Lituaniens

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le peuple lituanien. Pour la langue lituanienne, voir Lituanien. Pour le courant religieux du Judaïsme dit « lituanien », voir Mitnagdim.

Lituaniens

alt=Description de l'image Lietuviai.Lithuanians.png.
Populations significatives par région
Drapeau de la Lituanie Lituanie 3 000 000 (est.)
Drapeau des États-Unis États-Unis 660 000 ((rec. 2000))
Drapeau du Brésil Brésil 600 000
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 100 000
Drapeau de l'Irlande Irlande 50 000
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 40 000
Drapeau de la Lettonie Lettonie 25 693 ((rec.2010))
Drapeau de la Pologne Pologne 15 000 à 25 000
Drapeau de la Russie Russie 45 000 ((rec; 2002))
Population totale 4 à 5 000 000
Autres
Langues

Lituanien

Religions

Catholicisme

Ethnies liées

Baltes

Les Lituaniens (orthographe ancienne : Lithuaniens) sont un peuple balte établi en Lituanie.

À l'époque médiévale, ils vivaient dans un territoire plus vaste qu'aujourd'hui car ils étaient présent à Konigsberg et dans les campagnes de Prusse-Orientale (voir Lituaniens de Prusse ou Lietuvininkai), dans le Nord de la Biélorussie et dans l’Est de la Pologne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant le XIVe siècle  : un peuple sans unité forte[modifier | modifier le code]

Les peuples baltes vers 1200.

De nombreux peuples baltes païens installés sur le territoire de l'actuelle Lituanie (Samogitiens; Sudoviens…) s'unirent dans un Grand duché de Lituanie pour contrer la menace que représentaient les croisés germaniques, établis en Prusse et en Livonie et poursuivant la christianisation des provinces baltes.

En 1235, les nobles lituaniens choisirent Mindaugas (1203 - 1263) comme grand duc, mais sa conversion au catholicisme, grâce à laquelle il put devenir roi par la volonté du pape en 1251, entraîna son assassinat.

La guerre civile consécutive à cet assassinat restaura la division du pays.

Du XIVe au XVIIe siècle  : le Grand duché, une puissance européenne[modifier | modifier le code]

Expansion du grand-duché de Lituanie du XIIIe au XVe siècle

En 1316, Gediminas (1275 - 1341) devient grand duc. Il met fin à la guerre civile et fonde un État puissant et bien organisé.

À partir du XIVe siècle, les princes lituaniens conquirent les régions de l'ancienne Rus' de Kiev (Minsk en 1326; Est de la Volhynie en 1340; Kiev en 1361) qui avait été détruit par les invasions mongoles. La conquête de ces territoires entraîna de profonds changements : démographique (les populations slavophones devenant majoritaire), géographique (la superficie augmenta de manière spectaculaire passant à 815  000 km² en 1582) et religieux (la Lituanie païenne, mais avec des souverains devenus catholiques au cours du temps, gagnait une population orthodoxe).

En même temps le Royaume de Pologne et la Lituanie se rapprochent pour lutter contre les ordres germaniques (Union de Krewo en 1383; Union de Vilnius et Radom en 1401) ce qui entraîne l'instauration d'une dynastie commune.

En 1409, la Samogitie (cédée en 1404) se révolta contre les croisés et en 1410 à Tannenberg, la Lituanie et la Pologne (alliées aux Samogitiens) battirent les Chevaliers teutoniques. La Samogitie très disputée fut finalement acquise en 1422 et les teutoniques durent arrêter définitivement leurs tentatives d'union de leurs territoires prussiens et livoniens.

Du XVIIIe au XIXe siècle  : sous le joug étranger[modifier | modifier le code]

En 1795, le troisième partage de la Pologne acheva définitivement l'État polono-lituanien, la Lituanie est annexé entièrement à la Russie.

En 1812, la France déclare la guerre à la Russie et remportent plusieurs victoires au début de la campagne, occupant Vilnius très rapidement. Le Grand Duché de Varsovie, État polonais créé par Napoléon en 1807 voulait en cas de victoire française annexer la Lituanie à son territoire, mais la défaite et la retraite française mirent fin à son ambition.

En 1830 - 1831 (insurrection de Novembre) et en 1863 (Insurrection polonaise de 1861/1864), les Lituaniens et les Polonais s'insurgent contre la lourde domination russe mais les insurgés inférieurs en nombre et en armes sont battus ce qui entraîne une politique de russification mené principalement par le tsar Alexandre II de Russie. Cette politique n'empêche pas la naissance du nationalisme lituanien qui, comme en Lettonie, s'exprime dans la langue et la poésie.

Sur le plan économique, les paysans sont délivrés du servage (1861) même si les barons baltes, noblesse fidèle à l'Empire, possèdent encore la majorité des terres.

