Otto von Stülpnagel

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Otto von Stülpnagel
Otto von Stülpnagel (à droite), en voiture à Paris en mai 1941 avec le  Generalfeldmarschall von Brauchitsch, commandant en chef de l’armée de terre, venu lui rendre visite.
Otto von Stülpnagel (à droite), en voiture à Paris en mai 1941 avec le Generalfeldmarschall von Brauchitsch, commandant en chef de l’armée de terre, venu lui rendre visite.

Naissance 16 juin 1878
Berlin
Décès 6 février 1948 (à 69 ans)
Paris
Origine Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Infanterie
Grade Generaloberst
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement Chef des forces d'occupation allemandes en France et gouverneur militaire de Paris (1940-1942)
Famille Carl-Heinrich von Stülpnagel, cousin

Otto von Stülpnagel, né le 16 juin 1878 à Berlin, mort le 6 février 1948 à Paris, est un officier allemand actif pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, chef des forces d'occupation allemandes en France et gouverneur militaire de Paris entre 1940 et 1942.

Biographie[modifier | modifier le code]

Otto von Stülpnagel est le fils d'Otto von Stülpnagel (1822-1899), colonel de l'armée prussienne, issu d'une famille noble originaire de l'Uckermark.

Il se prépare à la carrière des armes au Collège militaire de Potsdam, puis à celui de Gross-Lichtfeld.

Carrière militaire (1898-1937)[modifier | modifier le code]

Dès 1898, il sert dans le régiment prussien de la garde à pied. Il prend part à la Première Guerre mondiale. À la suite de celle-ci, il est nommé chef de section au ministère de la Reichswehr avant de devenir commandant de la 17e division, puis de la 3e division. Il fait partie d'un groupe d'officiers complotant contre la République de Weimar.

À partir de 1933, il soutient Hitler. Destitué de son commandement, il reprend du service actif en 1937 en assumant le commandement de la 30e division[1], puis part à la retraite.

Avis du général Otto von Stülpnagel, Paris, 21 octobre 1941.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il est rappelé au service actif au début de la Seconde Guerre mondiale. En octobre 1940, il est nommé chef des forces d'occupation allemandes en France (Militärbefehlshaber in Frankreich) et gouverneur militaire de Paris.

À partir d'août 1941, il est confronté aux attentats contre des militaires allemands, notamment ceux du 21 août 1941 contre l'aspirant Moser à Paris, du 20 octobre contre le lieutenant-colonel Karl Hotz à Nantes, du 21 octobre contre le conseiller de l'administration militaire Hans Reimers à Bordeaux. Il exerce une répression féroce contre la Résistance. Il ordonne notamment l'exécution d'otages : des Juifs français issus du camp d'internement de Drancy, des militants communistes comme le jeune Guy Môquet, un des 27 fusillés de Châteaubriant, des résistants nantais, comme Alexandre Fourny, un des 16 fusillés de Nantes.

Le 12 décembre 1941, il fait arrêter chez eux, au petit matin, 743 Juifs français : un notaire, un président de chambre à la cour d'Appel, un conseiller à la cour de Cassation, des industriels, commerçants, hommes de lettres, hommes de sciences, hommes de loi ; plus de la moitié sont des anciens combattants. On compte parmi eux René Blum, frère de Léon Blum, et Jean-Jacques Bernard, fils de Tristan Bernard et auteur du livre Le Camp de la mort lente, Compiègne 1941-1942[2]. Le quota de 1 000 arrestations n'étant pas atteint, une seconde rafle organisée à Paris permet aux Allemands d’ajouter 300 autres Juifs, pour la plupart étrangers. Après avoir été regroupés dans le manège de l'École militaire, l'ensemble des otages est transféré dans la section « Représailles » du camp de Royallieu, près de Compiègne[3]. Le Matin du 15 décembre 1941 fait paraître l’avis suivant, émanant de Otto von Stülpnagel[4] :

