Adyguéens

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Adyguéens

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Tcherkesses d’Israël

Populations significatives par région
Russie 719 000
Turquie 2 000 000
Syrie 100 000
Jordanie 65 000
Europe de l'Ouest 40 000
États-Unis 9 000
Population totale 3 000 000
Autres
Régions d’origine

Nord du Caucase

Langues

adyguéen, russe

Religions

musulmans sunnites

Ethnies liées

Kabardes, peuples Circassiens

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Carte de répartition

Les Adyguéens sont un peuple du nord-ouest du Caucase, habitant l'Adyguée où ils représentent 23% de la population, la Karatchaiévo-Tcherkessie où ils en représentent 11% et le Kabardino-Balkarie où ils sont nommés Tcherkesses, tous trois sujets fédéraux de la Russie. L'ensemble des Adyguéens du Caucase représentent quelque 800 000 personnes auxquelles s'ajoute une très importante diaspora.

Le district national chapsough, district autonome créé pour les tribus chapsoughs des bords de la mer Noire, a été supprimé en 1943. Les Kabardes de la Kabardino-Balkarie sont souvent considérés comme composant la branche orientale des Adyguéens.

Alors que le nom que se donne ce peuple est Adyguéens, il est souvent connu en Occident sous le nom de Circassiens, un terme qui se réfère en réalité à un groupe de peuples plus vaste du Nord-Caucase.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Adyguéens émergèrent comme une entité jamais politiquement unie aux alentours du Xe siècle, bien que certaines sources en fassent mention bien plus tôt. Leur absence d'unité a réduit leur influence dans la région et leur capacité à lutter contre les raids fréquents des Huns, des Avars, des Petchenègues, des Khazars et des Mongols.

Cette absence d'unité a également coûté aux Adyguéens leur indépendance ; ils ont été peu à peu conquis par la Russie à la suite d'une série de guerres et de campagnes à la fin du XVIIIe siècle et lors de la première moitié du XIXe siècle. À cette occasion, les souffrances du peuple des Adyguéens ont reçu une certaine publicité en Occident, mais aucune assistance ne leur fut réellement apportée. Après la guerre de Crimée, la Russie s'est de plus en plus intéressée aux territoires du Caucase et aux peuples qui y habitent. Après les Tchétchènes et les Ingouches et la victoire contre Imam Chamil dans l'est du Caucase en 1859, les Russes vainquirent les Adyguéens à l'ouest de la région en 1864.

Comme bien d'autres minorités ethniques soumises au joug soviétique, les Adyguéens ont été déportés en masse ; près d'un million et demi d'entre eux se sont réfugiés dans l'empire turc. La collectivisation a également contribué au déclin de ce peuple.

Culture[modifier | modifier le code]

Peuple à la culture guerrière, les hommes adultes portaient les armes, et les enfants étaient entraînés dans l'objectif de devenir des guerriers. Les liens familiaux n'étaient pas primordiaux. Les parents confiaient souvent leurs enfants aux bons soins d'autres adultes plutôt que de les élever eux-mêmes.

Anciennement matriarcal, ce peuple a toujours donné aux femmes un rôle important. Elles portaient les armes aux côtés des hommes, et aujourd'hui encore, elles sont tenues à un haut degré de respect et de dignité.

Avant l'invasion russe, la société adyguéenne était très stratifiée. Si certaines tribus de l'Adyguée étaient égalitaires, beaucoup d'autres étaient divisées en castes. La plus haute était la caste des princes, suivie d'une caste de basse noblesse, puis du peuple, des serfs et des esclaves. Dans les décennies qui précédèrent l'invasion russe, deux tribus rejetèrent ce système traditionnel et mirent en place un processus "démocratique", mais cette évolution a été stoppée par la fin de l'indépendance adyguéenne.

Aujourd'hui, la plupart des Adyguéens parlent le russe et/ou leur langue originelle, l'adyguéen, une langue caucasienne. Ces deux langues s'écrivent dans l'alphabet cyrillique.

