions ont été définis lors de cet ancien partage ;
    • le second partage, toujours en vigueur, date de 1940 : il laisse en Roumanie la moitié sud de la Bucovine et la moitié ouest de l'ancienne Principauté, en République de Moldavie les deux tiers de la nouvelle Bessarabie (moitié est de l'ancienne Principauté), et en Ukraine la moitié nord de la Bucovine, un fragment de la Moldavie occidentale (Herța) et un tiers de la nouvelle Bessarabie (Hotin au nord, Boudjak au sud).

S'il arrive parfois que des partis nationalistes agitent le passé roumain de ces régions, la Roumanie n'a aucune revendication territoriale et a reconnu par des traités avec ses voisins toutes ses frontières.

Dans la partie ukrainienne de l'ancienne Principauté de Moldavie, il n'y a plus, de nos jours, qu'une minorité de Moldaves. En Moldavie roumaine, ils sont 98 % de la population et ils peuvent s'affirmer à la fois comme Moldaves (au sens géographique du terme) et Roumains (au sens culturel et linguistique). En République de Moldavie, où ils sont les deux-tiers de la population, la constitution leur interdit de s'affirmer à la fois comme Moldaves et comme Roumains, ils doivent choisir l'un ou l'autre, mais s'ils choisissent de se déclarer "Roumains", ils sont considérés comme une minorité nationale dans leur propre pays, et c'est pourquoi plus de 90 % d'entre eux préfèrent se déclarer "Moldaves" (voir l'article Démographie de la Moldavie).

On fait souvent référence à ces provinces historiques lorsqu'on parle de musique folklorique ou plus généralement des particularités culturelles.

Notes et bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. Source pour les étendues et leur évolution : Mircea Cociu (ed.) L'Espace historique de la Roumanie, éd. Militaire, Bucarest 1993, ISBN 973-32-0367-X, page 11.
  2. Pierre Renouvin, La Crise Européenne et la Première Guerre Mondiale, p. 532.
  • Cornelia Bodea, Liviu Constantinescu, Ștefan Pascu et al. : Atlas Istorico-Geografic, 160 p., éd. Academiei Române, ISBN 973-27-0500-0.