Ioan Sturdza

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Stamp of Moldova md632.jpg

Ioan Sturdza, Ioniță Sandu Sturza (roumain), Jean Alexandre Stourdza (français) ou Ioannis Alexandros Stourdza (grec) est né à Jassy en 1761/1762, et mort à Paris le 2 février 1842). Il fut Prince de Moldavie de 1822 à 1828 et Prince de Samos de 1829 à 1833.

Origine[modifier | modifier le code]

Ioan Sturdza était le fils d’Alexandru Sturdza, un boyard moldave. Sous les derniers princes Phanariotes, Ioan Strudza faisait figure de chef du parti national.

Nomination[modifier | modifier le code]

Après l’occupation des deux principautés roumaines par les forces Ottomanes consécutive aux événements de 1821, les princes d’origine grecque étant désormais exclus, la noblesse roumaine obtient du gouvernement de la Sublime Porte la nomination de le 21 juin 1822 de deux princes « nationaux » Ioan Stourdza en Moldavie choisi parmi cinq candidats présenté par les boyards et Grigore IV Ghica en Valachie.

Règne[modifier | modifier le code]

Sur le plan international, il demeure un fidèle vassal du gouvernement Ottoman, tout en entretenant des relations suivies avec les puissances conservatrices dominantes à cette époque: la Russie, l’Autriche et la Prusse.

Comme nombre de ses prédécesseurs Ioan Stourdza doit faire face à des difficultés financières et lutter contre l’opposition des grands boyards russophiles qui avaient quitté le pays lors du précédent conflit entre les deux empires russe et turc.

Au début de son règne, le nouveau prince Ioan Stourdza prend des mesures administratives en fixant les appointements des fonctionnaires, les budgets des villes, des dépenses pour la voirie (pavages des rues et fontaine publiques). Ioan Stourdza réorganise également les ministères des affaires étrangères et de la justice pour mieux connaître les droits lors des procès concernant des sujets étrangers. Il prend enfin plusieurs mesures afin lever les restrictions religieuses (qui excluaient les non-chrétiens de certaines fonctions et droits, de sorte que les juifs peuvent désormais acquérir des terres et ouvrir seuls des entreprises) et d'abolir la robie (servage des Roms; en roumain robie signifie "esclavage", et iobăgie ou șerbie signifie "servage", mais la robie n'était pas un esclavage dans la mesure où les Roms pouvaient se vendre et se racheter eux-mêmes, et ne pouvaient appartenir qu'aux monastères, aux boyards et aux voïvodes, mais non à des particuliers).

Après l’avènement du tsar Nicolas Ier de Russie la signature de la Convention d'Akkerman en octobre 1826 entre l’Empire russe et les Ottomans rétablit le protectorat des Russes sur les deux principautés de Moldavie et Valachie. Ioan Sturdza doit capituler lorsqu’à la suite de cet accord les nobles russophiles émigrés rentrent en Moldavie. En 1827 il se voit contraint de leur verser des indemnités énormes et il doit rendre aux monastères grecs les propriétés confisquées. Il obtient toutefois un droit de contrôle sur l’administration des biens ecclésiastiques et il réussit à multiplier par cinq la contribution financière des abbayes aux écoles roumaines. Le 1er janvier 1828 il inaugure à Jassy le Lycée des "Trei Ierarhi" (Trois Hiérarques) .

La dénonciation par l'Empire ottoman de la convention d’Akkerman entraîne une déclaration de guerre des russes en avril 1828 et une invasion de la Moldavie qui met fin au règne d'Ioan Sturdza le 7 mai 1828. À titre de compensation, le Sultan Mahmoud II remercie son fidèle vassal en érigeant l'île de Samos en principauté autonome, dont Ioan Sturdza devient le prince l'année suivante, sous le nom grec de Ioannis Alexandros Stourdza. En 1833, il laisse sa place à son collègue Ștefan Vogoride et s'installe à Paris.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le prince Ioan Sturdza est le père de princesse Elena Sturdza, épouse de Grigore V Ghica.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Traian Sandu Histoire de la Roumanie Perrin Paris (2008) (ISBN 9782262024321), p. 128-129.
  • Alexandru Dimitrie Xenopol Histoire des Roumains de la Dacie trajane : Depuis les origines jusqu'à l'union des principautés Tome II de 1633 à 1859. Éditeur Ernest Leroux Paris (1896)