La religion actuelle de la majorité du peuple est l'islam sunnite. L’ethnographe L. Lhuillier (1805—1862) rapporte que les Adyguéens professaient initialement une propre religion monothéiste et croyaient au dieu « Ttkhè » (Тхьэ). Du VIe au XVe siècles le christianisme domine sous l’influence de Byzance (et des missions catholiques) mais avec la chute de Constantinople les différents groupes adyguéens se convertissent peu à peu à l’islam et se rangent sous l’autorité du sultan ottoman. Au XIXe siècle la majorité des Adyguéens est sunnite.

Les principales tribus adyguéennes sont : Abzekhs, Adameys, Bjedoughs, Hatukuays, Kabardes, Kémirgoys, Makhoshs, Natekuays, Chapsoughs, Zhanes, Yegerikuays et Besleneys.[réf. nécessaire]

La plupart des Adyguéens vivant dans le Caucase sont des Bjedoughs et des Kémirgoys, alors que la majorité des membres de la diaspora sont Abzakh people (en) et Chapsoughs. La langue commune adyguéenne est basée sur le dialecte Kémirgoy.

La diaspora[modifier | modifier le code]

On trouve des Adyguéens hors des montagnes du Caucase depuis le Moyen Âge. Ils s’engageaient traditionnellement dans les armées étrangères, comme celles des empires perse, romain, byzantin ou de la Horde d'or. On les trouvait en grand nombre au sein des Mamelouks ottomans et d’Égypte. La dynastie des sultans burjites a été fondée par des mamelouks adyguéens. Une bonne partie des femmes choisies pour le harem de la dynastie ottomane furent des Adyguéennes, surtout à partir du XVIIIe siècle.

La culture adyguéenne a été en grande partie détruite après l'invasion russe de 1864, qui a également causé une diaspora de l'ensemble des peuples du nord-ouest du Caucase, connue sous le nom de muhadjirs, vers diverses régions de l'Empire ottoman. Aujourd'hui, la plupart des membres de la diaspora adyguéenne se trouve en Turquie, principalement dans les provinces de Samsun, Kahramanmaraş, Kayseri et Düzce. Des communautés importantes vivent en Jordanie, en Syrie, au Liban, en Égypte, en Israël (dans les villages de Kfar Kama et Rikhaniya), en Libye, en Macédoine et aux États-Unis (États de New York et du New Jersey).

  • La petite communauté résidant au Kosovo a regagné l'Adyguée en 1998.
  • Certains Adyguéens, émigrés en Bulgarie en 1864-1865, ont pour la plupart fui le pays lors de la séparation d'avec l’Empire ottoman en 1878. Aujourd'hui, il en reste environ 1 300 en Bulgarie.
  • Avant la guerre civile de 2012, près de 100 000 circassiens vivaient en Syrie. Début novembre 2012, près de 6 000 d'entre eux ont fui la Syrie et se sont réfugiés d'abord en Turquie puis dans le Caucase du Nord, principalement dans le Kabardino-Balkarie et sa capitale Naltchik. Beaucoup se disent sans espoir de retour, ayant travaillé dans les structures de l’État syrien et perçus comme pro-Russes[1].

Les Adyguéens dans la culture[modifier | modifier le code]

Les Circassiens sont abondamment cités par Lawrence d’Arabie dans son ouvrage Les Sept Piliers de la sagesse, en tant que Musulmans aux origines européennes dans la Syrie historique (actuels Liban, Syrie, Jordanie). C’est notamment en se faisant passer pour un Circassien qu’il est fait prisonnier à Deraa.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amjad Jaimoukha, The Circassians: A Handbook, New York: Palgrave, 2001; London: RoutledgeCurzon, 2001. (ISBN 978-0-312-23994-7)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro du 3 novembre 2012 : Les Syriens circassiens rêvent d'une nouvelle vie