Lucien Clergue

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Lucien Clergue

alt=Description de l'image Lucien Clergue, Kunsthaus Vienna, 2007.jpg.
Naissance 14 août 1934
Arles (France)
Décès 15 novembre 2014 (à 80 ans)
Nîmes (France)
Nationalité Drapeau de la France française
Profession
Autres activités
Distinctions

Lucien Clergue, né le 14 août 1934 à Arles (France) et mort le 15 novembre 2014 à Nîmes (France)[1],[2], est un photographe français. Il est le premier photographe à être élu membre de l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France. Il en fut le Président pour l'année 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien Clergue et Pablo Picasso (1973).

Dès l'âge de 7 ans, Lucien Clergue apprend à jouer du violon sous l'impulsion de sa mère. Quelques années plus tard, son professeur lui révèle qu'elle ne peut plus rien lui apprendre. Issu d'une famille de commerçants modestes, il ne pourra pas poursuivre ses gammes au conservatoire.

En 1949, il apprend les rudiments de la photographie. En 1953, lors d'une corrida aux arènes d'Arles, il force le destin en mettant ses photos sous le nez de Pablo Picasso. Celui-ci est subjugué et demande à en voir d'autres. Pendant un an et demi, le jeune Clergue travaille dans le but d'envoyer des photos à Picasso et de nourrir sa curiosité. C'est durant cette période que parallèlement aux « charognes », il crée la série des « Saltimbanques » ou « La grande récréation ». Le 4 novembre 1955, pour la première fois, Lucien Clergue se rend à Cannes chez Picasso qui le reçoit à bras ouverts. Leur amitié durera près de trente ans, jusqu'à la mort du Maître en 1973. Le livre Picasso mon ami (Éditions Plume) retrace les moments importants de leur relation.

Les Baux-de-Provence,
Rencontres d'Arles, en 1975.

Dès 1968, il fonde avec son ami Jean-Maurice Rouquette, conservateur des Musées d'Arles et l'écrivain Michel Tournier les premiers éléments des Rencontres Internationales de la Photographie qui deviendront les Rencontres d'Arles et se tiennent chaque année à Arles au mois de juillet. Il invite à Arles les photographes les plus célèbres des États-Unis (Ansel Adams, André Kertesz, Robert Mapplethorpe…), du Japon (Eikoh Hosoe)… Ils donneront les premiers « atelier de photo » à Arles. Lucien Clergue a œuvré sans cesse pour la reconnaissance de la photographie comme un art à part entière au même titre que la peinture la gravure ou la sculpture. Il y parviendra en l'inscrivant en tant que telle au Ministère de la Culture, puis en contribuant à la création de l'École Nationale Supérieure de la Photographie à Arles en 1982.

Lucien Clergue est certainement le seul autodidacte en France à être reçu Docteur en Photographie à l’Université de Provence, Marseille, en 1979. Sa thèse publiée sous le titre Langage des sables ne comporte aucun mot mais des images, c'est l'écriture avec la lumière, elle sera préfacée par Roland Barthes. Il est régulièrement invité dans les plus grandes universités étrangères telles que Harvard et donne de nombreuses conférences à l’étranger.

Lucien Clergue en janvier 2013 à Luxembourg (photo François Besch).

La ville d'Arles lui consacre en 2007 une très importante rétrospective à travers 360 photographies datées de 1953 à 2007. Il est exposé aux Rencontres d'Arles de 1971 à 1973, en 1975, 1979, de 1982 à 1986, en 1989, 1991, 1993, 1994, 2000, 2003 et 2007.

Ses œuvres figurent dans les collections de nombreux musées français et étrangers et chez des collectionneurs privés.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2003 et est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France, le 31 mai 2006, à l'occasion de la création d'une nouvelle section consacrée à la photographie (no VIII). Sa réception sous la coupole a eu lieu le 10 octobre 2007. Titulaire du premier fauteuil dédié à la photographie, Lucien Clergue a retracé dans son discours l'histoire de la photographie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Corps mémorable, Éditions Pierre Seghers, Paris, 1957
    Poèmes de Paul Éluard, couverture de Pablo Picasso, poème liminaire de Jean Cocteau. Réédité en 1960 sans le poème de Cocteau, puis en 1962, en 1963 une version allemande dans laquelle la censure impose de changer une des douze photos, puis en 1965 mais tout le texte est en noir. En 1969 paraît une édition remaniée avec d'autres photos et une nouvelle maquette. En 1996, à l'occasion du centenaire du poète, une ultime édition est publiée agrémentée de nouvelles photographies et d'une maquette réalisée par Massin (ISBN 9782221084236). En 2003 cette dernière version est rééditée. Une exposition organisée à la médiathèque Carré d'art de Nîmes fin 2006 a célébré les 50 ans de cet ouvrage mythique.
    Toros muertos. Éditions Editec, collection

Forces vives, Paris, 1963 [postfaces de Jean Cocteau et Jean-Marie Magnan]. 30 Photographies en noir et banc.

  • Marie Raymonde Delorme, Plaza de Toros, photographies de Lucien Clergue, Verviers, Éditions Gérard & Cie / Marabout Scope, 1964
  • El Cordobes, Paris, Éditions de la Jeune Parque, 1965
  • Née de la vague, Paris, Éditions Pierre Belfond, 1968
  • Camargue secrète, Paris, P. Belfond, 1976
  • La Camargue est au bout des chemins, Marseille, Agep, 1978
  • Langage des sables, Marseille, Agep, 1980
  • Nimeno II Torero de France, Paris, Marval, 1992 (ISBN 2862341061)
  • Picasso mon ami, Paris, Éditions Plume,‎ 1993, 207 p. (ISBN 2908034603)
  • Le Nu foudroyé, en collaboration avec Patrick Grainville et Gérard Simoën, Actes Sud, 2004 (ISBN 2742749470).
  • Portraits, Actes Sud, Arles, 2005 (ISBN 2742754237)
  • Lucien Clergue, La Martinière, 2007 (ISBN 2732435694)
  • Brasilia, Hazan,‎ 2013, 204 p. (ISBN 978-2754106962)

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Lucien Clergue, disparition d'un activiste de la photographie », sur lemonde.fr,‎ 15 novembre 2014 (consulté le 15 novembre 2014).
  2. (en) « French photographer and Picasso confidant dies aged 80 », sur Expatica France,‎ 15 novembre 2014 (consulté le 16 novembre 2014)
  3. Museo Cantonale d'Arte, Lugano: Lucien Clergue

Liens externes[modifier | modifier le code]