Cachoubes

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Les communes cachoubes en 1999 selon Jan Mordawski

Les Cachoubes (ou Kachoubes) (cachoube : Kaszëbi, polonais : Kaszubi, anglais : Kashubians, allemand : Kaschuben), constituent un sous-groupe ethno-linguistique [1] d’environ 60 000 personnes au sein du groupe des Slaves de l'Ouest (qui regroupe Polonais, Tchèques, Slovaques, Sorabes, Silésiens et Cachoubes). Leur zone d'implantation géographique est située en Poméranie, au nord de la Pologne ; elle est appelée Cachoubie (ou Kachoubie, en cachoube : Kaszëbë, en polonais : Kaszuby, en allemand : Kaschubei).

De nombreuses associations et particuliers perpétuent le folklore et la culture cachoubes sous ses différents aspects (il existe une langue et une littérature cachoubes, ainsi qu’une architecture, un artisanat, une gastronomie, des chants, des musiques et des danses régionales caractéristiques de la Cachoubie) ; cette région historique n’a toutefois jamais eu d’existence administrative autonome et le mouvement culturel cachoube ancre traditionnellement son action au sein de la nation polonaise, dont il considère faire pleinement partie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Blason de Cachoubie

L’existence des Cachoubes est mentionnée pour la première fois le , dans une bulle pontificale du Pape Grégoire IX à propos des ducs de Poméranie occidentale, qu’il appelle « Dux Slavorum et Cassubia » (en souvenir de cette date, depuis quelques années, le « Jour de l’Unité des Cachoubes » est célébré tous les 19 mars dans la région). Un peu plus tard, le duc de Poméranie Barnim III le Grand utilise aussi le titre de « Dux Cassuborum » (duc des Cachoubes).

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne nazie tenta de germaniser les Cachoubes. Le Reichsstatthalter de Dantzig et de la Prusse occidentale Albert Forster abandonna rapidement ce projet de créer une nationalité cachoube distincte et recommanda de renoncer à toute différence de traitement entre Polonais Cachoubes et non-Cachoubes.

La langue et la littérature cachoubes[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : cachoube et littérature cachoube.
Drapeau de Cachoubie

Aujourd’hui, un peu plus de 250 000 personnes parlent ou comprennent plus ou moins bien le cachoube, qui emprunte une grande partie de son lexique au vieux-polonais (mais qui diffère très nettement du polonais moderne) : c’est la dernière langue poméranienne encore usitée à ce jour. Elle bénéficie depuis 2005 du statut légal de langue régionale et elle est enseignée dans quelques écoles et lycées de la région. Celle-ci connaît toutefois beaucoup de variantes locales, et le débat entre linguistes considérant le cachoube comme une langue à part entière et ceux qui y voient plutôt un regroupement de dialectes n’est pas totalement tranché[2],[1]. Depuis 2005, les administrations locales peuvent utiliser le cachoube à titre de langue complémentaire au polonais, et l’affichage bilingue des noms de villes et villages est souvent pratiqué dans la région.

Les premiers écrits en cachoube remontent au XVe siècle. Toutefois la littérature cachoube n’a réellement pris son essor que durant la seconde moitié du XIXe siècle. Une vingtaine de livres est éditée en langue cachoube chaque année (parmi ceux-ci, beaucoup de recueils de poésies), et l’on rencontre de plus en plus de sites internet et de journaux papier partiellement ou même totalement rédigés en cachoube.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Stephen Barbour, Cathie Carmichael, Language and Nationalism in Europe, Oxford University Press, 2000, p.199 (ISBN 0198236719)
  2. Harry Hulst, Georg Bossong, Eurotyp, Walter de Gruyter, 1999, p.837, (ISBN 3110157500)