«  Ces dernières semaines, des attentats à la dynamite et au révolver ont été commis contre les soldats de l'armée allemande.
Ces attentats ont pour auteurs des éléments, parfois même jeunes, à la solde des anglo-saxons, des Juifs et des Bolchéviks, et agissant selon des mots d'ordre infâmes de ceux-ci. Des soldats allemands ont été assassinés dans le dos et blessés. En aucun cas les assassins n'ont pu être arrêtés. Pour frapper les véritables auteurs de ces lâches attentats, j'ai ordonné l'exécution des mesures suivantes :
I — Une amende de Un milliard de francs est imposée aux Juifs des territoires français occupés.
II — Un grand nombre d'éléments criminels judéo-bolchéviks seront déportés aux travaux forcés à l'est. Outre les mesures qui me paraissent nécessaires selon les cas, d'autres déportations seront envisagées sur une grande échelle, si de nouveaux attentats venaient à être commis.
III — Cent juifs, communistes et anarchistes, qui ont des rapports certains avec les auteurs de ces attentats seront fusillés.
Ces mesures ne frappent point le peuple français, mais uniquement des individus à la solde des ennemis de l'Allemagne, qui veulent précipiter la France dans le malheur et qui ont pour but de saboter la réconciliation entre l'Allemagne et la France.

Paris, le 14 décembre 1941
Der Militärbefehlshaber — Von Stupnagel — Général de l'Infanterie »

Prenant conscience que la politique d'exécution d'otages contribue à dresser la population contre les autorités d'occupation[5],[6], Otto von Stülpnagel demande à être relevé de ses fonctions en février 1942, et il est remplacé par le General der Infanterie Carl-Heinrich von Stülpnagel, qui s'avère être son cousin et qui fera partie, destins divergents, des conjurés de l'attentat contre Hitler du 20 juillet 1944.

En août 1942, âgé de 64 ans, Otto von Stülpnagel est définitivement mis à la retraite.

Arrestation et décès[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il est arrêté en Allemagne et transféré à Paris en 1946 pour y être jugé. Il se suicide par pendaison en février 1948 dans la prison du Cherche-midi, avant le début de son procès.

Distinctions[modifier | modifier le code]

La liste de ces distinctions, sauf les deux dernières, provient de la liste générale de l’armée de terre allemande[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal de Genève, 7 février 1948.
  2. Témoignage paru en décembre 1944.
  3. Jean-Jacques Bernard, Le Camp de la mort lente, Compiègne 1941-1942, Édition Albin Michel, Paris, 1944, 249 p. ; rééd. Éditions Le Manuscrit, 2006, 334 p. (ISBN 2748169301 et 978-2-7481-6930-0) [lire en ligne].
  4. Étienne Rosenfeld (préf. Charles Baron), De Drancy à ces camps dont on ne parle pas, Éditions L'Harmattan,‎ 1991, 199 p. (ISBN 978-2296227590, lire en ligne).
  5. Dictionnaire historique de la France sous l'occupation, sous la direction de Michèle et Jean-Paul Cointet, Paris, Tallandier, 2000, p. 658.
  6. Henri Amouroux, La Grande histoire des Français sous l'occupation, le peuple réveillé, juin 1940-avril 1942, t. IV, Robert Laffont, 1979, p. 382.
  7. (de)Rangliste des Deutschen Reichsheeres, Mittler & Sohn Verlag, Berlin, S. 107.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Nord, Mes camarades sont morts : 2 – contre espionnage et intoxications, Paris, Éditions J’ai lu, coll. « J’ai lu leur aventure » (no A114/115),‎ 1965, poche, 381 p.
    L'action de Stülpnagel est citée à propos du Militärbefehlshaber in Frankreich (p. 125-168).
  • Dictionnaire historique de la France sous l'occupation, sous la direction de Michèle et Jean-Paul Cointet, Paris, Tallandier, 2000.
  • Henri Amouroux, La Grande histoire des Français sous l'occupation, le peuple réveillé, juin 1940-avril 1942, t. IV, Paris, Robert Laffont, 1979.