Le XXe siècle  : l’indépendance et les répressions[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale permet aux Lituaniens d'obtenir leur indépendance. L'armée impériale russe est vaincue (bataille de Tannenberg) à plusieurs reprises et les régions baltes sont libérées de la domination russe entre 1915 et 1917. Le traité de paix de Brest-Litovsk (mars 1918) cède cette région à l'Empire allemand mais il ne peut profiter de cette victoire car il doit signer la paix (armistice du 11 novembre 1918).

Les pays baltes connaissent alors une période troublée de deux ans. Les Armées blanches, l'Armée rouge et les armés indépendantistes soutenues par le Royaume-Uni s'affrontent.

En 1920, la Lituanie est reconnue indépendante mais elle perd Vilnius (peuplé majoritairement par des Juifs et Biélorusses)qui est occupée par la Pologne (1920 - 1939).

En 1940, la Lituanie est de nouveau envahie par la Russie alors sous la forme de l'Union soviétique puis envahie de nouveau par le Troisième Reich en 1941. Cette dernière envisageant la déportation ou l'extermination de 85 % de la population dans le cadre de son Generalplan Ost[1],[2].

Incorporé de nouveau à l'URSS en 1944, la Lituanie prospère pendant l'entre-deux-guerres était ravagée (+ de 300  000 morts; exil de dizaines de milliers de Lituaniens de Lituanie mais aussi de Prusse-Orientale). De plus, elle fut soumise à une russification forcée (arrivés de dizaines de milliers de russophones; lituanien remplacé par le russe) et l'Église catholique fut persécuté.

Suite à la Pérestroïka et au coup d'État manqué d'août 1991, la Lituanie redevient indépendante la même année alors qu'une tentative d'indépendance en 1990 s'était soldé par le massacre de Vilnius (13 civils tués).

La Lituanie peuplé à + de 80 % de Lituaniens a eu moins de problème de citoyenneté que ses voisines lettone et estonienne et a donc pu accorder la nationalité lituanienne aux ressortissants de l'ex-URSS.

Diaspora[modifier | modifier le code]

Il existe une importante diaspora lituanienne en raison  :

1) Des persécutions au XIXe siècle jusque dans les années 1950

Les Lituaniens émigrent principalement aux États-Unis et au Brésil dans le but d'améliorer leurs sorts (la paysannerie est très pauvre car les terres appartiennent à la noblesse).

Les occupations soviétiques (1940 et 1944) obligent de nombreux lituaniens nationalistes ou partisans du Troisième Reich (il faut se souvenir que dès les premiers jour de l'occupation soviétique de 1940, des milliers de Baltes furent déportés au goulag) à s'enfuir en Allemagne de l'Ouest ou au Canada ainsi que les Lituaniens de Prusse (luthériens et bilingues lituanien-allemand) qui étaient considérés comme des Allemands par Moscou.

De même, les déportations entraînèrent la création d'une communauté lituanophone en Russie.

2) Après 1950.

Les émigrés baltes aidèrent leur peuple à lutter contre l'occupation soviétique en fournissant des armes à la guérilla des Frères de la forêt et en plaidant la cause de leur peuple devant l'ONU (appel baltique de 1979).

Depuis l'indépendance, la diaspora, comme pour la république sœur de Lettonie, joue un grand rôle politique (Valdas Adamkus, président de la Lituanie de 1998 à 2003 et depuis 2004 était un haut fonctionnaire américain) et économique.

De même, depuis l'entrée de la Lituanie dans l'Union européenne en 2004, des dizaines de milliers de Lituaniens ont émigrés au Royaume-Uni et en Irlande.

Lituaniens en Lettonie[modifier | modifier le code]

Les Lituaniens sont très nombreux à vivre près de la frontière entre les 2 pays frères (34 000 soit 1,4 % de la population). Très intégrés (42 % ont le letton comme langue maternelle, 39 % le lituanien et 16 % le russe), ils sont un pont entre les deux pays, culturellement et ethniquement très proches, voire complémentaires.

Certains d'entre eux aspirent à la création d'un Etat balte unique (panbaltisme).

Ils sont surtout présent dans:

  • le district de Bauska (6,8 %).
  • le district de Liepaja (6,1 %, la première ethnie après leurs frères lettons).
  • le district de Jelgava (3,4 %).

Il existe également des communautés dans les districts de Aizkraukle (3,1 %), de Kuldiga (2 %) et de Jēkabpils (1,7 %).

Lituaniens de Pologne et de Biélorussie[modifier | modifier le code]

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Il y a entre 15 et 40 000 Lituaniens en Pologne, notamment dans la voïvodie de Podlachie et quelques centaines, voire milliers en Biélorussie (près de 20 000 selon certaines estimations).

Ils sont présents dans :

  • Gmina Punsk : 75 % (3 300 sur 4 400).
  • Sejny : environ 30 % (près de 2 000).

Culture[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

À voir[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. HITLER'S PLANS FOR EASTERN EUROPE Selections from Janusz Gumkowkski and Kazimierz Leszczynski POLAND UNDER NAZI OCCUPATION
  2. The Baltic States: Years of Dependence, 1940-80 page 48 Romuald J. Misiunas,Rein Taagepera,Georg von Rauch University of California Press 1983